Tout au long de ses quatre années d’existence, les américains de Stray From The Path ont façonné leur punk hardcore mâtiné de hip-hop, délivrant un message politique et social sans concession, radicaux aussi bien dans leurs textes que dans leurs engagements humanitaires. Mais il semblerait que l’aventure se termine malheureusement à la fin d’année, après la tournée pour cet ultime album sorti à la surprise générale, qui servira de testament et de legs à leurs fans et compatriotes, pourtant au cœur d’une vague de protestation contre une lente dérive totalitariste de leur pays.
Malgré le passage du temps et leur désormais inexorable séparation, le groupe a su délivrer un brûlot enragé, fidèle à leur parcours, sans compromission avec un système qu’il a toujours combattu, défendant sans relâche une certaine idée de l’humanité ancrée dans l’équité et la justice. Un humanisme utopiste, certes, mais qui en des temps de recul moral et social, reste un idéal plus que désirable : il est nécessaire, voire primordial. Et quand le bruit des bottes couvre le silence de nos pantoufles, il nous faut des hurlements d’espoir et de rage salutaires pour lézarder ce mur de sons sinistres, pour réveiller en sursaut nos consciences somnolentes et nous ouvrir les yeux sur un monde saturé de lui-même et de sa propre suffisance. Il nous faut le feu pour brûler le voile de notre indifférence.