Vecteur Magazine

UNATØNED

Chronique par Christophe Pinheiro

Trente trois ans après les débuts du groupe et dix albums plus tard, voici le onzième opus des légendaires MACHINE HEAD. « UNATØNED » est son nom et croyez moi, celui-ci risque de vous marquer pendant un bon moment. Mais je ne sais pas encore dans quel sens… Pour la petite explication, s’il y a bien une chose que MACHINE HEAD a toujours offert à son auditoire, c’est la surprise de ne jamais sortir un album similaire, ni d’être là où on les attend. Ce qui a souvent valu à Robb FLYNN , de subir des critiques de la part de ses détracteurs. Et à la première écoute de cet album, ma première réaction fut, avec un petit sourire en prime, « oh la la, de l’encre va encore couler… ». Car oui, je ne vais pas vous mentir, MACHINE HEAD s’envole là où personne ne les voyait aller. Et même si la sublime pochette de l’album est une suite logique de celle de « ØF KINGDØM AND CROWN », toutes les deux réalisées par le talentueux Seth SIRO ANTON, leader emblématique de SEPTIC FLESH. Musicalement, ça sonne différemment, le groupe explore des univers jusqu’ici totalement méconnus dans leur carrière. 

Pour la composition de cet album, Robb FLYNN aka « The General », en bon leader, a mis en place un cahier des charges. Chaque piste doit durer moins de quatre minutes, chaque chanson doit comporter un changement de tonalité en dehors d’une progression d’accords typique et le refrain final doit différer du premier. Rien que ça, donc fini les morceaux longs comme « Slaughter The Martyr » ou encore « Clenching The Fists Of Dissent ». De quoi montrer la sérénité du leader avant d’entamer la composition de cet album avec un line-up tout neuf et inédit. 

UNATØNED - Titre par titre

« LANDSCAPE ØF THØRNS » est une intro qui nous fait avancer à grands pas vers le rageur « ATØMIC REVELATIONS » au refrain incroyablement déroutant qui montre que Robb FLYNN a plus d’une corde « vocale » à son arc. Et ces solos de guitare incroyablement jouissifs prouvent que la complicité affichée sur scène entre Robb et Reece SCRUGGS, fonctionne parfaitement sur disque, également. 

Est-ce utile de présenter l’excellent « UNBØUND », premier single de cet album, oui, j’ai bien dit premier single. Pour mettre fin au débat, le single précédent était un single à part. On en reparle plus tard… 

C’est sur le prochain titre « ØUTSIDER » que les petites surprises commencent à apparaître. Ce titre démarre sur une intro aux accents résolument modernes et inutile de vous dire que cette intro va faire remuer les pits les plus récalcitrants. Lâchez vos téléphones et tapez des mains, bordel. Ce titre s’avère être à la fois mélodique et remuant, oui, remuant… Tel un majeur levé, en regardant ses détracteurs dans les yeux, MACHINE HEAD fait le choix du surprenant, de la voix claire et du « on fait ce qu’on veut ». Et je ne peux que valider ce choix. 

Et pour enfoncer le clou « NØT LØNG FØR THIS WØRLD » est l’une des pièces maîtresse de cet album. Puissant émotionnellement, ce titre nous embarque complètement avec lui dans le sublime. Les sonorités « electro » apportent une profondeur incroyable à ce morceau. Probablement que Jordan FISH (ex BRING ME THE HORIZON) n’est pas étranger à tous ces petits sons qui apportent une atmosphère si particulière. Et encore une fois, des voix claires pour prouver que MACHINE HEAD ose et assume ces expérimentations. 

Nous y voilà, « THESE SCARS WØN’T DEFINE US », titre qui est sorti en collaboration avec IN FLAMES, LACUNA COIL et UNEARTH pour promouvoir la tournée commune qui a lieu en ce moment même aux States. À la différence que sur la version « album », il n’y a pas de collaboration. Juste MACHINE HEAD et rien que MACHINE HEAD. Même si j’ai un coup de cœur pour la version « collab », le titre ne perd en rien de sa puissance sur cet album. 

« DUSTMAKER », un interlude avec pour fil conducteur, le somptueux son de basse de Jared MACEACHERN, qui rappelle beaucoup le jeu de « l’homme vert » parti bien trop tôt…

Deuxième single, « BØNESCRAPER » depuis que je l’ai écouté pour la première fois, ce titre sonne comme un hymne qui sera repris en choeurs à n’en pas douter. Matt ALSTON derrière les fûts lui apporte une dimension particulière et géniale. Ce titre est fait pour botter des fesses en concert. Terriblement efficace.

« ADDICTED TØ PAIN » est une nouvelle surprise sur cet album. N’étant pas fan des comparaisons, ce titre arrive à faire flirter certains titres de « Supercharger » avec d’autres de « The Blackening ». Et le résultat sonne incroyablement bien. 

Un autre point culminant de cet album, « BLEEDING ME DRY », Whaou, ce titre est… épique, oui épique. Un appel à exorciser ses propres démons. Une véritable montagne d’émotions passant du calme au tonitruant en un claquement de doigts. Un « Must » de cet album. 

Finalement, sur cet album, le titre qui sonne le plus comme du MACHINE HEAD est « SHARDS ØF SHATTERED DREAMS ». Puissant, rapide et sans compromis. Ce titre reprend les bonnes vieilles recettes qui ont fait tout le succès du groupe. Et peut-être que stratégiquement, c’est d’un titre de ce genre qu’il fallait pour introduire le chef d’œuvre « SCØRN » en guise de clôture de cet album. Pour les âmes froides au cœur noir, plein de douleurs et de cicatrices, bousillés par la vie, ce titre est fait pour vous, pour nous… pour moi… Je n’utiliserai aucun qualificatif pour parler de ce titre. Écoutez-le… juste ça…

En conclusion, cet album démontre que l’audace et la ténacité sont des valeurs que les plus grands affichent. Et MACHINE HEAD ne déroge pas à cette règle. Contre vents et marées, le groupe a toujours vaincu. Quelle plus belle preuve que de voir un public entier au Hellfest, par exemple, sauter, chanter ou s’époumoner sur des titres comme « Bulldozer » ou « From This Day », tellement décriés à l’époque. Par sa diversité et son assurance, chaque titre de « UNATØNED » sera une pièce importante de la discographie du groupe. Certains seront des hits immédiats, d’autres auront besoin de traverser l’épreuve du temps pour laisser échapper toute la puissance et la quintessence qu’ils abritent. Et la multiplication des écoutes vous permettra d’en juger. Robb FLYNN est un visionnaire qui a toujours su mener son navire, en s’accompagnant du meilleur équipage. Merci à Robb, Jared, Matt et Reece pour ce « masterpiece » qui trône déjà à la première place au titre d’album de l’année dans ma discographie. 

 

TRACKLIST

 

1 – LANDSCAPE ØF THØRNS
2 – ATØMIC REVELATIØNS
3 – UNDØUND
4 – ØUTSIDER
5 – NØT LØNG FØR THIS WØRLD
6 – THESE SCARS WØN’T DEFINE US
7 – DUSTMAKER
8 – BØNESCRAPER
9 – ADDICTED TØ PAIN
10 – BLEEDING ME DRY
11 – SHARDS ØF SHATTERED DREAMS
12 – SCØRN

 

Label : Nuclear Blast