Vecteur Magazine

JAYLER, *Voices Unheard* : Quand le classic rock retrouve son Cœur Battant

Tout commence en 2021, dans la West Midlands, quand Tyler Arrowsmith reçoit un coup de téléphone décisif. Son père lui fait découvrir un clip de James Bartholomew en train de rocker sur une scène open mic à Tamworth. En une seconde, Tyler comprend : ce n’est pas seulement un guitariste capable, c’est le genre de chanteur qu’il lui faut. Lui, nourri d’AC/DC, de métal des années 80 et d’Eddie Van Halen ; lui, formaté par AC/DC et le blues des années 70. Lui, James, venu du folk, du country, de Bob Dylan et de sa grand-mère qui chantait John Denver. Deux mondes musicaux qui ne devraient pas se rencontrer, mais qui vont se rencontrer.

Le premier soir, Tyler est nerveux. Il faut qu’on le persuade de s’engager. Mais dès qu’il voit la guitare de James, dès qu’ils commencent à parler Gibson, le lien est fait. Ils geékent sur le matériel, s’obsèdent sur les mêmes albums – Pyromania de Def Leppard est un point de convergence – et commencent à rêver ensemble. Sauf que James et Tyler ne sont pas des rêveurs. Ce sont des faiseurs. Et ils ne font rien à moitié.

Longtemps avant que JAYLER ne soit un nom, James et Tyler construisaient les fondations de leur son. James plonge dans une recherche obsessionnelle : il commence par le country et le folk de son enfance, puis traverse le grunge des années 90, Gorillaz, Blur, Oasis, avant de tomber sur AC/DC, Def Leppard, Whitesnake. Et ensuite, il remonte la chaîne. Il cherche qui a influencé ces groupes, qui a influencé leurs influences, jusqu’à ce qu’il réalise la vérité fondamentale : tout vient du blues, du jazz, du R&B. Cette prise de conscience construit le pilier de l’authenticité rétro-fuelée de JAYLER.

Quand JAYLER se forme vraiment, avec Ricky Hodgkiss à la basse et aux claviers, et Ed Evans à la batterie, le groupe a déjà une identité. Ils ne veulent plus être juste « James et Tyler ». Ils veulent que le nom signifie quelque chose de plus grand. Ils quittent les pubs pour les clubs. Ils commencent à jouer leur propre musique.

En décembre 2023, JAYLER sort *A Piece In Our Time*, un EP de six titres. Mais quand *Voices Unheard* arrive, James avoue, sa voix a radicalement changé. Ils ont pensé tout réenregistrer. Finalement, ils décident de ne pas toucher à l’EP.

Le groupe construit son propre studio. Ils enregistrent beaucoup tout seuls. Et là vient la plus grande surprise technique : quand on arrête d’être « juste un groupe » pour devenir ses propres producteurs, on réalise que l’énergie live ne se capture pas automatiquement. Il faut faire des choix. Sur l’arrangement, le tempo, les dynamiques.

 

J’avoue, je suis vite rattrapée par un sentiment de nostalgie des bons feeds  aux touches 70’S 80’S et je suis bluffé par chaque note crée par ses jeunes talents.

Sur *Intro* et *Bittersweet*, ils adoptent une approche live-off-the-floor avec plusieurs micros. Sur *Bittersweet*, ils essaient cinq micros différents et les gardent tous. Ils ne portent pas de casques. L’authenticité reste pendant l’enregistrement. C’est un moment unique, spécial, où la technique s’efface devant l’émotion. La sacrifice technique est volontaire : garder la vibe brute, même si ça signifie moins de contrôle. Ça valait le coup.

*Voices Unheard* n’est pas une collection de morceaux rock. C’est un voyage émotionnel, une recherche de sens.

*Intro* ouvre la porte avec une atmosphère brute, comme si le groupe branchait ses instruments et t’invitait dans la session.

*Down Below* est un blues de rupture marécageux, tardif, avec tentation, intoxication et descente vers l’enfer émotionnel. C’est swagger, sale, fait pour bouger.

*Riverboat Queen* est leur premier single. James demande une ballade. Ce qu’il obtient, c’est un slide guitar massif. Ce n’est pas une ballade. Le morceau est écrit autour du moment où ils rencontrent leur management. La Riverboat Queen, c’est eux. La rivière, c’est l’industrie musicale.

*Need Your Love* parle de ces nuits où tu repères quelqu’un à travers la pièce et tu y vas. Sans trop réfléchir. Juste de l’énergie, de la musique. C’est instinctif, primal.

*The Getaway* est le plus poppy du disque, avec une influence 80s. Le refrain est construit sur un coussin massif d’harmonies vocales. C’est grand, en face. La chanson parle de celle qui s’est échappée.

*Bittersweet* raconte le fait de dire au revoir à un être cher. Écrit à une période où James lutte pour garder la tête droite. Il y a un piano acoustique doux. C’est une chanson qui lance l’émotion.

*Hate To See It End* parle de ne pas laisser les bons moments finir. Ça pourrait parler de JAYLER – tous aimeraient ne pas voir ça finir.

*Over The Mountain* est l’hymne de résistance et d’espoir de l’album. Tyler trouve un riff cool. Ils l’ont écrite pour les gens qui essaient de surmonter un défi. Le message est que ce qui se trouve de l’autre côté de la montagne est bien mieux. La chanson donne son nom à l’album : *we are the Voices of the Unheard*.

*Alectrona* apporte la mythologie, le désir, la lumière contre l’obscurité. Alectrona, c’est la déesse grecque du soleil. Ça puise dans la mythologie grecque.

*Lovemaker* est joué depuis 2023, mais ils étaient naifs à l’époque. En hindsight, ils sont si contents de ne pas avoir fait d’album à ce moment-là. Ça a du swagger. Ça a le truc Deep Purple rencontre Zeppelin.    

*The Rinsk* est le morceau épique de clôture. Le personnage n’est pas réel, mais basé sur un guerrier Viking. Il sert d’avertissement : si on ne change pas ce qu’on fait maintenant, c’est comme ça que ça va finir.

chronique par Cidàlia Païs

Retrouvez notre interview, ave c Tyler & James très prochainement

 

  • VOICES UNHEARD
  1. Intro
  2. Down Below
  3. Riverboat Queen
  4. Need Your Love
  5. The Getaway
  6. Bittersweet
  7. Hate to See it End
  8. Over the Mountain
  9. Alectrona
  10. Lovemaker
  11. The Rinsk

JAYLER a des chansons qui semblent du classic rock pur (*The Getaway*, *Need Your Love*) juste à côté de traces émotionnelles, presque confessions (*Bittersweet*, *Over The Mountain*). Ils équilibrent consciemment swagger et vulnérabilité.

En 2025, JAYLER devient un incontournable des festivals. Stonedead, Call of the Wild – leurs sets sont fluides. Derrière eux, *Voices Unheard* prend forme.

En 2026, les étoiles s’alignent. *Voices Unheard* sort via Silver Lining Music ce 29 mai. Le groupe entre dans un chapitre définitif.

Line-up :

James Bartholomew – Vocals / Guitar

Tyler Arrowsmith – Guitar

Ricky Hodgkiss – Bass / Keys 

Ed Evans – Drums

Music & lyrics by James Bartholomew; Tyler Arrowsmith; Ricky Hodgkiss; Ed Evans

Produced & Mixed by George Perks

Additional engineering by Georgia Fullalove

Recorded at Vada Studios

Mastered by Andrew ‘Hippy’ Baldwin

Artwork by Mia Mckeown