Chaque année, c’est le même rituel, le HELLFEST à lieu au mois de juin. Le pèlerinage vers Clisson, devenue terre de metal en France. Cet événement incontournable rassemble des milliers de fans de musique dite “extreme”. Impossible pour l’équipe de Vecteur magazine de rater l’événement, comme chaque année.
MERCREDI 18 JUIN
Arrivée en début d’après-midi à l’hébergement, nous prenons le temps de faire connaissance avec nos colocataires le temps du festival. Jusqu’ici inconnus, en très peu de temps, des liens se créent. Le sujet central reste la musique, la passion que chacun et chacune développe pour cette culture si singulière. Comparaison de “running order”, recommandations de groupes à voir, expériences vécues… C’est cet état d’esprit qui anime le public si fidèle du HELLFEST depuis tant d’années. Ce côté “magique” qui fait tout le charme de ce festival.
Le temps de faire quelques emplettes dans ce qui est probablement le plus connu des magasins de France par les “metalheads”. Un petit coup d’œil et d’oreilles à quelques groupes qui jouent sur le parking, dans le cadre du festival « Le Off » et me voilà parti pour récupérer mon précieux sésame, le bracelet qui permet d’entrer dans ce monde parallèle.
Même si je pense la connaitre par coeur, la Hellcity apporte toujours son lot de surprises, mais également de nouveautés. Cette année, je découvre le “Hellcity Brewpub”, nouvel établissement ouvert dans l’année. Bien que je n’ai pas eu l’occasion d’y entrer, de l’extérieur, ça en jette. Et ça s’intègre parfaitement bien dans le paysage.
Le temps de faire le tour des divers stands, c’est vers une autre nouveauté que nous nous orientons, la “Purple House” qui occupe la place du regretté “Cult”. C’est pile au moment du début du concert de THE CHAINSAW MOTEL que nous prenons place. Un vaste espace très sombre où se trouve un emplacement dédié aux jeux vidéos avec des bornes arcades, canapés face à des télés sur lesquelles sont branchées des consoles de jeux. Au milieu de cet espace, la scène, mais pas n’importe quelle scène. Un octogone, copie conforme d’un ring de MMA version HELLFEST. Oui, oui, avec les cages autour. À l’intérieur, le duo presque local, harangue la foule avec son metal énervé. L’avantage avec une telle scène, est que le circle pit tourne autour du ring. Ce qui, vu de l’intérieur, doit être assez impressionnant. Comme à son habitude, THE CHAINSAW MOTEL a offert une excellente prestation. Fin de cette scène apocalyptique digne de MAD MAX et retour vers un peu de fraîcheur à l’extérieur, si on peut appeler ça de la fraîcheur, car la température monte sur Clisson. Attention aux yeux en sortant, la différence de luminosité est violente.
Le temps de boire un verre ou deux, de manger un morceau et d’échanger avec quelques festivaliers, il est temps de rentrer se reposer, car demain, les choses sérieuses commencent…
JEUDI 19 JUIN
Premier jour “officiel” de festival. Les hostilités débutent à 16h30. En me rendant sur le site, je reçois l’info, interview d’APOCALYPTICA à 15h20, soit dans une heure précise. Branlebas de combat, je me dépêche pour me rendre à l’espace Presse / VIP. Je peaufine mon interview avec mon binôme de choc par téléphones interposés. Et me voilà face à Perttu KIVILAAKSO. Personnage ô combien charismatique et tellement sympathique.
Retrouvez l’interview ici
La chaleur étouffante de l’espace Presse est une bonne excuse pour me diriger vers le bar VIP à la déco sublime. Il va de soi que c’est vers un soft que mon choix s’est porté. D’ailleurs, je ne suis pas peu fier d’avancer que sur toute la durée du festival, j’ai tenu ma promesse du zéro alcool…
L’heure tourne, l’accès aux scènes est ouvert et SKINDRED va bientôt ouvrir cette nouvelle édition du HELLFEST sur la Mainstage 1. C’est au pas de course que je m’y rend. Ce qui me permet de constater qu’il y a déjà une file d’attente impressionnante devant le Sanctuary pour le merchandising estampillé du logo du festival.
C’est face à une fosse déjà bien remplie que le groupe de Benji WEBBE est venu mettre le feu au HELLFEST. Avec des changements de costume réguliers, le fantasque leader amuse la galerie lors d’interludes entre chaque titre. Encore plus, lorsque l’instrumental de « Jump » de VAN HALEN est joué, on croirait se retrouver au Vélodrome de Marseille. Avec la testostérone en moins… Pour une entrée en matière, SKINDRED a largement fait le travail. Le titre “Nobody” est probablement le moment fort de ce show. Et tout le monde semble être sorti indemne de cette fosse aux requins.
Place à la Mainstage 2 et à SEVEN HOURS AFTER VIOLET, le nouveau groupe de Shavo ODADJIAN, charismatique bassiste de SYSTEM OF A DOWN. Le set est énergique, bien que la chaleur plombante sur Clisson provoque une migration du public vers les zones ombragées. Pour autant, le groupe fera le spectacle sans sourciller.
De nouveaux sur la Mainstage 1, c’est au tour des finlandais de APOCALYPTICA de prendre d’assaut le Hellfest avec un show 100% dédié à METALLICA. Décidément, le Hellfest et les Four Horsemen, c’est devenu une véritable histoire d’amour. Que réservera l’édition 2026 ? Sur scène le trio, accompagné d’un batteur, va faire trembler les cordes de leurs violoncelles. Des hymnes tels que « Enter Sandman » ou « Master Of Puppets » feront chanter Clisson à l’unisson. Qui a dit que seules les grosses guitares ne trouvaient grâce aux oreilles des fans de metal ? Une prestation remarquable pour un groupe qui l’est tout autant.
N’étant pas prévu dans mon Running Order, ma curiosité m’a poussé à regarder les premières minutes du concert de KIM DRACULA. Et j’ai bien fait, car je suis resté tout le concert. Tout le bien qu’on m’en a dit va se confirmer lors de ces 40 minutes de show. L’univers si particulier de l’artiste est assez incroyable. Et musicalement, j’aime cette folie et la diversité du registre. Même si je serais curieux de voir ça dans une salle, plutôt que dans un festival.
J’abandonne les Mainstages pour aller vers Altar, afin de regarder FIT FOR AN AUTOPSY, mais la foule est concentrée sous le chapiteau. C’est donc sur l’écran géant à l’extérieur que je vais assister au concert. Ce n’est certes pas l’idéal, mais j’ai pu constater que le groupe a délivré une prestation puissante et très énergique. Et de là où j’étais, le pit était violent comme il faut. Mission accomplie pour le groupe de deathcore américain.
Pour ne pas me faire doubler une nouvelle fois, je fais une croix sur le concert de IHSAHN sous la Temple, pour m’approcher au plus près de la scène Altar, afin d’accueillir les ukrainiens de JINJER. C’est la troisième fois que je les vois cette année, et de toutes ces prestations, celle de cette édition du Hellfest s’avère être la meilleure. Tatiana SHMAYLUK est en grande forme. Souriante et communicative par la gestuelle avec son public. C’est un set carré que le groupe va nous offrir. Au menu, les standards du groupe avec le tonitruant “Teacher, Teacher!” et un “Pisces” chaleureusement ovationné par le public, en clôture de cette performance.
Retour, ensuite, sur la Mainstage 1 pour la tête d’affiche de la soirée. Les américains de KORN sont de retour à Clisson. Chaque année, j’essaye de faire un bilan des meilleures prestations des têtes d’affiche, et même s’il est encore trop tôt pour affirmer quoi que ce soit, la prestation de KORN a été largement à la hauteur de leur place en haut de l’affiche. Un départ tonitruant sur le classique “Blind”. Entendre le public scander à l’unisson le mythique “Are you ready” apporte toujours son lot d’émotions. Enchaînement sur l’épique “Twist” de l’album “Life is Peachy”. En deux morceaux, la bande de Jonathan DAVIS a mis le public du Hellfest dans sa poche. Les Lights sont soignés, le son, massif et les membres du groupe sont, visiblement, heureux d’être là. La prestation est généreuse, tout comme la setlist qui doit ravir les fans qui accompagnent le groupe depuis plus de 30 ans. C’est par le désormais, classique “Freak on the Leash” que le set se termine. Le groupe tirera sa révérence après avoir souhaité un joyeux anniversaire à son guitariste Brian WELCH qui souffle ses 55 bougies. La barre est haute, désormais, pour la tête d’affiche de demain.
Pour finir cette première journée de festival, j’ai choisi d’aller voir mon premier concert à la Warzone. Les norvégiens de TURBONEGRO viennent de commencer leur show. Et même si la fatigue se fait ressentir, que les jambes commencent à être lourdes, j’ai complètement accroché à cet excellent concert. Fidèles à leur réputation et à leur expérience, le groupe sait embarquer le public avec lui. Après ce set carré, il est venu l’heure de rentrer me coucher. Il est déjà deux heures et ma journée de demain commence à 10h30. La nuit va être courte…