Villagers of Ionnina City - "La vie est plus étrange que la fiction"

Le groupe grec nous a concocté une belle sortie en cette rentrée. Dans un mélange de hard rock, long riffs de guitare où se distinguent des sonorités folk pagan et de heavy metal, le trio nous jette dans un univers post-apocalyptique. Alex KARAMETIS nous a accordé un peu de son temps pour nous plonger encore plus dans l’univers particulier du groupe.

Interview par SAMSONOFF Alexia
Crédits : Cubravka Rasic

* Bonjour Alex, comment vas-tu ?

Alex : Hello ! Ça va super, surtout que je suis en vacances ! Et toi ?

* C’est chouette ça ! Je vais bien aussi, merci beaucoup à toi de prendre un peu de ton temps pour cette interview !

Alex : Avec plaisir, merci à toi !

* On est là pour parler de Venceremos, votre tout nouvel album qui sort dans quelques semaines. Ce sera votre quatrième album, est-ce que cette sortie est spéciale comparée aux précédents projets que vous avez sortis ?

Alex : Comme tu as dis, chaque sortie d’album est spéciale, surtout qu’on a toujours sorti nos albums à 6 ou 7 années d’intervalle, donc oui, dès qu’on sort un album, c’est toujours très spécial pour nous. Cette fois, il y a quand même quelque chose qui change, outre le thème, c’est que c’est moi qui me suis occupé de toute la production. J’ai toujours été inclus dans la production, mais pour ce projet, j’ai été chargé de tout, que ce soit de l’emplacement des micros dans le studio d’enregistrement, ou les choix des accords. C’était un vrai challenge, aussi bien mentalement que physiquement, mais j’ai adoré et je suis très fier de la finalité du projet. Mis à part ça, cet album reste fidèle à l’image du groupe, nous sommes toujours des artistes qui font ce qu’ils aiment le plus au monde pour créer de la musique ensemble. Pour ce qui est du concept, cela va de soi avec le fait que nous vieillissons, et que les temps sont de plus en plus sombres, malheureusement. On parle de la vie, de la mort, de la liberté, de sujets qui sont complexes parce qu’ils ne sont pas toujours simples à comprendre, comme le sens de la vie. 

Quand la musique ne connaît aucun frein

* Quelque chose dont j’ai envie de parler avant tout c’est du fait que l’album, tout comme vos titres d’ailleurs, sont longs. « Here and Now » dure presque 12 minutes, qui est je crois le titre le plus long que vous ayez fait. Surtout que vos albums ont toujours duré minimum 50 minutes. Aujourd’hui, je trouve que c’est de plus en plus rare d’avoir des albums qui font plus de 30 ou 40 minutes, ce qui va avec la manière dont nous consommons les choses très vite de nos jours. Quel est ton ressenti sur ça en tant que musicien ?

Alex : Comme tu viens de dire, tous nos albums sont tous très longs, je ne sais pas si c’est bien ou pas. Notre dernier album, si je ne dis pas de bêtises est encore plus long que “Venceremos”. Quand je pense à ça, en toute honnêteté, je ne nous vois pas faire des morceaux courts. Quand on joue et qu’on regarde ce que le titre a donné pour se faire un avis, on pense que le morceau dure 3 minutes, mais en fait il en fait 5. Je crois que c’est surtout en rapport avec notre manière de procéder musicalement parlant, ainsi que notre rapport avec le fait même de faire de la musique. Parfois, j’aimerais pouvoir faire des chansons qui durent 3 minutes ou moins, mais on n’y arrive pas encore, peut-être un jour. Je pense aussi que c’est en rapport avec notre manière de construire les morceaux. La plupart du temps, tout commence par un ressenti ou un sentiment plus ou moins précis, puis devient progressivement tangible avant de devenir une vraie exploration. Au fur et à mesure des années, des motifs se sont dessinés sur nos manières de concevoir nos chansons, et c’est notre manière de nous exprimer. On ne fait pas de morceaux longs ou très longs pour en faire, ça se fait naturellement. D’ailleurs, c’est plus l’inverse [Rires] on essaie de faire des morceaux courts mais on n’y arrive pas. 

* Est-ce que justement, produire et créer des morceaux plus longs est plus facile, ou bien c’est l’inverse parce qu’il y a plus de temps pour laisser l’empreinte du groupe ?

Alex : Je pense, parce que pour nous, on ne répond qu’au besoin du morceau que nous sommes en train de créer. On ne réfléchit pas plus à la structure ou autre, tout se passe par le ressenti. Quand bien même certaines chansons sont plus heavy, d’autres plus calmes, certaines plus courtes et plus directes, d’autres plus longues et plus lentes, mais c’est simplement parce que la chanson voulait suivre cette trajectoire, et nous l’avons laissée faire. 

Fiction ou réalité ?

* Surtout que la durée est essentielle pour un projet comme le votre qui consiste en un album conceptuel et cinématographique où on se retrouve dans un monde dystopique où notre quête est de pouvoir s’en échapper. Ça m’a fait penser à « A Brave New World« , je suis fanatique des univers dystopiques donc je pense souvent à lui en premier. Ou, dans un autre univers, « Dune » surtout quand on regarde vos clips. Je trouve que c’est une belle bande son pour lire ces ouvrages. Est-ce que vous vous êtes inspiré d’événements récents et actuels pour construire ce monde basé sur le pouvoir et la peur ?

Alex : Tout d’abord, ça me fait plaisir que tu voies l’album de cette manière, c’est un très beau compliment, merci beaucoup ! Oui, on s’inspire beaucoup de la société actuelle, de comment on interagit avec les autres, nos émotions. On voit quelque chose que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les journaux, comme les élections, ou en rapport à des événements qui impactent le monde entier. Parfois, on s’inspire évidemment directement de nos propres réflexions sur le monde, comme quel est le sens réel de la vie, et comme j’ai pu le dire avant, de la mort, de la liberté, et de la société en général. Pour ce qui est du concept, c’est exactement ça, on suit un protagoniste qui se trouve dans un monde dystopique et futuriste. Dans tous les cas, toutes les histoires que nous lisons et toutes les musiques que nous écoutons, proviennent de la vie réelle. La vie est plus étrange que la fiction, d’ailleurs, et même plus sombre je trouve. Le fait est que, quand tu crées une histoire, tu contrôles tout, du début à la fin. Tout peut ainsi être plus heureux ou triste en fonction de la direction qu’on prend. Pour ce qui est de l’histoire, je trouve ça assez drôle parce que ça se passe donc dans un monde futuriste où il n’y a que de la pollution, où la politique est devenue une vraie source de peur et de contrôle sans vraie démocratie, ça me rappelle beaucoup la réalité des choses. Pour nous, la musique permet d’exprimer ce qu’on ressent au fond de nous, donc machinalement, on va parler de la société et de ce qui se passe dans la vie réelle. Donc tout prend sa source dans ce qui se passe autour de nous, de manière très globale.

*En parlant des instruments, j’ai lu que vous avez utilisé des cornemuses et des zournas pour parfaire vos sonorités folk et paganes qu’on retrouve dans vos titres et dans l’identité même du groupe. Surtout que ça dégage encore plus d’émotions et c’est toujours agréable d’entendre des instruments traditionnels dans des morceaux modernes, si je peux dire ça comme ça. En utilisant ces instruments, est-ce que cela vous aide à faire évoluer votre processus créatif ?

Alex : Les instruments et la musique en elle-même est une palette de sons. Ca ne veut pas dire que plus il y a d’instruments, mieux c’est, je trouve que c’est plus l’inverse. Ces deux instruments sont très particuliers, et pourtant ne se ressemblent pas. Je vais parler un peu de technique mais, leurs tonalités sont aiguës, leurs fréquences ne ressemblent pas aux autres instruments. Ce sont des instruments qui aident aussi à explorer de nouveaux virages sonores, ils te boostent et rendent le moment encore plus fort. On adore avoir ce genre d’instruments dans notre palette musicale. Comme je l’ai déjà dit, on ne fait pas un titre pour faire un titre, donc on ne se dit pas pour cette musique on va utiliser tels ou tels instruments. On joue ce qu’on ressent, et à un moment donné, c’est la musique qui le demande. Et avant même que la musique soit créée, je peux entendre les instruments, et les voix. On a aussi énormément de chance d’avoir des ami.e.s qui jouent de ces instruments, parce que ce n’est pas si commun. Nous sommes grecs, donc plus de gens jouent ces instruments, plus que dans d’autres pays. D’ailleurs, tu es française, c’est bien ça ?

* Oui.

Alex : Les parties musicales dans lesquelles on entend la zourna, a été enregistrée par un ami français Sylvain BAROU. Il sait jouer de nombreux instruments traditionnels, c’est quelqu’un de vraiment super !

* Incroyable !

Alex : Oui, surtout que ce n’est pas si commun. Et parfois, il joue même des instruments traditionnels grecs, mieux que les grecs [Rires]. Je crois qu’il vit à Nantes maintenant, mais je ne suis pas sûr.

* C’est une drôle de coïncidence, c’est ma ville natale !

Alex : [Rires] C’est l’opportunité d’aller le voir, il est vraiment génial ! Mais pour revenir sur ta question, on ne décide de rien, on laisse faire les choses et la musique. La vie est courte, alors ne gaspillons pas trop notre temps, et juste, jouons ce qui nous fait plaisir et ce qu’on ressent. 

* Je suis entièrement d’accord avec toi, surtout que la musique est quelque chose qui va au-delà de la passion, c’est une raison de vivre pour beaucoup d’entre nous. D’ailleurs, j’aime beaucoup ta vision des choses sur la manière dont vous conceptualisez votre manière de faire. On ressent vraiment cette passion et cet amour de la musique dans votre manière de créer, et on ne valorise pas assez cette approche presque spirituelle parfois que les musiciens ont quand ils travaillent sur des morceaux. Surtout que comme tu l’as dit, pour les personnes qui travaillent comme toi, d’avoir une vision large et nette à la fois d’une nouvelle composition, ça doit être extraordinaire de te voir à l’œuvre, tout en laissant la musique aller à son gré.

Alex : Merci beaucoup, ça fait plaisir à entendre ! Et oui, c’est une manière de faire très intense, qui demande beaucoup de concentration et de force mentale comme physique. C’est un vrai challenge. 

La mort n’est pas une fin 

* Venceremos signifie en espagnol, et surtout en latin, « Nous allons gagner« , pourquoi avoir choisi un titre dans cette langue ?

Alex : Le choix du latin s’est fait naturellement, mais a été quand même un peu réfléchi. Ici en Grèce, “Venceremos” est un mot qu’on utilise fréquemment, je ne sais pas trop pour les  plus jeunes, mais les personnes de mon âge, oui. On l’utilise depuis les années 70, et pour nous c’est universel. Quand on dit “Venceremos”, on se dit qu’on va le faire, qu’on peut réussir. Ce que j’aime dans ce mot est que, tout d’abord, j’aime sa prononciation ; il y a aussi beaucoup de sens derrière un mot qui paraît très simple. J’aime le fait qu’avec ce simple mot, on peut dire et décrire pleins de choses à la fois. Il fait aussi appel à plein de sentiments, comme la volonté de résister, de vouloir se battre pour ses valeurs et son pays. Le simple fait de le dire implique une force, c’est très épique. Et on souhaitait aussi avoir un titre rapide qui rassemble tous les concepts de l’album, et ça s’est fait tout seul. 

* Je trouve cela encore plus intéressant parce que je trouve que ça ajoute un contraste entre le titre et les deux derniers morceaux de l’album, « Epitaph » et « Requiem« . Ils sont liés à la mort, et comme tu l’as dit, ce projet parle de l’espoir malgré le fait d’être dans un environnement effrayant. Est-ce que choisir un vocabulaire macabre pour clôturer l’album laisse entendre qu’il faut parfois tuer ou laisser mourir une partie de soi ou de sa vie passée pour débuter un nouveau chapître de sa vie ?

Alex : C’est bien ça, même si je n’ai pas encore eu le temps de vraiment réfléchir sur tout ça, mais ça découle de ça, oui. Pour moi, si tu veux progresser dans ta vie, réussir à traverser des étapes difficiles comme la perte d’un proche, et réaliser à quel point le temps va vite, on doit les prendre en compte. C’est quelque chose que j’essaye de faire, encore plus depuis qu’on a commencé à travailler sur l’album. Pour revenir sur l’histoire de l’album, le protagoniste revient sur la Terre, comme c’est un.e pirate de l’espace, et une fois de retour, il s’unit avec ses anciens camarades pour résister au régime autoritaire duquel il a été exilé. Au fur et à mesure de son voyage, le but est de surmonter ses peurs. D’ailleurs, ici, le vrai ennemi n’est pas le régime en cours, mais ses propres peurs. Si tu surmontes tes peurs, comme celle de la mort, alors tu peux tout surmonter. “Venceremos” n’est pas simplement sur le fait de gagner contre des oppresseurs, évidemment c’est une des causes, mais le but est de refuser de s’y plier. Il faut avoir de la résilience, il faut affirmer ses valeurs, et pour ça oui il faut se battre, mais en étant unis avant tout. Il faut aussi surtout gagner contre ses ennemis, qui comme je viens de le dire, sont nos peurs, surtout la peur de la mort et de perdre quelque chose et/ou quelqu’un. Une fois que l’on a vaincu ses peurs, notamment celles-ci, tu peux prendre les rênes de ta vie, te battre vraiment pour ce que tu crois juste. Il ne faut pas avoir peur d’en mourir, au contraire, surtout que tout le monde meurt au bon d’un moment, on ne peut pas y échapper, c’est un destin commun à tous et toutes. Cet album montre que la vie est un combat, et notre dernier jour sur terre sera notre victoire. Quand notre moment sera venu, on va repenser à toute sa vie. Peu importe si nous avons été pauvres ou riches, peu importe si nous venons de tel pays, peu importe notre orientation sexuelle, ou notre travail. La seule chose qui importe lors de notre dernier jour c’est si nous avons réussi à soutenir les causes qui nous sont justes, si j’ai su réparer mes mauvais actes. J’ai moi-même fait des mauvaises choses, comme tout le monde, mais aujourd’hui, j’apprends à réparer ces erreurs, et à faire des choses justes et en accord avec mes convictions. Je ne veux pas passer mon dernier jour à penser que j’ai été un connard [Rires]. Ou encore que j’ai maltraité les animaux, ni que j’ai rencontré quelqu’un dans le besoin et que je n’ai rien fait pour l’aider. A la fin, je veux pouvoir me dire que j’ai, certes fait des choses pas très correctes parfois, mais que j’ai corrigé ça, j’ai réussi à construire ma vie, à fonder une famille, j’ai contribué au bien être des animaux, j’ai fait attention à l’environnement. Je veux n’avoir que des bons souvenirs, pleins de moments de joie et de rires avec des proches, et avec lesquels j’ai su me battre pour mes valeurs. C’est ça qui fera de moi le vainqueur de ma vie. Il y a une expression grecque qui dit ‘Tu ne dois pas influencer le courant des choses, tu verras le résultat à la fin”, ce qui signifie qu’il ne faut pas se proclamer heureux avant la fin. Ça provient d’un mythe, je ne sais plus lequel, où un roi qui est très riche croit que c’est la source de son bonheur. Il achète de nombreux châteaux, et pense qu’il est le meilleur. A la fin, il meurt seul, pauvre et triste. Pour moi c’est ça de gagner, et d’obtenir la liberté, il faut se battre, mais à la fin de notre vie, ça va valoir le coup. Le plus important ce n’est pas l’argent ni le pouvoir, ce sont nos proches, nos valeurs et nos forces intérieures. Je le sais aussi parce que j’ai moi-même perdu des proches, et ils avaient tous une chose en commun, ils se sont tous dit que la vie est comme l’eau. Ils étaient heureux parce qu’ils avaient tous leurs proches à leurs côtés lors de leurs derniers instants. Et ça, c’est très important pour moi aussi, savoir et décider qui sera là lors de ces derniers moments de vie. Bref, désolé je me suis laissé emporter ! [Rires]

* Pas du tout ! C’est tellement rare d’entendre ce discours parce que, et comme tu l’as dit, de nos jours on ne pense qu’à l’argent, au succès, à atteindre le haut de la pyramide pour, je pense la plupart du temps, un bonheur factice qui ne peut durer dans le temps. On ne valorise plus autant les relations humaines, le besoin des autres pour s’en sortir, surtout dans les temps actuels où il est plus question de survivre que de vivre. Surtout qu’on a tous et toutes qu’une seule vie, et ce que tu viens de dire est un bon rappel de garder les pieds sur terre. 

Alex : Je suis très content qu’on soit raccord sur ça, et c’est toujours génial de croiser des personnes qui partagent ce même point de vue. Encore plus de nos jours, avec les réseaux sociaux, le monde fait parfois vraiment peur, c’est fou ! 

* Est-ce quelque chose que tu as dû faire pendant la création de cet album, le fait de combattre ses propres peurs, et donc, de laisser une partie de soi mourir dans ce combat pour être plus fort ensuite ?

Alex : Dans mon subconscient, oui. D’ailleurs, je tiens à préciser que le protagoniste meurt à la fin. Il ne meurt pas pour devenir quelque chose, il meurt tout simplement. Tout parle d’accepter, de se dire ‘J’ai eu une belle vie, j’ai fait ce qu’il fallait, j’ai gagné autant que j’ai perdu, mais j’ai fait de mon mieux et maintenant je suis libre de partir’. Pour être plus précis, le protagoniste se sacrifie pour vaincre l’ennemi, ou du moins, dans son imaginaire. Je ne sais pas vraiment comment tout expliquer, je n’ai pas conçu cet album en ayant chaque scène en tête, ce n’est pas comme un film pour moi. J’ai eu l’histoire complète en tête, puis j’ai travaillé sur comment les émotions pourraient être transmises. Il ne faut pas attendre que cet album soit comme un mini film, ou comme un scénario, c’est plus sur les émotions en elles-mêmes et ce qu’elles nous procurent. Mais oui, pour revenir sur “Epitaph” et “Requiem”, c’est à ce moment que le personnage principal meurt. 

* Je trouve ça super d’avoir, dans cet imaginaire, le protagoniste qui meurt. Dans beaucoup d’histoires comme celle-ci, tout se finit bien et tout le monde reste en vie, sauf que ce n’est pas si fidèle à la réalité. Avoir une fin comme celle de l’album permet de montrer que la mort n’est jamais une fin en soi, même si ça peut paraître un peu cliché. C’est une source d’inspiration aussi pour les personnes qui prendront la suite, une image positive. Tout comme ça peut être le cas aussi dans certaines religions, où la mort n’est qu’une étape dans la vie de l’âme, si on veut aller plus loin dans cette réflexion évidemment. Et c’est aussi le cas quand on doit malheureusement dire au revoir à un proche, cette personne ne meurt jamais vraiment parce que les souvenirs qu’on a avec cette personne, et la vie qu’on a partagé ensemble resteront toujours avec nous peu importe les étapes et les années qui passent.

Alex : Exactement. C’est aussi ça le but de l’album : les souvenirs ne peuvent pas partir.

* On touche à la fin de l’interview, souhaites-tu faire passer un message en particulier ?

Alex : J’espère que l’on va apprécier cet album. Lorsque vous l’écouterez pour la première fois, faites-le dans l’ordre. C’est un album qui se découvre dans sa globalité, et pas une chanson après une autre. N’hésitez pas à l’écouter très fort, mettez le volume à fond [Rires]. 

* Merci beaucoup encore pour le temps que tu m’as accordé.

Alex : Avec plaisir, merci à toi et bonne journée !

* Merci, toi aussi !

Chronique :

Venceremos” est peut-être l’album le plus conceptuel du groupe : pendant une heure, on embarque dans une quête où nous devons trouver refuge hors d’une cité perdue dans la corruption et la peur. “Here and now”, du long de ses 11 minutes 58, nous donne le courage dans cette bataille personnelle pour parvenir à s’échapper des griffes d’une société déchue.

Quand bien même les rythmes semblent se ressembler à certains moments, on sent qu’après chaque morceau, nous progressons dans ce voyage mêlé d’espoir et de doute. Les guitares héroïques de “Requiem” nous bousculent, tandis que les harmonies folkloriques des instrumentales nous rassurent que le chemin que nous suivons est le bon.

Au bout de ces 60 minutes, Villagers of Ioannina City prouve qu’une telle bataille pour la liberté se fait ensemble, et cet album en est la bande son.

Plus d’informations :

Album : Venceremos

Date de sortie : 18 septembre 2026

Label : Napalm Records

 

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