Interview réalisée par Hugo Denoyelle, pour Vecteur Magazine.
Credit Photo : Leo Kosaka – @leomoment_
Après un passage remarqué en première partie de Set It Off à travers l’Europe, le groupe français TSS s’apprête à franchir un nouveau cap. Une tournée en Asie, un album explosif en poche, et une signature chez Fearless Records : la machine est en marche. Rencontre avec John, Mathieu et Hugo, lors d’une journée promo à Paris, pour parler concerts, ambitions, DIY et influences mais avant tout de leur nouvel album » End of Time «
Hugo : Salut les gars ! Ça va ? Vous tenez le coup avec la promo ?
TSS : Salut ! Oui, tu es le dernier de la journée !
Hugo : Vous étiez déjà à Paris ce matin ?
TSS : Ouais, on a dormi ici. On reste encore ce soir, on repart dans deux jours direction Shanghai.
Hugo : Shanghai ? Vous partez en tournée ?
John : Ouais, on part en Asie pour quatre dates, dont deux festivals. Deux en Chine, deux au Japon.
Hugo : Trop bien. Pour info, je vous ai découverts à Amsterdam sur la tournée avec Set It Off. Mathieu, tu avais dit sur scène que tu faisais les deux voix ce soir-là.
Mathieu : Exactement. John n’était pas là donc je me suis débrouillé, c’était sport !
Hugo : La foule était hyper réactive. C’est quoi votre recette pour chauffer une salle comme ça ?
John : On bosse beaucoup la scénographie. Les lights, les tenues, le logo lumineux… On veut que ça marque dès les premières secondes.
Mathieu : Et on a une équipe technique au top. Notre ingé son, notre light… Ils déchirent.
John : Les gens qui venaient pour Set It Off ont été hyper réceptifs. On a vu l’impact direct.
Mathieu : Ouais, à Cologne, on a annoncé notre headline pendant la tournée. C’était complet direct. Les gens disaient : “Je vous ai découverts en première partie !”
Hugo : Vous sentez un effet boule de neige ?
Mathieu : Carrément. Niveau merch aussi, on a vendu quatre fois plus que prévu.
Hugo : Et là, direction l’Asie. C’est une cible que vous aviez déjà en tête ?
John : Oui. On avait déjà sorti un feat avec un groupe japonais. Ça faisait sens d’y aller.
Mathieu : Notre manager a bien bossé. Les early birds à Tokyo sont partis super vite. La Chine s’est ajoutée ensuite, un festival s’est libéré. Timing parfait.
Hugo : Est-ce que ça se voit dans vos stats Spotify ?
Mathieu : Pas trop. Là-bas, Spotify est moins utilisé. C’est pour ça qu’on veut tester en live.
Hugo : Et après ça, c’est quoi le plan ?
John : On revient en Europe, et ensuite on vise les États-Unis. C’est notre prochain gros objectif.
Mathieu : Les chiffres sont là-bas. C’est cohérent pour nous d’y aller.
Hugo : J’ai l’impression que vous avez pris un chemin inverse à la tendance. Vous êtes passés de la pop à un son bien plus metal.
John : C’est venu naturellement. J’ai testé un plugin de batterie plus lourd, on a fait un son plus agressif, et c’est celui-là qui a cartonné. Les retours étaient : “Là, on vous reconnaît.” Donc on a creusé ce sillon.
Mathieu : On vient tous du metal à la base. On est revenus à nos racines, sans calcul.
Hugo : L’album est hyper bien produit. Tout est fait maison ?
John : Oui. Je fais les instrus, le mix, le master, les visuels… Mathieu gère les vocaux, les toplines. C’est du ping-pong constant.
Mathieu : On bosse chacun chez soi. Moi à Bordeaux, lui à Toulouse. Et parfois on se retrouve pour composer ensemble.
Hugo : Le double kick sur Not in the Dark, c’est un délire !
Hugo (batteur) : Merci ! C’était un gros kiff à faire.
Hugo : Est-ce que vous pensez au public international quand vous composez ?
John : Pas vraiment. On fait juste ce qu’on aime. Et comme on écoute peu de musique française, nos influences sont naturellement tournées vers l’export.
Mathieu : On essaie quand même de garder des structures efficaces, avec des refrains mémorables, sans se brider.
Hugo : Vos influences majeures ?
John : Bring Me The Horizon, D.R.U.G.S., du breakcore, de la funk, de l’hyperpop, du cloud rap, du nu metal…
Mathieu : Chacun ramène son bagage. On mélange tout, sans barrières.
Hugo : Le feat de vos rêves ?
John : Scarlxrd, direct. J’ai envie de faire un son ultra vénère avec lui.
Mathieu : Un feat doit avoir une vraie affinité. Comme avec CVLTE : c’est un feat qu’on a voulu humain, pas business.
Hugo (batteur) : Moi je rêve d’un feat avec Bring Me The Horizon. Le big rêve !
Hugo : Vous avez signé chez Fearless Records après avoir buzzé sur TikTok. Qu’est-ce que ça a changé ?
Mathieu : Tout. La tournée, les connexions, les opportunités. Ça a été un énorme boost.
John : On est entourés par des pros maintenant. C’est à la fois grisant et motivant.
Hugo : Une leçon que vous avez apprise sur l’industrie ?
John : Ne pas avoir trop d’attentes. Rester calme. Prendre les choses comme elles viennent.
Mathieu : On a eu des désillusions. Maintenant, on sait ce qu’on veut et ce qu’on vaut.
Hugo : Le meilleur souvenir de la tournée ?
John : Cologne. 1500 personnes. J’étais en transe.
Mathieu : L’Angleterre. Public déchaîné, hyper accueillant.
Hugo (batteur) : Paris. Le Trabendo était en feu. C’était fou.
Hugo : Vos clips comme Kill Me ou Something In The Way sont très marqués visuellement.
Mathieu : Tournés en Lettonie, dans une ancienne usine. Ambiance post-apo. C’était parfait pour notre univers.
John : On est influencés par les animés, les jeux, la fantasy. Ça nourrit notre imaginaire visuel.
Mathieu : Et pour les paroles, je m’inspire beaucoup de films qui me remuent. Interstellar, Call Me By Your Name, ce genre de trucs.
Hugo : Tourner à l’international, c’est devenu compliqué non ?
John : Oui. Les visas, la paperasse… c’est infernal.
Hugo (batteur) : Heureusement qu’on a un bon merch pour amortir les coûts.
Hugo : Vous vous répartissez comment les rôles dans le groupe ?
John : Moi, tout l’artistique. Son, image, identité.
Mathieu : Moi, réseaux, contact avec les gens, et un peu de veille artistique.
Hugo (batteur) : Moi je gère toute la logistique.
John : Et on a Tommy pour le merch, Rudy pour la route, et Nico notre manager.
Hugo : Vous restez très DIY, malgré le développement.
John : Oui. On garde la main sur ce qu’on sait faire. Et on délègue aux bons pros quand il faut.
Hugo : Et la suite, alors ?
Mathieu : L’Asie. Puis les US. Et en septembre : tournée européenne.
John : On avance step by step. Pas de plan sur 5 ans. Juste le prochain objectif.
Hugo : Dernier son écouté ?
John : Sleep Token.
Mathieu : Ado. Une chanteuse japonaise hyper discrète.
Hugo (batteur) : OKLOU. De l’hyperpop futuriste. Elle est ouf.
Hugo : Un dernier mot pour les lecteurs de Vecteur ?
TSS : Venez nous voir en live ! On sera en Europe cet automne, et on revient en France début 2026. À bientôt !
PLUS D’INFORMATIONS :
Album : TSS – End of Time
DATE DE SORTIE : 27 Juin 2025
LABEL : Fearless Records
| 1. | END OF TIME 01:21 | |||
2. | Notes In The Dark 02:59 | |||
3. | Would you be my therapy? 02:39 | |||
4. | Something In The Way 03:39 | |||
5. | KILLING ME 03:43 | |||
6. | In The Haze We Hide 02:28 | |||
7. | Particles 01:23 | |||
8. | DEAD! 03:22 | |||
9. | Breaking Bones 02:34 | |||
10. | Fantasize 02:42 | |||
11. | Ending Scene 02:45 | |||
12. | So long my friend 03:25 | |||
13. |