Vecteur Magazine

Laura Cox signe un retour très attendu avec Trouble Coming, son nouvel album paru le 31 octobre dernier, via Verycords / earMUSIC.

 Auteure-compositrice-interprète, guitariste et chanteuse franco-britannique, elle y révèle une facette plus moderne de son rock, déjà illustrée par les singles « No Need to Try Harder » et « Trouble Coming ».

Avec son quatrième album studio, Laura Cox confirme qu’elle n’est plus simplement une révélation française, mais bien une figure féminine incontournable de la scène rock européenne. Toujours guidée par la guitare qui l’a propulsée sur le devant de la scène, elle s’est entourée du duo électro-blues français No Money Kids pour réaliser un son plus travaillé, frais et contemporain, tout en conservant l’énergie brute qui la caractérise.Entre hymnes explosifs comme « Do I Have Your Attention? » et morceaux introspectifs tels que le titre éponyme « Trouble Coming », Laura Cox propose un subtil équilibre entre riffs puissants et narration mélodique. Résolument tournée vers l’avenir, elle rend ici un hommage vibrant à un rock authentique et intemporel, un pont entre ses racines classiques et une modernité assumée.« Trouble Coming marque une nouvelle ère de mon évolution musicale, toujours bien ancrée dans le rock qui m’a forgée, mais guidée par une totale liberté d’écriture et de composition. Cet album reflète le lâcher-prise aussi bien à travers les thèmes abordés que les sonorités plus modernes nées d’une collaboration inattendue », confie l’artiste.

La Troubled Tour 2026 démarre bientôt, et Laura sera au Trianon (Paris), le 10 avril prochain !

La billetterie est ouverte : https://bit.ly/LauraCox_Paris26

Trouble Coming, Laura Cox Réinvente son Rock avec Audace & Liberté

Laura Cox, avec ce sourire franc qui la caractérise, m’accueille avec chaleur dans ce beau QG de la marque Gibson à Paris. 

La discussion s’ouvre sur un regard en arrière, vers l’album *Head Above Water*, sorti peu avant, où deux morceaux ont particulièrement marqué mon ouïe : *Old School* et *Seaside*. Laura confie, presque en confidence, que ces titres calmes ne trouvent pas souvent leur place dans ses concerts, encore trop rares sur scène, même s’ils figurent parmi ses préférés. « Ce sont des morceaux qu’on ne joue pas en live. Je ne les ai jamais rejoués après l’enregistrement, en fait. Souvent, les morceaux les plus calmes des albums sont difficiles à inclure dans mes sets live, ou alors en petites interludes acoustiques. Mais ce sont clairement mes préférés  aussi sur *Head Above Water*. Peut-être qu’un jour, ils reviendront sous forme d’interludes acoustiques… » 

L’ascension d’une Guitariste à la Liberté Sculptée

Puis le fil glisse naturellement vers ce qui anime Laura aujourd’hui : son nouveau bébé, *Trouble Coming*. Elle explique combien la liberté qu’elle a eue pour sa réalisation est nouvelle. Fini le rythme effréné des sessions simultanées en studio avec ses musiciens habituels. Cette fois, c’est avec No Money Kids, un duo électro-blues parisien, qu’elle a composé son œuvre, dans un dialogue libre et patient, façonné sur plusieurs mois, d’abord en maquettes chez elle, puis en studio. Ce rythme a apaisé la pression et nourrit la créativité, au gré des envies et des disponibilités. « Ce qui a été vraiment confortable, c’est que j’ai pu enregistrer sur une période beaucoup plus longue. Je ne me suis pas retrouvée dans un processus très classique, comme les dernières années où on était en studio pendant quelques semaines avec les musiciens. Là, j’ai choisi de bosser avec No Money Kids, un autre groupe français qui a produit et arrangé l’album. J’avais pas mal de démos et maquettes enregistrées chez moi, et on a beaucoup utilisé ces éléments. Ensuite, on a ré-enregistré certains bouts, mais sur plusieurs mois, à mon rythme. Quand j’étais prête avec une chanson, je passais en studio avec eux pour reprendre des prises. Ça a été beaucoup plus simple et flexible pour moi : j’avais l’impression de ne pas enregistrer un album, je le faisais quand j’étais dispo.

Cette collaboration, née d’une envie d’évolution et même d’une légère lassitude, a permis à Laura de redéfinir son son. «  Je ne sais pas si c’est une forme de lassitude, mais j’avais vraiment envie de tester autre chose. Je ne voulais pas rester dans la continuité de ce qu’on avait fait, où il n’y avait pas vraiment de producteur-arrangeur. C’était mes compos avec le groupe, et basta. Je voulais qu’on me guide, qu’on habille ma musique d’une couleur plus moderne, sans trahir mes racines. Je voulais quelqu’un qui façonne la musique, donne une signature, une cohérence, une couleur différente, surtout plus moderne. Je me sentais moins en phase avec ce que j’avais fait auparavant. Puis à ce moment-là, j’écoutais pas mal No Money Kids à la radio, donc je me suis dit pourquoi pas les rencontrer, savoir s’ils faisaient de la production, et proposer une collaboration. Moi j’ai livré les voix, les guitares, la compo et eux l’ont habillé. ». Elle confie aussi l’étonnement de ses musiciens habituels, qui ont accepté avec confiance cette nouvelle organisation.

Un parcours forgé avec Passion

Le chemin vers sa propre signature artistique est un autre chapitre passionnant. Laura le décrit comme un parcours de recherche plutôt qu’un talent inné, un travail sur le son et le jeu, aussi bien dans la maîtrise instrumentale que dans la présence scénique. « Être à l’aise sur scène n’a pas été naturel, ça s’est construit avec le temps, les concerts. »

Comment trouve-t-on sa propre signature ? « Chez certaines personnes, c’est inné. Tu les vois, ils sonnent tout de suite, peu importe la guitare. Leur son vient d’eux, de leurs doigts. Pour moi, ce n’était pas inné, ça a été un travail de recherche, presque scientifique. Pour les sonorités aussi, c’est compliqué : il y a tellement de guitares et de sons… Ce qui m’a arrangée, c’est de n’avoir qu’à penser à la composition. No Money Kids m’ont mis les bons instruments entre les mains et ont dessiné le son, j’ai eu confiance. Ça m’a enlevé une pression, et j’aime ce que j’entends, donc c’est cool. » 

Ce lâcher-prise s’entend aussi dans sa voix, plus libre que jamais. Elle a renoncé à imiter ses idoles. « J’ai arrêté de me prendre la tête, j’ai fait avec ce que j’avais, et ça m’a ouvert la voie à des choses plus sincères, plus personnelles. »  

Cette sincérité s’incarne pleinement dans *The Broken*, morceau aux contrastes saillants, où la colère punk des couplets répond à un refrain presque pop. Le message est clair : «  Ce morceau a un contraste fort. Les couplets sont un peu punk hurlés, et le refrain plus chanté, presque pop. Pour l’album, je voulais que ce soit fun à jouer en live. *The Broken* porte un message : reprends le contrôle, arrête d’écouter les autres. Oui, la vie est dure, on va en baver, mais on va s’en sortir. » 

Le Rock comme Refuge et Combat Quotidien

L’évolution globale de son univers musical, amorcée sur *Head Above Water*, s’est affirmée dans *Trouble Coming*. Plus qu’un album, une nouvelle étape intime, où Laura s’émancipe dans une écriture plus solitaire. Elle témoigne avec gratitude du soutien de son entourage et de ses musiciens, qui l’ont encouragée à oser cette liberté. 

Avec ces nouveautés, ses racines continuent de vibrer dans sa musique, nuances, arrangements et sonorités étant désormais colorées par sa collaboration avec No Money Kids.  « Je vois l’évolution qui avait déjà commencé sur *Head Above Water*. C’est surtout devenu plus un travail solo qu’un travail de groupe. Je me suis aussi émancipée en écriture et composition. Ça a été dur à annoncer aux musiciens en live, car cette fois ils n’ont pas enregistré. No Money Kids ont leur technique d’enregistrement, ils jouent la basse et les claviers, moi la guitare et la voix. Mais mes musiciens m’ont fait confiance, ils m’ont soutenue et acceptée. Le fait de me sentir soutenue m’a vraiment aidée à me libérer, à faire ce que je voulais, à tester autre chose . »

Un autre signe de cette liberté nouvelle est le mode d’enregistrement, moins conventionnel. Beaucoup de pistes ont vu le jour dans son home studio, dans une spontanéité que seul l’oreille attentive et complice de ses producteurs a su valoriser. « Ce n’était pas parfait sur le plan technique, mais l’intention était là, c’est ça qui comptait. »  

Ce parti pris révèle un désir d’authenticité radicale, un choix de fragilité assumée dans un univers souvent trop lisse. 

Quant au titre *Trouble Coming*, il cristallise avec force un double regard critique et personnel sur les troubles qui agitent le monde d’aujourd’hui, qu’ils soient intimes ou collectifs, entre crise écologique et défis psychologiques des artistes. « J’ai mis du temps à choisir le nom. Ce n’est pas forcément la chanson qui reflète tout l’album, elle est plus tranquille, différente. Mais au niveau du thème, c’est un résumé de nombreux sujets abordés dans les chansons. *Trouble Coming* parle du trouble qui arrive, que ce soit dans la santé mentale des artistes – dépression, solitude, addiction –, ou à plus grande échelle avec les enjeux écologiques et politiques. J’ai voulu nommer ces thèmes sans toujours les affirmer clairement mais les disperser dans l’album. C’est un trouble universel auquel on peut tous s’identifier. »

L’un des morceaux phares, *Out of the Blue*, illustre parfaitement cet esprit, avec une simplicité délicate : voix, banjo et slide racontent l’imprévu lumineux d’un amour naissant, dans une sobriété émouvante. « C’est le morceau le moins produit, juste voix et banjo, très simple. Il parle de l’évolution dans les relations amoureuses, quand tu trouves la bonne personne et que tout devient facile. Souvent ça arrive sans prévenir, d’où le titre. Je voulais une production très épurée, pas de surproduction,»  doté d’un solo magnifique..« ça vient tout naturellement avec un slide. Je voulais une ligne mélodique simple et mémorable, pas un truc compliqué. »

Le balance se fait aussi avec des hymnes comme *Do I Have Your Attention ?*, brûlots festifs et survoltés qui rechargent l’énergie en live et invitent le public à lâcher prise. « On joue ce titre depuis quelques mois en live et c’est très bien reçu. C’est plaisant de voir cette énergie sur scène. Souvent les gens qui viennent à mes concerts sont très concentrés sur la technique ou le matos, donc plus statiques. Là, ils lâchent un peu prise, et ça fait plaisir. Sur les autres morceaux, je devais souvent rester très concentrée, ce qui n’aide pas à lâcher prise sur scène. Là, ce n’est pas le cas. »

Sur scène, une Nouvelle Complicité

Cet album est un état d’esprit où Laura fait confiance à la vie…  

« La musique est un plaisir, je veux que ça le reste. Je ne veux pas que ce soit une source de tension. C’est ma vie, mon métier, donc évidemment il y a des enjeux, mais avant tout je veux que ça reste un loisir. Le jour où ce ne sera plus un plaisir, il faudra arrêter.  »

Terminant sur une note pleine d’optimisme, Laura confie son impatience de retrouver la scène bientôt, entre Allemagne, France et peut-être plus loin, portée par la passion intacte d’une artiste toujours en quête de partage.  « Merci à tous ceux qui soutiennent encore la musique live, parce que c’est là, dans ces instants d’échange, que réside tout son pouvoir. Achetez l’album ! Le plus dur est fait, l’album est enregistré, je peux en parler et échanger. J’ai surtout hâte de jouer les morceaux sur scène, on répète avec le groupe et on annonce la tournée bientôt. Après une pause en fin d’année, on repart assez fort en Allemagne dès mars, puis à Paris et ailleurs en France. J’espère aussi bouger un peu plus. Merci de continuer à me soutenir et surtout d’aller aux concerts de rock et autres. Les artistes ont besoin de ça, les publics aussi pour lâcher prise. Ça fait du bien de vivre encore ces moments d’échange en live dans un monde de plus en plus à distance. Alors continuez à venir, merci !  »

Pour la tournée, Jamais sans ses bébés  « Je reste sur ce que j’ai, surtout une Gibson SG blonde et la Junior rouge, signature de Billy Joe Armstrong. Je me sens très bien avec elles. Parfois j’essaie de ramener un peu de nouveautés, mais c’est dur de trouver la guitare principale d’un tour. Je pense l’avoir trouvée pour celui-ci. » 

Interview par Cidàlia Païs

Photo : Li Roda-Gil

Trouble Coming

Verycords / earMUSIC

31.10.2025        
   

       Tracklist:

  1. No Need to Try Harder  
  2. A Way Home
  3. Trouble Coming 
  4. Inside the Storm 
  5. What Do You Know? 
  6. Dancing Around the Thruth
  7. Out of the Blue  
  8. The Broken 
  9. Rise Together  
  10. Do I Have Your Attention?  
  11. Strangers Someday

Notre Avis :

Depuis son tout premier opus en 2017, Hard Blues Shot , Laura Cox a su s’imposer sur les scènes blues et rock internationales. Virtuose, habitée par une vraie culture rock, la jeune franco-britannique a rapidement conquis les amateurs de gros riffs et de soli virevoltants, en explorant toutes les facettes du genre. Après ses débuts sur les réseaux, les premiers albums, les scènes de plus en plus importantes, le statut de la jeune femme est enfin clair : elle est une artiste qui compte et qui marque.
Ceci étant posé, il lui fallait encore passer une étape de plus : asseoir son identité, s’émanciper des racines et influences pour enfin faire retentir sa voix et sa voie. Si on retrouve la touche grassouillette dans le son, la production est quant à elle plus moderne et propulse le blues de la jeune rockeuse vers un univers plus travaillé et complexe. Si ce tournant se révèle excitant pour la suite, il a de quoi dérouter les fans « puristes », rêvant sans cesse de retrouver les sonorités de leur adolescence chez la nouvelle garde du rock.
Heureusement, Laura Cox a su très intelligemment mixer sa propre exigence avec les desiderata de son public, accouchant de titres comme *A Way Home*, à la croisée des deux mondes. Traversée d’un solo qui nous rappelle chez qui on se trouve, la chanson est vêtue chaudement d’arrangements assez élégants, habillant la rugosité des coups de médiator dans le gras des cordes avec un goût sûr. Le titre éponyme nous ramène en terrain connu avec un très bon blues plutôt classique. Alors que *Inside the Storm*  s’aventure dans le rock-electro extrêmement catchy, avec une belle structure empilant les ruptures, *Dancing Around the Truth* verse pratiquement dans la cold wave avec une basse râpeuse s’accrochant sur une batterie droite, parsemé de breaks faisant respirer l’ensemble.
Bien sûr, les racines ne sont jamais totalement noyées sous les atours modernes, elles affleurent et surgissent par fulgurances comme dans *Out of The Blue* ou *Rise Together*, car un énorme riff qui transpire le bourbon et le tabac froid n’a jamais fait de mal à personne et Laura Cox maîtrise parfaitement ce langage-là. Quand dans *The Broken*, on flirte avec le brit-rock des années 90, *Strangers Someday* ferme la marche de cet album charnière dans la carrière de la française avec une très belle synthèse de ce que ce Trouble Coming a à offrir.
Laura Cox passe un cap et s’émancipe encore un peu plus pour imposer sa singularité au travers de ces onze titres qui redéfinissent le chemin qu’elle a décidé d’emprunter. Du rock le plus gras aux accents plus sophistiqués, ce dernier album augure d’un changement de ton de plus en plus marqué pour la rockeuse franco-britannique et d’un passionnant périple pour ses fans. Laura ne joue plus pour s’affirmer mais bien pour se confirmer.

Chronique par Christophe Descouzères

 Line-up & Collaborations :

– Laura Cox : guitare électrique et acoustique, chant, composition principale  

– No Money Kids (duo électro-blues français) : production, arrangements, instruments additionnels (claviers, basse) 

– Production & arrangement : No Money Kids (Jean-Michel et Félix)

 

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Un grand Merci à Laura pour sa gentillesse et à Sabrina de VERYCORDS/VERYSHOW  pour l’interview !