Vecteur Magazine

THE HELLACOPTERS - 30 ANS DE ROCK

Par Christophe Pinheiro

Les suédois de THE HELLACOPTERS sont de retour avec un nouvel album nommé « Overdriver ». L’occasion pour eux de prouver une nouvelle fois que le rock est intemporel et qu’après 30 ans de carrière, il est encore possible d’offrir de très bons albums de rock. J’ai eu l’honneur d’en parler avec Nicke ANDERSSON.

Le 31 janvier 2025, votre nouvel album « Overdriver » sortira. J’imagine que tu as hâte de le partager avec tout le monde ?

Je suis assez excité. C’est toujours pareil quand tu as fini d’enregistrer un album. Il faut un certain temps d’attente pour que les gens l’entendent. Une fois que le mastering est fait, pareil pour l’artwork… une fois que j’ai fini avec tout ça, dans ma tête, j’avance. Mais je réalise que personne ne l’a écouté. Donc je dois être patient.

Tu n’as pas peur des opinions ? 

Non, Jamais. Tu ne peux pas plaire à tout le monde. Tu ne peux faire plaisir qu’à toi-même. Et si tu le fais, alors tu peux juste espérer le meilleur et que les gens l’aiment. Il n’y a aucune raison d’avoir peur.

L’excellent album « Eyes Of Oblivion » est sorti en 2022. Vous avez, depuis, sorti un morceau en mai 2024, « Stay With You » accompagné d’une reprise de THE CURE « Fire in Cairo ». Aucun de ces deux morceaux n’est présent dans « Overdriver ». Est-ce un choix de votre part ? 

Oui, nous étions censés enregistrer l’album en octobre dernier, mais Dregen a eu un accident et s’est cassé deux doigts. Nous avons donc reporté l’enregistrement jusqu’en avril de cette année, en pensant qu’il guérirait. Et lorsque nous avons enregistré l’album, le plan était, pourquoi ne pas simplement sortir quelque chose avant l’été pour avoir une nouvelle chanson à jouer. Et faire savoir aux gens que l’album allait sortir. Donc pourquoi ne pas faire comme ils le faisaient à l’époque, tu sais, comme dans les années 60, quand on avait juste une chanson qui n’était pas sur un album, mais qui était en quelque sorte connectée à l’album. C’est donc ce qu’on a fait et c’était totalement notre plan. 

Comment avez-vous travaillé sur les compositions de cet album ? Je crois que tu as entièrement produit cet album ? 

Oui, je l’ai fait. J’ai pensé qu’il était temps pour moi d’essayer ça. Je veux dire, Chips KIESBYE a produit tous les albums de THE HELLACOPTERS depuis l’an 2000. Je pense que depuis l’album « High Visibility », j’ai rapidement appris ses techniques de production. Donc je sais en quelque sorte, ce qu’il fait et il m’a beaucoup appris. Peut-être qu’il n’y avait pas besoin de ça, mais là encore, le temps nous le dira. Si les gens détestent cet album, c’est peut-être parce que je l’ai produit. On verra. J’ai, également, produit quelques albums entre-temps avec d’autres groupes et aussi mon autre groupe, IMPERIAL STATE ELECTRIC. Donc j’ai un tout petit peu d’expérience. À propos du processus des chansons, elles sont toujours les mêmes. J’écris des chansons moi-même. Et je le fais toujours de la même manière. La différence ici, c’est que Dolph, notre bassiste, depuis qu’il a rejoint le groupe juste après la sortie de « Eyes Of Oblivion », est devenu un membre à part entière. Donc j’ai joué de la basse sur le dernier album. Et pour « Overdriver », c’est lui qui est sur l’album. Il a aussi écrit deux des chansons, ce qui est une nouveauté pour nous. 

Musicalement, quand j’écoute votre album, il y a deux choses qui ressortent. La première est l’efficacité des mélodies, que ce soit dans les moments plus rythmés ou dans les passages plus calmes. Et deuxièmement, je ressens un réel plaisir entre musiciens qui jouent ensemble. Je pense à la chanson « Soldier On », par exemple. C’est le cas ? 

Je ne sais pas. Le fait est que tout ce que vous entendez est vrai pour vous. Tout dépend des oreilles de l’auditeur, et c’est ce qui fait la beauté de la musique. Nous entendons tous les choses différemment. Je ne peux pas définir de choses exactes sur tout ça. Cette chanson en particulier, est juste un peu différente de ce que nous avons fait avant, je pense. Mais c’est difficile pour moi de le dire parce que je suis tellement impliqué là-dedans. C’est difficile pour moi d’analyser les choses. Ce serait probablement plus facile de l’analyser dans cinq ans, parce que maintenant c’est tellement frais. 

Un mot sur les thèmes de cet album. Où puises-tu ton inspiration dans le processus d’écriture ? 

Oh, ça pourrait être n’importe quoi. Musicalement, c’est tous genres de musique que j’aime, mais parfois aussi de la musique que je n’aime pas, qui peut m’inspirer. Juste pour faire quelque chose de mieux. Et au niveau des paroles, ça dépend. Ça peut être une idée tirée d’un livre, parfois d’un film, parfois de la vie de tous les jours. Ça peut aussi venir de conversations que j’ai eu avec quelqu’un ou de quelque chose que j’ai vécu. Ça vient de partout, je pense. 

Les fans ont déjà eu la chance d’écouter des morceaux de cet album, « Leave A Mark » et « (I Don’t Wanna Be) Just A Memory ». Ce dernier est mon morceau préféré de l’album avec cette vidéo en pleine immersion en studio. J’ai vu aussi deux petits teasers de séances d’enregistrement. Est-ce qu’il y aura d’autres vidéos pour l’album ? Et aurons-nous l’occasion de voir plus d’images de la session d’enregistrement ?

Nous n’avons pas enregistré grand-chose. Nous sommes assez mauvais avec tout ça. Je veux dire, la maison de disques veut que nous fassions beaucoup plus sur les réseaux sociaux, ce pour quoi nous ne sommes pas très bons, mais ils continuent à nous pousser. Nous avons  enregistré quelques trucs avec nos téléphones portables en studio. Donc il y aura peut-être quelques extraits supplémentaires, mais rien d’énorme, je pense. 

Comme je l’ai dit plus tôt, les passages plus calmes dans cet album sont superbes et le morceau « The Stench » est l’une des plus belles mélodies de cet album. Comment ce morceau est-il né ? 

Eh bien, c’est en fait la chanson la plus ancienne de l’album. Je pense que celle-ci, quand j’ai cliqué sur le fichier, parce que je voulais le savoir moi-même, il est indiqué la date où le fichier a été créé. Et donc j’ai dû en faire une démo en 2015. C’est donc un morceau assez ancien. Le reste est composé de choses nouvellement écrites. Je pense que j’avais déjà cette chanson pour « Eyes Of Oblivion », mais je ne pense même pas l’avoir montrée aux autres, parce que je pensais que c’était peut-être trop bizarre ou trop différent. Mais ensuite je me suis dit, que peut-être cette fois-ci, nous pourrions essayer. Ce titre est un peu à côté de la plaque, tu sais, presque comme un rythme de valse. Mais c’est aussi assez sombre. C’est une chanson un peu différente des autres, mais ça marche. Et je pense que tout le monde aime une ou deux chansons sur un album qui sonnent différemment. Je pense que c’est une bonne chose pour un album. J’espère que les gens l’aimeront aussi. Et je suis content que tu sembles apprécier. Merci pour ça. 

La pochette de l’album a un côté années 80 selon moi. Cela me rappelle ces albums de thrash des années 80, avec beaucoup de couleurs. Vous avez collaboré avec l’illustrateur allemand Max LÖFFLER, c’est bien ça ? 

Oui, c’est ça. Je l’ai trouvé en naviguant sur Internet. J’étais juste curieux de voir quel genre d’illustrateurs nous avions en Europe. Et j’ai trouvé sur un site qui avait des millions d’illustrateurs et il y avait un gars qui se démarquait et c’était Max. Je lui ai demandé s’il voulait faire la couverture du single pour « Stay With You ». Et puis ça m’a amené à lui proposer de faire la couverture de l’album « Overdriver ». C’est drôle, car tout est une question de références. Selon moi, ça ressemble plus aux années 70. C’est comme ça que je le vois. Mais il n’y a rien de mal non plus avec le thrash des années 80. Mais je ne sais pas qu’elle est l’inspiration de l’illustrateur. Tout est une question de références, tu sais, et c’est la même chose avec la musique. J’ai entendu des gens dire que nous sonnions parfois comme dans les années 80. Mais selon moi, il n’y a rien des années 80 dans notre musique, par exemple. Mais encore une fois, cela dépend de qui écoute. En tout cas, tout me va. 

THE HELLACOPTERS fête son 30ème anniversaire cette année. Ce n’est pas rien. Tout d’abord, joyeux anniversaire. 

Merci.

J’aimerais savoir s’il y a des choses que vous auriez pu faire différemment. Qu’est-ce que ce serait ? 

Je ne changerais pas grand-chose. Et je sais aussi que je ne peux pas changer quoi que ce soit. C’est comme ça. Mais si je pouvais remonter le temps, je changerais le son de guitare de notre album « Rock & Roll Is Dead », c’est la seule chose que je changerais. Je pense qu’il n’y a pas assez de puissance dans les guitares sur celui-ci. Mais si cet album aurait mieux sonné, s’il avait sonné un peu plus comme l’album précédent j’aurais préféré. Mais c’est qui nous étions à l’époque. 

Vous avez annoncé une tournée en Scandinavie en février avec deux concerts à guichets fermés à Stockholm. Félicitations pour ça. En avril, il y aura quelques dates en Europe. J’aurai la chance de vous voir au Hellfest. Mais vu les difficultés pour obtenir un pass pour ce festival, les fans français auront-ils la chance de vous voir pour d’autres dates en France ? 

Je l’espère vraiment. C’est amusant de jouer dans un festival, mais rien ne vaut vraiment un concert en club. Donc je l’espère vraiment.

Dans quelles conditions recommandes-tu l’écoute de cet album ? 

Dans n’importe quelles conditions. Je pense que ça marche avant de sortir pour une soirée en ville. Je pense aussi que ça marche un peu quand on a la gueule de bois le dimanche. Du moins quelques chansons. Je ne peux pas recommander quoi que ce soit de particulier, mais je pense qu’il y a un peu de chaque humeur là-dedans, donc tu peux choisir. 

Je pense que cet album est super à écouter quand tu es un peu triste ou quelque chose du genre.

Je suis content de l’entendre. Peut-être que c’est bien aussi quand tu es seul dans ta voiture. 

Quel groupe ou album t’a donné envie de faire de la musique ? 

Oh, je crois que j’ai commencé à aimer le rock quand j’ai commencé à écouter Kiss, lorsque j’avais sept ans, je crois. Et le premier album que j’ai écouté était « Rock And Roll Over ». Ma mère me l’a donné après l’avoir suppliée pendant un bon moment. Tout ça parce que j’avais vu des photos de Kiss et que j’avais déjà décidé que ce devait être le meilleur groupe du monde. Et quand j’ai entendu « Rock And Roll Over », je n’ai pas été déçu. Je dirais que c’est mon introduction à la musique. Et c’est probablement ce qui m’a donné envie de faire de la musique aussi. Mais ensuite, peu de temps après, j’ai aussi commencé à aimer le punk rock, ce qui m’a fait réaliser que je pouvais peut-être faire ça, ce qui est génial aussi. 

Avant THE HELLACOPTERS, tu as été batteur dans ENTOMBED. C’est la même inspiration quand tu commences à jouer de la batterie par rapport maintenant que tu chantes et que tu joues de la guitare ?

Non, ce n’est pas la même chose au niveau de l’inspiration. Quand j’ai commencé à jouer de la batterie, j’étais un grand fan de Peter CRISS. Mais ensuite, je pense que j’ai réalisé que je ne pouvais pas écrire de chansons à la batterie. J’ai donc pensé qu’il était nécessaire d’apprendre quelques accords, tu sais, pour écrire des chansons, ce que j’ai fait dans ENTOMBED. Donc j’ai toujours eu une guitare pour faire des riffs et assembler tout ça. Je suppose que c’est une bonne chose quand tu joues de la guitare, de la basse et de la batterie. Tu peux écrire une chanson, entendre l’ensemble, plutôt qu’un seul instrument à la fois. Donc pour l’inspiration c’est tout ce que j’aime ou comme je l’ai dit, parfois des trucs que je n’aime pas. 

Nous arrivons à la fin de l’année 2024. Qu’est-ce qui t’as le plus marqué cette année ? Un album, un livre, un film ou un concert…

Je suis désolé de le dire, mais je n’écoute pas beaucoup de nouvelles choses. Parce que pour moi, il y a tellement de vieux trucs que je n’ai pas encore entendus que je suis encore en train de les parcourir. Pourtant je sais qu’il y a des trucs qui sont nouveaux et qui sont vraiment bons. Mais cette année rien que je puisse penser à part ce type appelé Charley CROCKETT Je pense qu’il vient du Texas. C’est une sorte de mélange entre la country et le rythm and blues. Et il a fait deux albums cette année, ce qui en soi, est incroyable. Mais je pense que mon préféré est celui qui s’appelle « $10 cowboy », le premier. Et je recommande vivement, c’est absolument incroyable. 

Le dernier mot est pour toi.

Comme je l’ai dit, j’ai hâte de venir en France pour jouer dans des clubs. Je ne sais pas quand cela arrivera, mais je suis sûr que ce sera le cas. Et avant cela, je verrai certains d’entre vous au Hellfest et j’ai hâte d’y être.

NOTRE AVIS

Neuvième album studio pour les incontournables THE HELLACOPTERS. Et cette fois-ci, je n’ai pas envie de faire une chronique comme les autres, car comme le dit si bien Nicke, ce que vous entendez est vrai pour vous. Alors je vais juste me permettre de vous recommander une seule chose, écoutez cet album pour vous faire votre propre avis. En 2025, THE HELLACOPTERS prouve qu’on peut avoir trente ans de carrière, faire du rock et offrir à ses fans, un excellent album plein de fraîcheur. Peut-être que dans dix, vingt ou trente ans, nous entendrons d’autres groupes de rock dire que « Overdriver » est un album qui les a influencer. Car comme je l’ai dit plus haut, le rock est intemporel. Et je suis convaincu qu’il ne sera pas juste un souvenir…

PLUS D'INFORMATIONS

  • Artiste : THE HELLACOPTERS
  • Album : Overdriver
  • Label : Nuclear Blast
  • Date de sortie : 31 janvier 2025