Vecteur Magazine

THE HALO EFFECT
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PAIN
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BLOODRED HOURGLASS

HALOS OVER EUROPE 2025


Le Bataclan, Paris

28.01.2025

Live Report par Cidàlia Païs avec des photos de Raphaël Gellé

BLOODRED HOURGLASS

L’ambiance générale était joyeuse et communicative. Contrairement au sort habituellement réservé aux premières parties, Bloodred Hourglass, le groupe de groove melo death finlandais, a été accueilli avec enthousiasme. Le succès du groupe tient à sa simplicité et convivialité. Ils ont pris le son classique de la guitare jumelle et l’ont transcendé en y ajoutant une troisième guitare, créant une expérience sonore unique. Le trio de guitaristes (qui fête ses vingt ans) a offert une performance exceptionnelle.

Le travail de guitare de Joni Lahdenkaupi Lauri et Eero Silvonen est époustouflant. Leurs riffs entrelacés et leurs solos percutants forment un véritable maelström musical, sans oublier les fûts de Jarkko Hyvönen et la densité de la basse de Jose Moilanen, qui permettent l’équilibre parfait entre accessibilité et intensité. La voix rauque de Jaredi Koukonen, puissante et expressive, s’intègre parfaitement à la structure mélodique et soignée de leur métal. L’engouement du public ne cesse de grandir, culminant lors du dernier morceau, « Where the Sinners Crawl », où la salle entière répond à l’invitation de Jaredi à sauter. Le groupe a conquis le public et créé des liens forts avec les fans en déchaînant toute son énergie !

Le tout, illuminé par un jeu de lumière explosif, a bénéficié d’une qualité sonore remarquable. D’un Headbanging synchronisé à la récente touche metalcore harmonieusement ajoutée marquent également leur prestation. L’enchaînement de « Drag Me the Rain » et « Nightmares Are Dreams Too », deux titres particulièrement saisissants ce soir, restera mémorable.

PAIN

Pain n’est plus un projet annexe, ni un divertissement éphémère. Il s’agit désormais du groupe principal de Peter Tägtgren (chant/guitare) au même titre que Hypocrisy, et c’est à travers une chevauchée des huit albums d’électro-métal ludiques aussi euphoriques qu’il le prouve. D’autant plus que le projet ne cesse d’explorer audacieusement la variété du métal.

Les musiciens débordent d’irrévérence lors de « Party in Your Head » et « Have a Drink on Me », renforcé par la personnalité audacieuse et décontractée de Pain. L’assurance de Peter, rock star chevronnée, est palpable et enflamme une foule déjà conquise. Ce concert endiablement réussi prouve une fois de plus l’exceptionnel talent musical de Peter Tägtgren.

Aux refrains, la salle entière chante à l’unisson, rejointe par Jonathan Olsson (basse) et Sebastian Svalland (guitare). Au lieu d’une simple piste audio, Peter interrompt « Call Me » par un « Attendez, attendez, il nous manque quelqu’un ! », désignant son guitariste comme remplaçant de Joakim Brodén, avec un amusé « Bonne chance ! » Le stratagème fonctionne parfaitement. Les titres s’enchaînent à un rythme soutenu, ponctués de remerciements et de changements de costumes. Pour « Go With the Flow », la basse cède la place à un keytar, et les musiciens arborent d’étranges anoraks, Peter étant même sans guitare.

Les classiques « Same Old Song » et « The Great Pretender » enflamment la fosse !

« Let Me Out » et « Shut Your Mouth » (alien compris) concluent le concert en apothéose, les musiciens s’effondrant sur scène tandis que Sebastian Tägtgren (le fils de Peter) offre un dernier solo de batterie sous les applaudissements nourris.

SETLIST

IT’S ONLY THEM

DON’T WAKE THE DEAD

CALL ME 

ZOMBIE SLAM

SUICIDE MACHINE 

I’M GOING IN

GO WITH THE FLOW

SAME OLD SONG

THE GREAT PRETENDER 

PARTY IN MY HEAD 

HAVE A DRINK ON ME

LET ME OUT 

SHUT YOUR MOUTH 

THE HALO EFFECT

L’année dernière, le passage grandiose du groupe au Motocultor avait suscité une impatience fébrile chez les fans français. Cette attente a enfin trouvé sa récompense, ( et fort heureusement Patrick ne s’est pas blessé après sa chute )

Le concert démarre avec « This Curse of Silence », d’abord sur bande, puis avec l’arrivée de Niklas Engelin et Patrick Jensen (guitares) qui prennent rapidement les rênes, suivis par Peter Iwers (basse) et Daniel Svensson (batterie). Les premiers riffs s’enflamment tandis que Mikael Stanne (chant) entre en scène, et le groupe livre une performance explosive, accueilli par un public déjà en transe. Pas de décor sophistiqué, pas d’effets pyrotechniques, leur présence scénique suffit.

Rien de plus beau que revoir des amis d’enfance qui, trente ans plus tard, créent de la musique ensemble et illuminent les visages des fans. L’enthousiasme communicatif de Halo Effect est palpable ; le plaisir irradiant de leurs cinq visages contraste avec la précision de leur jeu. Mikael, Patrick, Peter, Niclas et Daniel savourent chaque instant, saisissant cette chance unique de revivre une jeunesse passée et de devenir le groupe qu’ils étaient destinés à être.

Cette joie jubilatoire est contagieuse, envahissant instantanément un Bataclan en effervescence. L’accueil est extraordinaire : chaque mot est repris en chœur, chaque refrain déclenche une réaction explosive, chaque note est savourée. La fosse, habituellement théâtre de brutalité, se transforme en un espace de communion joyeuse. Un public diversifié, envoûté par la musique, se déplace avec exaltation au rythme des montées et des descentes émotionnelles.

Les fans de Halo Effect, séduits par leur musique actuelle, indépendamment de leur passé. L’enthousiasme est extraordinaire. Avec « The Needless End », les spectateurs continuent de chanter le refrain bien après la fin de la chanson, laissant Mikael, ébahi et submergé.

Ce n’est pas un cas isolé. « A Truth Worth Lying For » bénéficie d’un accueil similaire, révélant la simplicité et la brillance de l’écriture du groupe. Ils savent exploiter les fondamentaux du death mélodique pour créer des morceaux majestueux et accessibles à la fois. Leur musique conjugue l’énergie entraînante du pop des années 80 avec la puissance et l’angoisse du death metal. Le growl de Mikael s’harmonise parfaitement avec le travail de guitare remarquable de Patrick et Mikael.

Mikael, ne cachera pas son émotion de se (re)produire à Paris, notamment dans la même salle où il avait donné un concert mémorable avec Dark Tranquillity en Novembre dernier. Le groupe reste proche de son public, comme le souligne Mikael par de nombreux remerciements, même entre deux passages dans la foule. Quelques rares passages de chant clair viennent ponctuer les hurlements du chanteur, mais la performance est exceptionnelle, où « Days of the Lost » prend une place plus sur la setlist, occupant les deux tiers du concert, mais inclut également des titres phares de « March of the Unheard », « Detonate ». La soirée atteint son apogée avec le rappel « Shadowminds », déclenchant des acclamations méritées.

Pendant des bonnes minutes, le groupe reste sur scène, les visages plâtrés d’émotions joyeuses, vénérant le public autant que le public les vénère.

THIS CURSE
MARCH OF THE UNHEARD
FEEL WHAT I BELIEVE
IN BROKEN TRUST
THE NEEDLESS END
DETONATE
CONDITIONAL
CRUEL PERCEPTION
A TRUTH WORTH LYING FOR
BECOME SURRENDER
WHAT WE BECOME

GATEWAYS
LAST OF OUR KIND
DAYS OF THE LOST

Rappel

SHADOWMINDS
CODA