Crédit Photo : Andy Ford
Après 15 ans de mutations sonores, TesseracT cristallise son odyssée du djent brut vers un metal progressif immersif avec *RADAR*. Capturé live au Radar Festival 2024, cet O.S.T. prolonge l’univers *War of Being* en live brut et Dolby Atmos. Après deux ans de discussions passionnées avec Joe (Radar Festival) et Mos (TesseracT), ces 90 minutes live explosent les frontières du metal. Daniel Tompkins, voix emblématique, que j’avais eu l’opportunité de croiser au Motocultor l’été dernier -et avait évoqué cette sortie à l’époque-, éclaire pour nous cette performance anthologique.
De djent pionnier à immersion totale
Après 15 ans d’évolution, la question se pose, comment *RADAR* résume-t-il le parcours de TesseracT, depuis ses débuts pionniers dans le djent jusqu’à son virage vers un metal progressif cinématique..
“*RADAR* est l’aboutissement de tout ce qu’on a appris”, résume Daniel. “Nos racines riff-driven et rythmiques ont muté vers la narration, l’atmosphère, l’émotion pure.” Plus raffiné que *War of Being*, il ancre les thèmes épiques dans un live viscéral : “Les chansons respirent enfin, avec des milliers de fans réagissant en temps réel. Phrasé, dynamiques, tempo : tout révèle de nouvelles couleurs. Cette sortie capture pleinement cette évolution — la précision de nos débuts et l’ampleur cinématique que nous avons développée. C’est une image instantanée de ce que nous sommes aujourd’hui. »
*RADAR* reflète-t-il l’identité musicale et visuelle actuelle du groupe, notamment après l’approche cinématique ambitieuse de *War of Being* mais …Daniel ajoute : “ Il porte la même ambition, mais de manière plus affinée. “War of Being” nous a montré jusqu’où nous pouvions aller dans la narration et la création d’univers. “RADAR” reprend ce langage mais l’ancre dans le monde réel, en montrant comment ces thèmes se traduisent dans un environnement live brut, sans perdre leur ampleur.”
*RADAR O.S.T.* contient des morceaux essentiels de *War of Being* joués en live, capturant le groupe à un moment culminant.
Daniel me dit : “ Jouer ces morceaux en live leur a permis de respirer. C’est comme si les morceaux avaient enfin trouvé leur pleine forme. »
Au cœur de *RADAR* ? Une vulnérabilité assumée : “Moins de combats intérieurs, plus d’expérience humaine, de libération sous les yeux du public. Le groupe n’apparaît plus seulement comme des personnages d’un univers, mais comme des personnes pleinement ancrées dans un moment vécu. »
Au milieu de toute cette vulnérabilité, ma question rôde autour du Radar Festival, pourquoi et comment l’atmosphère et l’énergie de cet événement ont-elles influencé la performance capturée dans cet opus.. Daniel me dit que ce fest infuse une intensité intime : “Ce Festival dégage une électricité unique ! C’est à la fois intime et intense, et le public était avec nous dès la première note. Cette énergie nous a poussés à jouer avec plus de liberté et d’intensité. On sent cette connexion à l’écran — elle a façonné toute la performance. Cette connexion libre et furieuse imprègne chaque frame.”
Traduire le chaos immersif en film ? Un exercice d’équilibre : “Le plus difficile, c’est de préserver à la fois l’ampleur et la clarté. Notre show est dense — musicalement, visuellement, émotionnellement — et le capturer sans perdre de détails demandait un équilibre subtil. Nous avons dû être très précis dans les mouvements de caméras, choix des couleurs, pacing, respiration du son vivant – Richard Oakes a fait un travail formidable et réussi a capturé notre vision.”
Choir Noir et Kat Marsh, piliers vocaux de *War of Being*, transcendent. Daniel souligne : “Même si Choir Noir n’apparaît pas sur l’album, leur présence sur scène allait de soi. Ils ont apporté une profondeur émotionnelle et une texture qu’il nous serait impossible de reproduire seuls. En live, ils créent une continuité et élèvent certains moments vers un véritable cinéma sonore. C’était aussi un privilège d’avoir Kat Marsh à la direction du chœur, chantant certaines des parties qu’elle avait contribué à façonner en studio.”
Remaster half-speed chez Abbey Road, Atmos expansif : “On entre dans le mix, basses ouvertes, son spatialisé autour de soi – comme sur scène.” Spatialisation précise (mics close et ambient), transitoires naturels préservés : “Pas de perfection, que de la vérité organique.
Il fallait que la performance reste vivante, donc nous avons laissé les fluctuations naturelles. La précision technique fait partie de notre manière de jouer, mais l’énergie vient de la présence totale dans l’instant.”
L’esthétique *neon noir* sci-fi unit tout : “Essentiel pour fans accros à cet univers continu. Lumières, scénographie guident l’arc émotionnel – un pas dans un monde, pas un simple concert. Conserver ce langage visuel “néon noir” dans “RADAR” fait le lien entre l’album, le film et la scène. Cela donne l’impression que l’histoire continue, au lieu d’être isolée à un seul projet. »
Ma curiosité s’installe sur les détails des choix de production et les techniques créatives employées pour capturer les textures riches et les couches progressives de votre son live pour cette sortie, Daniel me dit : ”Nous avons beaucoup travaillé sur la spatialisation et la clarté. Chaque instrument a été enregistré à la fois de près et avec des micros d’ambiance, afin de fusionner précision et atmosphère. Nous avons aussi cherché à préserver les transitoires naturelles et les petites imperfections qui rendent un live humain.”
Sorti le 5 décembre, *RADAR* offre du premium : “Mix immersifs, visuels boostés – redécouverte de *War of Being* en prisme neuf.” Il repousse les codes : “Lourdeur et storytelling cinématique coexistent. J’espère inspirer les artistes à oser l’immersion.” La narration visuelle et la scénographie dans la création d’une expérience immersive ont joué “un rôle immense. Les lumières, la disposition de la scène, les tenues — tout cela contribue à guider l’arc émotionnel du set. Nous voulons que les gens aient l’impression de pénétrer dans un univers, pas simplement d’observer un groupe sur scène. Le film explore ce monde sous de nouveaux angles. »
Je lui transmet le sentiment que le groupe accorde une importance majeure à la création d’un récit multisensoriel qui unit musique, film et performance live en un tout cohérent.. Daniel répond, « C’est devenu essentiel pour nous. La musique seule peut être puissante, mais quand on y ajoute l’histoire et l’atmosphère visuelle, on touche les gens plus profondément. Cette cohérence, c’est ce qui rend une expérience TesseracT complète. »
*RADAR* redéfinit ce que peut être un concert de métal live, « Il montre que la lourdeur et la narration cinématique peuvent coexister. Un concert de métal ne doit pas se limiter aux lumières et aux riffs — il peut aussi être une expérience narrative et immersive. J’espère que cela incitera d’autres artistes à imaginer plus audacieusement ce que “le live” peut devenir. »
En regardant vers l’avenir, le travail sur *RADAR* et l’intégration de concepts multimédias ont-ils influencé leur vision des prochaines étapes artistiques de TesseracT : “On pousse plus loin la narration honnête. Le prochain chapitre surprendra sur ces bases.”
RADAR O.S.T.
Kscope / 05.12.2025
– Natural Disaster (*War of Being*)
– Echoes (*War of Being*)
– Nocturne (Portals single)
– Tourniquet (*Polaris*)
– Concealing Fate Part One: Acceptance
– The Grey (*War of Being*)
– LEGION (*War of Being*)
– TENDER (*War of Being*)
– King (*Sonder*)
– Juno (*Sonder*)
– SACRIFICE (*War of Being*)
– War of Being (*War of Being*)
*RADAR* marque l’aboutissement de quinze années d’évolution qui ont vu TesseracT passer de la scène underground à l’un des acteurs majeurs du Metal moderne. Sorti le 5 décembre 2025 chez Kscope, *RADAR* et sa bande-son *RADAR O.S.T.* paraissent en formats premium : Blu-ray, Blu-ray + 2CD Mediabook (avec livre de 48 pages), double vinyle (noir, lagune, orange transparent) et 2CD.
Tourné au Radar Festival 2024 à Manchester devant une foule à guichets fermés, ce concert filmé de 85 minutes immortalise le groupe à son sommet, avec Choir Noir dirigé par Kat Marsh (clé de *War of Being*). Blu-ray inclut Dolby Atmos/5.1, stéréo haute résolution, images en coulisses et clip “Legion”. L’O.S.T. remastérisé à demi-vitesse aux Abbey Road Studios distille l’énergie brute : “Natural Disaster”, “Legion”, “War of Being” et plus.
*Radar O.S.T.*, va au-delà d’un témoignage audio et vidéo. Le groupe puise dans toute sa discographie pour une setlist équilibrée, mêlant classiques comme « Nocturne » et nouveautés introspectives. Cette production reflète quinze ans d’évolution, de leurs débuts underground à leur statut de force vitale du prog métal. Et c’est là que réside une grande partie de la beauté du projet.
Chacun de nous à déjà vécu le moment transcendant que peut être un concert, la dynamique du live transcende souvent les versions studio.
Et là, TesseracT tape fort, comme les moments enrichis par Choir Noir dirigé par Kat Marshles, chœurs qui ajoutent une couche épique à des titres comme « Natural Disaster ». Les transitions fluides et les moments interactifs, comme les pauses pour le chant du public dans « The Grey », capturent une énergie brute et communautaire. La qualité sonore évite la « loudness war », préservant nuances et expressivité malgré la pression des standards modernes. Et tant d’autres détails que je vous invite à découvrir, comme « Tender » ou « King », révélant toute la beauté et la lumière dégagé par la voix de Daniel et la magie apporté par Choir Noir..frisson.
Pourquoi l’écouter ?
*Radar O.S.T.* n’est pas qu’un live ; c’est une bande originale immersive qui prolonge l’expérience du festival, idéale pour redécouvrir TesseracT sous un angle choral et viscéral. Parfait pour les amateurs de progressif nuancé, il confirme leur maîtrise technique et émotionnelle.
Line-up :
Daniel Tompkins – chant
Acle Kahney – guitare lead, production
James Monteith – guitare rythmique
Amos Williams – basse, backing vocals
Jay Postones – batterie
https://kscopemusic.com/media/tesseract/
RADAR O.S.T:
—– a @DarkFableMedia Film, with @kscopemusic
https://www.tesseractband.store/