Vecteur Magazine

SPIRITBOX + PERIPHERY + STRAY FROM THE PATH


L'Olympia, Paris

18.02.2025

Live Report par Cidàlia Païs

Depuis la sortie de leur premier album, \ »Eternal Blue\ », en 2021, Spiritbox est devenu un pilier de la scène métal moderne. Avec deux nominations aux Grammy Awards et des performances sur les plus grandes scènes des festivals européens, le groupe canadien s’apprête à enflammer l’emblématique salle de l’Olympia. En attendant la sortie de leur deuxième album, \ »Tsunami Sea\ », Spiritbox propose une esthétique futuriste en noir et blanc dans ses vidéos, qui reflète la production de leur tournée actuelle. 

L’excitation est à son comble avec l’annonce de leurs concerts en tête d’affiche, notamment une tournée européenne de sept dates en février, incluant des ville comme Paris, Berlin et Munich. Plus tard cet été, ils se produiront sur la scène principale du Download Festival, et auront l’honneur de partager la scène du stade de Wembley avec Linkin Park. La montée en puissance de Spiritbox dans le metal moderne semble imparable, promettant de les propulser encore plus haut dans la hiérarchie musicale. L’attente grandissante des fans pour les nouvelles créations de ce groupe de metalcore incontournable ne fait que commencer.

STRAY FROM THE PATH

Une Éruption d’Énergie !

Stray From The Path a littéralement tout rasé ! Quelle énergie électrisante ! 

Originaires de Long Island, New York, a été fondé en 2001 autour du guitariste Thomas Williams, l’unique membre original encore présent. En 2005, le chanteur actuel, Andrew Dijorio (alias Drew York), rejoint l’aventure, et le groupe ancre de plus en plus son message dans des thématiques politiques. Leur dernier album, *Euthanasia*, sorti en 2022, marque leur dixième opus studio.

Avec une toile de fond mettant en scène la célèbre tête de Jack Nicholson dans *Shining*, réinterprétée dans le style pop art d’Andy Warhol, le groupe new-yorkais fait une entrée fracassante sur la scène de l’Olympia. La salle est déjà comble, et les fans, manifestement bien informés sur le groupe, partagent une connexion palpable. Le backdrop fait écho à la pochette de leur dernier single, “Kubrick Stare”, et le chanteur en profite pour lancer un défi au public : battre le record de slam, établi à 126 personnes lors d’un concert à Londres. Bien que le début soit marqué par une ambiance un peu plus tranquille du côté du slam, les sauts et les pogos prennent rapidement le relais, particulièrement lors du morceau “Fortune Teller”. En fin de set, Stray From The Path quitte la scène sous les acclamations d’un Olympia conquis.

La renommée de la salle pour son acoustique irréprochable permet au groupe de faire exploser sa puissance, intensifiant ainsi les breakdowns avec une force renouvelée. 

Le chant enflammé de Drew enflamme la foule, tandis qu’il impose une présence charismatique. Le guitariste Tom Williams livre un jeu de cordes ingénieux, ses riffs rappelant ceux de Tom Morello, bien que son instrument soit parfois noyé dans le mixage puissant de la batterie, faisant vibrer la salle dans ses fondations.Au terme de ce set de trente minutes, Drew exige “50 crowd surfers” pour leur dernier morceau, et le public répond avec un enthousiasme débordant, entraînant la sécurité à l’effort pour attraper corps après corps transporté au-dessus de la foule.

PERIPHERY

 Une Énergie Persistante !

À 20h, PERIPHERY prend le relais. 

Le groupe Australien à débuté leur parcours en 2012. Leur premier album, *The Mortal Coil*, a vu le jour en 2017, et leur dernier opus, *Fatalism*, a été dévoilé en septembre 2023, et ce soir, à 20h, ils prennent possession de la scène.

Bien que le chanteur soit encore en convalescence, l’énergie de la prestation ne faiblit pas. Malgré quelques problèmes techniques, notamment avec une cymbale récalcitrante et des guitares basses trop insistantes, la voix du chanteur reste audacieuse, incitant la foule à se déchaîner.

La performance de ces architectes de paysages sonores complexes s’impose d’emblée sur scène. Ce fut une véritable masterclass de métal progressif, tissée de rythmes djent, de mélodies envoûtantes et d’une technicité impressionnante. Les prouesses vocales de Spencer Sotelo sont tout simplement remarquables, oscillant entre des notes claires pleines d’émotion et des cris gutturaux, chaque note étant délivrée avec une précision remarquable.

Le trio de guitaristes, Misha Mansoor, Jake Bowen et Mark Holcomb, déploie une virtuosité presque surnaturelle. Leurs doigts dansent sur les cordes, créant des riffs complexes et des solos éblouissants qui subjuguent le public. Matt Halpern, tel un métronome humain, ancre les rythmes complexes de la formation avec une rigueur indiscutable, tandis que la batterie pulse comme un torrent inébranlable de puissance et de délicatesse. Le bassiste, en ajoutant une profondeur résonnante, achève de bâtir cette architecture sonore. La présence scénique du groupe, professionnelle et soignée, témoigne de leurs années d’expérience et de leur dévouement à leur art. Les jeux de lumière, une orchestration minutieusement chorégraphiée de couleurs vives et de motifs dynamiques, accentuent les nuances de leur musique, offrant une expérience véritablement immersive. Chaque morceau est un voyage, une aventure sonore finement orchestrée qui transporte le public à travers un véritable tourbillon d’émotions.

SPIRITBOX

Un véritable Tsunami !

Après une longue attente, Spiritbox monte enfin sur scène vers 21h15.

Le groupe irradie immédiatement la scène avec une entrée spectaculaire. Trois écrans diffusent des images en noir et blanc, accompagnant les nombreuses interludes et montrant parfois le groupe sous des angles captivants. La batterie de Zev Rosenberg est placée sur une estrade à l’arrière, tandis que le reste du groupe se glisse parfois à ses côtés. La chanteuse Courtney LaPlante, impressionnante de charisme, impose une présence magnétique. Dès les premières notes, elle guide l’audience dans des circle pits d’un simple geste de la main.

Tous les regards sont rivés sur elle !

Son incroyable registre vocal et son charisme s’illuminent instantanément, mais c’est sa personnalité authentique qui la rend d’autant plus attachante. Se qualifiant elle-même de « jappeuse nerveuse », elle fait preuve d’une honnêteté rafraîchissante dans ses échanges avec le public, maintenant Londres en haleine à chacun de ses mots.

Le groupe offre une performance éblouissante, alternant entre des morceaux puissants comme “Jaded”, où Courtney jongle entre cris et chant cristallin, et des titres récents comme “Perfect Soul” ou “The Void” qui embrasent la salle. L’atmosphère est à la danse, aux pogos et à l’énergie collective, avec des chants en chœur des titres emblématiques de leur premier album, *Eternal Blue* (2021), comme l’éponyme et “Circle With Me”.

À l’Olympia, l’ambiance est à la fête, aux sauts et aux pogos. Mike et Josh s’approchent souvent de la fosse pour partager ce moment, tandis que Courtney gère avec brio la discussion et enchaîne les morceaux.

La setlist, pleine de surprises, on nous réserve des moments de pure magie, notamment avec “The Mara Effect, Pt. 3”, extrait de leur premier EP *Spiritbox*, sorti en 2017. Le concert atteint son apogée lorsque le groupe termine en acoustique avec “Constance”, un morceau particulièrement cher à son cœur. Les lumières se rallument à peine le dernier accord joué, et “Nissans Altima” de Doechii résonne dans la salle, mettant abruptement un terme à une performance qui nous laissait encore sous le coup de l’émotion.

Les chants et l’interaction avec le public ont duré tout le long du set. Au fur et à mesure que le set avance, ont est de plus en plus émerveillés par Courtney.

Une véritable reine ! Les réactions du public face à elle sont enflammées, et il est beau de voir une telle connexion avec sa communauté de fans, qui l’accompagne à chaque mouvement.

La soirée atteint son paroxysme avec “Holly Roller”. Leur prestation est tout simplement sans faille !

Les murs vidéo géants contribuent sur l’atmosphère palpitante. En effet, la scène, baignée d’une lumière étrange, laisse entrevoir l’émotion brute et l’intensité qu’ils font déchaîner sur chaque morceau. Courtney par son chant, mélange envoûtant de mélodies éthérées et de cris gutturaux, résonne profondément dans l’âme, envoûtant le public. Le jeu de guitare de Mike constitue une force motrice, ses riffs puissants et ses textures atmosphériques créant un paysage sonore à la fois riche et captivant. La section rythmique, orchestrée par Zev à la batterie et Josh à la basse, offre une base solide, leur performance témoignant d’une habileté technique et d’une puissance brute impressionnantes.

 

Le concert de Spiritbox fut une expérience viscérale, une libération cathartique d’émotions brutes qui a résonné au cœur de chaque spectateur. Les nouvelles compositions du groupe, extraites de leur prochain album *Tsunami Sea*, ont particulièrement marqué les esprits, suscitant une réaction fervente du public et prouvant que leur évolution artistique continue de transcender les attentes. Le spectaculaire jeu de lumière, un tourbillon de couleurs et d’ombres, a amplifié la présence magnétique du groupe sur scène, créant une expérience véritablement

         SETLIST

  1. Fata Morgana
  2. Cellar Door
  3. Jaded
  4. Halcyon
  5. Perfect Soul
  6. The Void
  7. Eternal Blue
  8. Circle With Me
  9. Rotoscope
  10. Sew Me Up
  11. Hysteria
  12. Soft Spine
  13. The Mara Effect, Pt. 3
  14. No Loss, No Love (avec Andrew Dijorio)
  15. Holy Roller
  16. Constance (Acoustique dans le groupe complet)

Un grand Merci à LIVE NATION  pour l’accréditation, à l’Olympia et l’ensemble du staff pour leur accueil.