Vecteur Magazine

SIGNS OF THE SWARM - La vérité sans compromis

Par Christophe Pinheiro

C’est quelques heures après leur sortie de scène au Hellfest que j’ai pu m’entretenir avec le groupe américain SIGNS OF THE SWARM. Entre adrénaline et fatigue, le groupe s’est prêté au jeu du question/réponse dans la bonne humeur générale. Rencontre avec David SIMONICH, Bobby CROW, Michael CASSESE et Carl SCHULZ.

Crédit photos : Alberto Villalobos

Il y a quelques heures, vous étiez sur la scène Altar du Hellfest. Comment avez-vous vécu ce concert ? 

David : Tu as aimé ? 

C’était génial. 

David : On a vraiment adoré. Il faisait une chaleur torride. On est arrivés de justesse. On a pris l’avion au départ de Leeds ce matin. On a tous dormi à peine deux ou trois heures à cause de notre expérience désastreuse en van. Mais on est là. On a tout déchiré, et je suis tellement content qu’on ait réussi à s’en sortir et à enfin arriver au Hellfest cette année. 

Le show était incroyable, le public en feu. Quel est votre secret pour générer autant d’énergie sur scène ? 

Michael : C’est en grande partie grâce à Dave. Il contrôle vraiment bien la foule, il leur dit quoi faire et ils vibrent au rythme de notre musique. Mais Dave sait comment diriger la foule pour nos moments les plus forts, les plus intenses. On a cette section très ouverte dans notre chanson “DREAMKILLER”, qui est idéale pour faire bouger les gens avant que Carl ne fasse son solo. On a aussi cette superbe montée en puissance dans notre chanson “Amongst The Low & Empty”, avec laquelle on a conclu aujourd’hui. On laisse la foule taper des mains en rythme, ce genre de choses. Et puis, pour la saison des festivals, on savait que “Dragula” serait une chanson exceptionnelle à reprendre, la chanson dont la plupart des gens connaissent les paroles, et quelque chose qui revitalise vraiment le public en plein milieu de notre set. 

Bobby : Il faut être exigeant. 

David : Oui, il faut être très exigeant. Je me suis sacrifié pendant tout le set juste pour être sûr qu’il n’y ait pas un moment d’ennui pendant qu’on jouait. Donc, en gros, on se concentre constamment sur le public et on se tient bien.

Il y a une demi-heure, vos amis de LORNA SHORE ont fini leur set. Ils ont aussi mis le feu. Vous avez regardé leur concert ? 

Bobby : Oui, on l’a regardé. C’était incroyable. 

David : C’est génial de voir où ils en sont. Connaissant ces gars depuis si longtemps, c’est vraiment génial de les voir gravir cette montagne sur laquelle ils sont assis en ce moment. C’est génial de voir ce qu’ils font et comment ils propulsent l’industrie vers un nouveau niveau, dans le métal. On dirait qu’ils ramènent le respect perdu par rapport aux années 70-80. Je dirais que c’est là qu’ont commencé à perdre le respect, du moins à mes yeux. Mais oui. Mais je suis tellement content de voir tout ce qu’ils font. 

Parlons maintenant de votre actualité à venir : un nouvel album sort le 22 août. Il s’appelle “To Rid Myself of Truth”. Vous avez commencé à jouer quelques morceaux sur scène. Quelle est la réaction du public face à ces nouveaux morceaux ? 

Carl : Ça a explosé. Tout le monde a vraiment aimé le morceau qu’on a joué “ Natural Selection”. On l’a intégré dans le set lors de la dernière tournée, et celui-là était vraiment génial à jouer tous les soirs. Du coup, on s’est dit : « On pourrait aussi bien le faire venir ici. On l’adore. ». Tout comme « Scars upon Scars ». Un morceau vraiment génial. Il y a une énergie live incroyable. Ça fait bouger tout le monde. C’est un morceau très amusant à jouer. On aurait aimé jouer “Clouded Retinas”. On a joué ce morceau il y a quelques semaines avec Will (RAMOS). On pensait le jouer, mais pour des raisons logistiques, on n’a pas pu le faire monter sur scène. Mais tout le monde a très bien réagi aux nouveaux morceaux. Ces chansons apportent un peu plus de ce côté “dingue” que les gens recherchent. Ça a été une très bonne réaction jusqu’ici, c’est sûr. 

Vous avez sorti un single l’année dernière, “IWONTLETYOUDIE”. Un titre qui marque un renouveau créatif. Est-ce le point de départ pour cet album ? 

David : J’ai plus l’impression que ce titre a sa propre identité. “IWONTLETYOUDIE” était un single indépendant pour nous. On a juste expérimenté de nouvelles choses, on a tâté le terrain, pour voir ce qu’on voulait faire avec l’album. On a essayé quelques chansons différentes. On en avait, genre, trois chansons et à chaque fois on était là, à se dire que “IWONTLETYOUDIE” était la plus forte. Celle qui s’est imposée des trois, pour devenir un single. Les deux autres chansons n’ont même pas été incluses dans l’album. Elles sont restées…. Non, je ment, une chanson n’a pas été incluse dans l’album. Une est dans le coffre et l’autre est dans l’album. Mais, je dirais que cet album a sa propre identité. J’ai l’impression qu’il est très axé sur les refrains, qu’on a commencé à aborder un peu en interne, entre les moments de vide et de tristesse. Chaque chanson a un refrain très puissant et significatif qui la résume. Je suis vraiment attaché à la propre identité de chaque titre. Dans toute notre discographie, j’ai l’impression qu’il brille à sa manière. 

J’écoute cet album en boucle depuis plusieurs jours. Et j’avais hâte de vous voir aujourd’hui. Vous passez un nouveau cap avec cet album. C’est une très belle avancée pour vous. Comment appréhendez-vous cette sortie ? 

Michael : Notre cinquième album, “Amongst The Low & Empty”, a connu un succès supérieur à nos attentes.  Même si nous nous attendions à un bon succès, grâce à l’accent mis sur l’écriture de chansons axée sur des refrains. C’est surtout la sortie du titre principal en tant que premier single qui a vraiment aidé. C’est pourquoi nous terminons avec lui, car nous pensons que c’est toujours l’un des morceaux les plus forts de toute la discographie de SIGNS OF THE SWARM. Cela nous a ouvert de nombreuses opportunités de tournée. Nous avons joué devant des foules plus nombreuses que jamais. Nous avons fait une tournée en tête d’affiche l’automne dernier, qui a très bien marché. Tout récemment, on a fait une tournée américaine avec CHELSEA GRIN. La plupart de ces concerts ont affiché complet. On jouait devant 1 000 à 1 500 personnes chaque soir, et on a fait un travail exceptionnel. Et, tu sais, lorsqu’on regarde l’accueil qu’on a reçu aux festivals où on a joué cette année, le Sweden Rock, on a joué devant environ 4 000 personnes. Au Hellfest, aujourd’hui, j’estime à peu près entre 6 000 et 8 000 personnes, et le pic de popularité a été atteint avec Graspop l’autre jour. On a joué devant environ 11 000 personnes, ce qui, quand on sait qu’on est en compétition avec d’autres artistes phénoménaux qui jouent tous du heavy comme nous, c’est un vrai privilège de savoir que le public nous choisit. Et c’est en grande partie dû à notre volonté de proposer un… comment dire… un format digeste pour ce que nous essayons d’apporter au deathcore. 

Cet album présente des collaborations avec des figures emblématiques du genre, comme Will RAMOS et Phil BOZEMAN. Ce sont probablement les deux plus grandes références actuelles de le style. Comment en êtes-vous venu à collaborer avec eux ? 

David : Je suis très proche de tous ceux qui apparaissent sur l’album. J’ai leur numéro de téléphone. Je pourrais les appeler et leur dire : «Salut, comment se passe ta journée ?». Ils répondraient. Tu vois ce que je veux dire ? Will, c’était un peu attendu depuis longtemps. On est amis depuis un bon bout de temps. Phil, je l’ai rencontré lors de notre tournée de première partie avec WHITECHAPEL, et on est devenus amis. Et Jack de 156/SILENCE & PRISON, je le connais depuis toujours. Un groupe de Pittsburgh, un ami de ma ville natale, et puis Johnny de PRISON. Il jouait dans DARK SERMON. Il a eu une énorme influence sur moi à l’époque, et j’adorais PRISON. C’est un groupe tellement accessible. Je me suis dit qu’il fallait que je les intègre. Mais, vraiment, toutes ces apparitions se sont produites naturellement, rien de tout ça n’est une stratégie marketing. Avoir Phil comme guest, c’était comme une liste de choses à faire pour moi depuis tellement longtemps. Le simple fait d’y parvenir, c’est vraiment génial. On a réussi ça en cinq jours. Et j’ai hâte que tout le monde entende Will, Phil, Jack et Johnny sur l’album, mec. Parce que leurs apparitions sont tellement géniales.

J’ai un énorme coup de cœur pour le morceau “HELLMUSTFEARME”. C’est violent, autant dans la musique que dans les paroles. Et sur scène. Waouh ! C’est incroyable. C’est de la pure folie. Parlez-moi de ce morceau. 

Bobby : Je crois que c’était l’une des premières chansons vraiment très heavy qu’on ait écrites pour l’album. C’était le premier dont j’étais vraiment content. Et j’ai l’impression que dès qu’on l’a tous entendu, on a commencé à avoir des idées pour le rendre vraiment pop. Il y a ce genre de refrain de chant de stade. Vraiment groovy. Un peu comme un retour aux trucs qu’on écoutait en grandissant. Mais, tu sais, quand on écrit, il faut juste s’assurer qu’on peut avoir ce côté lourd et fun. Et c’est le premier titre où on a senti qu’il fallait que ce soit un single. 

David : Anecdote amusante, Phil était censé être sur ce morceau. Comme on n’y arrivait pas,  j’ai fini par tout enregistrer. Puis, finalement Phil a répondu favorablement, mais on s’est dit que c’était devenu un single, on a fini par mettre Phil ailleurs. (rires)

Carl : Honnêtement, je suis content de la façon dont ça s’est passé parce que ça colle vraiment à tout ce que le groupe est. Genre, une chanson qui est vraiment cool. Ne pas avoir de featuring dessus et voir que les gens l’aiment beaucoup, c’est vraiment génial. Donc on se repose un peu sur nos lauriers sur celle-là. Mais c’est une super chanson en live. Dave sait emmener les gens à chanter et Mike et moi chantons aussi en live. Ça ajoute encore plus de puissance. Donc oui, il y a quelque chose là-dedans qui marche vraiment bien en live. 

David, tes paroles sont sombres et violentes. D’où tires-tu ton inspiration ? 

David : Je m’inspire beaucoup de mes expériences de vie, et je partage beaucoup d’informations approfondies avec Michael. Mike m’aide beaucoup à écrire. C’est un très bon orateur, et il m’aide à m’assurer que tout ne dérape pas. C’est toujours bien d’avoir un deuxième cerveau pour te soutenir, et Mike et moi, on forme un duo dynamique dans ce genre de situation. Mais beaucoup de paroles viennent de mes propres expériences et émotions, ce genre de choses que j’ai l’impression que d’autres ressentiront aussi. Je sais que je ne suis pas le seul à me sentir tout le temps comme un con. J’essaie d’être quelqu’un de bien. Et j’ai l’impression que partager cet aspect de la vie peut résonner chez certaines personnes qui en ont besoin, pour qu’elles sachent qu’elles ne sont pas seules. Et peut-être que ça leur donnera un petit coup de joie. Et un peu de réconfort. C’est surtout pour ça que je fais ça, pour me décharger et dire les conneries que je suis trop “poule mouillée” pour dire à voix haute. Je le fais juste de façon poétique, et j’en parle aux gens. 

L’un des morceaux les plus dingues de cet album pour moi, c’est “Sarkazein”. 

David : Putain, attends. Alors tu as tout écouté ? Tu as écouté tout l’album ? 

Oui. 

(David me tend le poing pour un check)

David : Mon pote. Allons-y. 

Michael : On en parle comme si c’était un secret. (rires) Ce morceau n’est même pas encore sorti. 

David : C’est pour ça que je suis pris au dépourvu.

Michael : Le gars s’y connaît. (rires) Donc “Sarkazein” ?

Quel est le sens de ce titre ? Parce que la fin est tellement épique. 

Michael : C’est une idée de Dave. Le mot vient du grec. C’était la racine phonétique du mot sarcasme, mais ça se traduit aussi grossièrement par déchirer la chair. Déchirer la chair comme un chien. (rires général) Genre écorcher quelqu’un avec ses mots. Ça ne parle de personne ni de rien, mais c’est un peu comme… genre…, c’est une grosse utilisation de “fuck”. Tu vois ce que je veux dire ? Est-ce que ça a du sens ? Est-ce que j’ai du sens ?

(Michael prend cette explication très à coeur. Ce qui fait rire tous les membres du groupe) 

C’est à propos de…

David : Mike. 

Michael : Laisse-moi être plus concis. C’est à propos de quand tu as besoin de dire à quelqu’un « va te faire foutre ». Ouais. C’est la meilleure façon de le dire. Le morceau peut donner l’impression que c’est ciblé. Mais, enfin, soyons clairs. Ce n’est pas un truc du genre « Je suis désolé, mec ». J’essaie d’expliquer, genre, j’ai perdu la boule, mec. J’essaie d’expliquer. C’est juste à propos de faire un doigt d’honneur à quelqu’un. C’est tout le but, quand tu as besoin de faire ça. Je suis content que tu l’aie apprécié. C’est une bonne chanson. 

David : Cette chanson, on aime essayer d’en utiliser beaucoup, comme, l’imagerie du tableau, “Saturne mangeant son fils”, parce que la chanson a une grande métaphore, comme, manger la jeunesse. Et c’est en quelque sorte de là que vient une grande partie du vocabulaire, ça vient de la contemplation visuelle de ce tableau. Un tableau vraiment flippant. Je recommande d’y jeter un œil. C’est comme manger une personne. C’est vraiment torride. (rires). 

Un mot sur la pochette de l’album. Je l’adore. 

David : La pochette, je voulais essayer d’aller chercher le bien et le mal en sculptant ce temple dystopique. Je voulais qu’il y ait ça pour montrer que le bien et le mal existent. Parce que tout le monde  traverse des scénarios de vie qui vous façonnent en tant qu’être humain. C’est un peu ce que je voulais que l’œuvre représente, avec ces démons gravés dans une créature divine, puis des anges qui lèvent leurs ailes, tout ça. C’est une image vraiment cool de la vraie vie, à mon avis. 

Il vous reste quelques dates en Europe. En octobre, vous partez en tournée américaine avec les frenchies de TEN 56. Avec FACE YOURSELF que j’ai interviewé il y a quelques jours, un super groupe. Je crois que leur premier concert était avec vous ?

David : Ouais. On nous a demandé d’être la tête d’affiche de leur premier concert pour essayer de remplir la salle pour leur premier concert. Et je suis content qu’on l’ait fait parce qu’on a fait salle comble. Ils ont fait un super premier concert. J’ai demandé à Yasmin de venir chanter avec nous, et c’est comme ça que je l’ai rencontrée. Elle a fait une reprise d’une de nos chansons en ligne, et je me suis dit : « Yo ! Cette petite meuf a la même voix que moi. C’est quoi ce bordel ?» (rires) Et je suis devenu ami avec elle depuis. Elle est mariée à mon ami Dan maintenant, ce qui est génial. Des gens géniaux. Et, honnêtement, toute cette tournée est remplie de potes. Genre, les gars de CARCOSA, ils sont tous géniaux. Et pareil pour MENTAL CRUELTY, on les connaît depuis… trois ans maintenant ? Je dirai six, sept ans pour Bobby et moi. Ça va être une super expérience de pouvoir être avec tous ces gens et de faire une belle tournée en tête d’affiche pour promouvoir la sortie de “To Rid Myself Of Truth”. 

Et quelle est votre vision de la scène deathcore ? On sent beaucoup d’entraide entre les groupes.

Michael : Ah oui, le deathcore n’a vraiment jamais été aussi fort. Tu sais, quand tu repenses à vingt ans en arrière, quand le deathcore est devenu un truc sur Myspace. Les gens l’ont rejeté comme une mode. Tout ce qu’ils faisaient, c’était dire de la merde. Ils disaient que ce n’était même pas du vrai metal. Et, tu sais, maintenant tu as des groupes comme LORNA SHORE qui jouent devant 25 000 personnes. On partage des festivals avec eux. Il y a des groupes comme SLAUGHTER TO PREVAIL, SUICIDE SILENCE… il y a une liste interminable de groupes de deathcore. DISEMBODIED TYRANT, CHELSEA GRIN qui remplissent des salles face à des milliers de personnes. On voit leurs produits dérivés partout. Et on sait qu’avec cette popularité, on doit se serrer les coudes et maintenir cette dynamique pour pouvoir continuer, parce qu’on adore ça. C’est pour ça que c’était si rafraîchissant de tourner avec WHITECHAPEL, CHELSEA GRIN et tout le reste, parce qu’on s’est juste assuré que tout le monde puisse offrir le meilleur spectacle possible, et ça a donné lieu aux tournées les plus fluides qu’on ait jamais faites. 

Bobby : On entend souvent dire, de la part des groupes historiques avec lesquels on a tourné, que toute bagarre, toute dispute, finit toujours par blesser les fans. Ce sont les seuls qui font mal. C’est comme si l’ego prenait le dessus. On est là pour faire de la musique. Évidemment, il faut se protéger, prendre soin de soi. Mais, avec ces allers-retours et ces remises en question, on a l’impression d’être là pour faire de la musique pour les gens. Et ça blesse ceux qui veulent voir vos groupes et vos musiciens. Je pense que beaucoup de gens avec qui on a tourné et qui sont d’une génération au-dessus de la nôtre nous l’ont déjà dit, et je pense qu’il est important de garder ça en tête. 

Dans quelles conditions recommanderiez-vous l’écoute de cet album ? 

David : N’importe laquelle, quelle que soit la forme. J’ai l’impression que pour chaque point de vue émotionnel, il y a une chanson à laquelle on peut s’identifier sur cet album. Il y a plein de points de vue différents, et même, pour “Clouded Retinas”, par exemple, j’ai essayé d’être le plus large possible lorsque je parle de ma maladie des yeux et de cibler le sujet. Il faut essayer de le rendre accessible, même s’il aborde des sujets personnels. Et c’est là que j’ai l’impression que cet album est très accessible, quel que soit l’état d’esprit, quel que soit le point de vue émotionnel. Il sera probablement beaucoup plus lourd pour les personnes un peu déprimées ou en colère. Il saura peut-être mieux répondre à ce besoin. Mais je dirais sans hésiter que, quel que soit ton état d’esprit, cet album aura quelque chose pour toi. C’est une toute autre ambiance de SIGNS OF THE SWARM, jamais entendue auparavant. Et c’est là que j’ai l’impression que c’est un album très accessible pour nos fans et la communauté metal en général. 

Carl : Essayez d’écouter ce dernier album du début à la fin plutôt que de l’écouter en single, parce qu’on aime essayer plein de choses différentes, et je pense que c’est beaucoup plus logique de les écouter dans leur ensemble. Si on choisit juste un morceau. Il peut être un peu plus complexe, on ne le comprend peut-être pas autant que si on l’écoutait dans l’ordre.

Michael : On a des chansons qui abordent des sujets très variés, parce que tout le monde sait que notre combat est une condition humaine. On a des chansons qui abordent des problèmes de santé mentale, le suicide, la lutte contre l’addiction, le refoulement de souvenirs, les traumatismes, quand on est en colère contre le monde, ce que j’essayais de dire quand on parlait de sarcasme, tout à l’heure. On a un titre comme “Malady”, qui aborde l’horrible état d’esprit qui pousse à vouloir mettre fin à ses jours, et c’est pour ça qu’on l’a écrite, parce qu’on voulait montrer ça. Tu n’es pas seul. D’autres personnes comprennent ce que ça fait. Tu sais, “Clouded Retinas”, c’est quelqu’un qui souffre de maladies permanentes. Se sentir déprimé et vide, c’est se sentir comme une merde. Alors, quel que soit ton état, que tu sois sobre, en convalescence, en consommation, ou que tu luttes mentalement contre ce problème, on a quelque chose pour toi. 

Le mot de la fin est pour vous. 

Bobby : Merci d’avoir partagé ce moment avec nous. Nous sommes très impatients de vous voir découvrir cet album. Il sort le 22 août. 

Carl : Salut Satan ! (rires)

Michael : Merci à nos fans français. Vive la France ! C’était un grand plaisir de jouer à ce festival, et j’espère bien y retourner dans les années à venir. 

David : Qui est le dirigeant de la France ? Le président ? 

Emmanuel MACRON. 

Michael : C’est lui le Premier ministre ? 

Non. C’est le président. 

David : GOJIRA pour président. (rires)

                                                                                                                                                                               Setlist du HELLFEST 2025

 

 

Notre avis : 

 

Sixième opus des américains de SIGNS OF THE SWARM. “To Rid Myself Of Truth” fait suite à l’excellent “Amongst The Low & Empty” sorti deux ans plus tôt. Fidèles à leurs origines, le groupe n’est pas venu faire de la figuration. Dès le titre éponyme, le ton est donné, cet album est là pour faire mal. Quoi de plus naturel pour un groupe de deathcore. Bien qu’un titre comme “Forcing To Forget” offre une alternative plus ambient à la violence des onze titres que compose cet album. Ou encore l’excellent “Sarkazein” avec son final épique et complètement barré. Cet album regorge de titres maîtrisés aux paroles sombres et introspectives. Nul doute que le test de la scène sera un beau challenge pour ces titres. En témoigne le premier single “HELLMUSTFEARME” qui prend une dimension incroyable en live. 

“To Rid Myself Of Truth” est clairement une valeur sûre.