Vecteur Magazine

LA REFORESTATION PAR LE METAL

Par Michael Schmitt

SAVAGE LANDS n’est pas simplement un groupe de musique fondé par notre interlocuteur Sylvain DEMERCASTEL, en collaboration avec POUN, Étienne TRETON (BLACK BOMB A) et Florian PONS (LOCOMUERTE), ni même par Dirk VERBEUREN (MEGADETH), qui a également contribué à sa création. C’est avant tout une initiative visant à allier l’écologie et le metal dans le but de sensibiliser et d’agir en faveur de la planète. 

J’ai envie de commencer directement par remonter aux sources du projet SAVAGE LANDS, avec surtout ta rencontre dans les années 90 avec Dirk.

 

Tu connais un peu l’histoire ? 

 

Oui.

  

Tu es suffisamment âgé pour la connaître.

  

C’est gentil (rires).

  

Ah tu sais, j’ai 54 ans, hein, donc il n’y a plus de complexe… C’était un ingénieur qui m’avait donné le contact de Dirk, et il était déjà super doué. On s’est donné rendez-vous, il est venu me voir à l’époque où j’habitais chez mes parents. Et puis voilà, on a tout de suite sympathisé et on s’est lancés dans le projet ARTSONIC ensemble. Du coup, ça a été notre batteur sur les deux premiers albums, puis lors des premières tournées du groupe. Lui, il avait déjà en parallèle son groupe SCARVE, donc ça a commencé à devenir compliqué, avec les allers-retours dans l’Est de la France. À un moment donné, il a choisi de se concentrer sur SCARVE et de donner la priorité à son groupe, ce qui était quand même normal. Puis après, nous, on a continué avec ARTSONIC et à un moment donné, on a arrêté. Moi, j’ai arrêté à la suite d’un drame, tu sais, quand mon meilleur ami s’est fait assassiner, donc ça a marqué un peu la fin de cette partie de ma vie. Ensuite, je n’avais plus trop de connexion avec le milieu de la musique. Je sais que c’est à ce moment-là que je suis parti en famille. On s’est un peu reconstruits ailleurs, au Costa Rica, dans un univers qui nous plaisait parce qu’on était militants écologistes déjà à l’époque, et je ne sais pas pourquoi, j’ai repris contact avec Dirk alors que j’avais complètement arrêté la guitare… C’était bien avant SAVAGE LANDS, j’étais à Los Angeles. Je ne sais plus pourquoi, en périple pour mes autres activités, et puis la saison des pluies est arrivée au Costa Rica. Je me suis dit : tiens, je me remettrais bien à jouer de la guitare, et j’ai recontacté Dirk à Los Angeles où j’ai fait la connaissance de Sacha DUNABLE , le guitariste avec qui on a collaboré. Et puis ça a commencé comme ça. Après, ma copine a contacté Dirk pour organiser mes 50 ans au Costa Rica. Il devait venir, il y avait tout un tas de choses en cours. J’avais commencé à jouer avec POUN, tu sais, à composer des trucs comme ça, mais il n’y avait pas SAVAGE LANDS. Il n’y avait rien du tout ! C’était juste une histoire d’écriture de musique pour le plaisir. Ils avaient monté tout un stratagème. Dirk devait être là, POUN aussi, ils devaient jouer des morceaux sur la plage juste devant l’hôtel qui est sur la plage, et le Covid est arrivé. Donc… c’est dommage, c’était une surprise, ça aurait été pas mal (rires). De débarquer là-bas, de voir mes potes que je n’avais pas vus depuis longtemps, il devait y avoir Stéphane BURIEZ aussi, enfin il devait y avoir tout le monde quoi. Mais le Covid… Le Costa Rica était ouvert pendant la pandémie , donc il y a plein de gens qui sont venus au Costa Rica, et qui n’auraient peut-être jamais dû venir à la base. C’est là que ça a commencé, les investissements, les spéculations immobilières. Alors moi, je faisais déjà des petites opérations de reforestation là-bas, mais à un niveau très local. Et là, ça a commencé à prendre une tournure vraiment merdique et moi, ça me rendait fou ! J’entendais la tronçonneuse tous les jours, les singes qui s’en allaient, les animaux… c’était le cauchemar que tu n’as pas envie de vivre quand tu es écolo. Voilà, et l’idée est née. J’ai appelé Dirk en lui disant : « Ecoute-moi, j’ai envie de faire un truc un peu plus ambitieux » . Monter une ONG, mais je suis un vieux militant, donc je sais bien que si tu n’as pas de personnalités, si tu n’as pas une voix qui porte, tu vas convaincre tes voisins et ça ne va pas aller beaucoup plus loin, et là, ça ne suffisait pas. Dirk m’a dit banco tout de suite, l’idée lui a plu, de passer du statut d’artiste qui dénonce des choses à celui d’artiste ayant son propre organisme avec lequel il peut agir. Il m’a dit : « C’est exactement ce qu’il faut, c’est une super idée et on va essayer d’embarquer des gens », parce que Dirk, maintenant, il est super connu, donc forcément, il peut le faire plus facilement que moi. Et voilà, l’idée est née comme ça. 

 

Tu as appelé Dirk et ça s’est fait comme ça, simplement ?

 

Oui, c’est parfois le bon moment… Le bon moment, la bonne idée, et puis voilà. C’est aussi le fait qu’en vieillissant, tu acquiers un peu d’expérience, donc peut-être que c’est le fruit de toutes ces années de projets qui n’ont pas forcément marché, ou pas assez. Dans ce cas, tu as peut-être un peu plus de lucidité, et puis tu te dis : tiens, si on mélangeait un peu nos deux univers, un pied dans la forêt, un pied dans le metal, et qu’on s’adressait à cette communauté, parce que moi, je reste persuadé que c’est une super communauté. Les métalleux, tu vois, ce sont des gens qui font plein de choses par eux-mêmes : ils organisent des actions, ils mettent en place des concerts, ils réalisent des œuvres, enfin, tu vois, ce ne sont pas des fainéants et ce ne sont pas des consommateurs passifs, quoi. Du coup, dans ma tête, je me disais qu’il y avait peut-être quelque chose à faire dans ce milieu-là. Et voilà, au départ, on n’avait pas prévu que ça devienne ce que c’est devenu aujourd’hui. On avait vraiment envie, tu vois, d’essayer de former un groupe avec des gens connus, mais bon, c’est hyper dur de faire ça. À la base, le projet musical que j’avais avec POUN n’était pas du tout prévu pour être SAVAGE LANDS. En fait, cela est venu après. On a fait écouter les titres à Dirk, et on lui a demandé ce qu’il en pensait. Et en fait, c’est là qu’on s’est dit : mais pourquoi attendre d’avoir des gens qui montent un groupe alors qu’on en a un, et qu’on peut proposer, à l’inverse, à des gens de venir faire un featuring sur des morceaux qu’on a déjà écrits ?

Cela a conduit à la création d’un projet d’envergure. À ce stade, j’imagine que vous ne réalisiez pas que vous alliez atteindre un tel niveau, n’est-ce pas ? Vous aviez sans doute des espoirs, mais je ne pense pas que vous osiez envisager cela ?

 

En réalité, un élément décisif a joué un rôle : nous avons réalisé notre première opération avec une guitare, fabriquée à partir d’un arbre tombé près de chez moi. Nous avons fait appel à un musicien de DUNABLE pour l’accompagner. De plus, Dirk, qui jouait au Hellfest, m’a contacté pour me dire qu’Olivier GARNIER, à l’époque, faisait mention du festival en m’invitant à y participer. Je dois admettre que je n’étais pas familier avec le Hellfest à ce moment-là. Il est vrai que j’avais pris mes distances avec la musique en 2003 ou 2004. À partir de cette période, j’ai vécu dans la forêt au Costa Rica. Ainsi, je n’étais pas au courant de tout cet engouement qui s’était développé autour du Hellfest. De surcroît, j’ai fait mon entrée lors de l’édition qui a suivi la pandémie, une édition double, pour être précis. J’ai été véritablement surpris. À ce moment-là, j’ai constaté qu’il y avait quelque chose d’intéressant. Je suis conscient qu’il existe des détracteurs et que, de manière générale, on trouve toujours des personnes avec des opinions variées. Pour ma part, je n’avais pas d’à priori à ce sujet. En découvrant cet univers, j’ai réalisé qu’il y avait effectivement quelque chose d’attrayant. Ainsi, nous nous sommes retrouvés avec notre guitare, tentant de dialoguer avec les gens et de leur faire découvrir que des artistes, comme les membres de GOJIRA qui avaient également participé et signé. En revoyant certains concerts, je me suis dit que c’était vraiment intéressant, et j’ai eu l’envie de m’engager davantage. L’année suivante, ALCEST m’a invité à monter sur scène avec eux. GOJIRA a également montré un soutien similaire. C’est à ce moment-là que Ben BARBAUD m’a contacté pour me faire part de son intérêt pour ce que je faisais et qu’il souhaitait que nous en discutions. Ainsi, les choses se sont rapidement enchaînées. Parallèlement, nous avons commencé les démarches auprès de divers labels. Il est important de préciser que notre projet n’est pas celui d’un groupe de musique, mais plutôt d’une ONG. 

 

C’est ce que je souhaitais aborder avec toi. 

 

En effet, notre approche repose sur l’idée que nous devons être légitimes dans nos actions. De nombreuses personnes font des promesses sans les tenir, et nous voulons nous démarquer en adoptant une approche simple et transparente. Nous souhaitons dialoguer avec le public et les inviter à participer à notre projet. Pour ma part, je ne m’intéresse pas aux opinions des gens sur des questions spécifiques, qu’il s’agisse de choix alimentaires ou autres, cela m’importe peu. Ce que je désire, c’est de faire comprendre que la protection de la forêt et de la biodiversité est un concept accessible, et un point de départ pour appréhender des problématiques environnementales plus larges. Nous accueillons chaleureusement tous ceux qui souhaitent contribuer à une initiative constructive. Chacun peut s’impliquer à sa manière, que ce soit en nous invitant à un événement, en organisant le leur, ou encore en participant à un crowdfunding. L’idée essentielle est de bâtir une légitimité tant sur le plan environnemental que musical, en associant ces deux dimensions. À ce jour, nous avons constitué une ONG qui dispose d’un partenariat avec un label, ce qui témoigne d’une structure unique. Ce n’est pas un groupe musical qui est signé, mais bien une ONG. Cette configuration signifie que tous les revenus générés par la musique sont directement versés à l’ONG. Contrairement à l’ancien modèle où des groupes versent des bénéfices à des ONG existantes, nous avons maintenant une ONG qui produit sa propre musique tout en étant labellisée. Cette approche clarifie notre positionnement et transparence pour ceux qui souhaitent soutenir notre cause. De plus, il est possible de nous soutenir simplement en écoutant notre musique. En ajoutant nos titres à vos playlists, en faisant circuler nos morceaux, bien que nous n’ayons pas encore réalisé d’importantes initiatives de reforestation grâce aux revenus musicaux, il est essentiel de ne pas se leurrer. Néanmoins, il faut voir cela comme un symbole d’engagement. Nous ne sommes pas en train de former un groupe à la recherche de fans, mais plutôt de fédérer autour d’une cause. Évidemment, si notre musique ne vous plaît pas, cela compliquera les choses, mais même un soutien modéré est précieux. Vous devenez un soutien de notre projet et de notre cause. En choisissant de soutenir notre musique, vous participez à une initiative unique et originale. On pourrait établir une comparaison avec des œuvres collectives comme “Les Enfoirés”. Peu importe que l’on apprécie ou non leur style musical, l’important est de contribuer à une belle cause, comme l’aide aux Restos du Cœur, non ?Cependant, notre situation diffère dans la mesure où nous sommes à l’initiative de l’ONG, à l’instar de la création par COLUCHE. C’est un modèle qui permet aux artistes de créer leurs propres outils pour agir directement, sans intermédiaire. Concernant le plateau artistique que nous avons réuni, il est exceptionnel, tout comme les collaborateurs et soutiens associés, dont beaucoup sont issus de ta région Marseillaise . C’est fascinant de constater la manière dont tout cela a évolué. Les artistes ont naturellement voulu participer à notre initiative, ce qui est souvent le cas lorsque l’on propose une idée simple et pertinente que les gens sont prêts à embrasser. Je tiens à souligner que l’ensemble des membres de notre réseau a mis à disposition son carnet d’adresses. Par la suite, nous avons constaté que certains se sont prononcés rapidement, tandis que d’autres ont pris un peu plus de temps pour finaliser leur engagement. Chacun a sa propre approche, ce qui est tout à fait normal. Cependant, je peux attester aujourd’hui que ce sont des partenaires fiables. Ils ont pris le soin d’analyser la situation, d’échanger avec nous et entre eux, car ils ne souhaitaient pas s’engager dans une initiative sans certitudes quant à son contenu, sa qualité et son engagement. C’est très appréciable, car cela garantit qu’ils ne sont pas impliqués par hasard. D’ailleurs, nous étions encore en communication il y a deux jours pour discuter d’un nouveau projet que nous envisageons de réaliser ensemble. L’objectif est clair : constitution d’un réseau solide et actif. Prenons également ALCEST en exemple, qui nous accompagne depuis le commencement ; c’est une collaboration enrichissante. Ce que je souhaiterais développer, c’est véritablement cette armée des arbres — c’est pourquoi nous avons intitulé notre album ”Army of the Trees”. L’idée sous-jacente est de renforcer notre présence et notre influence dans le milieu, car, comme le disent certains artistes, nous avons la capacité de peser dans le paysage musical. 

Effectivement, cette association est indéniablement bénéfique, notamment avec l’implication d’artistes, comme Stephane BURIEZ (LOUDBLAST), Julien TRUCHAN (BENIGHTED) ou même les membres des TAGADA JONES. Prenons Julien en exemple : il est également très engagé, ce qui n’est pas surprenant.

 

En effet, Julien est un homme déterminé. Son engagement pour la cause animale est bien connu et il est important de souligner le lien étroit entre la préservation de la biodiversité et cette cause. Dirk, par exemple, s’est déjà investi dans la cause animale avant même que je ne m’engage personnellement. Cela témoigne de l’importance d’avoir des personnes comme également Alissa d’ARCH ENEMY parmi nous. Sa présence ne doit pas être considérée comme un simple ajout pour renforcer notre image ; elle est ici pour une raison précise. Il est crucial de clarifier ce point. Certaines personnes peuvent avoir l’impression qu’il s’agit d’un groupe de stars, mais cela est loin de la réalité. Avec le temps, la vérité se fera jour et les gens comprendront notre démarche. Nous ne sommes pas ici pour réaliser un coup d’éclat ponctuel. Pour ma part, je suis militant depuis la fin des années 1980. Mon engagement est solide et je n’ai pas l’intention de l’arrêter de sitôt. 

 

On va quand même parler du Hellfest parce que moi j’y étais cette année. J’y  étais pas allé, un peu comme toi, depuis des années et des années. Même si je vais à beaucoup d’autres festivals, j’ai vu la performance de SAVAGE LANDS …déjà bravo parce que je me suis régalé. Comment c’était pour vous ?

 

C’est intéressant de noter que la préparation d’un concert, même unique, représente un travail considérable. Pour ceux qui ont une certaine compréhension du domaine, il est évident que la logistique impliquée est complexe. En effet, cela ne se limite pas à la musique ; il faut également gérer les invités, les entrées et sorties, ainsi que le matériel et les écrans, tout en synchronisant les images avec la musique. Personnellement, je dois avouer que j’avais sous-estimé l’ampleur du projet. À seulement trois semaines avant le Hellfest, nous étions encore dans l’incertitude quant à son succès. Nous avons eu des retours positifs de la part de plusieurs personnes qui ont bien compris notre intention : nous n’étions pas là pour nous mettre en avant, mais plutôt pour véhiculer un message important lié à notre ONG. Certains spectateurs ont même exprimé une forte connexion émotionnelle par rapport aux messages diffusés à l’écran. Cela représente une victoire absolue pour nous, car c’était précisément notre objectif. Bien sûr, certains ont jugé notre prestation un peu désordonnée, mais il est fort à parier qu’avec le nombre de personnes qui entraient et sortaient de scène, c’était inévitable. Étant donné que nous n’étions pas un groupe connu et que seul quelques reprises étaient familières au public, la dynamique était complexe. Il est vrai que cela reste un moment mémorable. Je suis profondément touché par la mise en place d’un espace dédié au sein du Hellfest, qui transcende les simples stands pour ressembler presque à une maison.

 

J’ai eu l’opportunité de visiter cet espace avant et après le concert, et cela a véritablement enrichi ma compréhension de la cause… 

 

En effet, l’expérience du concert et celle de l’espace dédié sont indissociables. Le Hellfest représente une occasion unique. Il ne s’agit pas simplement d’une critique, mais plutôt d’un engagement significatif de Ben, qui a décidé de soutenir une initiative qu’il n’était pas obligé de promouvoir. Bien sûr, certains diront que cette démarche vise également à valoriser son image. Cependant, tant que le message est pertinent, c’est l’essentiel. C’est à nous de nous investir pour obtenir des résultats concrets sur le terrain. J’espère sincèrement que d’autres festivals suivront cet exemple. Il est vrai que, proportionnellement, cela peut sembler modeste, mais le Furious Fest a été l’un des premiers à nous soutenir, en reversant 1 euro par billet, un geste qui, pour un festival de taille réduite, représente un investissement considérable. Notre objectif est de susciter un mouvement où chacun se sente impliqué, avec des initiatives telles que Savage Land, qui peuvent être adoptées par tous. Ce mouvement, bien qu’il ne soit pas politique au sens traditionnel, s’inscrit dans une démarche de société civile, réunissant une communauté spécifique autour d’un genre musical tout en s’armant d’outils adéquats pour avancer là où les politiques échouent.

Vous avez raison de dire qu’il s’agit d’une communauté au sein de la communauté , il y a une véritable cause sous-jacente ; il ne s’agit pas seulement de musiciens talentueux.

 

Je suis ravi de ton enthousiasme, car mon objectif, bien que peut-être idéaliste, est que SAVAGE LANDS puisse exister dans d’autres festivals et sur d’autres scènes, indépendamment des artistes qui s’y produisent. En effet, l’idée serait que lorsque l’on assiste à un concert de Savage Land, c’est qu’il se passe quelque chose de significatif. Nous ne nous produirons jamais sans un partenariat ou une donation de la part de l’organisateur. Nous n’organisons pas de tournée promotionnelle pour vendre un album, car nous ne sommes pas un groupe traditionnel, mais une ONG. Ainsi, lorsque nous jouons, les spectateurs peuvent être assurés que leur présence au concert est liée à une action concrète sur le terrain, et cela revêt une importance capitale. À terme, il est tout à fait envisageable d’organiser des concerts de SAVAGE LANDS à différents endroits, avec plusieurs formations. Ce qui importe réellement, c’est que cela représente une manifestation artistique d’une communauté engagée en faveur de la biodiversité. Peut-être que cela paraît un peu trop intellectuel, mais je suis convaincu que la communauté metal a la capacité de soutenir cette vision, car il s’agit d’un public qui se révèle souvent très engagé, notamment en ce qui concerne les problématiques environnementales. De plus en plus, la musique métal aborde ces enjeux écologiques. 

 

Je tiens à vous féliciter pour le travail remarquable que vous avez accompli. Lorsque l’opportunité de participer à SAVAGE LANDS m’a été présentée, je me suis immédiatement porté volontaire, même si, en général, je suis plutôt orienté vers le black et le death metal. J’étais également très motivé par l’envie de soutenir cette cause et de réaliser cette interview avec toi .

 

Merci infiniment, je vous annonce donc que notre album est bientôt prêt. Comme je vous l’ai mentionné, tous les bénéfices seront reversés à SAVAGE LANDS. Nous avons opté pour un vinyle bio, ce qui signifie qu’il ne sera pas disponible dans des coloris variés, car nous avons choisi de minimiser notre empreinte écologique. Ce vinyle ne contiendra aucune énergie fossile dans sa fabrication. En ce qui concerne le CD, nous avons également réalisé un digipack sans plastique afin de réduire notre impact environnemental au maximum. Nous avons l’intention de continuer à produire des titres en dehors de l’album. Actuellement, nous collaborons avec Dirk sur des morceaux un peu plus musclés. Je viens de terminer un nouveau riff que j’ai envoyé à Teo, le bassiste de BLOODBATH ainsi qu’au guitariste de SUFFOCATION, pour un avis. Il m’a fait remarquer que le riff principal a une forte connotation black metal, mais joué avec une Telecaster, il évoque également des sonorités de stoner rock. Cette approche nous permet de casser les conventions, et ce projet nous offre la liberté de ne pas nous limiter à un seul style. Nous bénéficions effectivement d’une grande liberté créative. Lors de la composition, nous n’en avons pas trop débattu. Chacun, avec ses influences variées, contribue naturellement à l’inspiration de l’ensemble.