Vecteur Magazine

ROLLYWOODLAND

09.04.2024

Par Christophe Pinheiro

Pour la sortie de leur deuxième album ‘Dark Fate For Judgement Day’, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Rolly, le chanteur-bassiste du trio. Un personnage au franc-parler et ô combien sympathique. La bonne humeur est de rigueur pour cette interview qui pourra, je l’espère, vous donner envie d’aller jeter une oreille attentive à ce groupe qui flirte avec un hard rock et qui vous rappellera sûrement de gros standards des années 80.

Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Moi, c’est Rolly, chanteur, bassiste du groupe ROLLYWOODLAND qui vient de sortir un nouvel album ‘Dark Fate For Judgement Day’, et qui contient quinze titres.

 

Vous êtes de Chambéry, me semble-t-il ?

Moi, j’habite à côté de Genève en ce moment. Le batteur vient de Lyon. Le guitariste est en Savoie. Donc, on a du mal à se situer à un endroit précis.

 

Votre premier album ‘Appetite For Seduction’ est sorti en 2012. Ce nouvel album est sorti le 9 février. Que s’est-il passé pendant ces douze années ?

Il y a eu des changements de vies, des bébés, ce genre de choses… Cet album, on a commencé à travailler dessus en 2013 et au moment de passer en studio, il y a eu un break. On avait déjà enregistré la basse et la batterie et on s’est remis ensemble en 2018 et ensuite il y a eu la COVID. J’ai refait le son chez moi en 2020. Les guitares et tous les instruments additionnels entre 2020 et 2022. Cet album est prêt depuis un an et demi, à peu près. Et le temps de trouver le label, décider la date de sortie… On arrive au 9 février 2024.

 

Il y a eu aussi une évolution dans le nom du groupe, vous êtes passés de ROLLYWOOD à ROLLYWOODLAND ?

Il y avait un groupe indien qui s’appelait pareil et j’en ai eu marre de voir des Indiens devenir fans de la page, ça portait à confusion. Dès le début, je pensais au projet ROLLYWOODLAND. Donc cela s’est imposé de lui-même.

 

Avez-vous déjà eu des retours sur cet album ?

Oui, les premiers retours sont positifs. Ça amène certaines personnes à se tourner vers le premier album. Ce qui est assez plaisant, c’est de voir que des gens cherchent à en entendre plus. Et là, on est déjà penchés sur le prochain album. On va prendre le temps pour celui-là, mais je pense qu’on sera prêts à enregistrer le prochain dans pas longtemps.

 

Il m’a fallu deux, trois écoutes de cet album pour m’imprégner de votre musique. J’entend du hard rock très « 80s ». Un titre comme “Heaven For Paradise” me rappelle un peu le Rock FM comme ont pu sonner BON JOVI ou DEF LEPPARD. Quelles sont vos références ou vos inspirations musicales ?

C’est clairement ce que tu as dit. Mes références sont variées, ce serait IRON MAIDEN, MOTLEY CRÜE, GUNS N’ ROSES, BON JOVI, OFFSPRING, JUDAS PRIEST ou encore SCORPIONS. Souvent, lorsque je parle de cet album, ce que je dis, c’est que ça ressemble à SCORPIONS. C’est quelque chose qui passe partout, il y a des morceaux plus rapides, du mid-tempo, des ballades et ça résume plutôt bien les choses. C’est là-dedans qu’on a baigné. Mais il n’y a pas de réelle volonté à faire quelque chose qui y ressemble. Les choses se font d’elles-mêmes, on ne se dit pas « Faisons comme ça pour sonner comme eux ». S’il y a des similitudes qui apparaissent, c’est fortuit, car nous sommes tous nés dans les années 80. J’ai découvert le monde à ce moment-là. Ce qu’il s’est passé avant, que ce soit les années 70 ou les pyramides, c’est pareil. Je n’y étais pas. Donc, je ne peux pas faire autre chose que cette musique, c’est mon processus personnel.

 

Je sens également que le cinéma est une source d’inspiration pour vous, notamment avec la pochette de cet album et le premier titre, intro “Judgement Day”, qui sont des clins d’oeil au deuxième Terminator. Mais aussi, comme je l’ai vu sur votre page Instagram, des références à Stallone, Schwarzenegger… Raconte-moi comment et d’où vous vient cette passion ?

C’est carrément le thème, oui. Et encore une fois, ces gens-là sont des exemples, ils étaient là quand j’ai grandi. Ce sont des exemples à suivre concernant le fait de ne rien lâcher, de toujours aller de l’avant, de ne jamais s’arrêter sur un échec ou des « qu’en dira-t-on ? ». Je n’ai pas trop évolué depuis que j’ai huit ans, je pense. J’ai toujours cette façon de penser et pour moi, l’homme le plus fort du monde est toujours Arnold Schwarzenegger. Je ne pense pas avoir évolué de ce côté. Et ce sont aussi des sujets de paroles faciles. J’ai souvent des morceaux qui me viennent en tête à partir d’une simple mélodie, que ce soit en marchant dans la rue ou au boulot. Et c’est souvent un thème ou une ambiance qui me fait penser à tel ou tel film ou à tel ou tel moment de bravoure, qui se définit lui-même. Un album, c’est comme un film. C’est une succession de scènes, un début, une fin, de l’action… Et sur cet album, sans le vouloir, c’est un peu le résultat qu’on obtient.

 

Je vois. Il ne faudra pas m’en vouloir, mais je préfère Stallone à Schwarzenegger.

Je ne vais pas critiquer, car c’est le meilleur acteur du monde. Mais ce n’est pas un homme d’État. (rires)

 

Bien vu. Justement, j’aimerais savoir comment vous avez travaillé sur le titre “JCVD”, je l’adore. C’est, selon moi, un tube, même si je vous maudis car depuis quelques jours, je m’endors et me réveille avec cette chanson en tête.

(rires) C’est marrant car j’ai dit à l’intervieweur d’avant « Bonne chance avec toutes ces musiques qui vont te rester dans la tête ». Ce titre a été composé par Ben, notre batteur, en 2012 ou 2013 et pendant longtemps, je n’avais pas de thème. Et un jour lors d’une randonnée en montagne, je me suis dit que ça faisait le même nombre de syllabes que Jean-Claude Van Damme. Et quand tu randonnes, tu as le temps, donc je me suis chanté Jean-Claude Van Damme et finalement ça sonnait bien. Donc j’ai écrit tout le morceau sur le thème de Jean-Claude Van Damme. C’est un hommage à Jean-Claude avec beaucoup de clins d’œil à sa carrière. C’est un morceau qui marche sur scène. Et j’aimerais faire un clip avec Jean-Claude, alors quand, comment, je ne sais pas. Mais c’est un projet.

 

Je te souhaite que cela se réalise.

On va lui présenter l’idée.

 

Un mot sur d’autres thèmes abordés sur cet album ?

“We All Come From Outer Space” ou “Militærritory” sont plus des réflexions personnelles sur la place que l’on a dans ce monde, en tant qu’humains. C’est ma façon un peu pudique de m’exprimer sur certaines choses, tout en restant un peu vague. Il y a des chansons d’amour. La chanson “Heaven For Paradise” est une chanson anti-Djihad que j’ai écrite après les attentats de Charlie Hebdo en 2011. “Jesse Jane”, je ne sais pas si tu avais l’habitude de regarder « Le journal du hard » il y a une quinzaine d’années ?


Non, malheureusement, visiblement.

Bah tu tapes sur Google et tu sauras qui c’est. (rires) Il est encore temps pour te rattraper.


Oui, il n’est jamais trop tard…

(rires) “No Dogshit (On The Sidewalk)” est un titre engagé. C’est assez varié, ce n’est pas uniquement autour des films d’action. Je pense que ça représente un tiers de tout l’album. Il y a également la reprise de Michael Jackson, “Another Part Of Me”…


Ah bon ? Je n’avais pas fait attention.

…C’est un bon point pour nous, ça veut dire qu’il a été tellement bien revisité qu’on ne se rend pas compte que c’est une reprise. Tu pourras comparer avec la version originale.


Je le ferai. Sinon, sur “When You Cry”, on entend un passage au saxophone. Qui a eu l’idée d’intégrer ce passage qui surprend, mais qui se marie parfaitement au morceau ?

C’est une volonté de ma part. J’intègre un passage de saxophone sur chaque album. Ça me rappelle le film L’Arme Fatale et puis les solos de sax c’est la classe. On avait déjà du saxo sur un morceau du premier album et j’ai contacté le même saxophoniste pour qu’il nous refasse un nouveau solo pour cet album. Et à chaque fois, il fait mouche, il a un super feeling, c’est un prof de saxo, il gère. Et sur le prochain album, il y aura forcément un morceau avec du saxo. Quand tu reçois ça et que tu l’écoutes, ça te met un tel sourire. Tu écoutes ça pendant des jours, ça a son effet, ce n’est pas en trop. Il faut juste faire avaler la pilule au guitariste… (rires)


Car lui, il voyait le solo de guitare à cet endroit-là.

Ah bah oui, mais c’est vraiment à sa place. Ce n’est pas en trop. Mais ça surprend, c’est cette petite touche supplémentaire à qui plus personne ne fait appel. Il n’y a plus de groupes qui utilisent du saxophone et c’est dommage, je trouve. Car c’est un superbe instrument. C’est sensuel, ça apporte beaucoup de choses.


Est-ce qu’il y a un morceau plus important pour toi sur cet album ? Et si oui, pourquoi ?

Non, c’est un peu comme une famille, ces morceaux. Ils ont leur histoire, leur particularité, leur point fort… Pour moi c’est un peu comme le ‘Black Album’ : cet album, il n’y a rien à jeter. Je ne dis pas ça parce que c’est moi qui l’ai fait. (rires) Je vais te dire ce que te disent tous les groupes : pour l’instant, c’est notre meilleur album. (rires)


C’est un album qui s’écoute d’une traite, sans problèmes. Donc, c’est votre ‘Black Album’.

Oui, c’est alléchant, donc pour le vendre, je dis ça, c’est comme le ‘Black Album’, mais en mieux, parce qu’il y a quinze chansons. (rires) On m’a souvent demandé, pourquoi un album de quinze titres, qui dure presque une heure. En fait, on ne pouvait pas faire autrement, avec tous ces morceaux aussi bien les uns que les autres. Je me voyais mal en laisser quatre de côté, tu vois.


Oui, je vois. Cet album fait 56 minutes, précisément, et jusqu’au morceau “First Blood, Last Cut”, j’ai l’impression d’avoir écouté un album. Et à partir de l’instru “The Epic Split”, j’ai l’impression d’écouter un deuxième album jusqu’à la fin. Et c’est aussi en ça que cet album s’écoute très facilement.

Oui, comme tu dis, c’est comme si on avait un album de neuf titres et à suivre, un EP avec des titres bonus.


C’est ça, et c’est dans ces titres que je trouve mes morceaux préférés, à partir de “The Epic Split”, qui est un instru avec un gros son, limite metal.

Oui, on a utilisé une sept cordes pour ce morceau. On a d’ailleurs utilisé beaucoup d’instruments sur cet album. Il y a du synthé, du piano par moments… Ce sont des choses qu’on perçoit très bien au casque. Ça épice un peu le truc. On est très satisfaits du mix.


J’ai vu sur Facebook que vous aviez fait quelques concerts l’été dernier. C’est comment ROLLYWOODLAND sur scène ?

C’est du fun, de l’énergie et puis des morceaux bien interprétés. On a la patate sur scène.


J’ai pu voir que tu bouges, que tu n’avais pas un pied de micro devant qui t’impose à rester statique.

Oui, je me fais un peu embrouiller par les autres, des fois. Mais c’est une telle liberté.


Avez-vous des dates à venir ?

On est en train de bosser dessus, mais on n’a pas beaucoup de temps à consacrer à ça. Alors on va faire appel à des gens dont c’est le métier et qui nous aideraient. Car c’est un vrai boulot. Et entre notre vie de famille et le boulot à côté… Et puis, quand on fait ça, on ne fait plus de musique. Là, on s’est concentrés sur la sortie de l’album, et maintenant on va se consacrer à ça.


Une question que j’aime poser et qui attise ma curiosité : dans quelles conditions recommandes-tu l’écoute de cet album ?

En baisant. (rires)


C’est noté (rires)

Et puis en bagnole… En baisant en bagnole.


Arrêtée la bagnole, je précise.

En bagnole, mais il faut avoir un lecteur CD ou alors l’invention de je ne sais pas quoi… Je l’écoute partout, il n’y a pas d’excuses. Ou alors, si tu as une chaîne Hi-Fi dans tes chiottes.


Un dernier mot pour nos lecteurs ?

À chaque fois qu’on me le demande, je ne sais pas quoi dire. (rires) Un dernier mot, achetez l’album, on a besoin de sous pour faire la suite.


L’interview se termine et apparaît Ben, le batteur. Rolly me le présente comme étant le compositeur du titre “JCVD”, tout en précisant que nous avons la même coupe de cheveux. Je lui explique que je le maudis pour sa composition. Et c’est sur un nouveau fou rire que se clôt cet entretien.