Par Christophe Pinheiro
Dans le monde des structures qui se démènent pour offrir la possibilité à des artistes de faire vivre leurs créations, RAGE TOUR est un acteur incontournable du genre. Pour tout fan de musique rock, punk ou encore metal parmi tant d’autres, vous avez sûrement déjà assisté à un événement dans lequel RAGE TOUR travaille d’arrache pied dans l’ombre.
Dans quelques jours, aura lieu la neuvième édition du festival « On n’a plus 20 ans » avec une affiche qui promet son lot de belles choses prometteuses. Si vous n’avez pas encore fait le choix de vous y rendre, je vous invite à lire l’entretien que j’ai eu avec Séverine Delahaye et Nicolas Giraudet (plus connu sous le nom de Niko Jones des TAGADA JONES), membres co-fondateurs de RAGE TOUR et de l’entité ENRAGE Corporation, afin de mieux comprendre leurs missions et ainsi mettre en lumière, tout le travail qu’ils font, accompagnés de leur équipe fantastique.
Pour bien comprendre qui est RAGE TOUR, il faut se projeter un peu plus loin pour voir que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. En effet, il y a ENRAGE Corporation et ça fait trente ans que vous œuvrez à faire vivre la musique. Quelles sont les grandes lignes derrière ENRAGE ?
Niko : En fait tout simplement, on a commencé en asso, enfin même si on n’avait pas du tout d’asso au début. C’était il y a 30 ans, en parallèle du groupe TAGADA JONES, on a commencé à chercher nos petites dates, à s’auto-produire… L’année suivante on a monté une asso qui s’appelle les ENRAGÉS, dont c’est l’anniversaire des trente ans cette année. Et en a découlé, au fil des années, tout ce qu’on avait construit comme réseau. On s’est dit que ce serait dommage d’avoir commencé à travailler pour un groupe comme ça et de ne pas en faire bénéficier d’autres artistes. C’est pour ça que dans un premier temps on a développé un label qui s’appelle ENRAGE Production qui était une asso aussi et qui est passé en société en 2002. Ensuite on a monté une structure de tournée. Alors ça s’est fait en parallèle de l’activité phonographique parce que finalement c’est la même structure associative qu’on a utilisée pour pour faire les concerts au début. Et idem en 2002, on est passé en société avec deux branches commerciales dans la société. On a commencé avec un groupe, puis deux, puis trois… historiquement des groupes français. Évidemment on a commencé avec TAGADA JONES, puis il y a dû avoir très rapidement BLACK BOMB A dans les premiers noms on avait dû proposer OBERKAMPF…
Séverine : Oui et puis on a travaillé également avec des groupes québécois puisqu’on faisait des échanges avec eux et du coup on sortait aussi leurs albums en France. Je crois que c’était avant BLACK BOMB A et tout ça.
Niko : Ouais c’est à peu près ça, il y avait les GRIMSKUNK, VULGAIRES MACHINS, on a fait pas mal de choses comme ça et après, de fil en aiguille on s’est dit qu’il serait bon de faire profiter tous ces réseaux notamment pour faire tourner pas mal d’autres artistes et aujourd’hui trente ans après, on doit avoir en tournée, une cinquantaine ou une soixantaine d’artistes français, un peu plus de 200 artistes internationaux. Et en production phonographique, on est rendu à je ne sais plus 72 ou 73..
Séverine : 75 productions productions phono.
Niko : Et en parallèle de tout ça, on a monté un studio. Donc aujourd’hui, on a notre propre studio qui s’appelle E-FACTORY depuis à peu près une quinzaine d’années. On a notre propre structure d’édition, pareil c’est une filiale dans ENRAGE Corporation qui s’appelle ENRAGE Publishing et on a également une flotte de camions de tournée, à peu près une trentaine maintenant, sous la bannière R-LOCATION.
Séverine : Voilà et on fait aussi du merchandising avec une boutique en ligne et du merch pour les groupes, pour les concerts.
J’ai vu tout ça, c’est impressionnant. En préparant cette interview, j’étais loin de m’imaginer le volume aussi impressionnant de la structure. J’ai vu que RAGE TOUR est la branche Booking/Prod dans ENRAGE. On voit même le petit frère KELTIC Live apparaître. Dont la mission est axée sur la musique celtique. C’est vraiment la preuve de votre savoir-faire qui n’est plus à prouver. Est-ce qu’il y a une volonté pour vous d’ouvrir sur un catalogue avec d’autres genres musicaux ?
Niko : Au tout début quand on a commencé on est partis avec la toute la filière bretonne au MIDEM à Cannes, pour le salon du disque. On était des petits jeunes, les seuls à faire de la musique actuelle et à représenter la musique actuelle. On était qu’avec des « Breizhou », on va dire. Donc on a commencé dans ce milieu-là et on a d’ailleurs bien sympathisé avec beaucoup de gens. Et de fil en aiguille, avec les artistes internationaux avec qui on a travaillés, il y avait pas mal d’artistes celtiques, mais rock. On va dire dans une branche assez rock et on s’est rendu compte à un moment que notre façade, notre vitrine RAGE TOUR pouvait paraître un peu dure pour certains organisateurs. Ce qui était un petit frein pour faire booker des artistes celtes même s’ils étaient un peu rock. Et on a décidé de monter cette branche spécialement dédiée aux musiques celtiques. D’une, pour aussi proposer nos artistes dans un autre milieu que le milieu très rock et notre milieu habituel de RAGE TOUR et de deux, comme tu dis c’est vrai, développer notre savoir-faire auprès de nouveaux artistes qui eux sont des artistes loin de l’univers RAGE TOUR. Et ça fait maintenant combien de temps ? Ça fait trois ans à peu près ?
Séverine : Oui à peu près.
Niko : Et c’est vrai que c’est en grosse évolution depuis le début. On est vraiment très content du résultat de cette partie du travail, qui est historique et intrinsèque à notre activité, du fait qu’on soit basé en Bretagne. Et qu’on ait commencé dans un univers très « bretonnant », on va dire.
Alors parlons maintenant de de l’actu du festival « On n’a plus 20 ans » qui aura lieu les 18, 19 et 20 avril prochains à Fontenay-Le-Comte. C’est la neuvième édition du festival. Pour commencer, êtes-vous prêts ?
Séverine : Non pas du tout. (rires) C’est très compliqué parce qu’on a beaucoup de choses en plus du festival dans notre quotidien. On a tous les concerts à côté. Ceux qu’on fait à Paris et ailleurs, d’ailleurs. Et c’est un gros volume d’activités qui revient chaque année mais j’ai l’impression qu’on n’est jamais prêts. Mais ça va le faire.
On sait que ce festival a vu le jour en 2014. Pour les raisons qu’on connaît tous, c’est la neuvième édition en 11 ans. Quelle est l’histoire de ce festival ? Était-il destiné à s’inscrire dans le temps ?
Séverine : Pas du tout, dis-moi si je me trompe Niko, mais la première édition, on l’a faite pour fêter les vingt ans de carrière de TAGADA JONES et donc c’est pour ça qu’on l’a appelé « On n’a plus 20 ans »…
Niko : C’est à la deuxième édition qu’on l’a appelé « On n’a plus 20 ans » parce que la première édition, c’était « Les 20 ans de TAGADA JONES ».
Séverine : Voilà, tout à fait ça a du sens. (Rires) Mais c’était une édition éphémère, on n’avait pas vocation à remettre ça l’année d’après, mais finalement comme on a vu que ça marchait très très bien, que le public était plus qu’au rendez-vous et qu’on avait passé un bon moment malgré tout. On a décidé de remettre ça chaque année. Et chaque année on se dit, est-ce qu’on remet ça l’année prochaine ? Bon maintenant je crois que c’est plié. On va refaire ça chaque année. Mais comme je le disais à un journaliste, ce matin, on va peut-être changer un petit peu la formule dans les années à venir et revoir un petit peu certaines choses, mais en tout cas le festival est voué à perdurer.
Niko : Et puis je pense que ce qu’on peut dire c’est qu’à la base, on a lancé ça pour fêter un anniversaire, effectivement. Une fête où on invite tous les copains qu’on croisait régulièrement sur les routes. Les amis, tout simplement et ça a été une grande fête. Il faut souligner quand même que cette année-là, c’était des plateaux qui ne se faisaient pas trop. C’est-à-dire qu’on jouait les uns après les autres sur des petits festivals, mais on ne jouait jamais tous en même temps. Et là on a loué une salle de 2000 places, mais on ne pensait pas remplir la salle parce qu’à l’époque les groupes étaient moins développés. Pas comme maintenant et on pensait faire 1200, 1300 places. On aurait été super content en faisant 1200 entrées et en fait ça a été complet les deux jours. On a été surpris de voir l’engouement du public. On a pris conscience que programmer une soirée où il n’y avait que des artistes français pouvait marcher. On était vraiment content et à partir de là, on a remis le couvert et aujourd’hui on pourra remarquer que ce genre de programmation se fait depuis 6, 7 ans, et très régulièrement parce que maintenant on croise souvent le fer avec d’autres artistes français sur des festivals et ça ne se faisait pas trop au début. C’est un peu là, la petite particularité de ce festival.
Comment on met en place un festival comme celui-ci ? J’imagine le travail énorme que ça cache. Vous commencez à travailler dès la fin de l’édition précédente ?
Séverine : Oui là par exemple on est déjà en train de parler avec Niko de de l’édition 2026 voire 2027. Surtout sur la programmation car c’est ça qui se fait le plus longtemps en amont. Après sur la préparation logistique, pure et dure, on peut dire qu’on commence à travailler 6 mois avant. On commence à avoir l’habitude vu que c’est le même schéma tous les ans. C’est moins compliqué que si on venait à le faire dans un autre lieu. C’est assez rodé maintenant, on va dire. N’empêche que c’est quand même du boulot.
Niko : Il y a eu des améliorations au fil des années. Là je parle mais c’est moins mon dada, c’est plus Séverine et l’équipe qui chapeaute l’organisation du festival. Mais en tout cas, on a su écouter les demandes du public chaque année et le faire évoluer un petit peu plus. Aller dans le bon sens pour répondre à toutes les questions, toutes les demandes que le public nous a envoyées, avec notamment cette année pour la première… tu peux quand même le dire, l’arrivée…
Séverine : Du cashless. En fait, ce n’est pas vraiment du cashless, mais c’est du cashless à notre niveau et ça survient suite à des remarques du public de l’année dernière. On s’était toujours dit qu’on passerait au cashless un jour ou l’autre, mais on repoussait à chaque fois et là, cette année, on met ça en place. C’est là le seul changement par rapport aux éditions précédentes. Mais c’est vraiment sympathique à organiser en tout cas. On a hâte d’y être parce que c’est la concrétisation du projet, accueillir le public et les groupes, on est ravis de remettre ça tous les ans en tout cas.
Organiser un évènement est une source de stress. Vous arrivez quand même à apprécier le festival ? Je pense à toi Niko, lorsque tu montes sur scène, tu réussi à sortir de cette pression et rentrer dans une bulle ?
Niko : Alors pour ma part, je pense que c’est bien plus facile qu’avant. On parlait du début de la structure et on était que tous les deux. Au fur et à mesure, l’équipe a grossi et aujourd’hui on est 16 donc forcément il y a plus de gens qui y travaillent, à mon grand bonheur. Maintenant, quand la structure organise des événements comme ça, je n’ai plus à m’occuper de l’organisation. Je suis au courant de tout ce qu’il se passe, mais je suis plus là en tant qu’artiste à profiter de ces moments-là. Alors qu’au tout début, je devais mettre la main à la pâte et c’est vrai que c’était plus contraignant de finir de faire les galettes et aller faire la balance pour le groupe (rires). Et ensuite, aller chercher en speed une sono parce qu’il manquait un bout d’une sono et…
Séverine : Je ne comprends pas, tu ne regrette pas ? Je ne comprends pas…(rires)
Niko : Les gens qui ont commencé à faire de la production comme ce qu’on a pu faire de manière complètement alternative et artisanale savent exactement de quoi je suis en train de parler. On est à deux à tenir tous les bouts de ficelle et on court dans tous les sens. Et c’est vrai que moi en plus de ça, après, je montais sur scène. J’appréciais moins, à l’époque, de monter sur scène parce qu’on faisait trop de choses dans l’organisation, dans la journée. Là aujourd’hui par exemple pour ma part, c’est beaucoup plus agréable puisque je n’ai pas, je n’ai plus à m’occuper de tout ça. Grâce au travail efficace de toute l’équipe.
Séverine : Oui parce qu’on est nombreux quand même derrière. On est une vingtaine au niveau de la de la prod. Même si on est moins nombreux à préparer. On doit être 5 ou 6 personnes à préparer en amont. Mais comme je te disais, c’est un schéma bien rodé, bien huilé, donc on reprend les habitudes de l’année d’avant et on essaye d’améliorer là où on peut avec le temps qu’on a. Car c’est surtout ça notre gros problème, c’est le facteur temps. Mais sinon oui il y a un petit peu de stress le jour même, évidemment. Surtout le vendredi, et après comme tout se passe bien en théorie… je touche du bois.
Niko : Est-ce que le wifi marche bien ? Est-ce que…
Séverine : C’est ça cette année. Il y a ce petit stress supplémentaire avec le cashless et le réseau wifi. Il y aura ces petites interrogations-là, mais une fois le premier jour passé, ça ira mieux les jours suivants. La meilleure chose c’est le dimanche parce qu’on sait que ça y est, le plus dur est passé. Donc voilà, on arrive quand même à apprécier le petit verre de vin en fin de soirée. (Rires)
C’est important, en effet. Au-delà de de votre travail et de celui de votre équipe qui fait vivre l’activité au quotidien. Il y a aussi un énorme travail de fait avec des équipes de bénévoles et je trouve que c’est important de les mettre en lumière. En termes humains qu’est-ce que ça représente pour ce festival ?
Séverine : On a, à peu près, 150 bénévoles sur l’ensemble du festival. Dont une grosse partie sont des personnes qui sont au bar. On collabore avec une association vendéenne qui s’appelle TURBULENCES et avec qui on travaille depuis presque le début. Je ne me souviens plus à partir de quelle année ils sont intervenus mais très rapidement. On les rappelle chaque année pour gérer cette partie-là du festival. C’est-à-dire, toute l’immensité des bars..
Niko : Le Vendéen a soif !
Séverine : On a des bières artisanales et on en est bien fier d’ailleurs. On a que des bières artisanales au bar et de la boisson équitable, les softs aussi. On ramène un petit peu de notre touche avec du Breizh Cola en fûts cette année au bar.
Niko : Ce qu’il faut quand même savoir, c’est qu’on a toujours eu cette envie d’avoir des bières artisanales, de proposer un maximum de nourriture la plus écologique possible, bio si possible. On fait attention au local, on fait attention à la collecte des déchets. On a mis cette empreinte très rare dès le début sur le festival. Il faut quand même souligner que c’est un festival qui n’est pas du tout subventionné. On a zéro partenaire public, zéro partenaire privé. Ce qui est quand même relativement rare aujourd’hui dans l’organisation d’un festival.
Séverine : Tout à fait, nous sommes complètement autonomes. Du coup on a une certaine liberté dans notre façon de faire, on fait exactement comme on a envie. Du coup, ça demande une certaine rigueur parce qu’il faut rentabiliser l’édition. C’est un autre travail mais on y arrive en tout cas pour l’instant. Pourvu que ça continue.
Il n’y a pas de raison. Alors parlons maintenant de la programmation de cet événement parce qu’on voit de beaux noms du paysage musical français en plus de TAGADA JONES, il y a MASS HYSTERIA, DAGOBA ou encore ULTRA VOMIT. On retrouve également DARCY et RAVAGE CLUB qui ont partagé l’affiche de « La Tournée du Coeur ». Peut-on dire que c’est un festival avec des amis pour ne pas dire de la famille ?
Niko : Oui c’est ça, un festival, une programmation évidemment familiale et c’est ce qu’on a fait depuis le début et c’est ce qu’on continue de faire évidemment. On est obligé d’ouvrir un petit peu plus, c’est normal selon les années, les éditions. Parce qu’on ne va pas proposer tous les ans la même programmation, mais l’idée et l’envie sont bien sûr là. C’est-à-dire de faire jouer nos amis, des gens de notre environnement relativement proche et puis aussi évidemment pousser des nouveaux artistes. Tu parles de RAVAGE CLUB ou DARCY, il faut savoir que DARCY est un groupe que l’on produit. On essaye d’accompagner un maximum de nouveaux artistes et de les présenter au public. Que ce soit pendant le festival, mais aussi sur des tournées comme « La Tournée du Coeur » où on a invité DARCY et RAVAGE CLUB pour les présenter à un maximum de public possible.
Vous touchez également un peu toutes les générations avec des artistes comme KID BOOKIE pour les plus jeunes et puis des légendes comme FISHBONE par exemple. On pourrait presque avoir trois générations d’une même famille dans le public. C’est intergénérationnel.
Niko : Je crois que pour certains groupes, ce qui est notre cas, nous sommes très contents d’avoir ce public très varié avec TAGADA JONES. Aujourd’hui, on a vraiment trois générations de public. Je pense que les MASS HYSTERIA ont aussi trois générations de public. ULTRA VOMIT n’en sont pas très loin, ils en ont au moins deux, ils sont un peu plus jeunes.
Séverine : Il y a beaucoup d’enfants dans le public de ULTRA VOMIT c’est vrai.
Niko : Oui et nous c’est tout à fait à notre image, c’est-à-dire que pour nous, plus le public est varié, plus ça correspond à nos valeurs, celles qu’on défend depuis le début. On a toujours prôné cela justement, l’ouverture. Donc c’est bien que tout le monde puisse venir.
Sans l’usage des réseaux et de toute forme de promotion, avec des mots, vos mots à vous, que diriez-vous au public pour venir à ce festival ? Qu’est-ce que le festival « On n’a plus 20 ans » ?
Niko : C’est exactement tout ce qu’on cherche dans un festival, c’est-à-dire des gens qui viennent pour passer un bon moment amical avec d’autres personnes. Il y a énormément de gens qui se retrouvent tous les ans. C’est leur rendez-vous annuel au festival. C’est génial et c’est ce qu’on cherche dans un festival. Évidemment il y a la programmation, il y a la musique, mais il y a cette convivialité qui est hyper importante lors d’un festival et moi je le dis souvent dans un monde qui devient de plus en plus virtuel, cette convivialité est vraiment réelle. Donc, je pense que c’est ce qu’il faut faire, prendre une bonne dose de bonheur, de bon temps et de plaisir de manière complètement réelle en Vendée.
Séverine : Voilà, il y a des bons groupes, il y a de la bonne boisson. L’expérience client est au top. (Rires)
J’aborde un tout autre sujet car les 3 et 4 octobre prochains, un autre événement va avoir lieu, le « ROAZHON RAGE » pour fêter les 30 ans des ENRAGÉS. Alors je sais que vous êtes encore sur le festival qui approche mais pourriez-vous en parler ?
Séverine : Oui bien sûr, on peut en parler. C’est le festival vraiment “anniversaire” de la structure. Donc là on peut dire qu’effectivement la boucle est bouclée avec ce festival. Car jamais on aurait pensé, il y a 30 ans, qu’on aurait fini par organiser un festival au Liberté (Salle de concert à Rennes). C’était pour nous quelque chose d’utopique. Et en même temps, c’était important aussi de le faire chez nous à Rennes, là où on a commencé, là où tout a commencé. Donc ce festival est fait pour fêter ça.
Niko : Et puis il y a quand même un truc rigolo c’est que non seulement nous on n’y croyait pas mais les institutionnels non plus. C’est-à-dire les premiers rendez-vous qu’on a eu à Rennes, avec des structures pour aider les associations ou les groupes de musique. Lors de ces rendez-vous pour essayer de se faire aider un maximum, on avait eu ce retour, « Là franchement avec la musique que vous faites, ce n’est pas la peine de faire ça, pensez à faire autre chose parce que jamais vous y arriverez ». (Rires) Donc 30 ans plus tard, on est bien contents de faire ça.
Séverine : Voilà et on se fera un plaisir de les inviter d’ailleurs. C’est fait pour ça aussi, sur cet événement-là, on va se permettre d’inviter tous les gens avec qui on travaille, des partenaires…
Niko : En tout cas ce qu’on peut dire, c’est que les raisons pour lesquelles on a eu envie de faire un anniversaire pour le groupe, c’est la même chose pour la version structure où on invite énormément de gens ou de groupes de la structure cette fois-ci. Là il n’y a vraiment que des groupes de chez nous, contrairement au festival « On n’a plus 20 ans ». Et puis, on est très contents d’avoir une petite scène le samedi, avec que des découvertes, que des jeunes signatures. La chose qu’on peut rajouter sur cette interview, c’est qu’on a commencé de rien. Donc on a développé des groupes, plusieurs groupes et aujourd’hui on a vraiment cette volonté de continuer à développer de nouveaux artistes, cette nouvelle génération d’artistes. C’est hyper important. Ce n’est pas facile de développer des artistes et on en signe beaucoup, que ce soit en production, on essaie de faire 2 ou 3 nouvelles productions phonographiques par an. Par contre en tournée, on essaie de rajouter 4 ou 5 nouveaux artistes par an. Et on en est très fiers, notamment de leur donner une scène lors de ce festival.
En plus vous occupez la salle du Liberté et de l’Étage pour l’évènement. C’est tout l’établissement que vous utilisez pour ces deux jours de concerts.
Niko : Exactement.
Séverine : C’est chez nous.
Le mot de la fin est pour vous.
Niko : Moi j’ai envie de dire, venez nombreux et nombreuses sur les deux événements dont on a parlé mais aussi sur tous les concerts que l’on peut organiser pour nos artistes ou même d’une manière générale, soutenez la musique vivante parce que tous les groupes et toutes les structures en ont besoin plus que jamais. Alors même si on dit qu’effectivement, ces événements-là ne sont pas liés aux subventions parce qu’on n’en demande pas, le réseau, d’une manière générale, va sûrement vivre des années et des mois en tout cas, un peu difficiles donc n’hésitez pas à venir soutenir la scène et les groupes live.
Séverine : J’aurais pas dit mieux. En tout cas merci à toi pour l’interview et puis effectivement venez nombreux.