Le groupe suédois Sabaton déploie les grandes manœuvres à l’Accor Arena, transformée pour une soirée en champ de bataille médiéval, où la pyrotechnie tutoie la légende et la symphonie flirte avec le métal le plus martial. En ouverture, le fabuleux Legendary Orchestra redéfinit la grandeur orchestrale, avant que Joakim Brodén et ses soldats n’offrent un show total, entre théâtre, feu et fraternité. Une soirée monumentale, gravée au fer rouge dans l’histoire du power metal.
Live Report de Cidàlia Païs avec des photos de Gregory Hernandez / GDP
Formé en 2025 par le bassiste de Sabaton, Pär Sundström, The Legendary Orchestra annonce une nouvelle ère musicale. Ce collectif rassemble des talents émergents et des musiciens d’orchestre d’élite, fusionnant musique classique et métal à travers des arrangements orchestraux épiques réinventant les morceaux de Sabaton. Le projet, en constante évolution avec des artistes entrants et sortants, inclut des talents remarquables comme Mia Asano, Patty Gurdy et Noa Gruman pour le Legendary Tour 2025. Sous la direction du producteur primé Joost van den Broek, l’ensemble promet une expérience sonore et scénique mémorable grâce à ses interprétations théâtrales et émotionnelles.
Le prélude orchestral : la furie en habits de moines
Dès 19h, les lumières s’éteignent et un souffle sacré envahit la salle. The Legendary Orchestra entre en scène : vingt musiciens en robe de moine, six choristes drapés de rouge et de noir, guidés par la charismatique Noa Gruman, fondatrice de Scardust. À ses côtés, Patty Gurdy (vielle à roue, chant, flûte) et Mia Asano (violon électrique) forment un trio de meneuses prêtes à faire plier le silence.
Le concept intrigue, mais dès les premières notes, la magie opère. Le groupe revisite exclusivement le répertoire de Sabaton : “Ghost Division”, “The Final Solution”, ou encore “Swedish Pagans” deviennent des fresques lyriques puissantes, emplies d’émotion et d’énergie.
Les cordes s’élancent comme des charges héroïques, les cuivres grondent tels des canons, et les chœurs, majestueux, enveloppent l’Arena d’un souffle quasi religieux.
La foule répond, enthousiaste, à chaque montée dramatique. Noa scande : “Paris, you are legendary !” tandis que Mia, telle une guerrière elfique, fait tournoyer son archet dans un ballet d’acier et de lumière. Durant une heure, le public voyage entre classicisme, folk et métal dans un équilibre fascinant. Paris acclame cette première partie courageuse et triomphante.
Orchestra musicians
Violin 1 : Floortje Beljon
Violin 1 : Stijn Brinkman
Violin 2 : Manon van de Kempe
Violin 2 : Martje Koek
Viola : Mark Mulder
Viola : Marnix Verberne
Cello : Marije de Jong
Cello : Thomas Zonderop
Double Bass : Daniel De Boer
Flute / Piccolo : Iara Perillo
Oboe : Paloma de Beer
Trumpet : Roxi Jasper
French Horn : Megan Brouwer
French Horn : Felix Peijnenborg
Trombone : Huub de Jong
Trombone : Olav Schoorlemmer
Basstrombone / Tuba : Jeroen Vermazeren
Timpani : Niek Kleinjan
Percussion : Femke Westeneng
Percussion : Wouter Macaré
Line-up :
Mia Asano : violon
Patty Gurdy : hurdy-gurdy
Noa Gruman : chant
Orchestra choir members
Soprano : Roos van der Plas
Mezzo : Linde Suylen
Alto : Kim Verest
Tenor : Jeff Kanji
Bariton : David Åkesson
Bass : Adrien Djouadou
The Legendary Orchestra Setlist :
Ghost Division
Bismarck
Maid of Steel
Hearts of Iron
The Final Solution
Sarajevo
Angels Calling
The Unkillable Soldier
Resist and Bite
A Lifetime of War
Sparta
Winged Hussars
Swedish Pagans
20h30. La salle s’assombrit à nouveau. Sur la petite scène surgit *Napoléon Bonaparte*, bien décidé à conquérir son public… avant d’être interrompu par *Gengis Khan*, puis *Jules César*.
Les trois colosses s’affrontent dans un duel de mots et d’acier.
Entre vannes historiques, sabres croisés et Marseillaise clamée par la foule, ce prologue théâtral culmine lorsqu’une escouade de chevaliers, torches levées, fend la fosse.
Sous leurs heaumes ? Les membres de Sabaton eux-mêmes.
La passerelle descend du plafond tel un pont-levis céleste, reliant la scène secondaire à la forteresse principale. La batterie est suspendue dans les airs, posée dans une main de pierre gigantesque. Les projecteurs s’embrasent. Le siège de Paris peut commencer.
L’éveil des légendes : Sabaton entre en guerre
La batterie de Hannes Van Dahl descend lentement, posée dans une main de pierre géante. Joakim Brodén surgit, lunettes miroir, armé d’un micro et d’un rire guerrier.
Le concert débute dans une explosion de lumière. Les rafales pyrotechniques déchirent l’air : “Templars”, “The Last Stand”, “Hordes of Khan”… chaque morceau déclenche un déluge de flammes et de cris. L’assaut est donné ! Sabaton déploie tout son arsenal : projections, confettis, pyrotechnie millimétrée, changements de costumes, et ce sens inné du spectacle qui a fait sa légende.
Joakim, charismatique et ironique, alterne entre vocaliste, conteur et showman. Il manie tour à tour drapeau français, lance-flammes et micros comme s’il menait une armée au combat.
Sabaton ne se contente pas de jouer. Le groupe raconte. Les costumes s’enchaînent : tenues de soldats, uniformes médiévaux, manteaux d’empereurs. La setlist couvre l’essentiel du répertoire récent : extraits de *The War to End All Wars* et *The Great War*, mêlés à des classiques comme “Carolus Rex”, “The Last Stand” et “Primo Victoria”. Chaque morceau construit un pan de l’épopée. Sur “Christmas Truce”, les lumières s’éteignent et des milliers de téléphones illuminent l’Arena : une mer d’étoiles, hommage silencieux à ceux tombés sur les champs de bataille.
Le temps s’arrête.
Le choc final : fraternité et flammes
Les surprises s’enchaînent : les choristes du Legendary Orchestra rejoignent la scène, épaulant Joakim sur les dernières envolées.
Noa Gruman revient pour un duo bouleversant sur “Soldier of Heaven”— la scène tremble sous les voix croisées, avant que le groupe ne reparte à l’assaut, traversant la passerelle en uniformes de la Seconde Guerre mondiale pour exécuter “The Attack of the Dead Men” dans la fosse, au milieu des fans en délire.
Sabaton orchestre un chaos maîtrisé, où chaque explosion, chaque rire, chaque cri fait partie d’une symphonie martiale, et chaque chanson est une bataille.
Le public chante, crie, frappe du pied en cadence. Des milliers de poings se lèvent à l’unisson. L’Arena entière devient une armée. La communion entre Sabaton et le public parisien atteint des sommets rarement vus : les “ho-ho-ho” martelés par des milliers de poings résonnent comme un serment collectif.
L’apothéose
22h40. “The Last Battle” résonne comme un adieu glorieux. Sabaton salue, ému, baigné dans une lumière dorée.
Joakim évoque la France, sa “seconde patrie du métal”, avant de quitter la scène sous une pluie de lumière.
Paris salue ses héros debout, une ovation interminable pour un groupe qui prouve, une fois encore, que le métal peut être aussi théâtral que émouvant, aussi spectaculaire que sincère. La nuit tombe sur Bercy, mais dans la tête des fans, les flammes ne s’éteindront pas.
Ce soir, Sabaton n’a pas seulement donné un concert : ils ont livré une légende.
Un grand Merci à SABATON, GDP & Olivier Garnier, Replica Promotion pour l’invitation et les photos de Gregory Hernandez / GDP
Line-up :
Joakim Brodén : chant
Pär Sundström : basse
Chris Rörland : guitare
Hannes Van Dahl : batterie
Thorbjörn Englund : guitare
Sabaton Setlist :
Templars
The Last Stand
Hordes of Khan
I, Emperor
Crossing the Rubicon
Carolus Rex
The Red Baron
Stormtroopers
A Tiger Among Dragons
Christmas Truce
Soldier of Heaven
The Attack of the Dead Men
Night Witches
Primo Victoria
Steel Commanders
The Art of War
To Hell and Back
Masters of the World
The Last Battle