NOVA TWINS, apprendre à guérir

Duo féminin anglais créé par Amy LOVE au chant principal et à la guitare, et de Georgia SOUTH à la basse et aux back vocals. Ce 29 août, presque 3 ans après la sortie de leur deuxième opus, Nova Twins sort leur 3e album “Parasites & Butterflies”. Et elles n’ont pas perdu leur énergie ! C’est à cette occasion que j’ai eu la chance de m’entretenir avec elles.

Crédits : Finn Frew (À gauche : Georgia SOUTH, à droite: Amy LOVE)

Salut ! Comment ça va ?

Amy : Salut ! Ça va super et toi ?

Très bien ! Tout d’abord merci beaucoup de prendre un peu de votre temps pour cette interview !

Amy : Merci beaucoup à toi ! Je suis désolée on est en train de se préparer pour notre release party ce soir, mais on t’écoute !

Pas de souci, c’est une grosse semaine pour vous ! J’ai le plaisir de vous recevoir pour parler de “Parasites & Butterflies”, votre 3e album qui sort demain à l’heure où on tourne cette interview, vous devez avoir hâte de partager au monde ce nouveau projet !

Amy : Oui, on est extrêmement pressées! C’est assez surprenant, on vient tout juste de rentrer au Royaume-Uni après être allées à New York. Donc cette semaine a été assez mouvementée et chaotique [rires], mais c’est difficile de réaliser que l’album sort demain. Malgré tout, aujourd’hui on organise une release party à Londres, donc ça rend la chose plus réelle. On prendra conscience de ça une fois qu’on y sera.

Georgia : Oui ça va être génial ce soir !

Je suis sûre que vous êtes plus que pressées d’y être !

Amy et Georgia : Oui !

Il est né en hiver 2023, et j’ai lu qu’à ce moment-là vous étiez en tournée depuis un bon moment et que c’était une période assez forte en tensions et stressante. Comme cet album parle entre autres de se reconstruire et de se redécouvrir, est-ce un processus que vous avez entrepris à ce moment ?

Georgia : Oui on peut dire ça. On était en tournée pendant plus de deux ans pour notre dernier album, et on a adoré ça. On adore enchaîner les dates plus que tout au monde, c’est notre activité préférée. Mais quand tu fais autant de dates, tu n’as pas forcément beaucoup de temps pour réaliser tout se qu’il se passe, que se soit pendant ou en-dehors de la tournée, ce qu’il se passe dans ta vie personnelle, ou même pour t’occuper de ta santé mentale. Quand tu bouges beaucoup comme ça, tu mets tout ça de côté. Donc quand on est rentrées, tout ce qu’on a mis derrière nous a simplement refait surface, et c’était beaucoup à encaisser d’un coup. Surtout qu’en plus de ça, on devait commencer à travailler sur l’album, c’était vraiment un processus plus compliqué que pour les précédents albums. En plus de ça, on avait moins de temps pour l’écrire parce que cette fois-ci, on avait une date limite, donc on était beaucoup plus sous pression, et très anxieuses. On a donc essayé d’avancer tant bien que mal, et l’album a fini par ressembler à un journal intime où on pouvait extérioriser toutes ces émotions. On a transformé tout ce stress en quelque chose de beau, et on en est très fières.

Oui vous pouvez l’être !

Georgia : Merci !

Est-ce qu’on pourrait dire que vous aviez quelque peu perdu un peu de votre pouvoir sur votre musique ? Vous avez par conséquent décidé de montrer que la vulnérabilité n’est pas une mauvaise chose, notamment dans le titre “Monsters”. Comment est-ce que vous vous êtes servies de cette vulnérabilité pour regagner votre pouvoir ?

Amy : Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on a perdu notre pouvoir, mais plutôt que c’était une manière différente de nous comprendre. Beaucoup d’entre nous pensent que pour être fort.e il faut l’être tout le temps et le montrer constamment. Mais parfois être fort.e veut aussi dire être capable de prendre du recul sur la source de ce pouvoir. Parce qu’il y a du pouvoir dans le fait d’en parler, dans la vulnérabilité, pour garder en vue la sagesse et pour se comprendre soi-même, et mieux comprendre les autres. Ça aide également à passer d’une situation à une autre. On n’avait pas besoin d’arrêter, c’est simplement venu par soi-même, parce que c’est comme ça qu’on se sentait à ce moment-là. Donc on s’est demandé comment est-ce qu’on va se frayer un chemin et créer une balance parmi tout ça. Le fait est que c’est impossible de ne pas se sentir vulnérable un jour ou l’autre, même après avoir surmonté beaucoup d’épreuves. Dernièrement, ou même pendant l’écriture de cet album, on a traversé des mauvais moments, mais ça ne veut pas dire qu’on ne va pas vivre de nouveau des mauvaises passes dans le futur. On traverse toujours des périodes comme ça de temps en temps, c’est la vie. Donc on veut s’assurer de transmettre ce message correctement, parce que la vie est faite de hauts et de bas, même si on rêve d’avoir un entre-deux. Ce qu’il faut faire c’est construire des outils dans sa boîte à outils pour surmonter ça. C’est de ça dont l’album parle : c’est de se donner les moyens d’être capable de savoir comment mieux réagir quand une mauvaise période revient maintenant que tu as de l’expérience en la matière, parce que cette fois-ci, tu as les outils pour la maîtriser maintenant que tu as grandi. Ça parle de ça, de grandir, parce que c’est le cas pour tout le monde, moi comme toi. Nous aussi on grandit encore, on apprend, on fait encore des erreurs, on n’a pas les réponses à tout.

Amy : On continue tous de grandir, même quand on a 70 ans ou 80 ans.

Oui, parce que la vie ne cesse de nous apprendre des choses, peu importe notre âge.

Amy et Georgia : Exactement.

Je trouve que vos albums montrent vraiment votre évolution : le premier “Who Are The Girls” raconte vos premières expériences en tant que nouveau groupe, notamment en tant que femmes dans le rock. “Supernova”, lui, parle d’expériences que vous avez vécues en jouant devant des foules plus grandes et diversifiées. “Parasites & Butterflies” quant à lui est plus personnel en évoquant cette balance dont nous avons besoin dans nos vies. Comment est-ce que vous avez réussi à trouver cette balance ?

Georgia : Oui chaque album marque un moment important dans notre carrière. “Who Are The Girls” est vraiment une introduction sur qui nous sommes, littéralement ‘Mais qui sont ces femmes ?’. On venait d’arriver sur la scène musicale, on avait ce besoin de prouver, tout était bruyant et lumineux. On était simplement deux jeunes femmes qui rentraient dans l’industrie de la musique. Avec “Supernova”, on avait l’impression d’avoir besoin d’une force surhumaine parce que c’était au beau milieu de la pandémie, et le monde s’effondrait, c’était une période terrifiante. On s’était construites une armure, on était prêtes à se battre en quelque sorte. Mais avec cet album [Parasites & Butterflies], on a décidé de faire tomber l’armure, ou du moins un petit peu. On était aussi prêtes à montrer notre vulnérabilité, et je pense que si quelque chose doit arriver, ça arrive, rien ne peut être forcé. Quand tu te sens prêt.e à en parler, ça vient tout seul. C’est un cycle naturel qui est représentatif de notre expérience quand on a réalisé qu’on était prêtes à évoquer les sujets abordés dans l’album.

Comparé aux précédents opus, on voit clairement que vous avez exploré une nouvelle atmosphère dans vos morceaux : on trouve toujours cette énergie chaotique, mais avec encore plus d’audace et de puissance. Tout comme l’image des papillons qui renaissent et commence une nouvelle vie, on ressent un renouveau à travers ce projet. Vous avez notamment dit que cet album montre le contraste entre le chaos et la beauté, comme le Yin et le Yang, et c’est également comme ça que vous décrivez votre relation. Comment est-ce que vous avez utilisé vos faiblesses et vos forces à toutes les deux pour créer cet album ?

Amy : Question intéressante [rires]. Je pense qu’on se complète très bien. Si l’une de nous deux ne se sent pas bien, l’autre va lui remonter le moral et la remettre sur pied, vice-versa. Notre amitié se définit vraiment comme le Yin et la Yang. On est très fortes aussi à lire les pensées de l’autre, même quand un morceau n’est pas complètement fini, on sait qu’on arrive à sa finalité. Comme on se connaît très très bien, c’est simple de faire comme ça. C’est drôle parce que parfois pendant nos concerts, l’une a passé un mauvais concert alors que l’autre non mais va lui dire que c’était super bien [rires]. C’est toujours comme ça.

On peut d’ailleurs voir cette connexion dans le clip de “Monsters” dans lequel vous êtes reliées par vos cheveux, c’est une symbolique très forte je trouve.

Georgia : C’était vraiment une manière drôle de montrer la balance qu’on a entre nous, où on est liées finalement. C’est une bonne métaphore de tout ça, et on était même reliées par les lacets de nos chaussures, donc quand l’une voulait aller aux toilettes, l’autre devait venir aussi, c’était super drôle. [rires]

J’ai bien aimé les behind the scenes que vous aviez partagées à ce moment-là ! Ça montre aussi tout le travail que vous faites derrière chaque clip, et même dans votre musique en général. En parlant de ça, le côté production de l’album a aussi l’air plus complexe, on l’entend rien qu’aux instrumentales, il y a un vrai travail sur les harmonies qui rejoint le thème de la beauté justement. Le morceau qui m’a le plus marquée à ce propos est “Hummingbird”, il a sa propre dimension et je le trouve très magique, comme si j’entrais dans une forêt enchantée.

Georgia : Ah oui ! [rires]

Oui, je trouve qu’il reflète un peu la pochette et agit comme une interlude où nous sommes au milieu entre le sombre chaos et la lumière qui s’approche après avoir combattu nos démons. Est-ce son rôle dans l’album ?

Georgia : Celle-ci parle surtout du deuil, et de devenir presque ami avec, tout en apprenant à vivre avec. Et ce tout en évoquant l’acceptation et le départ aussi de la personne. C’est une autre manière de montrer notre vulnérabilité.

J’aime aussi énormément la pochette de l’album, je la trouve très différente des autres albums. Elle est plus sobre et sombre, et capture extrêmement bien les thèmes de la beauté avec vos coupes de cheveux et les papillons, ainsi que le chaos à travers vos reflets qui nous regardent. Je me demandais quelle était l’histoire derrière tout ça ?

Amy : Oui on voulait vraiment montrer cette dualité, c’était important pour nous de le faire. Et avec le vinyle, on peut d’ailleurs le mettre à l’endroit comme à l’envers, les deux fonctionnent. On voulait vraiment fixer la caméra des yeux parce qu’on fait face à nos démons de manière franche et directe. C’est comme ça que tu peux les battre, parce que tu n’as pas peur d’eux. Le haut de la pochette avec les papillons symbolise aussi notre vulnérabilité en ayant les épaules dénudées, avec de l’eau qui coule de nos cheveux. Mais c’est un peu orageux aussi, donc il y a pas mal de choses qui s’y passent, mais on trouvait que ça symbolisait très bien “Parasites & Butterflies”. Pendant la tournée on espère vraiment que les gens vont s’approprier ces thèmes, et se déguiser en version parasites ou en version butterflies avec des papillons un peu partout [rires], ça pourrait être super cool !

Complètement ! Bien plus que tout ça, vous lancez un appel pour s’unir face à l’état critique du monde, comme dans « Piranha« . Votre musique a toujours eu cette touche d’activisme, et on le voit surtout dans “Soprano” ou “N.O.V.A” dans lesquels vous exprimez le manque de visibilité et de représentation d’artistes féminines noires dans le rock alternatif, un thème que vous évoquez depuis vos débuts. J’adore votre manière de montrer votre force en tant que femmes dans l’industrie musicale, car c’est encore un très gros problème actuel. Est-ce que vous avez quand même réussi à voir des changements, ou des confrontations avec des personnes qui ne prenaient pas ce problème au sérieux ?

Amy : Quand on a commencé, c’était en effet très compliqué de se faire une place dans l’industrie musicale en tant que deux jeunes femmes noires qui jouent essentiellement du rock alternatif. Il y a vraiment eu un changement, surtout après le Black Lives Matter où on voyait des personnes de couleur qui parlaient de leurs expériences. Donc les gens ont commencé à réaliser ce qui se passait réellement dans le monde. Quand on fait des festivals maintenant on voit vraiment que la foule est plus diversifiée, il y a beaucoup plus de femmes ou de cultures différentes par exemple, alors qu’avant il y avait une majorité d’hommes blancs. Ça fait vraiment plaisir de voir ça, même s’il reste évidemment encore beaucoup de chemin à faire. Mais à ce moment-là, avec tout ce qu’il se passait côté politique, certains ont décidé de faire du tokenisme [faire un geste superficiel pour l’inclusion de membres de groupes minoritaires]. D’autres voulaient vraiment agir et étaient pour la diversification, tandis que d’autres ont continué à vivre leur vie. Je pense que les personnes qui ont agi en conséquence ont très bien fait, et que les gens qui n’ont rien fait prouvent qu’il reste encore des changements à faire. De notre côté, on fait le maximum de par notre musique, et il y a tellement de guerres contre lesquelles on se bat maintenant, et le mieux qu’on puisse faire c’est de rester unies et de continuer de transmettre le message de s’allier pour célébrer notre singularité plutôt que d’en avoir peur.

C’est aussi le but de la musique en général : célébrer le pouvoir qu’on a qui est plus grand que l’on ne le pense, et qu’on est beaucoup plus fort.e.s quand on est uni.

Amy : 100% d’accord.

Je trouve qu’on retrouve très bien ce message dans le clip de “N.O.V.A”. Je ne sais pas si c’est fait exprès mais sur l’un de vos t-shirts c’est écrit “Freedom”, l’énergie de vos concerts y est très bien capturée aussi, ce qui montre ce pouvoir de la musique de tout simplement nous unir autour de ça.

Amy : Complètement.

Comme cet album est sur le fait de se reconstruire, est-ce qu’écrire cet album vous a appris quelque chose, que ce soit en tant que musiciennes ou sur vous-même ?

Georgia : Je pense qu’on a deux avis distincts, mais pour moi l’écrire a testé ma résistance et m’a aidé à traverser des moments compliqués, notamment au sujet de ma santé mentale, surtout en étant sous pression. J’ai réussi à parler ouvertement de certaines choses dont je ne parle pas facilement. Cet album m’a encouragée à le faire encore plus, ce qui est une très bonne chose. J’ai donc grandi en parlant de certains sujets plus directement, et en faisant le tri dans tout ça comme on devait avancer dans l’écriture. C’est ce qui est le plus positif pour moi.

Amy : De mon côté, je ne sais pas trop, je n’étais pas au top de ma forme Je me souviens surtout quand je me réveillais aux aurores pour aller au studio, et je rentrais très tard le soir, au point où je me suis bloquée le dos parce que je ne marchais pas du tout comme j’étais assise toute la journée [rires]. C’est devenu quelque chose qui me vidait de toutes mes forces. En toute honnêteté je ne sais pas trop, c’était la seule chose à laquelle on pensait, on aurait pu avoir le choix de prendre plus de temps, mais on a décidé de se fixer une date. On fixait l’écran en se demandant si on allait pouvoir y arriver, c’était un peu effrayant. Ce n’est qu’arrivé à la moitié de l’écriture qu’on a réussi à se détendre. Mais les premiers mois ont été les plus durs, où on était confrontées à des problèmes personnels qu’on devait mettre en musique. On a donc essayé de se comprendre soi-même, et puis transformer tout ça en musique. Il y avait vraiment pas mal de choses qui se passaient, c’est toujours le cas d’ailleurs, ce n’est pas propre à nous. C’était une période particulière, mais ça fait du bien d’en avoir fini.

Georgia : Oui !

Amy : Ça fait du bien d’avoir vidé notre sac un peu, c’est toujours utile pour nous dans tous les cas, rien que pour notre état d’esprit.

C’est tout aussi utile pour votre audience.

Amy : Complètement. Tu sais, on a souvent des fans qui viennent nous voir pour nous dire que telle ou telle chanson est importante à leurs yeux. J’aime savoir que nos chansons une fois sorties sont les leurs, et ne sont plus les nôtres.

Si vous pouviez donner un conseil à quelqu’un qui entreprend le même périple que celui décrit dans l’album, qu’est-ce que vous diriez ?

Georgia : Quand quelqu’un se bat contre ses propres démons, je pense que c’est important de savoir que c’est normal de ne pas aller bien. Il faut aussi se laisser du temps et ne pas presser la chose en collant simplement des pansements sur ses plaies. C’est très important de prendre du temps pour soi, et de se laisser du temps pour assimiler ce qu’on traverse. On a le droit d’être triste comme on a le droit d’être heureux, c’est à ce moment-là que le processus de guérison commence vraiment. Quand on veut surmonter les moments les plus difficiles trop vite, ça devient quelque chose de mauvais pour soi, parce que ça va ressurgir à moment ou un autre. Il faut vraiment se laisser du temps pour guérir et grandir, on a toute notre vie pour le faire. Il ne faut pas non plus se mettre une pression monstre pour le faire, ce n’est pas grave si un certain jour ça ne va pas trop, c’est le cas pour tout le monde. On traverse tous et toutes des périodes de montagnes russes, mais je pense qu’une fois qu’on a accepté ça et que la vie est ainsi, qu’on ne peut pas être heureux tous les jours, c’est à ce moment qu’on enlève cette pression qu’on a mise sur nos épaules.

Amy : Je dirais qu’il faut en parler à des personnes de confiance. Si ce n’est pas le cas, alors c’est possible de se tourner vers des professionnels ou des centres d’aide, voire même d’écrire dans un journal. La plupart du temps, le simple fait de se libérer de tout ça aide à se soulager de ce poids. C’est en gardant tout pour soi que les choses se compliquent, et c’est très dangereux pour notre santé. Donc en parler est très important, même à un journal c’est largement assez jusqu’à ce que tu sois prêt.e à en parler avec quelqu’un.

Surtout que chaque pas fait vers la guérison ou dans son processus a son importance, et c’est un grand pas peu importe ce qu’on fait. Notamment parce que ce n’est pas simple d’entamer ce processus, ou même de réaliser que ça ne va pas.

Amy : Exactement, ce n’est pas du tout simple. C’est la même chose pour tout le monde, même pour nous. On s’est beaucoup confiées dans cet album, mais il y a encore énormément de choses dont on n’a pas encore parlé parce qu’on n’est pas encore prêtes. Cet album est un moyen d’extérioriser une partie de nos problèmes, une autre personne pourrait faire quelque chose de plus grand, et encore une autre pourrait faire quelque chose de plus “petit”. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises manières, du moment que tu extériorises ce que tu as emmagasiné, c’est le plus important.

Tout à fait ! J’aime beaucoup ce que vous avez fait avec cet album, le sens derrière et ce que ça peut inspirer chez les gens en l’écoutant. C’est comme une porte ouverte à n’importe qui le veut de commencer sa guérison.

Amy : Merci !

Pour finir, vous allez bientôt commencer la tournée européenne.

Amy : Woo !

Vous faites notamment 5 dates en France, c’est génial ! À quoi peut-on s’attendre en y allant ?

Georgia : On adore faire des concerts en France, c’est l’un des premiers pays où on a réussi à en faire, et on adore y aller ! On essaye toujours de faire un maximum de dates là-bas quand on fait des tournées. Sinon vous pouvez vous attendre à ce qu’on joue un maximum de morceaux de l’album, on est très pressées de les jouer en live. On a tout simplement très hâte de refaire une tournée, notre dernière date remontant à deux ans, même presque trois je dirais. On a hâte de revoir tout le monde, c’est comme aller à une grosse réunion de famille. Quand on joue en festival ou avec d’autres artistes, on est plus en face d’inconnus, mais quand on fait notre propre tournée, c’est comme si on faisait une grosse fête de retrouvailles. C’est toujours spécial.

J’ai très hâte de voir tout ça ! Est-ce que vous avez d’ailleurs préparé une certaine mise en scène pour cette tournée ?

Amy : Oui on est actuellement en train de travailler sur le côté production, et sur la construction de la scénographie avec certains concepts et jeux de lumières. Il y a tellement de choses à faire, mais on travaille dessus, et on est pressées d’en finir avec tout ça car il y a plein de choses ! [rires]

Un dernier mot pour finir cette interview ?

Georgia : On veut surtout remercier nos fans français pour leur soutien énorme à travers toutes ces années, certain.e.s nous soutiennent depuis notre premier EP donc on a juste hâte de retourner en France pour vous remercier. J’espère aussi que vous allez adorer l’album.

Amy : Nous sommes toujours heureuses d’être de nouveau en tournée pour passer du temps ailleurs, jouer devant nos fans, dont certains nous suivent et nous soutiennent depuis le début, ça compte énormément pour nous de rendre la pareille. On a mis en place aussi des pop-up pour rencontrer les fans et c’est toujours aussi cool, parce qu’on a toujours été très proches de notre audience, donc c’est génial de pouvoir leur offrir une tournée, et pas simplement lors de festivals ou autres. On est très pressées et très reconnaissantes !

Super ! Encore merci à vous deux d’avoir pris un peu de votre temps malgré la grosse journée qui vous attend. Et bravo pour ce troisième album !

Georgia et Amy : Merci à toi !

Chronique

Nova Twins continue de se distinguer avec un nouvel opus déchirant. On retrouve très bien la patte fidèle du groupe : des rythmes basés sur des riffs de basse très sombres et discordants. Autant dire qu’elles continuent de révolutionner le monde de la musique alternative !

Glory” très épique, ouvre merveilleusement l’album. La tension palpable dans le morceau nous prépare mentalement au reste de l’album, et à l’aventure qu’on s’apprête à vivre. Notamment avec “Monsters”, qui est vraiment représentatif de l’album : un combat contre soi-même car nous ne sommes que notre pire démon. Sur des sonorités très électro, on est vite emportés par un rythme déchaîné qui nous donne envie de dépasser cette peur de nous-même. “Soprano” est un morceau qu’on retient, et représente à merveille l’univers et la puissance du duo. Le chant y est toujours aussi agressif, mais également doux quand il le faut, tout en étant agrémenté de couplets rappés.

Hummingbird” nous offre une pause dans ce chaos de par son côté très féérique et plus léger. C’est comme si dans ce voyage introspectif, on est pile entre le côté de la lumière et notre côté sombre que l’on vient d’affronter. “Parallel Universe” montre vraiment cette vulnérabilité et cette difficulté de surmonter ses peurs, que l’on ressent vraiment au travers des screams lors du bridge. On ressent vraiment cette sensation de chaos, qui n’est pas déplaisant, avec un seul mot d’ordre au bridge “Rage”. La même puissance que l’on ressent dans “Sandman”.

En bref, le duo nous offre un projet bien plus complexe que les précédents, on sent un réel renouveau dans leur style alternatif, tout en gardant la souche de Nova Twins, comme on les connaît. Que ce soit à travers les moments les plus sombres ou les plus lumineux, elles sont là pour nous accompagner à travers cette reconstruction pour devenir une version plus fidèle de nous-mêmes.

Plus d’informations :

Album : Parasites & Butterflies

Date de sortie : 29 août 2025

Label : Marshall Records

Cover : Nicole Yingming Chen