Vecteur Magazine

RETOUR DES ENFERS

Interview de Christophe Pinheiro

Fort d’une identité sonore et visuelle très affirmée, NARAKA est un groupe français qui ne laisse rien au hasard. Après un premier essai réussi, le groupe est de retour avec un deuxième album “Born In Darkness”. Entre groove metal aux accents death évoluant vers des sphères symphoniques, NARAKA affiche une véritable maîtrise du sujet. Rencontre avec Jean-Philippe Porteux, guitariste et membre fondateur du groupe.

En quelques mots, peux-tu nous présenter NARAKA ?

En quelques mots c’est un groupe qui a été fondé en 2019 et qui a sorti son premier album en 2021. Et là, on s’apprête à sortir le second. C’est un groupe qui a pas mal voyagé en quelques années et qui a fait pas mal de tournées un peu partout en France et en Europe. Au niveau du style NARAKA, c’est un mélange de différents styles. Je peux dire metal mais c’est peut être un petit peu trop simple. Donc je dirais qu’il y a une tendance death metal avec un son assez moderne. Et avec un peu de symphonie par-ci, par-là. Mais pas tout le temps. 

Et quelle est la signification du nom du groupe ?

Alors, NARAKA, dans la mythologie indienne ça veut dire les enfers. C’est très typé metal, on va dire, mais ce n’était pas forcément une volonté d’avoir une connotation comme celle-ci. On voulait surtout avoir un nom de groupe en 3 syllabes, un truc assez facile à retenir comme DAGOBA ou GOJIRA. C’était ça l’idée. 

Le line-up du groupe comprend dans ses rangs, Franky Costanza à la batterie. Il est mentionné comme musicien studio mais il ne joue pas avec vous sur scène, c’est bien ça ?

Alors pour l’instant oui, il ne joue pas sur scène avec nous parce qu’il est très occupé à côté. Il fait partie du groupe et pas que sur l’enregistrement. Tu le retrouves sur les photos, dans l’équipe et caetera. Mais c’est quelque chose qui peut être amené à changer à l’avenir. C’est une histoire d’emploi du temps et de plein d’autres choses. 

Du coup vous avez un batteur attitré à la scène ?

C’est ça, il y a un batteur pour la scène et des fois ça change puisqu’il n’est pas toujours disponible. Il y a quelques petites choses qui changent par-ci, par-là, mais grosso modo on arrive toujours à se dépatouiller pour faire toutes les dates qui sont prévues. Et il y en a des belles qui arrivent en fin d’année.

Musicalement, je retrouve des éléments qui me rappellent la scène groove metal des années 90. Je pense à FEAR FACTORY parmi tant d’autres. Mais il y a ces éléments symphoniques et même parfois des airs rappelant GOJIRA. Ces sonorités sont fortuites ou pleinement assumées ?

Je pense que tu as un peu résumé le truc. C’est vrai que FEAR FACTORY ou MACHINE HEAD font partie des références. Je citerai même PANTERA et GOJIRA comme influences. C’est vrai qu’on n’est pas du tout influencé par des choses très modernes, tous ces groupes dits modernes. Alors je mets les guillemets parce que ça veut tout et rien dire. Ce n’est vraiment pas dans nos influences, en tout cas. Au niveau de la composition, on va être beaucoup plus influencé par les années 90, début des années 2000. Après, au niveau de l’interprétation, forcément on essaye de faire en sorte que ça sonne moderne. Que ce soit au niveau du mixage que dans la façon de jouer. Mais je pense que ce n’est pas fait exprès, c’est ce qui ressort dans les influences, dans ce qu’on écoute et ce qu’on aime. Donc forcément, ça s’entend par par-ci, par-là sur des riffs et tout le reste. En tout cas, on essaye de ne pas faire des chansons qui se ressemblent les unes des autres. Du coup, tu vas plus sentir une influence dans une chanson et une autre influence dans une autre. On n’est pas forcément pour les albums un peu catalogués où tous les morceaux sont un peu pareils au même niveau de timing, même niveau de tempo… On se permet même des voix claires sur des refrains. On ne se met pas de limite tout en restant quand même dans une sphère métal bien sûr. 

Le 24 octobre, va sortir votre deuxième album “Born In Darkness”. Peux-tu me parler de sa genèse ? 

Il est composé depuis un petit moment déjà. Il a été composé d’une traite à part 2 morceaux. Les 2 morceaux qui se détachent sont “The Last Day On Earth” et “Blazing Sun”. Ce dernier est le deuxième single qui vient de sortir. Et ces titres qui ont été enregistrés plus tard, on s’est posé la question de savoir si on les ajoutait à l’album ou pas. Mais on sentait que ces morceaux avaient quelque chose en plus qui apporterait un plus pour NARAKA. Donc ça s’est fait en 2 étapes et après l’enregistrement, ça s’est retrouvé mixé à nouveau par Logan Mader, comme pour le premier, parce qu’on a bien accroché avec lui et pour le style qu’on fait, on trouve que le son qu’il propose est vraiment très bon. Pour situer un peu ce que fait ce producteur, il a travaillé avec DAGOBA et GOJIRA pour la France. Mais aussi avec des groupes comme DEVILDRIVER et FEAR FACTORY. Et c’est, peut-être, aussi pour ça qu’il y a ce parallèle entre notre son et celui de ces groupes. Il y a une patte au niveau du son qui explique sûrement ceci. 

Je reviens quand même sur ces références. Car globalement, je n’aime pas trop les comparaisons. Un groupe a forcément une identité. 

Ce n’est pas forcément une comparaison mais c’est des influences. Tous les groupes ont forcément des influences, ceux qui disent qu’ils n’en ont pas, sont des menteurs, ce n’est pas possible. En 2025, tout a déjà été fait dans le métal. Tu ne peux pas sortir un truc sans que ça ne fasse penser à autre chose. C’est impossible. Donc il y a forcément une comparaison ou plutôt, une influence. Et c’est tout à fait normal de citer d’autres noms de groupes en exemple. 

En écoutant vos deux albums, je ressens une évolution vers un son plus brut. On retrouve des éléments symphoniques mais moins dominants dans les compositions de ce deuxième album.

Il y a une volonté justement d’apporter un nouvel équilibre. La volonté n’était pas d’apporter moins d’orchestration parce qu’il y a certains morceaux qui en ont beaucoup et d’autres, moins voire pas du tout. Je vais encore faire une comparaison, SEPTIC FLESH est un groupe qu’on apprécie beaucoup. D’ailleurs c’est Seth Siro Anton, le chanteur qui a fait la pochette du premier album. On devait tourner un mois avec eux et on a annulé à cause du covid. Et donc, SEPTIC FLESH fait partie de nos influences, mais contrairement à eux on ne va pas mettre de la symphonie ou des orchestrations sur tous nos morceaux. Ce sera vraiment lorsque c’est nécessaire. Et pour le deuxième album, plus brut, je comprends. Mais ce qu’on voulait faire, bien que ça ne se ressent peut-être pas sur tous les morceaux. On a vraiment essayé de mettre beaucoup plus de voix clean, d’avoir quelque chose d’un peu plus aéré. Ce n’est pas forcément pour ramener plus de followers ou autre. C’est vraiment pour amener une touche différente à chaque album. 

Il y a ce titre dans cet album qui se démarque par son originalité, selon moi, c’est “Lost”. J’aimerais que tu me parles de ce titre et de la version acoustique aussi. 

Alors ce titre sortira le 24 octobre avec le reste de l’album, mais il y aura un clip qui sortira en janvier. Cette chanson-là méritait d’avoir aussi son clip, mais ça sera un clip complètement différent des autres. On ne verra pas les musiciens. C’est un clip qui a été fait avec une actrice sur une plage en Bretagne. Par rapport à la chanson, pour y venir, c’est une chanson qui est beaucoup plus mélancolique, beaucoup plus dans la retenue. Si je parle en termes de guitariste, on doit être sur 3 ou 4 notes sur tout le morceau. On n’est pas du tout dans la brutalité. Originale, je ne sais pas, mais en tout cas différente pour nous. Et dans le clip, ça se ressentira. J’espère en tout cas que les gens ressentiront cette mélancolie entre la musique, les paroles et les images qui sont très belles. Et ce dernier clip qui sortira en janvier est fait par Brice Hincker qui bosse pour plein de groupes français. Et la version acoustique est une bonus track un peu plus courte que la version originale. Les accords ne sont pas les mêmes par rapport à la version électrique. C’est juste une voix et une guitare. C’est vraiment simple, on s’est dit que ce serait vraiment dommage de ne pas en faire une version acoustique. 

Pour “In Tenebris”, votre premier album, tu en parlais tout à l’heure, vous avez travaillé avec Seth Siro Anton pour l’artwork. Pour ce deuxième album, vous avez fait appel à quelqu’un d’autre ? 

Oui, sur ce dernier album ce n’est pas Seth, c’est un artiste s’appelle Andreas Bathory. C’est un peintre qui fait des peintures à l’huile et qui va faire une photo de ce qu’il a peint pour  retoucher informatiquement, ensuite. Mais je peux le dire, Seth bosse déjà sur le troisième album qu’on a commencé à composer. On lui a déjà tout expliqué et il est partant. Par contre, je ne sais pas du tout quand sortira ce troisième album. 

Excellente nouvelle. Pour moi, il est l’un des meilleurs au monde. Et pour votre collaboration avec Logan Mader, comment travaillez-vous avec lui ? Vous enregistrez en France, pour tout lui envoyer ensuite ? 

Oui comme tu peux le voir derrière moi, c’est le studio de Naraka. Toutes les pistes sont faites ici. À part la batterie que Franky fait dans son studio. Et après, c’est envoyé à Logan. Alors, ce serait génial de pouvoir enregistrer directement dans un studio et de tout faire avec la même personne. Mais c’est des coûts très importants qu’on ne peut pas se permettre. Sur le troisième album, je ne peux pas le dévoiler encore, mais il y aura un changement de producteur. Mais comme ce sera en Europe, il y aura peut-être la possibilité de se déplacer pour certaines choses. Mais pour Logan ce qu’on fait, on lui envoie toutes les pistes et il fait plusieurs mix sur un morceau pour qu’on trouve un peu l’idée de où il veut aller et où on veut aller. Et quand on a le son qui nous correspond aussi bien pour lui, que pour nous, c’est let’s go. Après il va réajuster sur des morceaux hyper rapides ou sur un titre comme “Lost” qui est complètement différent. Il va réadapter le son en gardant la ligne directrice. 

Comment êtes-vous venu à collaborer ensemble ? Parles-nous de cette rencontre. 

Je l’ai contacté de la part de Franky, puisqu’il a bossé avec lui pour 2 albums de DAGOBA. Donc ça s’est fait comme ça. Après, pour la rencontre ça devait être en 2019, MACHINE HEAD faisait une tournée pour l’anniversaire de l’album “Burn My Eyes”. Logan était invité à rejouer sur scène, puisqu’il faisait partie des débuts du groupe. Et il m’avait invité à venir voir le concert. Et de là, on a discuté et le projet s’est fait de bosser avec lui pour le premier album. 

Sur les thèmes abordés, quelles sont vos sources d’inspiration ? Ça tourne autour de l’univers du nom du groupe ?

Non, on ne va pas forcément traiter de mythologie indienne. C’est des thèmes personnels sur la souffrance, les doutes, la vie, la mort, des thèmes très récurrents dans le métal. Après forcément il y a quelques thèmes un peu fantastiques. Nous sommes fans de tout ce qui touche à la mythologie. Peu importe la mythologie, ça peut être nordique ou grecque, peu importe, mais ce n’est pas lié. Si tu écoutes les paroles, à la première approche ça va peut-être te dire que ça parle des ténèbres et tout ça. Mais en fait, ça va un peu plus loin, si on décortique les paroles. C’est plus comment on ressent le monde autour de nous. Comme si on était né dans les ténèbres. Quand on voit toute la merde qu’il y a sur terre. Quand tu allumes la télé, tu vois tout ce qui se passe dans le monde. Des gens qui crèvent la dalle, des catastrophes… Ce sont plus des métaphores. 

Dans cet album, il y a deux titres que j’adore, particulièrement. Le premier c’est “Parasite” et le deuxième, c’est “The Reign In Red” avec Sotiris de SEPTIC FLESH. Je trouve qu’il apporte une atmosphère très marquée sur ce titre… 

Oui, ce n’est pas faux. C’est un titre qu’on joue en live. Alors il est super sur album, mais en live, on ne sait pas si on continuera de le jouer car ça retombe un petit peu en live. En fait, tous les couplets n’ont pas de guitare. C’était une volonté sur l’album, mais en live, il retombe un petit peu. Mais effectivement, la voix de de Sotiris, c’est comme pour Seth, ils ont une voix vraiment typée. Lorsqu’il m’a envoyé la voix qu’il a enregistrée, il avait déjà mis ses effets. Ce qu’il faut savoir, c’est que quand tu enregistres une voix, tu la fais brute. Et l’ingé son va mettre ses effets derrière. Mais lui, il avait déjà mis ses effets parce que les effets, tels que lui, les mixes donnent la patte de sa voix. Donc il ne voulait pas qu’on change ça, ce qui est tout à fait respectable. Donc le mix de sa voix apporte vraiment quelque chose à ce morceau. Pour être tout à fait honnête, on voulait en faire un clip. Sotiris était prêt à venir en France, mais le timing n’a pas permis de le faire. Du coup, on s’est dit qu’on pourrait faire ça sur fond vert en France et lui, pareil, en Grèce. Mais là, autant en France, on avait des plans pas chers mais pour la Grèce c’était hors de prix. On ne pouvait pas se le permettre. Donc, on a fait une lyric vidéo, tout simplement, qui sortira, je crois le 12 octobre, un petit peu avant la sortie de l’album. Et qui sera le troisième single de l’album, mais sous forme de lyric vidéo. On nous verra dedans avec Sotiris, mais de manière photographique. On a fait des montages. Mais c’est vrai que si un jour, il y a moyen de faire un clip en live avec lui, si on se retrouve sur une date où où c’est possible, ce sera l’occasion de faire quelque chose de très bien. Mais si tu as écouté l’album précédent, tu as dû voir qu’on était assez assez featuring en général. 

Oui, j’ai vu les 2 collaborations féminines. 

Donc, est-ce qu’on fera ça à chaque album? Je ne sais pas encore. Mais en tout cas, c’est quelque chose qui amène un public différent aussi. Je pense qu’on peut plaire à un autre public. Et pour l’autre titre que tu mentionnais, “Parasite”, c’est assez intéressant de mentionner celui-là. Pour l’instant, il n’est pas joué en live, mais c’est vraiment quelque chose auquel on hésite parce qu’il y a un fossé entre le début et ce qu’il se passe ensuite. Ça peut apporter de très beaux contrastes en live. C’est quelque chose auquel on pense. 

Pour le premier album, vous étiez chez Blood Blast Records avec Season of Mist pour la distribution. Vous sortez cet album chez Art Gates Records. Qu’est ce que ce changement vous apporte ? 

Le premier album, c’était plus des distributeurs. On a signé les contrats de distribution, on n’avait pas signé un contrat d’artiste. Là, c’est un contrat d’artiste, un vrai contrat de label. Donc ce qu’il apporte c’est des frais en moins pour nous, tout simplement. Parce que le label met la main à la poche pour sortir des choses et nous avons une meilleure distribution, Et surtout une meilleure promotion, j’ai envie de te dire, parce que le label va payer la promotion pour avoir des interviews, des chroniques, de la publicité pour sponsoriser les posts, pour sponsoriser les vidéos et caetera.

Il y a pas mal de groupes prestigieux pour qui vous avez ouvert, je pense à CRADLE OF FILTH, ALCEST, NILE ou encore LOUDBLAST. C’est quoi la suite pour Naraka ? C’est le moment pour des dates en tête d’affiche ou vous voulez continuer sur ce format de première partie ?

La suite, c’est un peu les deux. Là, par exemple, on fait quelques dates à la fin de ce mois-ci avec CHAOSEUM, un groupe suisse, en co-tête d’affiche. Après il y aura des dates en tête d’affiche courant novembre, dans de petites salles. Mais il y a de belles premières parties à venir. Je peux pas en dire plus pour le moment. Mais je vois ce que tu veux dire. On a refait des dates avec CRADLE OF FILTH et NERVOSA cet été. Et sur ce genre de dates, on joue dans des salles beaucoup plus grandes avec plus de public. Ce qui apporte beaucoup pour un groupe français en développement comme nous. Je ne vais pas dire qu’on grille les étapes, mais ça va beaucoup plus vite, même si ça engendre des frais plus importants. Par exemple, on a fait des dates en Allemagne. Des gens nous ont découverts et on n’a jamais vendu autant de merch après un concert. Donc c’est quelque chose qu’on va continuer à faire, mais on va aussi commencer à faire de la tête d’affiche dans de plus petites salles. 

Alors ça rebondit un peu sur ma prochaine question parce que là où beaucoup d’artistes galèrent à trouver des concerts, trouver les labels… Vous connaissez une ascension rapide, mais pérenne. Avec cette ascension, comment imagines-tu le groupe dans 10 ans ?

C’est une bonne question. Dans 10 ans, je pense qu’on sera au moins au cinquième album. Parce que pour être tout à fait honnête, le troisième, il est déjà composé. Le lancement de l’enregistrement va commencer dans quelques semaines, quelques mois. Et si tout se passe bien, il sera mixé en mai prochain. Donc ça veut dire qu’une sortie est envisageable fin 2026, début 2027. L’album d’après et l’album d’encore après, on a déjà une vision. Donc oui, tout est organisé, si c’est ça ta question. Il y a un rétro-planning. Il y a des choses qu’on ne peut pas calculer parce que ça peut bouger. Quand on veut se développer, il faut avoir un planning pour savoir où on veut aller. Je bosse avec Gwen Kerjean, à côté. On a une petite asso qui s’appelle MATORIS. On aide des groupes qui en sont à leur tout début. On les conseille… Et on se rend compte qu’il y a beaucoup de groupes qui n’ont pas cette vision de savoir quand arrivera le prochain album, le prochain clip… Chez NARAKA, il n’y a pas ça.. Si on veut monter, il faut un rétro-planning. Donc dans 10 ans je ne vais pas dire que je me vois comme GOJIRA parce que ce serait faux. Mais si dans 10 ans, NARAKA est un groupe, on va dire bien établi en France, qui remplit des salles de 300 à 400 personnes et qui fait des premières parties dans des arènes, on va dire, ce serait déjà génial. 

Tu viens d’en parler justement. En dehors de NARAKA, tu as d’autres activités. Tu as parlé de MATORIS et il me semble que tu es aussi prof de guitare. C’est bien ça ?

Oui, je donne des cours quand il n’y a pas de concerts. Et je suis aussi guitar-tech. Je fais tout ce qui est réparations et réglages de guitares.

Tu voues ta vie à la musique ? 

Oui, c’est mon boulot à plein temps, je suis indépendant. Et j’ai envie de te dire, heureusement que tout le monde est comme ça dans le groupe. Parce que quelqu’un qui a un boulot de salarié, par exemple, ça va être incompatible avec un développement de groupe. Parce qu’un groupe qui se développe ne gagne pas encore assez pour tout lâcher. Mais d’un autre côté, on ne peut pas refuser des concerts qui vont nous faire monter. Donc heureusement que tout le monde est indépendant et qu’il n’y a pas de gens avec un boulot fixe, j’ai envie de dire, sinon à part les week-ends, ils ne seraient pas disponibles. 

Si tu devais citer tes 3 albums incontournables ce serait lesquels ?

Je vais mettre METALLICA, forcément. Je suis un gros fan. Je vais mettre le “Black Album”. Je sais que ce n’est pas original, mais pour moi cet album-là a changé la face du métal, à tout jamais. Je mettrai également un album de PANTERA qui m’a marqué au fer rouge, c’est “The Great Southern Trendkill”. Ce n’est pas forcément celui qui a le plus de tubes mais pour moi, il m’a marqué à tout jamais, cet album-là. Et en dernier je vais quand même mettre un groupe français. Et je mettrai ‘From Mars To Sirius” de GOJIRA qui est l’album qui a ouvert GOJIRA au monde entier. 

Ce sont de très bons albums. Et je suis tout à fait d’accord sur cet album de PANTERA que j’adore.

Il y a un morceau qui s’appelle “10’s”. Il n’est pas du tout rapide, pas du tout bourrin et pourtant il te met les poils. On parle souvent de “Vulgar Display Of Power” de “Cowboys From Hell”, mais on ne parle quasiment jamais de cet album là, qui est, pour moi, au-dessus des autres. 

Le mot de la fin est pour toi.

Merci à tous les lecteurs de Vecteur magazine qui liront cette interview. N’hésitez pas à venir nous voir en concert quand on passe près de chez vous. Toutes les dates de concert sont disponibles sur les réseaux. Le nouvel album sortira le 24 octobre, on compte sur vous pour le diffuser, pour l’acheter, pour le partager, faire un max de stories à tous vos amis, à tous les métalleux et on sera sur pas mal de festivals en 2026. Donc on espère vous y croisez en nombre.

NOTRE AVIS :

Après “In Tenebris”, leur premier album réussi. Le groupe français NARAKA revient avec “Born In Darkness”. La mission, faire aussi bien, si ce n’est mieux.

C’est toujours sous la houlette de Logan Mader au mixage que le groupe évolue. Et vu le CV impressionnant de ce dernier, est-ce utile de douter de la qualité d’écoute. Rien à redire de ce côté là, c’est parfait. Il ne vous reste plus qu’à fermer les yeux et vous laisser guider. L’intro de “Apocalypsis Diem” vous invite dans l’antre des enfers. La voix de Théodore Rondeau, tel le diable, vous prévient que la suite va vous secouer. Et la confirmation est immédiate avec le titre éponyme “Born In Darkness” qui nous confirme que la France détient désormais sa propre identité sonore. Les riffs de JP Porteux invitent au air guitar. Osez dire que cela ne vous est jamais arrivé… L’échauffement est terminé, place à la froideur et la violence de “Something Woke Up”. La rythmique de Franky Costanza est d’une précision quasi chirurgicale. Là, on est dans le sans faute et ce n’est pas “Blazing Sun” qui va me faire changer d’avis. C’est un mélange de thrash avec des passages planants parfaitement maîtrisés et surtout cohérents. Même si je n’ai pas encore eu l’occasion d’aborder les parties orchestrales, cet album n’en est pas dépourvu. Bien au contraire, le dosage est parfaitement équilibré, en témoigne le titre “Sorcerer”. Avec “Born In Darkness”, NARAKA ne se contente pas de jouer fort. Le groupe sait aussi jouer sur la sensibilité avec le titre “Lost”. Le riff est entêtant, la basse de Pierre-André Krauzer mise en avant. Ce titre est de ceux qui apportent une plus value à un album. À tel point qu’une version acoustique n’est pas de trop en bonus track. Une jolie balade qui montre toute la palette musicale de NARAKA. Impossible de terminer cette chronique sans parler de mon coup de cœur, avec le théâtral “The Reign In Red” en collaboration avec Sotiris du groupe SEPTIC FLESH. Bien que je ne sois pas un amateur des collaborations sur album, j’aime la prise de risque de celle-ci. Chapeau.

En conclusion, est-ce que la mission de faire aussi bien, voire mieux que “In Tenebris” est accomplie ? La réponse est oui. Le groupe passe au niveau supérieur avec “Born In Darkness”. Il me tarde de voir la dimension que ces nouveaux titres vont prendre sur scène.