Vecteur Magazine

DIMANCHE 17 AOÛT 2025

LIVE REPORT par Michael Schmitt 
PHOTOS par Sandy Potier & Raphaël Gelle

Le dernier jour d’un festival revêt toujours une signification particulière. On ressent la fin imminente, on se promet de donner le meilleur de soi-même pour clôturer l’événement en beauté, et surtout, on prend le temps de dire ces « à bientôt » ou « au revoir » à toutes les personnes rencontrées tout au long de l’événement.

Sur les recommandations avisées du responsable de leur label, les Acteurs de l’Ombre, je me dirige vers la scène Supositor pour assister au concert de LUNAR TOMBFIELDS. Leur performance est aussi sauvage que savoureuse, illustrant une fois de plus la qualité indéniable de ce label qui a d’ailleurs organisé de multiples séances de dédicace au Metal Market.

Les Canadiens d’ANGELMAKER prennent ensuite possession de la scène voisine avec leur deathcore énergique. Composé de sept membres, dont deux chanteurs, leur spectacle ne manque pas de dynamisme ! C’est une belle surprise pour moi, car j’hésitais initialement entre ce concert et un plat copieux chez Mémé Patate…

Mais il n’y a pas de place pour cela maintenant, surtout après avoir entendu tant de bonne choses sur PARTY CANON, décrits par beaucoup comme fous, brutaux et festifs. Un véritable ouragan de poussière s’élève de la fosse, où le public se déchaîne : circle pit, slam sur des objets gonflables, et un groupe visiblement ravi d’être sur scène. Les Écossais, complètement débridés, melangent brutal death metal et slam, créant une ambiance incroyable grâce à leur musique, mais également grâce à l’arrivée d’un membre du groupe, portant un masque de tête de mort, qui ne cesse de galvaniser la foule.

Je fais une petite pause au coin VIP pour me détendre un peu. Il n’est pas nécessaire d’être journaliste ou invité pour y accéder, car il était possible de payer un supplément sur son entrée. Cela donnait accès à un bar, des canapés, deux food trucks et diverses activités en soirée (DJ, blind test, karaoké), en plus de tribunes surélevées offrant une vue imprenable sur les deux grandes scènes. De nombreux festivaliers ont partagé des retours très positifs sur cette expérience, mais pour ma part, je préfère rester dans la fosse, avec sa sueur, sa poussière et son intensité (dans un respect mutuel, vraiment un public exceptionnel).

Enfin, un groupe que je connais depuis leurs débuts et qui n’était pas initialement prévu dans la programmation fait son apparition sur scène : les LOCOMUERTE ! Le principe fondamental est simple : prendre plaisir tant sur scène qu’auprès du public. Leur énergie est contagieuse et leur musique se distingue par son unicité en France, sans oublier leur style et leur attitude. Alors que beaucoup de groupes s’efforcent d’être originaux pour attirer l’attention, les quatre amigos se consacrent avant tout à leur passion. L’ambiance était électrique dans la fosse, où de nombreux festivaliers se sont lancés dans des slams sur des crocodiles gonflables, laissant une empreinte indélébile et méritant entièrement le succès qu’ils rencontrent.

J’ai ensuite assisté au concert de FEAR FACTORY. Après une énième reformation, où seul Dino CAZARES demeure du line-up d’origine, j’ai été frappé par la différence avec le spectacle de l’année précédente au Hellfest. Bien que celui-ci fût déjà de qualité, il se dégageait désormais une cohésion et une maîtrise accrues de la part de chaque musicien, probablement le fruit de leurs nombreuses représentations ensemble. Les classiques comme Replica et Obsolete ont littéralement électrisé le public, témoignant ainsi du statut légendaire de ces artistes.

Après une pause bien méritée et une interview, j’ai eu le privilège d’assister à une partie du concert de LANDMVRKS depuis le bord de la scène. Le groupe marseillais, qui s’impose progressivement comme l’un des poids lourds de la scène hexagonale, enchaîne les festivals, souvent en tête d’affiche, et cela est entièrement mérité. Bien que leur musique ne soit pas nécessairement à mon goût, je ne peux que reconnaître le talent et l’énergie d’un groupe avide de succès. Du côté de la scène, j’ai vu le pit se déchirer de manière spectaculaire, et j’ai naturellement terminé le spectacle au cœur de l’action.

Bien que je les ai déjà vus une vingtaine de fois, je ne manquerais pour rien au monde une nouvelle prestation de SUFFOCATION, les maîtres du Brutal Death Metal. Avec une setlist axée sur leurs titres anciens, la violence et l’engagement des musiciens sont tout simplement remarquables. Je perds une partie de ma voix sur certains morceaux, tout comme ma nuque, mais quel immense plaisir de voir un groupe qui n’a plus rien à prouver donner le meilleur de lui-même. C’est tout simplement colossal !

Le groupe allemand KANONENFIEBER, que j’avais déjà eu l’occasion de voir en festival dans leur pays, a véritablement franchi un cap. Avec leur concept centré sur la guerre, il leur manquait un visuel à la hauteur de leur musique. Apparemment, ils ont redoublé d’efforts à ce sujet, transformant chaque morceau en une véritable œuvre d’art en accord avec le thème. Nous avons pu admirer des spectacles pyrotechniques, des explosions, des canons à neige, et des lance-flammes… L’ensemble était absolument grandiose, nous plongeant dans une ambiance théâtrale, le tout soutenu par un black metal impitoyable par moments, tout en offrant des mélodies et une mélancolie idéales pour ces narrateurs d’histoires. Ce fut un moment exceptionnel lors du festival !

Le festival touche à sa fin avec un dernier spectacle, et malgré la fatigue accumulée au cours des quatre jours précédents, une foule immense s’est rassemblée, créant une attente presque insupportable. Les premières acclamations fusent dès que le nom de MACHINE HEAD apparaît sur l’écran géant. Après une interprétation intégrale d’une chanson de QUEEN, entonnée en chœur par une bonne partie du public, les premières notes d’« Imperium » retentissent… Un frisson parcourt l’assemblée, suivi d’une véritable explosion d’énergie lorsque le titre débute. Pour cette ultime date de leur tournée européenne, le groupe nous offre un concert mémorable, mettant en avant leurs plus grands succès tout en intégrant certains morceaux de leur nouvel album, qui, je dois le signaler, ont un impact bien plus fort en live que sur disque. Robb FLYNN exprime sa joie d’être présent, s’adresse à un public visiblement captivé par cette légende qui, à force de persévérance et de performances intenses, a réussi à imposer son groupe culte en tête d’affiche. Les jeux de gobelets de bière, happés par le public, rappellent les grandes heures de PANTERA. La scénographie est grandiose, tout comme l’aspect pyrotechnique qui impressionne par sa qualité. Une véritable démonstration de savoir-faire ! 

Premier Motocultor, premier live report pour Vecteur Magazine et même première interview pour Motocultor TV… Sans parler du fait de rencontrer une bonne partie de l’équipe sur place, ce fut un immense bonheur. Service presse au top, bénévoles plus adorables les uns que les autres, organisation impeccable… Ce festival possède une solide base pour devenir incontournable, grâce à l’éclectisme de sa programmation ; chacun y trouvera son bonheur et ces groupes à ne pas manquer ! Ce festival respire l’amour du public pour notre musique, et ce, même si chacun a des goûts différents. En ces temps obscurs où la différence est honteusement montrée du doigt dans notre société, une bouffée d’espoir et de convivialité est toujours bonne à prendre. On se retrouve l’année prochaine, avec grand plaisir et honneur. 

LUNAR TOMBFIELDS

PARTY CANNON

LOCOMUERTE

FEAR FACTORY

PRIMORDIAL

LANDMVRKS

SUFFOCATION

KANONENFIEBER

MACHINE HEAD