Vecteur Magazine

MASS HYSTERIA
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WHILE SHEE SLEEPS


Le Zénith - Paris

31.01.2025

Live Report par Cidàlia Païs

Photos : Cécile Leborgne

Le 31 janvier, Mass Hysteria célébrait ses trente ans de carrière au Zénith de Paris, un événement marquant pour les fans de métal français. Le groupe, devenu au fil des années l’un des plus gros groupes de métal en France, a su attirer une foule enthousiaste pour cette occasion spéciale. Pour ouvrir la soirée, les Anglais de While She Sleeps, un poids lourd du metalcore mondial, ont été choisis. Ce choix, bien que surprenant, s’est révélé efficace, avec un set d’une heure qui a su chauffer la salle et préparer le public pour le spectacle tant attendu.

La scène du Zénith vibrante d’énergie était le reflet de l’importance de Mass Hysteria dans le paysage musical français. Le groupe a ensuite pris d’assaut la scène, promettant un concert qui s’annonce déjà historique. Cette communion d’artistes locaux et internationaux souligne la reconnaissance croissante de la scène métal française sur la scène mondiale. Les fans présents ce soir-là ont pu vivre un moment uniques, célébrant trois décennies de musique et de passion, un véritable festin pour les amateurs de métal.

Un Grand Merci à Sabrina de Verycords pour l’invitation !

Voici notre récit d’une soirée inoubliable..

WHILE SHE SLEEPS

19h30..Dès les premières notes, une partie de la fosse entre en ébullition tandis que d’autres spectateurs restent plus circonspects. Mais il ne faut que quelques morceaux pour convaincre : au troisième titre, la majorité du public saute en chœur. Sur \“Antisocial\”, le premier wall of death de la soirée se forme, annonçant un set explosif. Loz, frontman charismatique, prend possession de la scène et parvient à captiver l’assemblée. La transition s’effectue avec puissance, et \“You Are We\” enchaîne alors que l’énergie se déploie comme un cri de guerre, entraînant chaque spectateur dans un voyage musical intense.

La batterie résonne, accompagnée d’un chœur féminin en fond sonore, avant d’entendre la voix de Loz Taylor s’élever. Les riffs et la batterie de quelques secondes amorcent \“Leave me Alone\”, et c’est à ce moment que le titre est envoyé. La puissance est énorme, frissonnante, alors que Loz commence à donner de sa voix. Ce mélange de richesse musicale et d’innovations sonores, où des passages électroniques viennent agrémenter la batterie, est tout simplement captivant. Le breakdown du morceau vient donner une petite claque sympathique, et les sonorités de guitare évoquent les compositions magistrales de Matthew Bellamy.

While She Sleeps ose explorer de nouveaux sons, mêlant des éléments électroniques à la force brute du métal. On sent une volonté claire de Sean Long d’aller plus loin, d’expérimenter des passages de guitare inattendus qui surprennent et enchantent. Au milieu de cette frénésie sonore, une nouvelle atmosphère se crée. Le groupe nous invite à un voyage intérieur, surprenant par leur capacité à être là où on ne les attend pas. Leurs compositions, intrigantes et prenantes, fusionnent pour offrir une expérience scénique inédite.

Alors que Loz interagit avec l’audience, cette connexion s’intensifie. Les musiciens prennent possession de la scène, sautant des amplis, courant partout pour faire grimper l’énergie. Sur \“Four Walls\”, Loz descend serrer les mains des fans avant de se faire porter par la foule, un moment emblématique des concerts de While She Sleeps. L’enthousiasme est palpable, et la foule, d’une seule voix, hurle en chœur, créant une communion inoubliable.

Le set connaît un moment de calme avec \“ENLIGHTENMENT\”, où l’on ressent une pause avant que \“Silence Speaks\” ne relance la machine avec une énergie impressionnante. 

Le concert poursuit son chemin, et les morceaux se succèdent avec une aisance captivante. Les paroles, bien que légères, parviennent à exprimer des émotions profondes. Musicalement, chaque titre est intéressant, continuant d’osciller entre des passages de batterie puissants et solos de guitare extraordinaires.

Les Anglais décident d’enchaîner avec le clivant \“To The Flowers\”, un choix audacieux qui ne fait qu’ajouter à l’intensité du concert. Le groupe de Sheffield frappe fort, et cette performance est un retour de force, marquée par une violente et puissante palette vocale puissance vocale de Loz.

Enfin, ils clôturent leur show sur \“Sleep Society\”, une heure de métal intense qui laisse le public sur sa faim, mais comblé par cette expérience audacieuse et immersive.

Leur prestation n’a pas seulement été une performance musicale, mais un véritable voyage émotionnel, une célébration de la passion et de l’innovation. While She Sleeps a su captiver son public, faisant vibrer chaque âme présente dans la salle. Les spectateurs quittent le lieu, le cœur encore palpitant, l’esprit empli de souvenirs inoubliables. Dans cet univers du metal, le groupe s’affirme comme une force incontournable, rappelant à chacun que la musique est une aventure à vivre intensément.

SETLIST

RAINBOWS

LEAVE ME ALONE 

ANTI-SOCIAL

YOU ARE ALL YOU NEED 

THE GUILTY PARTY 

YOU ARE WE

SELF HELL

SYSTEMATIC 

FOUR WALLS 

ENLIGHTENMENT (?)

SILENCE SPEAKS 

TO THE FLOWERS 

SLEEPS SOCIETY 

MASS HYSTERIA

Dans le cadre des célébrations du 30ème anniversaire de Mass Hysteria, une aura d’excitation et d’énergie flottait dans l’air, prête à exploser au Zénith. Ce soir, les lumières s’éteignent lentement, et un murmure d’anticipation parcourt le public. L’histoire de ce groupe emblématique, qui a su tisser des mélodies puissantes en mêlant métal, rap et rock, est un témoignage poignant d’une passion indéfectible pour la musique.

Dès leurs débuts en 1993, Mass Hysteria a défié les conventions, s’imposant dans un milieu souvent perçu comme brutal et intransigeant. Mouss Kelai et sa voix emblématique, se tenait prêt à enflammer l’assemblée. Son chant, empreint de force et de vulnérabilité, capte l’attention de tous, évoquant des souvenirs d’une époque où les slogans rageurs laissaient place à des réflexions plus profondes et philosophiques. 

 

Le groupe, originaire de Brest, Paris et Bray, s’était forgé une identité unique. À travers les années, les membres ont su se réinventer, offrant au public une fusion inédite de styles musicaux. Alors que la batterie de Raphaël Mercier et la guitare de Yann Heurtaux, s’affairaient à créer une toile sonore percutante, Frédéric Duquesne et Jamie Ryan apportaient leur touche rifique personnelle, rendant leur son encore plus riche et complexe. 

Ce concert au Zénith n’était pas qu’une simple performance ; c’était une célébration des vies et des luttes de chacun, une communion entre le groupe et son public. Ils nous ont offert 25 morceaux, et tous résonnaient avec une intensité rare ! Les paroles, désormais empreintes d’une sagesse acquise au fil des ans, évoquent des thèmes universels tels que la quête d’un idéal et les leçons de l’histoire. 

Ils ont un je ne sais quoi où les riffs métalliques s’entremêlent à des beats de rap, créant un espace où l’auditeur peut s’immerger totalement. La puissance de leur musique ne réside pas seulement dans sa capacité à faire vibrer les murs, mais aussi dans sa capacité à faire réfléchir. Mass Hysteria est devenu bien plus qu’un groupe ; ils sont des conteurs d’histoires, des philosophes de la scène musicale. 

À chaque morceau, ils nous rappellent que le métal peut être à la fois puissant et poétique.

Les textes, autrefois axés sur des slogans simplistes, avaient évolué vers une exploration plus nuancée et introspective. Ils posent des questions, invitent à la réflexion, et touchent le cœur des fans et, je pense, n’importe quel auditeur.

Ce soir, alors que le public chantait en chœur, chaque note jouée était une réminiscence des luttes passées et des espoirs d’un futur meilleur. La chaleur humaine et la passion qui émanait de la foule étaient palpables. L’énergie, bien que toujours aussi brutale, était maintenant accompagnée d’une mélodie douce et réfléchie. Ce mélange, cette alchimie unique, définit l’essence de Mass Hysteria. 

21h10…

Dès les premières notes de \ »Positifs à Bloc\ », une vague d’excitation envahit le Zénith. Le public, déjà en effervescence, se lève presque en une ovation debout, accueillant le groupe avec des cris de joie et des applaudissements qui résonnent comme un véritable hommage. Pour célébrer ses 30 ans de carrière, Mass Hysteria a mis les petits plats dans les grands, et cela se ressent dès le premier morceau. 

Le premier invité de la soirée, Niko de Tagada Jones, fait son apparition sur scène pour un \ »World On Fire\ » explosif, lançant des jets de flammes qui illuminent la scène. La chaleur des flammes se mêle à celle des corps en mouvement dans le public, un immense circle pit se forme sur \ »Chiens De La Casse\ », parfaitement enchaîné avec \ »Vae Soli\ ». Les visuels sur l’écran géant en arrière-plan, dominé par les lettres M et H de MASS HYSTERIA, ajoutent à l’intensité de l’événement. 

 

Mass Hysteria, reconnu depuis des années comme une véritable machine de guerre en concert, ne déçoit pas. Au fil de la soirée, le groupe enchaîne ses plus grands classiques, provoquant une hystérie collective : \ »Positif à bloc\ », \ »Chiens de la casse\ », \ »Contraddiction\ », \ »Reprendre mes esprits\ ». Mais ce n’est pas tout ! Le groupe surprend également le public en interprétant des titres plus anciens, comme le poignant \ »Donnez-vous la peine\ » issu de leur tout premier album, rappelant aux fans l’histoire d’amour qui les unit depuis tant d’années. 

Mouss, le leader charismatique, n’hésite pas à exprimer sa gratitude envers le public. Ému, il prend un moment pour remercier chaleureusement cette assistance qui lui est fidèle. Le Zénith, rempli à ras bord, est un véritable sanctuaire pour les passionnés de metal français. On peut voir des T-shirts à l’effigie du groupe sur presque chaque personne présente, symbole de cette longue et belle histoire d’amour.

La mise en scène de \ »Mass Veritas\ » est impressionnante, avec des flammes qui illuminent le logo du groupe tandis que le refrain est chanté en chœur par un public en transe. Jamie, submergé par l’émotion, termine son intervention en larmes, sous les applaudissements nourris de la foule. Sa voix, qui s’est affirmée au fil des années, renforce l’intensité des morceaux, et sa présence devient de plus en plus incontournable. Sur \ »L’Émotif Impérieux\ », Mouss demande à l’auditoire de montrer qu’il y a \ »des cœurs qui battent\ », et la réponse est immédiate : le public applaudit avec ferveur, créant une atmosphère d’unité indescriptible. 

L’énergie sur scène est palpable, chaque membre du groupe semble prendre un plaisir immense à jouer. Yann est particulièrement dynamique, courant d’un bout à l’autre de la scène, tandis que Raphaël, juché derrière ses fûts, donne tout ce qu’il a. Fred partage également une magnifique intensité de jeu. La communion entre le groupe et le public atteint son paroxysme lors de \ »Donnez-Vous La Peine\ », transformant le Zénith en un véritable dancefloor où chaque âme se laisse porter par la musique. 

Au fil de la soirée, un lien unique se créa. Mass Hysteria sait comment faire participer L’armée des Ombres, et sur \ »P4\ », Mouss ne manque pas de descendre dans la fosse, provoquant un tourbillon humain autour de lui. Ce moment de connexion intense entre le groupe et son public fidèle est unique, rare, et précieux.

Une apparition inattendue d’Olivier Coursier, ancien membre du groupe, pour un émouvant \ »Intérieur à Revoir\ » ajoute encore à la magie de la soirée. Son jeu au piano apporte une nouvelle dimension à ce titre qui n’avait plus été joué sur scène depuis 2005. Bien que le refrain semble en deçà des attentes, l’émotion qui s’en dégage est indéniable. 

Plus qu’une célébration, un véritable voyage à travers les époques qui a réuni plusieurs générations de fans. Avec \ »La Contradiction\ » (1999), le groupe plonge le public dans une ambiance électrisante faisant vibrer les murs et résonner les cœurs. Ce classique intemporel a suscité une ovation, les fans chantant à l’unisson, rappelant la force et l’impact durables de la musique du groupe.

\ »Reprendre Mes Esprits\ » a poursuivi cette dynamique, la foule scandant \ »Ça va aller\ » avec ferveur. Ce moment de communion a illustré la puissance d’un spectacle vivant, où chaque voix devenait une extension de la musique, une fusion d’émotions partagées. La setlist, soigneusement élaborée, a permis de redécouvrir des morceaux emblématiques, tout en intégrant des titres plus récents comme ceux de l’album \ »L’inversion des pôles\ », témoignant de l’évolution artistique de Mass Hysteria.

Alors que le concert avançait, \ »L’Enfer des Dieux\ » a marqué un tournant poignant. Ce morceau, issu de Matière Noire (2015), s’est imposé comme l’un des plus chargés en émotions du groupe. L’intro solennelle a plongé l’assistance dans une atmosphère pesante, et les paroles sombres ont rappelé des souvenirs tragiques, en hommage à ceux qui ont perdu la vie au Bataclan, à Nice et à Strasbourg. Dans cette version, la profondeur de l’interprétation a suscité des frissons, créant un moment de recueillement au cœur d’une soirée festive.

 

\ »Tout Est Poison\ » a ensuite pris le relais, accompagné d’une vidéo retraçant la carrière impressionnante de Mass Hysteria. Les images, pleines de nostalgie et de moments de vie, ont renforcé le lien entre le groupe et ses fans, unissant des histoires personnelles autour d’une passion commune. Le public, ému, a applaudi et scandé, témoignant d’un parcours collectif marqué par la loyauté et l’admiration.

 

L’apogée de la soirée est arrivée avec la présence sur scène de Lawrence Taylor de While She Sleeps et Vithia de Rise Of The Northstar pour une reprise explosive de \ »Roots Bloody Roots\ » de Sepultura. Ce moment inattendu a électrisé la salle, où chaque riff de guitare, chaque accord, éveillait une euphorie contagieuse. Les musiciens, unis par leur respect mutuel et leur amour pour la musique, ont livré une performance mémorable, prouvant que la puissance du métal pouvait rassembler des âmes venues de différents horizons.

L’énergie dans la salle était plus que palpable, chaque note résonnant comme un cri de ralliement. Mass Hysteria a su créer un véritable tsunami musical, une vague de son qui a emporté les spectateurs dans son sillage. La soirée, marquée par des moments de pure exaltation, s’est poursuivie avec des enfants du public invités sur scène, se joignant aux enfants des membres du groupe, pour interpréter \ »Furia\ ». 

La scène, remplie de jeunes visages illuminés par l’amour de la musique, a ajouté une touche de tendresse à l’expérience, illustrant la transmission de passion entre générations.

 

Et puis, pour clore ce chapitre musical, \ »Plus Que Du Métal\ » a résonné dans toute sa splendeur. Ce choix de finale était plus qu’une simple décision artistique; c’était une déclaration d’intentions. Mass Hysteria n’est pas seulement un groupe de métal, c’est une communauté, un mouvement, un cri de ralliement pour tous ceux qui ont vibré au son de leurs riffs puissants. La solidité de ce groupe, soudé comme jamais, était évidente. Les guitares de Yann et Fred ont brillé tout au long de la soirée, démontrant une virtuosité et une passion qui ont laissé le public en redemandent.

En traversant trois décennies de carrière avec pas moins de 25 titres, Mass Hysteria a livré un final explosif, un show d’anthologie qui restera gravé dans les mémoires. Au fil des morceaux, on se rend compte que ce groupe vieillit comme un vin d’excellence, s’améliorant avec le temps. Les titres récents, tels que \ »L’émotif impérieux\ », ont rivalisé avec les classiques, prouvant que Mass Hysteria a encore tant à offrir. Ce concert a réaffirmé leur place au panthéon du métal français, un moment inoubliable pour tous les fans présents, et surtout, un hommage vibrant à la musique qui transcende le temps.

Je suis en admiration et en respect absolu pour ce public sans faille, qui à tout donné ce soir pour honorer un groupe qui les aime tant..

Mass Hysteria, en ce moment précis, était au sommet de son art, et le Zénith était le témoin d’une magie indélébile. Les applaudissements, les cris et les chants résonnaient comme une ode à leur parcours exceptionnel. Dans le royaume du métal, où la brutalité était souvent la norme, Mass Hysteria avait su s’imposer comme un phare de créativité et d’authenticité. 

Alors que les lumières s’éteignaient sur cette soirée mémorable, une certitude émergeait : Mass Hysteria, avec son mélange audacieux de genres et ses réflexions profondes, continuerait à marquer la scène musicale française pour les années à venir. Leur héritage serait non seulement musical, mais aussi émotionnel, laissant une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui avaient eu la chance de les écouter. Comme une légende vivante qui continuera d’écrire son histoire, à la fois sur scène et dans le cœur “des filles et des garçons”.

SETLIST 

POSITIF À BLOC

WORLD ON FIRE 

CHIENS DE LA CHASSE 

VAE SOLI

NOTRE COMPLOT 

L’INVERSION DES PÔLES 

FAILLES 

MASS VERITAS

NERF DE BOEUF 

SE BRÛLER SÛREMENT 

L’ÉMOTIF IMPÉRIEUX 

DONNEZ-VOUS LA PEINE 

ATTRACTEURS ÉTRANGES 

P4 (MOUSS EN FOSSE)

INTÉRIEUR À REVOIR ( AVEC OLIVIER COURSIER, première fois depuis 2005)

CONTRADICTION 

REPRENDRE MES ESPRITS 

L’ANTRE CIEL ETHER 

ARÔMES COMPLEXES

L’ENFER DES DIEUX 

TOUT EST POISON 

Rappel 

TENACE

COVER – ROOTS BLOODY ROOTS AVEC VITHIA ET LAWRENCE 

FURIA (AVEC LES ENFANTS)

PLUS QUE DU MÉTAL 

LE GRAND RÉVEIL (BANDE SON)