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Markus Videsäter ( Solence ) : La Vitamine C de la Musique

Interview réalisée par Hugo Denoyelle, pour Vecteur Magazine.

Solence Interview Vecteur Magazine

Credit Photo : Dylan Eddinger

Solence, groupe suédois qui fait sensation sur la scène internationale, est connu pour son mélange explosif de rock, métal, d’électro, son énergie débordante et sa musique résolument positive. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Markus Videsäter, chanteur charismatique du groupe, qui nous a parlé de leurs débuts, de leur nouvel EP Blue Monday et de leur vision unique de la musique. Entre anecdotes sur leurs concerts, passion pour le cinéma et projets à venir.
Markus partage avec enthousiasme leur philosophie : transformer les défis de la vie en une fête inoubliable.

Une rencontre pleine de bonne humeur

Hugo : Salut Markus ! Comment ça va, mec ?

Markus : Je vais bien, et toi, mon frère ?

Hugo : Oui, tout va bien ! Enchanté de te rencontrer ! Je suis désolé que tu doives terminer ta semaine avec l’accent français ( rires )

Markus : Pas de souci, je suis Suédois, donc on est tous les deux Européens ici. Faisons des accents aujourd’hui !

Hugo : Oui, mais j’ai entendu dire que les Suédois ont le meilleur accent en anglais de tous les temps.

Markus : (rires) On fait semblant, on manque de confiance. Vous, les Français, vous êtes cools.

Hugo : Où es-tu basé actuellement ?

Markus : À Los Angeles, à West Hollywood. David est ici aussi, mais les deux autres membres du groupe sont en Suède.

Hugo : J’ai vécu à LA pendant six mois. Tu vis près du Sunset Strip ?

Markus : Oui, près de Fairfax et Sunset. Pendant mes joggings, je passe devant le Rainbow Room, le Viper Room et le Whiskey-a-Go-Go.

Un EP positif et une énergie live débordante

Hugo : Parlons de ton nouvel EP Blue Monday. L’idée derrière cet album est géniale. Absolument rempli de hits. En fait, lundi dernier, c’était Blue Monday ( connu pour être le jour le plus triste de l’année ).

Markus : Exactement.

Hugo : Tu as survécu ?

Markus : Oui, j’ai survécu. Mais surtout parce que notre nouvel EP était sorti. C’est pour ça. L’idée derrière tout ça, c’était juste qu’on voulait faire quelque chose de fun au lieu de se sentir déprimés. Il se passe tellement de trucs débiles dans le monde en ce moment. Et je me disais… Oui, je pensais que c’était une chose amusante à faire pendant qu’on travaille sur le reste des morceaux originaux. On peut juste sortir ça, s’amuser, rester pertinents, tu sais, comme il faut le faire dans ce monde.

Hugo : L’EP inclut deux remixes. Comment s’est passée leur création ?

Markus : On a laissé carte blanche aux producteurs. C’était une première pour nous, et c’était génial d’entendre leur réinterprétation de notre musique.

Hugo : Solence semble combiner rock et EDM à merveille.

Markus : Nos concerts ressemblent à des raves ! L’énergie est folle, et on adore cette fusion des genres.

Hugo : J’ai essayé de trouver une vidéo complète de vos concerts live. Je n’en ai vu qu’une sur YouTube.

Markus : On ne tourne que depuis deux ans. On apprend. On n’a aucune idée de ce qu’on fait. On était en studio pendant la pandémie parce qu’on voulait faire de la musique cool et juste réaliser notre rêve de gamins de sortir un album, tu vois ?

Hugo : Oui.

Markus : Donc, c’est ce qu’on a fait. Et ça a plutôt bien marché. Alors, on s’est dit : « Oh merde, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » Et on a commencé. Et notre premier concert était un show en arène avec Five Finger Death Punch. Ok, laisse-moi te donner des connaissances sur les arènes. Quand tu es sur une scène aussi grande et que tu te tiens tout devant comme on l’a fait, parce qu’on joue tout devant la scène, tu ne vois que les premières rangées à cause de l’obscurité. Mais ensuite, parfois, quand c’est un grand moment ou que quelque chose se passe, les techniciens lumières ou ingénieurs, peu importe qui c’est, montent les projecteurs. Et tout d’un coup, toute l’arène est éclairée et tu te rends compte qu’ils sont tous là.

Hugo : Oh, waouh.

Markus : Donc, tu es juste là, en plein milieu d’un couplet, c’est juste toi et une guitare. Et ensuite, tu chantes tes paroles, mort de trouille, mais tu te dis : « Oh, je ne vois que deux rangées, donc ça va. » Et ensuite, boum ! Tu vois tous ces… C’est comme des fourmis. Des millions de petits points, et tu te dis : « Merde, qu’est-ce qui se passe ici ? » Et puis tu fais un blackout. Pour moi, mon cerveau n’était pas connecté à mon corps. Mon corps faisait quelque chose que mon cerveau ne savait même pas.

Hugo : Est-ce plus effrayant de jouer devant une foule immense ou un petit public ?

Markus : Une petite foule est plus facile à gérer parce que tu peux te connecter avec les gens. Une grande foule ressemble davantage à une masse, et c’est parfois plus dur de capter une énergie individuelle.

Les secrets de Who You Gonna Call?

Hugo : Dans Who You Gonna Call?, le numéro 7653623 (dans le premier couplet de la chanson) cache-t-il un secret ?

Markus : Combien d’années as-tu, mec ?

Hugo : On est de la même génération, années 90.

Markus : OK. Donc tu te souviens des vieux téléphones avec le clavier où tu devais appuyer plusieurs fois pour obtenir une lettre ?

Hugo : Oh, Nokia 3310, évidemment.

Markus : Exact. Alors le numéro que tu viens de mentionner, c’est Solence en mode T9, l’ancien système de texte.

Hugo : Ça me rappelle l’époque de MSN Messenger.

Markus : Oui, c’était une époque plus simple. Chaque SMS comptait, et tu devais être stratégique.

Hugo : C’était une super période. Mais je crois que les années 80 devaient être encore mieux. Et ça m’amène à une autre question : quels sont tes films préférés, ou ceux que tu regardes pour te détendre ?

Markus : Je suis un énorme fan de cinéma. Pas tellement de vieux classiques, mais plus de trucs modernes. J’adore regarder de bons acteurs, de bons scénarios.

Markus : As-tu vu Yellowstone ?

Hugo : Non, mais je vais noter ça.

Markus : C’est une série incroyable sur un ranch dans le Montana. Chaque épisode ressemble à un film. C’est comme Game of Thrones, mais dans l’Ouest américain.

Markus : Sinon, j’aime les comédies stupides, du genre Kevin Hart, Scary Movie, ce genre de films où tu débranches ton cerveau.

Hugo : Pareil pour moi. On a grandi à la même époque avec des films comme American Pie. Ces comédies étaient incroyables.

Markus : Oui, elles étaient énormes à l’époque. Maintenant, on a moins ce genre de films.

Tournées, projets et le lien avec les fans

Hugo : Vous partez bientôt en tournée avec The Amity Affliction. Avez-vous prévu des dates en tête d’affiche ?

Markus : Oui, on prévoit une tournée en tête d’affiche cet été, après plusieurs premières parties. Nos concerts tests aux Pays-Bas étaient incroyables, donc on veut continuer dans cette voie. On a déjà donné trois concerts en tête d’affiche aux Pays-Bas cet été. Oh, on en a fait un à Haarlem. Ensuite, on en a fait deux autres, mais c’étaient des petits shows. On voulait juste tester le terrain. Mec, c’était dingue. Il y avait tellement de monde, c’était super fun. On a adoré. Donc pour nous, on est juste heureux de pouvoir jouer en tête d’affiche. On compte le faire davantage après avoir consolidé quelques tournées en première partie. Mais cet été, on prévoit sérieusement une tournée en tête d’affiche.

Hugo : Après le COVID, tourner est-il devenu plus compliqué ?

Markus : Oui, entre l’inflation et les coûts élevés, c’est plus difficile. Mais on est tellement reconnaissants de pouvoir jouer en live à nouveau. Même les bus de tournée sont devenus très chers pour les groupes. Donc il y a beaucoup de choses à régler pour que le budget fonctionne.

Hugo : Solence est la meilleure solution pour faire la fête, non ?

Markus : C’est la meilleure, toujours, toujours, mon pote. Tu peux zapper n’importe quoi si tu veux. Tu peux zapper la salle de sport, mec. Tu peux zapper n’importe quoi, mais tu ne zappes pas un concert de Solence. C’est pas possible, mec.

Hugo : J’adore cette mentalité. Absolument géniale. Je suis tombé sur un commentaire sous votre morceau Good Fucking Music sur Youtube qui, je pense, résume parfaitement Solence :
« La meilleure chose à propos de cette musique, c’est que tu es potentiellement en train de headbanger avec quelqu’un d’autre quelque part, écoutant cette chanson au même moment que toi, et que vous chassez vos problèmes ensemble en headbangeant. » Quel est votre secret pour créer une musique aussi positive et stimulante ?

Markus : On écrit avant tout pour nous-mêmes. Honnêtement, je pense qu’on fait ça pour nous. On est assez sensibles. La vie est dure, tu sais ? Si je passais mon temps à écrire des chansons tristes, je pense que je deviendrais déprimé moi-même. On mélange un peu tout. On fait des textes rock traditionnels, mais aussi des morceaux positifs. L’honnêteté est importante pour nous. J’écris pour moi-même. Si je ressens le besoin d’écrire quelque chose de triste ou de déprimant, je peux le faire. Mais parfois, il faut se secouer et se dire : « Ok, amusons-nous aujourd’hui. Réveille-toi, mec. »

Des débuts avec Imagine Dragons à la reconnaissance mondiale

Hugo : J’ai vu que la première vidéo que vous avez publiée sur Youtube était une reprise de Warriors d’Imagine Dragons. Tu avais 21 ans, non ? Si mes calculs sont bons. Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer professionnellement dans la musique si jeune ?

Markus : Mec, on s’est tous rencontrés au lycée, et ensuite on a emménagé dans une maison à Stockholm. On a essayé de créer des trucs. On avait des petits studios dans chaque pièce. Johan ( Swärd ) travaillait sur les synthés, David sur les guitares, et moi sur les voix, et ainsi de suite. On a bossé pendant des mois, seuls, sans personne. Personne dans le milieu ne nous connaissait.

On était là, à se dire : « Ok, il faut qu’on essaye de faire la meilleure musique possible. » On a produit les mêmes chansons cinq ou six fois. On n’était jamais satisfaits. On voulait toujours améliorer les choses. Et puis un jour, on en a eu marre de travailler sur les mêmes morceaux encore et encore. Alors on a décidé de faire une reprise, juste pour changer.

Pour une raison inconnue, on s’est lancé un défi. On a fait toute la chanson de A à Z, produit nous-mêmes, tourné la vidéo, tout ça en 36 heures. La partie la plus folle, c’est que 10 heures après avoir publié la vidéo, je me suis réveillé le matin et, mec, elle était en train de devenir virale.

Hugo : C’est incroyable !

Markus : Oui, on l’avait publiée la veille au soir, et le matin, les vues montaient en flèche. On regardait les chiffres grimper, et on était là : « Mais qu’est-ce qui se passe ici ? »

Hugo : Est-ce que vous avez reçu des appels de maisons de disques ou d’agences après ça ?

Markus : Oui, absolument. Imagine Dragons nous a même retweetés, ce qui était dingue.

Hugo : Vraiment ?

Markus : Oui, c’était fou. Il y avait même un fil Reddit avec 1 000 commentaires après deux jours. On est passés de zéro à héros en un rien de temps.

Hugo : Mais cela a dû mettre beaucoup de pression, non ? Parce que vous aviez fait quelque chose de super cool, mais ensuite, il fallait continuer et même aller encore plus haut.

Markus : Exactement, et je pense que c’est ce qui nous est arrivé. C’est un processus graduel. Ça fait 10 ans maintenant. Avec le temps, on a appris à mieux se comprendre, à comprendre le milieu et aussi à être un groupe. On a eu des hauts et des bas tout le temps, mais le projet a toujours progressé lentement mais sûrement.

Hugo : Vous avez tenu bon au fil des années, et vous êtes d’incroyables musiciens. Je pense aussi à David ( Strääf ), c’est un guitariste exceptionnel.

Markus : Je trouve que maintenant, avec la guitare, il y a tellement de technique, tellement de trucs compliqués. Ce que j’adore chez David, c’est qu’il fait « chanter » sa guitare. Ses notes et ses tons racontent quelque chose. Ce n’est pas seulement complexe, c’est aussi empreint d’âme, ce qui manque peut-être à certains artistes actuels.

Hugo : Je sais que tu travailles aussi comme producteur à côté. Mais si la musique n’existait pas, si Solence n’existait pas, que ferais-tu dans la vie ?

Markus : Probablement entrepreneur. Être dans un groupe, c’est comme gérer une entreprise. Il y a tellement de logistique, de budget,  de management, de ressources humaines… Par exemple, hier, j’ai passé six heures à préparer la tournée, faire des budgets, et seulement deux heures à écrire une chanson. Donc, si je devais faire autre chose, ce serait peut-être ouvrir un restaurant, travailler dans l’industrie du cinéma, ou quelque chose qui combine entrepreneuriat et créativité.

Interview Markus Videsäter Solence Vecteur Magazine Tour Live

Instagram @Markusvide

Hugo : Un dernier mot pour vos fans français ?

Markus : Les Français sont incroyables ! Votre énergie est folle. On revient bientôt, et ça va être épique. Je crois qu’on a joué à Lyon sur la tournée Who Tour. C’était l’une des meilleures audiences qu’on ait eues.

Markus : Aux francophones du monde entier – que ce soit en France, en Suisse ou au Canada – vous êtes géniaux. On a hâte de revenir vous voir. On vous amènera la fête.

Hugo : Merci beaucoup, Markus. C’était un plaisir de parler avec toi.

Markus : Merci à toi, mon pote. À bientôt !

 

PLUS D’INFORMATIONS :

EP : Blue Monday

DATE DE SORTIE :  17 Janvier 2025

LABEL : Better Noise Music

Pour écouter le dernier EP rendez-vous ici ! 

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Blue Monday EP Solence