J’ai eu l’opportunité d’entendre l’histoire de LoudBlast, groupe de métal français emblématique, à l’occasion de son 40e anniversaire. Son chanteur et fondateur, Stéphane Buriez, nous raconte l’incroyable parcours, depuis les premiers riffs joués au lycée par des passionnés de metal jusqu’à son statut actuel de pionnier du métal extrême en France. Il revient sur les défis rencontrés lors de la sortie de *Manifesto*, son album précédent, en pleine période de confinement, et explique comment cette expérience a façonné *Altering Faith and Destinies*, son nouvel opus. Nous découvrons le processus créatif de ce dernier, riche en collaborations, notamment avec HK, et influencé par l’univers fascinant d’auteurs tels que Lovecraft.
Il nous dévoile les ambitieuses célébrations à l’aube du 40e anniversaire du groupe : une tournée, une exposition, un livre et de nombreuses collaborations qui promettent un événement mémorable.
Interview de Stéphane Buriez par Cidàlia Païs
Photo Credit : Anthony Dubois
Je suis ravie de pouvoir discuter avec toi, notamment à propos de votre dernier album. Bienvenue ! C’est un honneur pour moi de t’avoir pour Vecteur Magazine.
Pour commencer, Loudblast fête bientôt ses 40 ans sur la scène métal française ! Vous êtes de véritables pionniers. Heureusement, le metal continue d’attirer de nouveaux fans, et de jeunes générations le découvrent sans cesse. Peux-tu nous résumer, en quelques mots, l’histoire de LOUDBLAST ?
LoudBlast c’est un groupe de lycéens qui s’est formé il y a pratiquement 40 ans, ça fera 40 ans l’année prochaine, fans de heavy metal et fans de groupes émergents un peu plus extrêmes comme Slayer ou Metallica et qui a décidé de faire cette musique-là.
On a sorti nos premières démos en 1986, on était très jeunes, on avait 16 ans.
Et puis ça s’est vite enchaîné parce qu’on était très actifs. À l’époque, il n’y avait pas internet, c’était du tape trading, c’était envoyer des trucs partout, bouger dans les concerts, faire circuler des cassettes.
Grâce à ça, on a réussi à, étant frontaliers, on est originaire de Lille, dans le nord de la France, donc on allait dans tous les concerts en Belgique, c’est là que toutes les tournées passaient, les tournées qui nous plaisaient, les groupes plus extrêmes de la scène allemande, Kreator, Destruction et autres..et on a commencé à faire les premières parties de ces groupes-là grâce à un promoteur belge.
Le mot a circulé et puis les français, qui ne pouvaient pas voir ces groupes-là en France, sont venus en Belgique les voir et ils nous ont vus.
Et c’est comme ça qu’on a signé notre premier contrat et qu’on a été le premier groupe français à sortir un album de ce genre là à l’époque, du speed metal, thrash metal, death metal, enfin tu vois, c’était…
Le premier groupe à sortir un album de ce genre là en France, et puis ça s’est enchaîné assez rapidement. On a enregistré aux États-Unis, on a fait des tournées à l’international.
Vous êtes pas mal sollicités depuis.
Ce que j’apprécie particulièrement chez vous, c’est la façon dont chaque membre du groupe a su s’épanouir et diversifier ses talents. Certains affirment que la formation change, mais il s’agit, en réalité, de personnes qui ne suivent pas le parcours avec attention. Pour ma part, je t’ai rencontré de cette manière : tu es partout à la fois, au chant, à la guitare, et tu es impliqué dans la production d’autres projets.
Et pourtant, toujours là, présent et disponible.
Enfin, moi, j’aime la musique au sens large et long terme.
Donc, mon groupe, c’est Loudblast, c’est celui que j’ai formé il y a 40 ans.
Et j’ai fait que Loudblast pendant pas mal d’années
J’ai commencé à faire de la production parce que le son m’intéressait et que je voulais comprendre comment ça fonctionnait après mes expériences d’enregistrement studio..
De ce fait, j’ai commencé à produire pratiquement tous les groupes de France et de Navarre et pas que.
Et puis voilà, on m’a proposé d’autres choses…Et être exclusif pour son groupe c’est ma priorité c’est Loudblast, mais à côté de ça, chanter avec les Tambours du Bronx, ou être guitariste dans Sinsaenum m’apporte un plus.
Moi, j’aime bien aussi ne pas me concentrer dans une seule activité.
J’ai présenté une émission de télé il y a 4 ans, Une Dose 2 Metal..encore une fois, c’est se challenger à chaque fois..
Ce n’est pas tout accepter, mais il y a des projets qui vont te nourrir et qui vont t’apporter quelque chose de différent et qui vont, j’espère, contribuer à ce que le style, le genre de musique que je vénère et que je vis depuis que je suis tout petit, qui continue à avancer.
Si je peux apporter ma petite pierre à l’édifice, je ne vais pas me gêner quoi..
En ré écoutant l’album une pensée m’est venue : le contraste est saisissant. Il y a un paradoxe entre ta présence musicale et ta personnalité en dehors de la scène. On perçoit une personne douce, calme, hyper souriante… puis, soudain, cette voix puissante, presque celle d’un seigneur des ténèbres.. Ce contraste est fascinant !
C’est toujours facile de dire oui c’est un éxutoire machin, mais oui, clairement, enfin, au delà du fait d’avoir embrassé ce style là, parce que enfin, tu vois, quand le Kill’Em All de Metallica est sorti, ou le Show No Mercy de Slayer est sorti, on s’est dit, putain, mais c’est ça qu’on veut faire, en fait, c’est ça ! On est fan de heavy metal, on a grandi avec Judas Priest, Maiden, etc.
Mais au-delà de ça,je trouve, enfin, il y a ce côté catharsis, ce truc, tu vois, c’est…clairement, je ne suis pas comme ça dans ma vie de tous les jours, et heureusement.. mais il y a cette part d’ombre, cette part de blessures qu’on accumule au fil du temps tu vois, qu’on digère plus ou moins bien.
Et puis voilà, quand t’as une vie…Moi, ma vie, c’est mon quotidien. Donc, il y a eu des hauts, il y a eu des bas.
Tout ce qui a fait ma vie, c’est grâce et à cause du groupe. Je ne peux pas me dissocier, je ne suis pas schizophrène.
Clairement, j’ai beaucoup de mal, et j’en parlais avec ma compagne il y a peu de temps, j’ai beaucoup de mal à composer des morceaux, enfin, pas gais, mais des morceaux joyeux.
C’est pas moi, en fait.
Pourtant, je suis le mec le plus joyeux..Je suis pas un mec ténébreux, mais quand je compose, c’est l’autre part de moi qui s’exprime.
Donc, enfin…Ouais, enfin, je pense que…J’ai vachement de chance de réussir à faire ça avec…
avec ma guitare ou avec ma voix enfin peu importe, mais en tout cas et surtout que ça parle aux gens en fait c’est ça le truc tu vois.. à la base Loudblast c’est toi, mais ce qui est le plus dur, c’est de le proposer aux gens et de se dire ‘putain est-ce qu’ils vont comprendre ce que je raconte ?’.. enfin qu’est-ce qu’il y a derrière..
Justement, j’ai cette chance du coup d’avoir vu les deux facettes, je te remercie.
Vous avez sorti Manifesto en 2020, dans une période de COVID..question devenue banale, mais comment l’avez vous vécu ?
Le fait est que l’album devait sortir à ce moment-là, parce qu’on a terminé l’enregistrement de la batterie. Et c’est vrai, on a enregistré la batterie, on a regardé la télé et on s’est dit, oh putain, ça sent pas bon tout ça.
On a terminé l’enregistrement de la batterie, on a laissé tout le matos au studio, on a pris le train, on est rentré chez nous et le lendemain, tout le monde était confiné.
Donc ça a été pondu dans la douleur et même pas au bout du compte.
Mais le vrai truc, c’est qu’on n’a pas pu défendre cet album sur scène et montrer ce qu’on pouvait faire avec cet album parce que pendant deux ans, on n’a rien fait.
C’est pour ça que j’ai commencé à composer directement. C’est pour ça que c’est devenu Altering Fates and Destinies. J’ai commencé vraiment à composer à ce moment-là. Comme on dit, au cul du camion.
C’est-à-dire que Manifesto n’était même pas encore sorti que j’ai commencé à composer la suite parce que je ne savais pas ce qu’on allait avoir derrière.
Donc, oui, clairement, c’est une situation complètement inédite qu’on a tous vécu.
Et à la fois, rester chez moi pendant plus d’un an, ça m’est jamais arrivé de ma vie.
Être chez moi, à la fois c’était cool, j’ai fait autre chose. Mais c’est un truc que je n’ai jamais connu.
Quand j’ai commencé à composer cet album, celui dont on parle aujourd’hui, je ne pensais même pas à un album en fait. J’avais des idées en tête, je les ai enregistrées.
Ça a continué son chemin..et je me suis dit ”tiens j’ai fait un album en fait.”
Tu sais quoi ? Pour moi, cet album de Loudblast figure parmi les meilleurs, voire même vôtre meilleur. Votre travail est colossal ! Il est à la fois brutal et raffiné, viscéral et délicat, une juxtaposition étonnante. Il y a des nuances, des touches subtiles…
Je l’ai écouté dès sa sortie, et dès le premier morceau, j’ai été conquise. Puis le suivant, et le suivant encore… J’ai été littéralement submergé par la puissance, l’intensité et la richesse de l’album. Les mélodies sont magnifiques, les intros hallucinantes, les solos de guitare époustouflants, la basse incroyable…
Vous avez réussi à réunir tous ces éléments pour créer un album d’exception.
J’ai hâte de vous voir défendre cet album sur scène.
Moi aussi j’ai hâte de le jouer sur scène.
C’est vrai que c’était un peu à chaque album, tu te dis oui, ‘c’est notre meilleur album’..
Oui, c’est toujours le meilleur album du moment..mais celui-là, je trouve qu’il raconte une autre histoire, en fait. Et ce qui est génial, et ça, c’est pas moi qui le dis, c’est les gens depuis qu’il est sorti. On est rentré dans les charts directement, ce qui nous a fait plaisir.
On est félicités partout avec cet album. c’est toujours à chaque fois un challenge.
Forcément, t’as envie que ça fonctionne, on se dit “je ne sais pas comment ça va être perçu”
Est-ce que c’est vraiment…Est-ce que ce que moi j’ai donné va amener aux autres les mêmes émotions ?.. et, enfin, ça se passe en ce moment tu vois, ce moment où on parle là.
Parce que tu vois, l’album est sorti il y a plus d’un mois, et en quatre jours on est rentrés dans les charts.
C’est un truc génial, quoi.
Clairement, il n’y avait pas de mission, si tu veux.
Mais on peut dire mission réussie, tu vois, même si je n’avais pas de mission, mais en tout cas le retour, il y aura toujours des fâcheux pour dire que ‘machin, machin’, je m’en fous.. moi je t’entends, enfin, je sais ce que j’ai fait, donc j’étais.. Enfin, je suis très fier de cet album que j’ai composé de A à Z, mais ce n’est pas pour rien.
Il m’apporte ce que les gens me donnent, tu vois, et ce qu’on va pouvoir apporter aussi.
Donc, c’est clairement, c’est pas juste un autre album de Loudblast, c’est un album très important dans notre carrière, à l’aube, de nos 40 ans.
Je l’entends.
Cet album… dès la première écoute, il m’a étrangement fait penser à Chuck. Je ne sais pas pourquoi, son souvenir ne me quittait pas.
Je crois me souvenir que vous vous êtes connus, mais cette association d’idées, lors de cette première écoute, était très forte. J’avais l’impression qu’il était là-haut, et qu’il se disait : « Le flambeau est entre de bonnes mains. »
Je l’espère.. parce que c’était un ami..
On a partagé beaucoup de choses ensemble, il a été là pour nous..Ça a été un coup dur pour le groupe aussi. Personnellement c’est quelqu’un qui m’a coaché, encadré quand je faisais des conneries et qui a été bienveillant..
Il est mort le jour de mon anniversaire..
..je suis désolée.
J’aurais jamais oublié de toute façon. C’est quelqu’un qui est très important dans les rencontres de ta vie. Il y a des gens qui seront là tout le temps, il en fait partie. Et clairement, sa musique nous a influencé. C’est quelqu’un qui est toujours là.
Loudblast fête ses quarante ans et sort l’album Altering Fates and Destinies. Je distingue deux phases dans ce processus. Parlons de l’album, de sa composition, de l’enregistrement, et du rôle d’HK.
Vous formez un duo incroyable, un véritable dynamic duo !
J’ai compris que vous aviez passé au moins deux séjours au studio Vamacara, prenant votre temps pour créer cet album. Il n’y a visiblement aucune limite à votre créativité. J’apprécie d’ailleurs ton approche, ta philosophie de vie : faire ce que tu veux. C’est un état d’esprit admirable.
Peux- tu me raconter brièvement le processus de composition et de production ? La collaboration avec HK, les enregistrements… Je suis toute ouïe.
C’est un album qui a été construit différemment comme je l’ai dit auparavant, j’ai composé 100% de tout l’album.
Toutes les parties, enfin, initialement, j’avais créé des maquettes complètes, qui constituent la base de l’album, structuré en deux parties. Cependant, ces maquettes ne représentent pas le produit final. La collaboration avec HK a ensuite marqué une étape importante. Certaines parties ont été conservées, d’autres retravaillées.
Ce n’est pas Stéphane et son orchestre.
Ça reste quand même une entité, mais c’est important l’apport du train de l’énergie, et du savoir-faire des autres aussi, tu vois ?
Clairement, entre les maquettes de l’album et ce qu’est l’album actuellement, il n’y a pas 100% de choses qui ont changé, mais l’apport de chacun a amené quelque chose de plus vrai.
Tu vois, les solos de Fred, le bassiste, l’ajout des basses, des solos, etc., a enrichi l’album.
Oui.
A la base Fred c’est un guitariste. Donc clairement le côté très heavy et mélodique de ses solos apporte énormément dans ce que j’ai composé.
Ce serait pas juste de dire que c’est mon album.
Je comprends.
C’est pas, comme je disais, c’est pas Stéphane Buriez et son orchestre.
C’est des gens qui apportent, Nicklaus aussi à amené ses solos.
Et voilà, enfin, même si la monture de base, je l’ai fabriquée, on ressort d’un travail commun de Nicklaus, Fred, moi et HK.
Et puis voilà, avec HK, on a cette connivence aussi, on sait se dire des choses, on sait se foutre sur la gueule aussi quand on n’est pas d’accord.
(Rires)
Parce que voilà, on avance, on sait. D’accord, on peut toujours être en désaccord. Mais c’est pour faire avancer les choses dans le bon sens.
Mais c’est vrai que vous êtes vraiment les gars à qui il faut faire appel.
J’ai produit plus de 100 albums.. je sais plus …
J’ai eu cette carrière de producteur et j’ai le studio. Mais oui, encore une fois, j’aime bien prendre des projets au début, des projets solides, et me dire ‘tiens, qu’est-ce que je vais amener de plus ?’
Et notre duo fonctionne plutôt pas mal en fait. C’est une belle rencontre. C’est cool de voir que ça se passe des choses. C’est pas juste lisse. Ça amène des choses.
C’est normal.
C’est important pour nos métiers.
C’est pas que des acteurs qui grandissent quoi…c’est plus que ça, on sait faire des choses.
Au milieu de tout ce tourbillon, ce doux tourbillon de votre album, j’ai cru comprendre qu’il y a des influences de Lovecraft au niveau des thématiques..
En fait l’album on peut le scinder en deux en ce qui concerne les thèmes tu vois, il y a toute une partie où voilà c’est plus les morceaux avec des paroles plus personnelles et euh imagées aussi, parce que je n’a pas envie que les gens sachent qui je suis vraiment.
Il y a une autre partie dans cette partie là et…enfin moi j’aime ça, j’aime chier à écrire quoi…composer c’est mon truc. Tu vois, écrire des textes c’est un truc que j’adore faire, parler de mon monde, de mes trucs et de mes idées avec ça et tout. Mais Lovecraft tu vois, j’ai toujours apprécié ses choses et euh bah le le l’assistant du Vacamara, qui est rentré à ce moment-là, James, avec qui a enfin on a gardé contact, et bah putain euh ça nous a fait craquer tous les deux et on s’est dit ‘bah on va faire un texte’. Et puis on a monté cette atmosphère autour de Lovecraft comme on avait déjà aussi utilisé sur les précédents albums.
Et après tu dis’ ouais est-ce que c’est cool, ou pas machin..’, on s’en fout. Enfin c’est ce qu’ on est en train de faire, et ça depuis nos jeunes années donc on s’en fout en fait de ce que les gens pensent, et en plus, Lovecraft c’est le grand-père, enfin, c’est son univers de l’horreur et autres, et c’est forcément quelque chose qui vous plaît.
Ca apporte plus d’identité, plus de mystère et plus de ce que je peine à trouver les mots en fait.
Mais c’est ça aussi l’effet de l’album, je l’écoute et je ne suis pas que sur cette vision de ‘oui ce titre va écraser en live’.. je cherche à comprendre ce côté mystique, cosmique..
C’est ça ! Et la pochette de l’album aussi… Enfin bon, voilà, c’est tout un ensemble, parce que quand on a contacté Eliran pour la pochette nécropole, je lui ai envoyé la maquette, je lui ai demandé ‘qu’est-ce que ça t’inspire ?’. Et il est arrivé tout de suite avec cette idée machin. En fait, le processus aussi de la cover a été assez long, parce qu’on voulait certaines couleurs, machin, etc.
Mais la base, on l’a eue tout de suite, en fait. Ça lui a inspiré cette espèce de grands…de personnages centrales, de destructeurs..
Donc quelque part, ça veut dire que cette musique l’a inspiré aussi, lui a donné cette image d’où on allait en bon sens, sans vraiment le savoir.
Il est doué, il capte l’essence assez rapidement, j’aime beaucoup son travail.
Au niveau des titres, bon après je n’ai réellement de préférés parce que je les aime tous.
Par contre vous avez sorti un clip, réalisé par Gornoss, et ce titre, c’est un de mes préférés effectivement, Putrid Age of Decay, le solo de Fred, il est juste incroyable.
Il a, je dirais pas gras, tu vois, c’est un groove assez…Je sais pas, ce titre il est incroyable.
Pourquoi avez-vous choisi ce titre, de sortir ce titre-là, même en clip ?
Parce qu’en fait, on a fait un petit sondage autour de nous, quels étaient les morceaux, enfin, auprès des gens du label déjà, quels étaient les morceaux qui ressortent.
Pour nous, celui-là était forcément le premier qu’on avait écouté.
et aussi du fait ou il y a le côté mélodique de ce que Loudblast a toujours fait. C’est un peu un truc mid-tempo aussi.
À la fois, le premier truc qu’on a sorti, c’est From Beyond, qui est un morceau hyper roots.
Tu vois, où ils ont dit, du coup,’ ça retombe à tout ce qu’ils ont fait’. OK, c’est ça, tiens, je vais vous montrer ce qu’on fait après.
Et j’aime bien aussi, tu vois, ne pas aller dans la facilité, genre on va vous donner ce que vous attendez.
Et je pense que Putrid, il a ce côté…c’est du Loudblast, tu ne peux pas dire le contraire, mais ça amène autre chose, je pense, une suite logique de tout ce qu’on a fait, en fait.
J’aime pas faire les mêmes albums à chaque fois. Ce que j’ai en tête à ce moment-là c’est ce que je vais avoir envie de faire.
Et encore une fois, pour revenir aussi à une question que tu m’as posé tout à l’heure, de jouer dans d’autres groupes et de participer à d’autres projets.
C’est inspirant, ça t’aère aussi, ça te permet d’aborder aussi ce que tu fais dans d’autres groupes différemment.
Ça me sert énormément, je pense, pour être créatif en tout cas.
Et puis, revenant au titre, pour moi, c’était un morceau encore différent. Quand je le joue, clairement, ce n’est pas un riff classique que j’aurais fait avant, c’est autre chose.
C’est bien aussi de se reprendre en disant ‘putain j’ai fait ça en fait’.
C’est vrai que dans l’album, on va avoir, enfin on a votre base, on a la base Loudblast, mais il va y avoir des passages où tu te dis, mais tu te prends des baffes dans la gueule, c’est un truc de fou.
D’ailleurs, il y a cette petite intro, ta voix dans Dark Allegiance, et puis tout d’un coup on reprend le rythme, j’ai trop aimé.
Cette intro, elle est courte, mais elle est géniale.
En fait, l’intro, on a gardé quelques trucs des démos. Parce que, bah je dis les démos, mais ce ne sont pas des démos, ce sont, enfin, des albums qui sonnent moins bien, mais il y a des choses qu’on a gardées.
Tu sais, t’as ces moments de…de grâce, des moments que tu ne peux pas reproduire ce que t’as fait à ce moment-là. T’as fait à ce moment et c’était bon…Tu ne pourras pas faire mieux, en fait.
Et sur cet album, on a gardé pas énormément de choses, mais quelques passages de voix, quelques gimmicks de guitare aussi.. quelques trucs un peu bizarres aussi où avec HK on s’est dit bah pourquoi on enlèverait ça, c’est donc resté
Et à la fois pour ce dernier album, on a été assez longs aussi dans le son, dans la production pour pouvoir se concentrer sur les choses importantes.
Les détails qui font du bien !
Puis vous avez fait la cover de Forbidden Pleasure, pourquoi ce choix ?
Parce que je suis archi-fan de Necrophagia et Season of the Dead et tout le reste.. Pour moi, c’est un de meilleurs albums de faits..
Il y a des albums comme ça où c’est pas super bien joué. On s’en fout ! Les morceaux, ils sont géniaux.
Et Necrophagia, c’est ce qu’ils ont fait, c’est génial !
Donc, dans un coin de ma tête, il y a toujours ce truc, ‘putain, je veux faire une reprise de Necrophagia’.
Tout ce que tu entends sur cette reprise, c’est des démos à la base.
Trop cool !
Rentrons dans les 40 ans de Loudblast.
Vous allez célébrer votre anniversaire au mois d’avril, cinq concerts en quatre jours, donc ça veut dire qu’il y a un jour où vous montez sur scène deux fois..
Raconte-nous un peu..
On va faire tourner les 40 ans, mais on commence cette tournée au Black Lab à Lille.
On rejoue là où on est nés.
Et voilà, l’idée, c’est de faire cinq concerts différents en quatre jours.
On n’a pas encore dévoilé, on va remonter notre carrière, mais peut-être pas dans l’ordre chronologique.
Et vous parlez de différents setlist si je ne me trompe pas..
On parle sur 70 morceaux là.
Ok, wow, ok.
Là je te parle, je suis à Calais, c’est Hervé, on répète au Black Lab, un club qui nous est cher.
Et on est en train de préparer tous ces morceaux, aussi des morceaux qu’on n’a jamais joués sur scène.
Génial !
On commence les 40 ans en avril 2025, parce que Loudblast est né en avril 1985.
Et on va annoncer des choses au fur et à mesure..déjà, qui seront les premières parties ?
Quels sont les événements qu’il va y avoir à côté ?
Je peux le dire, on prépare une expo aussi avec plein de trucs que les gens n’ont jamais vus..Il va y avoir un bouquin qui va sortir aussi en même temps..Des collaborations qu’on va dévoiler dans les semaines à venir.
Mais c’est un énorme boulot qu’on travaille dessus.
Et ça va aussi forcément amener une tournée derrière où il y aura soit LoudBlast nouvel album ou soit LoudBlast setlist,, une des setlists en préparation.
Et ça va être chouette parce qu’on va avoir tous les membres, on parlait des line-up, mais en 40 ans, on n’a pas eu beaucoup de line-up.
C’est normal qu’il y ait des gens qui partent, qui fassent autre chose.
Tous les musiciens qui ont joué dans Loudblast depuis le début vont être là.
Nous approchons la fin de l’interview, est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
Qu’est ce que je pourrais dire de plus…
Préparez-vous, parce qu’on sera là, l’année prochaine en concert partout.
Il y a une tournée qui va être annoncée avec Disbelief, une tournée européenne.
Il y a des dates avec SETh aussi…
Oh!
Je ne l’oublierai pas ! ok !
Voilà. Pour les 40 ans et pour la sortie de cet album, je pense qu’on a plein de choses à montrer et plein de choses à rappeler peut-être, qu’on à oublié, qui ont fait partie du paysage et que nous avons créé aussi.
Donc c’est une grosse année, enfin deux grosses années qui se préparent pour 2025-2026.
Très prometteur !
On va annoncer beaucoup de choses !
Merci pour l’interview Stéfan !
Merci à toi !
PLUS D’INFORMATIONS :
Album : Altering Fates And Destinies
Date de Sortie : 25 Octobre 2025
Label : Listenable Records
Artwork : Eliran (Kaos Diktator)
Photos : Anthony Dubois
Production / Mastering : HK Krauss au Vamacara Studios
Sites Officiels : https://loudblast-music.com/
Shop : https://shop-listenable.net/en/49_loudblast
À l’aube des quarante ans de carrière, LOUDBLAST écrase tout sur son passage avec « Altering Fates and Destinies », un nouvel album porté par une formation renouvelée mais fidèle à l’esprit du groupe. La qualité habituelle est au rendez-vous, voire surpassée : un death metal moderne à la production cristalline met en valeur chaque instrument. Les compositions, ciselées et accrocheuses, adoubées d’un chant cathartique, d’une basse presque maléfique, regorgeant de solos brillants et tranchants, et de fûts à la rythmique entraînante ( adoubé par Hervé, c’est Nico Muller qui prend part à l’enregistrement studio). Chaque morceau se distingue par une ambiance envoûtante, doté d’une puissance brute, ce qui offre une écoute captivante.
Des titres d’ouverture, « From Beyond II (The Return) » et « Putrid Age of Decay » (mon titre préféré), étant des hymnes à la fureur et à l’énergie brute, passant par le dévastateur « Crystal Skin » et son solo incandescent, «Miserable Failure » explose en véritable déflagration sonore, tandis que le sombre et percutant « Son of Nameless Mist », et l’épique « He Who Slumbers », me submergent d’un mélange envoûtant d’atmosphères, ce qui fait le pur bonheur de mes oreilles.
Cette intensité, alliée à une production impeccable, – passage au Vamacara Studios impose -, et à des thèmes lovecraftiens, constitue l’extase de l’album.
« Dark Allegiance » respire une aura maléfique fascinante, tandis que « They’ll Never Catch The Glint of Sunlight Again » clôt l’album sur une note apocalyptique, sans oublier un véritable coup de massue sonore, la reprise de « Forbidden Pleasure » (Necrophagia).
HK Krauss, ici ingénieur du son, coproducteur et acteur du mastering, a vraiment poussé pour qu’il n’y ait aucun frein à la créativité, et tout à été donné sur ce qui est un album indispensable pour les amateurs de death metal !
Loudblast :
Stéphane Buriez: Guitares/Chant
Frédéric Leclercq: Basse/Lead guitars
Nicklaus Bergen: Lead guitars
Hervé Coquerel: Batterie
01 – From Beyond II (The Return)
02 – Putrid Age of Decay
03 Crystal Skin
04 – Miserable Failure
05 – He Who Slumbers
06 – Son Of Nameless Mist
07 – Dark Allegiance
08 – Inhale The Void
09 – Cursed And Veiled
10 – Fortress
11 – They’ll Never Catch The Glint of Sunlight Again *
12 – The Path To The End *
13 – Forbidden Pleasure *
*Bonus track