Vecteur Magazine

LES RIFFS DU LUNDI devient notre rendez-vous hebdomadaire.
Retrouvez diverses chroniques de nos rédacteurs sur les sorties de la semaine précédente.

BLOODY MOON – Lost & Damned
Label : Inverse Records
 
Avec Lost & Damned, le trio finlandais Bloody Moon confirme son goût pour le death mélodique noirci d’influences black. Les riffs sont acérés, les blasts percutants, et les mélodies savent se glisser au bon moment pour laisser respirer l’ensemble. L’album joue avec l’intensité et le contraste : passages massifs, refrains portés et ponts plus atmosphériques créent un équilibre efficace entre force et nuance.

Le groupe maîtrise cette tension sans excès : chaque titre a son identité, et l’ensemble se tient de bout en bout. Bloody Moon n’invente pas le genre, mais sait le faire sonner frais et puissant. Lost & Damned s’impose comme un album solide, bien produit, qui séduira autant les amateurs de riffs mordants que ceux qui aiment qu’un morceau prenne le temps de respirer.

Par Annabelle Piery

HAPPY VALLEY – Know What You Are

Label : Happy Valley

Les australiens de Happy Valley nous offrent un EP frappant pour débuter novembre dans les meilleures conditions. Ce premier gros projet prouve déjà d’une évolution depuis leur début. Les guitares sont maîtres dans chaque morceau et affirment leur place centrale dans les compositions du groupe. C’est le cas lors du bridge de “Tell Me When To Break”, qui offre quelques secondes de pure folie grâce à une instrumentale qui éclate et nous saisit. Les premières secondes de “Flames and Waves” ralenti doucement le rythme pendant un court moment, ce qui nous permet d’apprécier la douceur de la voix. Cette dernière qui, par ses variations de chant aigu et de chant plus profond, nous fait immédiatement penser à Conor Mason de Nothing But Thieves

Lead Me Away” clôt l’EP sur des notes dansantes, accompagné d’une voix empreinte de sensibilité. Il est difficile de ne pas se laisser porter par l’énergie qui réside au sein de cet EP, où l’agressivité du rock s’unit à la sensibilité de la pop alternative. 

C’est donc un très bon début pour Happy Valley qui a un fort potentiel à exploiter dans ses futurs projets, avec peut-être, une identité plus singulière et unique à nous dévoiler. 

Par  Alexia Samsonoff

FFF – U Scream

Label : Verycords 

Avec U Scream, FFF revient en force. Le quatuor français mêle rock et funk avec une maîtrise et une fraîcheur qui surprennent, après des années d’absence. Ce disque ne joue pas la carte de la brutalité excessive — loin de là — mais affirme un groove incisif, des riffs nets, une énergie organique et un chant au service de la mélodie.

Les morceaux naviguent entre pulsations rock nerveuses et lignes funk souriantes, parfois psychédéliques. On y trouve des refrains accrocheurs (« Y’a Toi ») et des ambiances lourdes mais sans outrance, où chaque instrument respire. FFF n’a pas besoin de hurler pour marquer : il suffit d’être présent, authentique, de faire vibrer. Le mélange des langues (français et anglais) et le choix d’un producteur comme Dimitri Tikovoï (The Libertines, Placebo) montrent une volonté de sonner contemporain sans trahir leurs racines.

Résultat : un album qui groove, qui invite au mouvement — tête, corps, esprit — mais aussi à l’écoute fine. U Scream confirme que FFF sait évoluer sans renier son identité. Pour tous ceux qui aiment le rock qui saute, le funk qui roule, la musique qui vit, c’est un vrai retour réussi.

Par Annabelle Piery