HAWKIND – There Is No Space For Us
Label : Cherry Red Records
Hawkwind, groupe mythique des années 70 ayant marqué les débuts d’un certain Lemmy Kilmister poursuit sa longue carrière sous la tutelle de l’unique membre constant, Dave Brock. Ces pionniers du space rock ne cessent d’explorer ce sous-genre, perpétuant ainsi un style qu’on aurait pu croire évaporé dans des volutes de psychotropes, entre deux pantalons pattes d’eph. Pourtant, Hawkwind a traversé les décennies en imposant sa théâtralité lors de grand-messes scéniques grandiloquentes. Tirant leur substance d’œuvres de science-fiction et de fantasy, les britanniques, par le passé, conviaient sur scène des auteurs tel Michael Moorcock (Le cycle d’Elric), venant scander poèmes ou incantations, tandis que certains membres jouaient derrière le rideau… Mais que vaut Hawkwind en 2025 ?L’habillage electro est toujours là, les années ont éraillé les voix mais la créativité est intacte au fil de ces quelques pépites rétro-futuristes, capsules intemporelles invitant à l’évasion. On plonge avec délice dans cette ambiance planante. The Co-Pilot est une petite merveille d’architecture musicale, tandis que le titre éponyme There no space for us soulève la poussière dans une ambiance western. Clos par le nostalgique A long long way from home, cet album accompagnera vos rêveries d’un monde lointain, songes d’une utopie toujours plus désirable.
Par Christophe DESCOUZÈRES
STORM ORCHESTRA – Get Better
Label : Mascot Records
Nouvelle pépite française du trio rock, “Get Better”, deuxième album de Storm Orchestra, et comme le premier, il ne déçoit pas ! Les 12 titres nous font très vite tapper du pied, et dès la première écoute, on a qu’une envie : chanter les paroles à tue-tête. Notamment “Drummer”, dont le refrain reste facilement en tête, et c’est un vrai plaisir ! Il est suivi de “Crush The Mirrors”, qui sort du lot avec ses sonorités heavy metal. Les growls de Chunk! No, Captain Chunk!, en featuring, ajoute une dimension sombre et violente qui se marie parfaitement avec le style du groupe.
“Désolé” se distingue de par son titre en français et sa douceur. Accompagné de JJ Wilde, c’est le moment nostalgique de l’album qui nous fait l’effet d’un pincement au cœur. L’album se finit en beauté avec un morceau court mais puissant “Trash The Room”, qui nous donne vraiment envie de tout casser. Mention spéciale pour “Cut Loose, Somehow”, qui, de par son rythme rapide et énergique, est exaltante.
En bref, “Get Better” est parfait pour ajouter un peu de rock à son quotidien, et le rendre meilleur !
Par Alexia SAMSONOFF
FACE YOURSELF – Martyr
Label : Sumerian Records
FACE YOURSELF, c’est la rencontre entre cinq musiciens américains et une chanteuse française du nom de Yasmine LIVERNEAU. Leur job, nous en mettre plein la tronche avec un deathcore sans concession. Et cette fois-ci, l’objet du délit est ce “Martyr ”, quatrième EP du groupe.
Accrochez-vous car les 25 secondes d’intro du premier titre “Primal”, ressemblent à ce moment où le wagon monte au point culminant d’une montagne russe. À la 26ème seconde, c’est foutu, impossible de vous arrêter ou de descendre, vous allez subir pendant les 14 minutes suivantes, toute la violence du groupe américain. “Predatory” est un enchaînement de virages sans aucune limite de vitesse, ressentez-vous toutes les vibrations de ce train infernal parcourir tout votre corps ? “The Poet” est probablement le titre le plus oppressant de ce EP, votre mental sera mis à l’épreuve. Et pourtant, nous n’en sommes qu’à la moitié du parcours. Si vous cherchez un peu d’accalmie, oubliez ça. Pas de répit avec “Saboteur” qui vous assène de terribles coups aux cervicales. Les aiguilles de l’horloge annoncent la fin du périple avec le délicieusement malsain “Sideration”. Le tour de manège est terminé, que diriez-vous de reprendre un ticket pour 14 nouvelles minutes de sensations fortes ?
Par Christophe PINHEIRO
ASSASSINATOR – Defeatizen
Label : AssassinatoR
AssassinatoR (à ne pas confondre avec Assassinator) est composé d’humbles musiciens issus des « working classes » américaines, balançant dans leurs sons toutes leurs frustrations, inquiétudes et révoltes contre un système de plus en plus oppressif. Toutes similitudes ne sont plus vraiment fortuites aux USA, on le sait bien… Avec des thèmes bien ancrés dans l’actualité, le groupe délivre un groove/trash old school, cher aux oreilles de la génération X sur laquelle le voile soyeux du temps a recouvert l’océan de la jeunesse. Mais trêve de poésie de première littéraire et place aux guitares qui raclent, celles des chevelus du fond de la classe dans leurs jeans trop serrés et leurs t-shirts à têtes de morts. La rythmique est « tight » comme disent les anglophones, extrêmement solide. La basse qui ouvre le très bon Cast Iron Hate grogne, aussi agressive qu’un pit-bull bercé trop près du mur et soutient l’assaut rageur des six-cordistes. Le chant est chargé d’un growl bien grassouillet tout au long de ces huit titres très efficaces et qui vont droit au but. Un son organique, bestial condensé dans l’excellent Damages, en clôture. Ouvert par Enemysphere qui ne s’embarrasse pas de subtilité pour nous introduire dans l’univers de AssassinatoR, l’album compte bon nombre de petites pépites bien troussées comme Disarm the innocent ou Godleash. N’hésitez surtout pas à jeter une oreille, fut-elle nostalgique ou non, sur ce Defeatizen de bonne facture !
Par Christophe DESCOUZÈRES