MESSA – The Spin
Label : Metal Blade Records
Messa continue son exploration de la galaxie Doom avec The Spin, lorgnant du côté de la Cold Wave à grands renforts de synthés eighties, avec des titres comme At Races ou Fire on the Roof. Habitée, Sara Bianchin enveloppe de sa voix cristalline des compositions gothiques, invoquant les spectres du post-punk, mais aussi jazzy et heavy metal, dans l’ADN même du quatuor transalpin depuis une dizaine d’années déjà. Autour du fondateur et batteur Mistyr, Messa a su développer son propre son aux confluences d’univers musicaux d’horizons divers, avec à la guitare Alberto Piccolo dont le patronyme jure avec le son très gras et bas dans le spectre qu’il délivre, et Mark Sade à la basse, dont le grain se charge de bas médium, héritier d’une époque révolue mais toujours influente. Au sein de cet opus, The Dress se promène allègrement dans une digression pleinement jazzy avec un dialogue guitare et trompette bouchée dans la veine d’un Miles Davis, le tout aboutissant à une explosion floydienne avec un solo déchirant tandis que Sara nous achève d’une envolée dont elle a le secret. Enfin,Thicker Blood s’offre une intro que l’on croirait sortie d’un John Carpenter pour déboucher sur un gros son Doom bien gras et conclut ce bel album avec une note très dark. À découvrir d’urgence !
Par Christophe DESCOUZÈRES
ANNISOKAY – Abyss Pt II
Label : Arising Empire
Retour du combo allemand avec la deuxième partie de cet “Abyss”. Deuxième EP, dont le premier volet date de 2023. ANNISOKAY distille un metalcore moderne, dans la tendance de ce qu’il se fait actuellement. Et c’est par une très bonne surprise que démarre cet EP, “Get Your Shit Together”, à l’ambiance sombre, alternant entre puissance bestiale et des passages plus calmes faisant ainsi ressortir les parties mélodiques de ce titre. Et dès le début du deuxième titre “Never Enough”, on pense tenir là, une pépite avec ce “Abyss Pt II”. C’est toujours dans un enchaînement de passages growl et chant clair sans être à outrance que ce titre fait largement le job. Avec “Oblivion” c’est un retour vers une ambiance un peu plus sombre. Il faut reconnaître que les sonorités électro aident à cela. Pas très loin d’un sans faute pour le moment, ANNISOKAY va me perdre sur “Into The Gray”. Le chant clair fait retomber mon enthousiasme et la puissance que dégageait cet EP. À tel point que les efforts sur “H.A.T.E.” avec ANY GIVEN DAY ou “Inner Sanctum” ne me donneront pas le souffle suffisant pour rattraper le groupe dans ses explorations. Néanmoins, de nouvelles écoutes, dans différents contextes pourraient me faire changer d’avis.
Par Christophe PINHEIRO
MAGNOLIA PARK – Vamp
Label : Epitaph
Avec VAMP, le quintet américain Magnolia Park nous embarque dans la quête vengeresse d’Aurora X1, guerrière mi-humaine mi-cyborg évoluant dans un univers SF désespéré et violent. Car, oui, VAMP est un album-concept autour d’un récit naviguant entre dystopie et fantasy. Dans ce monde, les Shadow Breakers, un groupe de rebelles devenus vampires (donc l’héroïne est un vampire mi-humain mi cyborg, suivez un peu) combattent le Shadow Cult, une organisation totalitaire qui tient sous sa coupe Nocturne Nexus, une cité particulièrement sombre comme son nom le laisse subtilement deviner. Entourée de fidèles alliés dont sa sœur Ophelia, notre vampire-cyborg mi-humain va partir en croisade contre les assassins de ses proches et libérer les innocents. Cette bouleversante intrigue est soutenue par un habile mélange de metalcore, de hip-hop, d’electro et de touches pop harmonieusement mis en relief par des arrangements fourmillant de créativité au service de cette expérience heureusement unique qu’est l’écoute de VAMP, opus pensé par Tristan Torres et Freddie Criales, les deux guitaristes du groupe. De ces onze titres, quelques-uns parviennent à sortir du lot comme le sympathique Worship, avec en guests Vana et PLVTINUM, ou bien Omen. Tenterez-vous de suivre Aurora et ses Shadow Breakers ?
Par Christophe DESCOUZÈRES