Vecteur Magazine

LES RIFFS DU LUNDI devient notre rendez-vous hebdomadaire.
Retrouvez diverses chroniques de nos rédacteurs sur les sorties de la semaine précédente.

Nous voilà de retour après une semaine d’absence. Grève ? Vacances ? Kidnapping par des êtres malveillants ? Le mystère persiste encore…

En attendant, voici de nouvelles chroniques pour ce lundi 7 avril.

PIGS PIGS PIGS PIGS PIGS PIGS PIGS – Death Hilarious

Label : Rocket Recordings

Death Hilarious, cinquième déflagration de Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs, déboule comme une meute furieuse dans un monde qui titube. Le sludge heavy y croise le fer avec des échappées noise et des soubresauts glam qui n’ont pas peur du ridicule, au contraire, ils s’y vautrent avec panache. Le chaos est savamment organisé, les riffs sont poisseux comme un caveau de carnaval, et les hurlements de Matt Baty semblent sortir d’un mégaphone enterré sous des tonnes d’angoisse.

Surprise totale : EL-P (Run The Jewels) déboule sur « Glib Tongued » pour une incartade rap métallique qui aurait pu être gênante, mais qui claque comme un uppercut bienveillant. L’album oscille entre brutalité primaire et finesse tordue – mention spéciale à « Stitches », croisement entre Motörhead sous MDMA et Bowie en descente.

Avec Death Hilarious, les Pigs signent un disque libre, grumeleux, baroque et jouissif. Un monstre punk qui rit aux éclats dans les décombres.

par Annabelle PIERY

LUNA KILLS – Deathmatch

Label : Sharptone

Si vous ne connaissez pas encore, voici LUNA KILLS, groupe venu de Finlande, nous offrant comme premier essai “Deathmatch”, qui s’avère être un véritable vent de fraîcheur dans le paysage musical actuel. Et pourtant, sur papier, on pourrait croire à un énième groupe proposant un metal “moderne”. Mais le mieux, c’est d’écouter et dès “love u”, on comprend qu’il y a quelque chose qui se démarque chez LUNA KILLS. Mélodies imparables, énergie débordante et surtout un petit quelque chose qui nous ramène au milieu, voir fin des années 90, oui, je dis bien les années 90. Au risque de passer pour un fou, la transition avec le titre “LEECH” rappelle ce passage de relais entre le crossover, incroyablement présent dans “sugar rush” ou “get mad”, vers le neo metal de l’an 2000 et de la théorie hybride… Et si tout au long de cet album, je ne peux m’empêcher de retrouver des similitudes avec cette époque, je me suis complètement laissé emporter dans l’univers du groupe. L’excellente palette vocale de Lotta RUUTIAINEN offre une multitude de possibilités propice aux paroles cathartiques. Mais je crois que c’est la rythmique de Jimi KINNUNEN derrière les fûts qui apporte un volume si impressionnant au son de ce “Deathmatch”. En résumé, LUNA KILLS est un groupe à surveiller de très près. Et si mon coup de cœur de cet album “fever dream” annonce une transition vers le futur, le groupe a alors, de très belles choses à proposer.

par Christophe PINHEIRO