Vecteur Magazine

LES RIFFS DU LUNDI devient notre rendez-vous hebdomadaire.
Retrouvez diverses chroniques de nos rédacteurs sur les sorties de la semaine précédente.

MEDICIS – Where We Dive

Label : Morning Wood Production / Daydream Music / Modulor

Pour son premier album, le groupe post-rock MEDICIS propose un voyage au cœur d’un musée. À travers des guitares riffs distordants et une batterie déchaînée, on suit l’histoire d’une œuvre d’art qui prend peu à peu vie. 

Le défi de ce projet conceptuel est plus que relevé : on ressent nettement chaque sentiment qu’elle éprouve. De la curiosité à une sensation de vide intérieur profond, on passe par toutes les émotions les plus intenses. Comme dans “Timecrash”, où la guitare hurle, écho au cri de l’œuvre face à son incapacité et désir d’être plus qu’un simple objet à nos yeux. Une douce mélancolie s’échappe de “Mercury Leaves” alors qu’on est frappé par la solitude que le tableau ressent une fois le musée vide. Bien plus que du désarroi, on s’avoue coupable de l’abandonner ainsi. Une cadence lente qu’on retrouve dans la deuxième partie de “Paralysed”, rappelant la blessure du temps qui passe une fois livré à nous-même. “Where We Dive” nous plonge en effet dans une introspection de notre propre vie, rythmée par une quête d’identité et de sens.

Par Alexia Samsonoff

CABAL – Everything Rots

Label : Nuclear Blast

Quatrième opus pour les danois de CABAL. Et une fois n’est pas coutume avec les natifs de Copenhague, c’est du lourd, du très lourd… « Become Nothing » ouvre le bal en nous assurant qu’on va en prendre plein les dents. Promesse tenue avec le single « Redemption Denied », violent et rapide, une machine à faire bouger n’importe quel pit. D’ailleurs, c’est le cas pour chaque titre de cet album. C’est féroce, ça vous prend à la gorge et ça ne vous lâche plus jusqu’à la dernière note. Notons quelques collaborations sur cet album, dont l’excellent “Stll Cursed” avec les incroyables TEN56. Ou encore le très très méchant “Unveiled” avec NASTY. Pour tout amateur de metal moderne, violent et chargé en personnalité, il ne faut pas passer à côté de ce “Everything Rots”. Et si vous doutez de la véracité de mes propos, jetez donc une ou vos deux oreilles à “End Times” suivi de “Snake Tongues”. Cela devrait suffire à vous convaincre, tant le groupe nous offre un panel assez large de ce qu’il est capable de faire. En résumé, passer à côté de cet album s’avère être une grossière erreur.

Par Christophe Pinheiro

IMPERIAL TRIUMPHANT – Goldstar

Label : Century Media

Le groupe Imperial Triumphant nous a sorti le 21 mars, le lendemain du printemps, Goldstar son œuvre la plus aboutie jusqu’alors. Elle est plus accessible au grand public, plus digeste avec son death / black metal moderne d’une totale originalité n’appartenant qu’à eux. C’est extravagant, cela semble par moments désordonné mais ce n’est qu’une impression. Tout est cohérent et l’ensemble s’ajuste et est comme posé pierre par pierre. Comme une construction en somme. L’ensemble de l’album est sombre mais par moments (furtifs) on ressent la lumière celle des années art nouveau, on ressent ce désordre urbain et le tumulte de la ville de New York. Cela sent la froideur, la torpeur, c’est lourd et sombre à la fois, ça sombre par moments dans la folie même. Comme dans un club de jazz rempli de fumée. Chaque morceau est différent ne laissant aucun répit à son auditeur sauf sur le morceau éponyme qui dure moins d’une minute et qui semble sortir de nulle part mais qui marque un beau milieu d’album avec des notes rétro sorties d’une Amérique des années dorées ! Dorées d’ailleurs comme l’artwork de l’album d’ailleurs. Le reste est sombre et incisif avec des incursions jazz qui font la richesse du groupe. Situé aux confins du black et du death technique avec des touches Jazzy et de l’originalité, une chose est sûre, c’est album est entré dans mon top 2025 d’ores et déjà ! Et cerise sur le gâteau, Thomas Haake, batteur de Meshuggah, et Dave Lombardo, batteur légendaire (de Slayer entre autres), se joignent au groupe. Leur présence montre clairement que, musicalement, IMPERIAL TRIUMPHANT est entré dans une classe à part. Ce groupe est différent et ne laissera personne insensible, cela peut être même une porte d’entrée vers les musiques extrêmes pour les plus frileux. A voir en live au Motocultor par exemple car je pense très sincèrement que le live peut encore apporter quelque chose de plus sombre et ténébreux.

Par Evaell Brunello Burel