DENIAL OF LIFE – Witness The Power (EP)
Creator-Destructor Records
07.11.2025
Si Slayer avait eu une fille, elle s’appellerait sans doute Denial of Life. Avec Witness the Power, le groupe livre un album tranchant, rapide et féroce. Un son fusionnant la rage du trash des années 80 avec la nervosité du métal moderne actuel. Dès les premières secondes, la déferlante est totale : on peut difficilement se retenir de headbanger. Mais Witness the Power ne se résume pas à la fureur : derrière la violence, on trouve des guitares finement ciselées et des passages plus mélodiques. La voix de la chanteuse, mélange de puissance et de rage maîtrisée, s’accorde parfaitement avec l’ensemble. Le groupe sait doser la tension, alterner entre frappes frontales et passages plus aérés, sans jamais perdre en impact. L’influence des pionniers du thrash est palpable, mais Denial of Life réussit à en tirer une version 2025, plus dense, plus directe, plus vivante. En une poignée de titres, le groupe affirme sa place parmi les formations à suivre de près.
Bref, Witness the Power porte bien son nom : une démonstration de force, un hommage assumé à la vieille école, et un cri plein d’énergie vitale.
par Rebecca Luxea
Hell in The Club – Jocker in the Pack.
VIA: Frontiers Music Srl.
07.11.2025
Hell in the Club revient en force avec Joker in the Pack, un album incandescent paru chez Frontiers Music. Fondé en 2009 par Andy Buratto (Secret Sphere), Dave Moras (Elvenking) et Andrea Piccardi, le groupe s’offre aujourd’hui un nouveau souffle grâce à l’arrivée de la chanteuse suédoise Tezzi Pers, qui succède à Andy Buratto au micro. Un pari audacieux, mais ô combien réussi. Tezzi possède cette voix unique : puissante, charismatique, traversée d’une énergie brute, qui s’impose d’emblée comme une évidence dans l’univers du groupe. Sur scène, c’est un véritable tourbillon : sa présence électrise la foule, galvanise ses compagnons de route, et fait vibrer chaque titre d’une intensité nouvelle. Reprendre le flambeau de Dave n’était pas chose aisée, mais Tezzi relève le défi avec panache, conquérant le public dès les premières notes. Joker in the Pack est une véritable injection d’adrénaline : dix morceaux de pur rock’n’roll, où se mêlent fougue, mélodie et attitude. L’album s’ouvre sur « The Devil Won’t Forget Me », un titre qui donne immédiatement le ton : guitares acérées, rythmique percutante, et ce timbre rauque et envoûtant de Tezzi qui habite chaque mot. La complicité entre Marco Lazzarini à la batterie et Andrea Piccardi à la guitare se ressent à chaque transition, entre couplets nerveux, ponts tendus et envolées instrumentales impeccablement maîtrisées. Vient ensuite « Dirty Love », hymne incendiaire taillé pour les grandes scènes, porté par un refrain fédérateur et une énergie frondeuse qui évoque Kissin’ Dynamite ou les premiers Skid Row. Mais c’est avec « The Ocean » que le groupe dévoile son visage le plus émouvant. Une ballade somptueuse, à la fois fragile et puissante, où le solo d’Andrea Piccardi s’élève comme une vague avant de s’effacer pour laisser place à la voix de Tezzi, lumineuse et habitée. C’est sans doute là qu’elle atteint son sommet d’interprétation. Enfin, Simone Mularoni de Domination Studio signe le mixage final, offrant à l’ensemble un son moderne sans jamais trahir l’authenticité du groupe. Joker in the Pack trouve ainsi le juste équilibre entre fougue humaine et précision technologique, un disque vibrant, sincère et furieusement vivant.
Par Emma Forestier
ASHEN HEART – Dragons Of Death
Label : Victory Production
05.11.2025
Avec Dragons of Death, Les Niçois d’Ashen Heart signent un premier album étonnamment abouti pour une jeune formation. Dès The Mighty Wizard l’album installe une atmosphère épique sans artifice et cette cohérence se poursuit tout au long du disque. Black Dragon s’impose comme un moment fort, grâce à des mélodies bien ciselées et une dynamique plus marquante. Dark apporte une lourdeur bien sentie, tandis que Fire et Dragon Hunters relancent l’intensité avec une énergie communicative. Le final, The Goddess Will Rise Again, termine l’album avec ampleur et donne le sentiment d’un groupe déjà capable de construire un univers solide avec assurance et laisse entrevoir une ambition plus large. La production de Dragons of Death est claire, moderne et très maîtrisée. Les guitares sont mises en avant avec un son net et bien défini, permettant aux mélodies d’être lisibles sans sacrifier la puissance. La batterie est précise, avec une double grosse caisse propre et régulière. Le mix reste équilibré, laissant chaque instrument respirer. L’ensemble donne un rendu professionnel, cohérent et accessible.
Dragons of Death est un premier disque solide et prometteur, qui laisse deviner un potentiel important pour la suite.
Par Yannick Lachaire
Alcatrazz – Prior Conviction
Label : Bravewords Records
07.11.2025
Les légendaires musiciens d’Alcatrazz signent un retour aussi audacieux qu’introspectif avec Prior Convictions, un projet à la croisée du souvenir et du renouveau. L’album se présente comme une œuvre hybride, à la fois rétrospective et prospective : il revisite avec éclat plusieurs des titres emblématiques qui ont forgé la réputation du groupe dans les années 1980, tout en ouvrant de nouveaux horizons grâce à deux compositions inédites. Sous la direction éclairée du claviériste Jimmy Waldo, véritable gardien de la mémoire du groupe, et du virtuose Joe Stump à la guitare, la formation actuelle, emmenée par le chanteur Giles Lavery, s’attache à perpétuer l’héritage d’Alcatrazz tout en redéfinissant sa propre identité sonore. Prior Convictions s’impose dès lors comme une véritable déclaration d’intention. Loin de céder à la simple nostalgie ou à l’auto-célébration, le groupe y affirme haut et fort sa volonté de rester vivant, pertinent et inspiré. Oui, Alcatrazz assume son âge et son histoire, mais refuse obstinément de se laisser enfermer dans le musée du rock. Ces nouvelles interprétations des classiques du répertoire, empreintes d’une énergie rajeunie et d’une production plus tranchante, témoignent d’une démarche lucide : revisiter le passé non pas comme une fin, mais comme un point d’appui vers l’avenir. Les deux inédits, « Transylvanian Requiem » et « Stand and Wait Your Turn », viennent d’ailleurs renforcer cette dynamique créatrice. Leur intensité dramatique et leur puissance mélodique confirment que le groupe ne se contente pas de ranimer la flamme des années glorieuses, mais continue bel et bien d’en attiser les braises. Ces nouvelles compositions s’inscrivent naturellement dans la direction heavy et incisive que le groupe a choisie depuis sa réactivation en 2020, une orientation assumée et cohérente, qui fait de Prior Convictions leur quatrième publication en cinq ans. Une cadence impressionnante, signe d’une vitalité que peu de formations de leur génération peuvent encore revendiquer. Ce nouvel opus n’a pas vocation à révolutionner le genre, mais plutôt à le resituer à travers le prisme de l’expérience. En revisitant son propre répertoire, Alcatrazz se regarde dans le miroir du temps et en tire une leçon de continuité : Prior Convictions agit comme un pont, reliant deux époques, deux sensibilités, deux manières de concevoir le hard rock. Entre la flamboyance insouciante des années 1980 et la rigueur contemporaine du metal moderne, le groupe trouve ici un équilibre rare, celui d’artistes mûrs mais encore habités par le feu sacré. Plus qu’un album de souvenirs, c’est une profession de foi : Alcatrazz n’est pas un vestige, il est toujours en marche.
Par Emma Forestier