Vecteur Magazine

LES RIFFS DU LUNDI devient notre rendez-vous hebdomadaire.
Retrouvez diverses chroniques de nos rédacteurs sur les sorties de la semaine précédente.

BLEEDING THROUGH – Nine

Label : Sharptone

 

« Nine » marque le retour de Bleeding Trough, après une longue absence de six années. Ce neuvième album, à l’aune des 25 ans du groupe de metalcore californien, se veut une somme de ce quart de siècle au service de la musique, la promesse d’une énergie renouvelée, « une culmination de 25 ans de travail », selon le chanteur Brandan Schieppati. Épaulé par quelques guests comme Doc Coyle (God Forbid), Andrew Neufeld (Comeback Kid) ou Brian Fair (Shadows Fall), Bleeding Through tend à modeler la forme la plus pure de son metalcore, à marquer de son empreinte cette scène inscrite au plus profond de son âme, plus encore en ces temps troublés et incertains. Le single « Path of our disease » évoque le climat social ambiant, avec un texte fort et poignant, dans une énergie rugueuse et brutale. Loin d’avoir épuisé leur art mêlé de puissance et de fulgurances mélodiques, les californiens ont encore beaucoup à dire sur cette humanité vacillante, engluée dans les vindictes et le désespoir, mais toujours accrochée à un mince fil de lumière.

Par Christophe DESCOUZÈRES

 

MANTAR – Post Apocalyptic Depression

Label : Metal Blade 

 

Pour la Saint Valentin, au lieu d’offrir des chocolats infects et des fleurs à moitié décrépites, les allemands de Mantar ont décidé eux de surprendre leur public en renversant totalement leur mode de production par rapport à leur précédent opus. Exit donc les sons soignés et travaillés, ce « Post Apocalyptic Depression » verse dans le punk viscéral et séminal, aux racines mêmes du projet initial. Dans un élan destructeur et méthodique, que n’aurait pas renié un certain mouvement symboliste, nos deux compères germaniques offrent un son brutal, reflet d’un travail spontané avec les moyens du bord. Cette démarche aussi singulière que jusqu’au-boutiste a donc permis à Mantar d’accoucher de titres tels que « Absolute Ghost » ou « Cosmic Abortion », inscrivant ce surprenant opus dans la perspective d’une déconstruction stylistique consciente, prouvant la vigueur artistique du duo et leur insatiable soif de surprendre et d’explorer tous les recoins de leur créativité.

Par Christophe DESCOUZÈRES

NACHTBLUT – Todschick

Label : Napalm Records

 

Retour de l’un des pionniers de la scène dark metal allemande, NACHTBLUT nous offre son septième album studio « Todschick ». Produit par Chris HARMS de LORD OF THE LOST, cet album démarre sur « Von Hass Gertrieben » qui me rappelle beaucoup un célèbre groupe allemand qui remplit des stades. Mais ce sera là, le seul titre de cet album qui dégage ce sentiment de déjà entendu. Dès « Todschick » on passe sur un son beaucoup plus orienté sur les eighties avec de la new wave moderne. Ce titre est frais, dynamique et s’avère être le parfait précurseur de la suite de cet album. « Nachtgeweiht » tout comme « Kinder Des Zorns » proposent des passages symphoniques sublimes et des parties de chants qui ferait rougir Dani FILTH. La magie opère sur le titre « Das Liben Der Anderen » qui monte en puissance pour finir en apothéose. Sublime ! Chaque titre a sa propre personnalité et ne sonne comme aucun autre. « Stirb Langsam » et « Manchmal Kommen Sie Wieder » sont à l’opposé l’un de l’autre et pourtant la cohérence est là. NACHTBLUT a su créer un disque original et innovant qui se laisse écouter d’une seule traite sans nous lasser.  

Par Christophe PINHEIRO