Vecteur Magazine

LES RIFFS DU LUNDI devient notre rendez-vous hebdomadaire.
Retrouvez diverses chroniques de nos rédacteurs sur les sorties de la semaine précédente.

COILGUNS – LOST LOVE

Label : Humus Records

Quand bien même cet EP est uniquement composé de deux titres, on est aspiré par une
obscurité ravageante. “Nightshifter” ouvre ce bal macabre où une tension flotte dans l’air, créée par une instrumentale lourde. On atteint le climax du morceau lors de la dernière minute avec un cri déchirant qui se mêle à une guitare distordante. On y voit là une amertume face à la complexité de retrouver un mode de vie dit “normal”, tout comme de garder des liens sociaux forts. La voix dans “Homeworking Patriarch” est grave et vibrante. Encore une fois, le tempo est lent et angoissant, avant que le rythme ne s’accélère brutalement. On est pris en otage par la rage qui succède à la douleur. Le groupe dépeint à merveille un monde désolé dans lequel nous sommes confinés. C’est entre les murs de notre propre maison que les démons que nous avons cherché à enfuir au plus loin reviennent, comme pris au piège dans le confort que l’on a nous-mêmes créé. Pendant presque 8 minutes, le chaos résonne et nous tient en haleine, et les codes sont brisés pour offrir la version la plus ténébreuse de COILGUNS.


Par Alexia Samsonoff

SCORPION MILK – SLIME OF THE TIMES

Label : Peaceville Records

“All The Fear”, nous emprisonne dans un univers post-apocalyptique, où toute nature et sens d’humanité est détruite sous les griffes acérées de la technologie. La batterie est lourde et menaçante, comme dans “The Will To Live” qui montre cette nécessité de se battre pour notre survie. Les screams en fond dépeint un monde en désolation qui n’offre aucune échappatoire. “Another Day Another Abyss” et “All Snakes No Ladders” se démarquent des morceaux sombres. Les chansons sont rythmées et dansantes, quand bien même les paroles, elles, racontent un quotidien difficile à supporter. On replonge vite dans les ténèbres avec “Wall To Wall”, où on retrouve cette lourdeur qui obscurcit la musique. “Silver Pigs” accentue cette sensation de céder sous la désolation avec une voix qui frôle les growls. Les guitares quant à elles deviennent complètement hystériques vers la fin du morceau. “Children are Dust” clôt l’album sur une note lente, dépourvue d’espoir. Un fort contraste réside : l’album est sombre, brut et lourd, mais
parfois plus mélodique et léger, avec un air de résistance.


Par Alexia Samsonoff