Wytch Hazel – V: Lamentations
Auto-Production
Le groupe de hard rock britannique Wytch Hazel se fend d’un cinquième album, V: Lamentations, empli de mélodies enchanteresses et fort de titres accrocheurs comme le single « Woven. »
Dirigé par Hendra, Wytch Hazel est une source unique de domination dans le hard rock et le heavy metal. Le quatuor a sans cesse affirmé et renforcé un son signature ancré dans les jours héroïques d’antan, peaufiné jusqu’à atteindre un sommet d’élégance. Le cinquième album de Wytch Hazel déborde de refrains inoubliables qui vous ferons vous déhanchez, même sous ces chaleurs caniculaires.
Parmi les singles qui se distinguent, et s’il fallait n’en citer qu’un, ce serait probablement « Woven » qui remporterait la palme. Brillant exemple du savoir-faire avant-gardiste de Wytch Hazel en matière de composition. « Woven » rayonne d’un charme rustique et authentique, teinté d’une mélancolie réfléchie ; sa simplicité minutieuse cache une richesse qui ne cesse de se révéler à chaque écoute.
The Demon Within » dévoile un équilibre subtil entre acoustique et tension sous-jacente, là où « Racing Forwards » revient brièvement à un style plus direct. Puis vient « Elixir », sorte d’interlude instrumental folk, presque médiéval dans sa retenue, qui agit comme une respiration avant l’assaut final.
L’album se referme tout aussi brillamment, et non sans faire ressentir l’influence que Black Sabbath qui pèse sur le groupe : ainsi, Heavy Load », porté par une ligne de basse lente et pesante, dont l’atmosphère contraste avec le dernier titre de l’opus, Healing Power qui offre un moment de catharsis auditive au travers de quelques doucesNotes ponctuées de mélancolie.
Par Emma Forestier
UWU – One More War Crime
Label : Uwu Records
Tu as envie d’un voyage tout en poésie vulgaire et engagée ? Alors cet album va te combler.
Projet solo orchestré par Kannibal, originaire de l’Arizona, le son oscille entre goregrind et brutal death metal slammé. “One More War Crime” nous sert ici des blasts éclairs, des slams écrasants et des rythmiques saccadées. Comme toujours dans le style grind, il faut aborder chaque morceau avec humour et laisser son sérieux de côté. Dans cette expérience abrasive, très agressive et volontairement provocatrice, on retrouve de nombreuses références à la culture des animés.
On démarre avec une introduction fulgurante avec une immersion dans l’univers “weeb”, de gros riffs bien gras et des chœurs abyssaux. Une mise en bouche parfaite pour installer le chaos sonore. On enchaîne avec “Bitch Beheading”, de gros blasts implacables, une basse synthétique aux accents doom et une structure en deux : un couplet blasté suivi d’un break slam en ralentissant soudain. La voix gutturale se fait lourde, saturée, presque robotique. Les thématiques abordées sont la violence cathartique, et la vengeance implacable. Vient le tour de “Foreign Mass Rectal Perforation”, avec une guitare stridente, suivi de la voix caverneuse de Kannibal, le tout dans une atmosphère toujours aussi pesante, mécanique et oppressante. Les propos cités semblent quant à eux tourner autour de l’absurdité de la guerre. L’escapade continue et brise ensuite l’élan machinal avec un passage fugace
presque mélancolique. On peut noter en arrière-plan des arpèges atmosphériques et des voix plaintives. Sont aussi mis à l’honneur dans l’album, la mémoire des victimes ainsi que les traces ineffaçables du conflit. Vers un peu plus de la moitié de cet opus, nous avons droit à une reprise tout en brutalité, avec un martèlement métronomique et des riffs slammants, assez minimalistes, mais pas moins percutants. Tout met à l’honneur la violence de la guerre qui est le centre de cette ascension. Les titres s’enchaînent avec des changements de tempo imprévisibles et des passages mélangeant breakbeat et indus. On passe tantôt sur des rythmes slam/grind étouffants, tantôt sur des breaks lent et une basse saturée qui enfonce le mur sonore. Quelques parties évoquent même des passages black metal, avec des vocaux plus hurlés que gutturaux et une ambiance plus crue.
Pour conclure, on peut dire que UwU joue sur les contrastes avec brio : entre gros blasts bien percutants et atmosphère destructrice sur un tempo plus lent. Le mix est bien plus net que sur les EP précédents : la batterie claque, la basse bave et la guitare tranche. Le compositeur affine son art en mélangeant l’univers grind et celui des animés. Cet opus est brutal, réfléchi et politiquement chargé.
Par Mélissa Bussière
Rites to Ruin – Daughter of Hatred
Auto-Production
Le groupe mélange avec style les vibrations rétro du headbanging à une créativité progressive à travers dix morceaux percutants. Pour faire simple, c’est un album riche et profond, mais c’est aussi un album qui donne furieusement envie de secouer la tête.
Les solos de guitares, mêlés à une voix empreinte d’énergie brute et d’une puissance aérienne font la véritable richesse de cet opus; en témoignent Prevail, au sein duquel les guitares y sont fantastiques, et ou le refrain et l’élévation des voix retiennent l’attention; ou encore In Memoriam, avec ses guitares déchaînées et ses batteries au son massif.
Envy marque un gros coup final, et un dernier rappel du talent phénoménal de ce groupe.
Musicalement, Rites To Ruin ont la décence (ou la générosité) d’assumer pleinement leurs influences, que l’on peut aisément faire remonter jusqu’aux Priest mentionnés précédemment.
Par Emma Forestier
DEATH BY DESIGN FL – Metal Multiverse
Auto-Production
Death by Design FL est le projet solo de Casey Sicher-Ford, originaire de Daytona Beach (Floride). Opérant dans un registre de death metal technique, le compositeur réalise et produit entièrement ses morceaux dans Logic Pro X, jouant ainsi tous les instruments (guitare, basse, batterie, synthés, vocaux). Après plusieurs singles et EP autoproduits, il livre en 2025 son premier album concept complet, un défi musical narratif et ambitieux. L’album composé de 11 titres est centré sur l’univers Marvel, chaque morceau incarne un héros ou un événement iconique.
“Thunderforged” nous emporte directement dans une atmosphère orageuse avec une montée orchestrale, façon bande-son épique. Arrivent ensuite de gros blasts beats et des riffs tranchants évoquant Thor. Le chant guttural renforce la dimension divine et chaotique et est tout de suite talonné par “Serpent Tongue” , qui nous plonge dans une polyrythmie technique et tortueuse. Un serpent manipulateur y est évoqué, très certainement une image du frère de Thor, Loki. “Allfather Ascendant”, vient nous chanter une hymne à Odinson, lourde, majestueuse et surtout riche de sens. De gros riffs mélodiques, accompagnés de refrains scandés, et de solos techniques. Les textes de ce morceau sont inspirés par les runes et sagas nordiques. Dans une musique plus atmosphérique, avec des synthés éclatants et des riffs heavy, “Heart Of The Arc” nous évoque le personnage de Iron Man/Tony Stark, et principalement cette dualité entre l’homme et la machine. “Blood And Shield” nous transporte avec une rythmique martiale et un groove plus lourd. Un refrain héroïque survient, faisant référence cette fois-ci à Captain America. Dans une ambiance plus aventureuse, avec des breaks spatiaux et des guitares endiablées, on entame “Nova Pulse”, qui est une référence à Star-Lord. “Rocket’s Requiem”, tout en nous tenant en haleine, nous fait plonger dans une hymne plus que funèbre et brutal. Ce morceau parle du personnage de Rocket, le raton laveur hybride. On nous sert ici une mélodie sombre, des
breakdowns slammés et un solo nerveux. Toujours dans une ambiance sombre, “Roots Of Ruin”, avec son tempo lourd et sa basse dominante nous emmène dans l’univers de Groot.
Ce titre fait aussi référence aux forces de la nature perverties. “The Snap Eternal”, sans aucun doute le morceau le plus marquant de l’album, par sa dissonance, sa structure hachée, son atmosphère apocalyptique rendant l’instant cataclysmique. Retour à plus de constance, avec “Core Resolve”, l’avant-dernier de cette épopée. Des breaks techniques à haute vélocité et un mantra typique. “Avenge Them All”, qui vient clore cet opus, nous claque une ultime fois, par son énergie très punchy, qui est une belle invitation à la révolte.
Un chœur final et une hausse de tempo pour dernier appel épique. “Metal Multiverse” marque une entrée en force dans le paysage du death metal
conceptuel, tant par sa maîtrise technique que par sa narration sonore. Mêlant légendes Marvel et violence extrême, Death By Design FL se confirme comme projet singulier, prêt à élargir ses compositions vers des productions encore plus grandiloquentes.
Par Mélissa Boussiere
Warkings, Armageddon
Label : Napalm Records
Depuis sa formation en 2018, Warkings a solidifié sa place sur la scène Power Metal, conquérant les scènes des plus grands festivals et jouant aux côtés de légendes telles que Powerwolf, Hammerfall et Subway To Sally. Le groupe a su construire une fanbase dévouée, scandant leurs hymnes sur les plus grandes scènes d’Europe, notamment au Wacken Open Air.
Le cinquième album du groupe, « Armageddon », est un voyage à travers certaines des conquêtes les plus importantes de l’histoire, des moments où les guerriers ont tenu bon, où les empires se sont effondrés et où le monde a été changé à jamais
Les cinq guerriers de WARKINGS ont une fois de plus repris les armes pour faire revivre les légendes de leur passé avec de puissants hymnes power metal. Chacun d’eux porte en lui le souvenir de grandes batailles, et le moment est venu de libérer ces histoires au monde aux côtés de l’indomptable sorcière Morgana le Fay.
Le nouvel album comprend des invités de grande qualité – Dominum sur ‘Hangman’s Night’, Orden Ogan sur ‘Genghis Khan’ et Subway To Sally sur ‘Stahl auf Stahl’.