SHADOW OF INTENT -Imperium Delirium
Label: Independent/Blood Blast Distribution
Avec Imperium Delirium, Shadow of Intent n’évoque pas simplement le chaos : il l’incarne. Le groupe abandonne toute illusion d’échappatoire et s’enfonce dans une fresque sonore où les cicatrices de l’Histoire se mêlent à une vision sans pitié de l’avenir. Ici, les empires s’effondrent dans un fracas de blast beats, et la violence n’est plus une exception, mais une loi naturelle.
Le décor s’effondre dès Prepare to Die : introduction cinématique, tension à couper au scalpel, puis l’explosion. Les growls abyssaux de Ben s’abattent comme des rafales, tandis que Bryce martèle ses fûts comme s’il voulait fissurer la planète.
L’assaut ne faiblit pas avec No Matter the Cost : Ben hurle comme un être possédé tandis que Chris fait plier ses cordes sous l’intensité. La brutalité se mêle à des orchestrations oppressantes, pour un rendu aussi cinématographique que destructeur.
Enfin, l’album se referme sur Imperium Delirium, pièce maîtresse de ce cataclysme sonore. Riche, dense, magistralement exécuté, ce dernier morceau incarne toute la démesure du projet. La batterie de Bryce y atteint des sommets, propulsant cette conclusion dans une dimension quasi apocalyptique. Un final grandiose, suffocant et addictif, qui laisse l’auditeur aussi fasciné qu’anéanti.
En laissant de côté les artifices souvent surutilisés par d’autres groupes du genre, Imperium Delirium démontre qu’un deathcore incisif, maîtrisé et profondément satisfaisant peut exister sans recourir à une débauche de stimuli sonores. Shadow of Intent y prouve qu’intensité et clarté d’exécution ne sont pas incompatibles, bien au contraire.
Par Emma Forestier
FISHBONE – Stockholm Syndrome
Fishbone sort d’un silence long de plus de vingt ans avec une énergie et une rage intactes. Cet inattendu come-back intervient bien entendu dans un climat politique délétère et le message antiraciste du combo ska-punk est plus que jamais d’actualité.
Pour accompagner cette éructante résurrection, la funkadélique légende George Clinton ouvre le bal avec Last Call in America dans une fusion incendiaire groovy, jazzy et ska, Parfaite ouverture pour un retour qui ne l’est pas moins. Fishbone démontre une forme éclatante dans cet opus tout aussi fou que le reste de sa discographie. L’urgence est là et l’énergie chaotique inonde la moindre parcelle sonore dans un raz-de-marée de bonne humeur mêlée de la même révolte qui les anime depuis leurs débuts.
L’hymne en devenir qu’est Racist Piece of Shit est un taquet au TACO et ses fans sans aucune équivoque, tout comme le titre d’ouverture. Une des raisons de ce retour surprise ? Certainement. Le dirigeant orange représente l’antinomie de leur philosophie, et cet album est là pour le rappeler. Suckered by Sabotage est une boule d’énergie, un kamehameha de nos saïyens seniors prêt à tout dévaster sur son passage. Angelo Moore, un des deux seuls membres originels restants avec Chris Dowd, a toujours le feu sacré et harangue ses ouailles avec une ferveur inextinguible. Stockholm Syndrome nous prouve que les pionniers du punk-fusion ont encore beaucoup à nous dire ! Et que certains vont avoir des arêtes de poissons en travers de la gorge…
Par Christophe Descouzères
DEADLANDS – Seven
Label : Spinefarm Music Group
Le duo new yorkais de metalcore revient en force avec un nouvel Ep, “Seven” sorti le 27 Juin 2025. Formé en 2022, ce groupe ne cesse de nous étonner en se créant très
rapidement une place de choix sur la scène métal, grâce à plusieurs lives en Amérique.
Dans cet opus, le thème des sept péchés capitaux est abordé, mettant en lumière tous les vices de l’humanité, qui peuvent vite la conduire à des états de démences, de tristesses, et de mal être obsessionnel. L’album se compose d’évidement 7 titres, et nous embarque durant 21 minutes dans une aventure noire. On démarre d’ailleurs sans attendre avec “Villain”, et attention les oreilles : riffs mordants, synthé hanté, et bien sûr, la voix de Kasey Karlsen qui passe de growls surpuissants à voix claire avec une maîtrise remarquable. Un joli cocktail pour une mise en bouche bien piquante. On enchaîne ensuite avec “Die In Paradise”, qui nous plonge dans une ambiance plus industrielle, avec une production ciselée et un refrain très accrocheur. “MORE!”, qui est ma préférée, nous entraîne d’un groove lourd et énergique tandis que la voix de Karlsen nous transporte avec ses frappants “GIVE ME MORE”. Nul doute sur le fait que nous sommes sur le sujet de la dépendance dans ce morceau. “Limbo” vient ensuite nous mettre un uppercut en pleine face, en abordant la Luxure. On est dans une mélodie sombre avec de gros riffs bien abyssaux adoucis par la voix de Kasey. Entre en scène “Kundalini”, qui est chanté en collaboration avec le duo des deux sœurs de The Pretty Wild et nous évoque tout du long une mélodie puissante à la fois très violente mais aussi libératrice. Par moment, chants hip hop et métal s’entremêlent, apportant une touche très originale à ce titre. On ralenti un petit peu la cadence, mais avec une instrumentale très grasse sur le morceau “Wither”, dont la
structure chaotique nous amène aux portes du Mal avec des riffs dissonants et un growl anéantissant. Et enfin, le bouquet final : “House Of Cards” qui nous hurle une colère extrême mêlée à une tristesse intense et figée. Tempo violent, grosse ligne de batterie, une très belle clôture pour une ascension qui mérite une écoute, voire sept.
Avec ce dernier album, on ne peut que confirmer la croissance créative de C.J et Kasey. Véritable exutoire émotionnel, oscillant entre brutalité et introspection profonde, Deadlands s’impose avec force en nous proposant un metalcore rafraîchissant.
Par Mélissa Bussière
MALEVOLENCE – Where Only the Truth is Spoken
Label : Nuclear Blast
Trois ans après Malicious Intent, les Britanniques de Malevolence reviennent en force avec leur nouvel album, Where Only The Truth Is Spoken. Un opus forgé dans les murs légendaires du Studio 606 de Dave Grohl, en Californie, lieu emblématique ayant notamment vu naître le mythique Nevermind de Nirvana
Dès les premières secondes, le ton est donné : le morceau d’ouverture, Blood To The Leach, déborde d’intensité et de virtuosité. Les riffs, incisifs et techniques, rappellent l’agressivité raffinée de Bleed from Within. Moshparts percutants, voix oscillant entre metalcore rageur et poussées deathcore, breakdown massif… Malevolence met la barre très haut dès l’entrée.
À l’opposé, Salt The Wound offre un instant de répit, sans jamais perdre en profondeur. Une ballade poignante ouvre le morceau, portée par une émotion brute, avant que le chant ne s’élève, abrasif, empreint d’amertume, de douleur et de frustration. Mention spéciale au clip qui accompagne ce single : véritable hommage visuel au nord de l’Angleterre, il sublime cette dualité à travers des images tournées de Sheffield à une abbaye millénaire, jusqu’aux collines dorées du Derbyshire au lever du jour. Un ancrage territorial fort, à la hauteur de la puissance évocatrice de leur musique.
With Dirt Upon My Grave bouscule quant à lui les codes du metalcore avec une jubilation à peine voilée. Malevolence y alterne riffing tranchant façon Exodus et hardcore brumeux, rugueux, déchaîné, de quoi donner envie aux auditeurs de renverser leur mobilier.
Une chose est sûre : Where Only The Truth Is Spoken s’annonce comme un séisme sonore. Les salles de concert risquent bien de finir en tas de gravats fumants. Des moments d’exaltation pure nous attendent.
Par Emma Forestier
WANTED – Cutting Edge
Label : Eonian Records
Formé en 2021 dans l’est d’Oxford, Wanted est un groupe de heavy métal qui cherche à retrouver cette époque où ce style était à son apogée. Mêlant puissance et mélodie intense, leurs principales inspirations viennent de groupes comme Dokken, Van Halen, RATT ou encore Metallica. Avec deux albums à leur actif, “Chain Reaction” et “Late Attraction”, les cinq musiciens reviennent en force avec un nouvel opus sorti le 27 juin. Une chose est certaine, “Cutting Edge” nous promet le retour de la voix charismatique de Sterling Primeau ainsi que des riffs vertueux ! Et sans plus attendre, on embarque donc pour 10 titres et presque une heure de retour dans le passé, et plus précisément dans les années 80. Le premier morceau porte d’ailleurs le même nom : un refrain percutant, un tempo élevé, on peut dire que les choses commencent bien. Ici, on part en plein cœur de notre émotionnel avec des riffs de guitares aiguisés ainsi qu’une double grosse caisse qui envoie du lourd. Vient “Override” qui ralentit un peu le rythme, avec un style plus hard rock, plus simple et plus aéré. Nous plongeons dans un état d’esprit mature et assumé. On suit l’écho de la voix de Primeau “Override!”, “Override!”. Des solos de guitares comme celui-ci, on en redemande ! Puis, le début de “Power”, où nous repartons dans une structures instrumentale plus riche. Là, nous sommes vraiment en plein dans les 80’s. Refrain et acoustique douce s’harmonisent à la perfection. Je vois vraiment bien ce titre dans une saison de Stranger Things ! On continue la vibe old school, avec “Wasted Heart” qui nous sert un bon groove entraînant et qui nous redynamise les oreilles pour la suite. Intense par sa sobriété, “Chained To Your Love” nous fait progressivement monter dans pleins d’émotions fortes, grâce à une guitare acoustique qui captive. S’ensuivent ligne de batterie sobre et voix vers un voyage sur le thème amoureux. “Armed For Action” vient exploser tout cela d’un coup sans prévenir avec une rythmiques tranchantes, des solos stridents et de gros riffs bien énergiques. Puis sur un ton joyeux et affirmé, “Take Me Away” reprend la flamme. Solo mélodiques et riffs sympathiques pour un équilibre maîtrisé. Nous avons clairement débarqué dans les US. Et plus précisément à L.A avec “Feel Your Rythm”, qui rappellent le glam metal typique de là-bas. Le moment avec le bruit de la bouteille de bière terminée m’a vraiment donné soif avec le temps que nous avons actuellement! De jolis ponts instrumentaux sont faits pour nous amener vers de un doux groove et une variation de tempo très chouette pour les oreilles. Rien à redire! Petit retour dans une énergie plus brutale, avec “Knock It Down” qui reprend les riffs galopants ainsi qu’une batterie plus rapide et entraînante. “Prowl Alive” vient clôturer ce fabuleux retour dans le temps, nous plongeant dans une atmosphère feutrée avec une guitare acoustique mystérieuse. La tension monte progressivement avec une voix qui fait écho et tout un panel de textures.
A l’écoute, on peut affirmer que la promesse est tenue : un album homogène, qui ne fait pas de fausses notes. On est emporté dans un véritable feu mélodique et celui-ci ne prend pas de temps mort. On sent également la nette progression instrumentale de chaque musicien comparé aux deux opus précédents. Pour terminer, si il y a des amoureux de bon heavy à l’ancienne dans les lecteurs, foncez, vous ne serez pas déçus !
Par Mélissa Boussiere
ORIANTHI – Some Kind of Feeling
Label : Woodward Avenue Records
La guitariste star Orianthi, célèbre notamment pour ses collaborations avec Michael Jackson et Alice Cooper, dévoile un nouvel album aussi riche qu’inspiré, intitulé Some Kind of Feeling, paru chez Woodward Avenue Records.
Chacune des chansons qui composent cet opus déploie une palette émotionnelle singulière. De Ghost à First Time Blues, en passant par le morceau-titre Some Kind of Feeling, chaque titre offre une couleur propre, non pas tant par le style que par l’atmosphère qu’il dégage.
Ainsi, Some Kind of Feeling emprunte à la soul Motown, avec des nuances de blues, de country et de pop, tandis que Ghost s’apparente à une ballade pop plus douce, et que First Time Blues s’ancre résolument dans un rock blues énergique. Autant de facettes musicales portées par des émotions à vif, en parfaite résonance avec le titre de l’album.
Une mention spéciale revient à Attention, véritable brûlot rock aux allures cathartiques. Après une introduction incisive à la guitare électrique, Orianthi y déploie sa voix suave et envoûtante pour nous plonger dans le récit d’une renaissance : celle d’une femme affranchie d’une relation toxique, qui reprend enfin le contrôle de sa vie. Le texte, à la fois tranchant et libérateur, est soutenu par un groove puissant et un solo incandescent, rappelant l’étendue de sa virtuosité.
En conclusion, à chaque nouvelle sortie, Orianthi affirme sa place au panthéon du rock moderne. Elle tisse des récits musicaux aussi intimes que percutants, mêlant fragilité et assurance, tout en continuant à nous éblouir par la maîtrise de son instrument. Une artiste complète, au sommet de son art.