Aujourd’hui, nous avons le plaisir de retrouver LANDMVRKS, figure montante de la scène metalcore française, à l’occasion de la sortie de leur tout nouvel album. Toujours prêts à repousser leurs propres limites, les Marseillais reviennent aujourd’hui avec un nouveau projet percutant annonciateur d’une nouvelle ère pour le groupe. Entre fureur, émotions brutes et expérimentations sonores, ils tracent leur propre route. On a pris le temps de plonger avec le bassiste Rudy Purkat et le guitariste Paul Cordebard dans les coulisses de cette nouvelle ère.
Photo Credit : Alexis Fontaine
**Raphaël** : Bienvenue sur Vecteur. Je suis avec Rudy et Paul de Landmvrks. On va commencer par la manière dont vous avez révélé ce nouvel album. Il y a eu en premier lieu le morceau « Creature » qui est sorti, qui par ailleurs a été accompagné d’une tournée à son nom. Est-ce qu’à ce moment-là, vous aviez déjà une idée de ce qu’allait être ce nouvel album ?
**Rudy** : Il était à un stade vraiment embryonnaire, disons. C’est quand on avait des démos, mais il était loin d’être fini au moment où on a sorti « Creature ». Et ne serait-ce que, même en termes de direction artistique, « Creature » a débloqué des choses.
**Raphaël** : Toujours concernant cette tournée, vous avez fait un passage très remarqué au Hellfest en remplaçant Bad Omens qui avait annulé. Pour ceux qui avaient un doute, ça a bien prouvé que vous êtes une vraie tête d’affiche maintenant. Comment avez-vous appris la nouvelle et comment avez-vous préparé ce show, un peu hors norme ?
**Rudy** : Alors, on venait de terminer le « Creature Tour » et on a eu un mois pour se préparer, sachant qu’on était tout à fait conscient que le créneau qu’on nous offrait était bien au-dessus de ce qu’on valait à ce moment-là. On ne pouvait pas se permettre d’utiliser la même scénographie que lors de la tournée « Creature » sur cette immense scène devant ce public.
Donc, ça nous a contraints à travailler pour proposer un show à la hauteur. On s’est rapprochés des personnes compétentes pour construire cette grosse scénographie. Puis aussi, on a voulu intégrer un écran. On a donc également dû travailler sur les médias pour la première fois.
**Paul** : Avec très peu de temps et très peu de retours. Donc, c’était… Ça vous plaît ou ça vous plaît pas, c’est comme ça et voilà.
On n’avait pas beaucoup de temps pour faire des allers-retours, on avait plein de choses en tête. En fait, on ne s’attendait pas à avoir accès à de tels médias, à de tels écrans, etc. aussi vite dans notre carrière. Donc, on n’avait pas encore réfléchi à ce qu’on aurait pu y mettre, etc.
On avait quand même des idées en tête, mais les mettre sur papier en si peu de temps, c’était assez compliqué. Donc, du coup, on a dû travailler avec ce qui était faisable compte tenu du temps imparti.
**Rudy** : Sachant qu’on était en train d’écrire l’album.
**Paul** : Et qu’on était censés avoir une session où il se focalisait là-dessus et rien d’autre. Donc en fait, à ce moment-là, on a appelé toutes nos équipes et on leur a dit qu’il fallait qu’on délègue. Normalement, on prend beaucoup de choses à cœur et on s’occupe de pas mal de responsabilités pour le groupe. Là, on leur a dit qu’il fallait qu’on délègue pour le bien de l’album. On a eu de la chance que toutes les équipes soient mobilisées et on a fait un super travail pour arriver là où on en est et afin de pouvoir délivrer ce show.
**Raphaël** : T’as parlé de la scénographie. Je sais que vous avez travaillé en collaboration avec le Turc pour « Creature ». Est-ce que c’est aussi lui qui s’est occupé de cette scénographie ou pas ?
**Paul** : Non, pas du tout.
**Rudy** : Là, c’était vraiment une scénographie axée sur le show.
Ça nous aurait fait énormément plaisir qu’il y ait des éléments physiques qui résonnent avec le talent du Turc et « Creature ».
**Raphaël** : Donc tu parles principalement des éléments tels que la fumée, les jeux de lumière, ce genre de choses ?
**Rudy** : Ah non, vraiment des éléments solides, des éléments de décor…
C’est sa spécialité de créer des trompe-l’œil un petit peu. Presque tout ce qu’on peut voir dans le clip de « Creature » a été créé en studio. La chambre du gamin au début, tout ça a été créé en studio. Ce n’était pas une vraie chambre, il a vraiment créé ça de toutes pièces. Plein d’éléments, les couloirs, etc., qu’on voit dans le clip, c’est lui qui a tout créé.
**Raphaël** : Je sais, j’ai tout suivi en photos, c’est un photographe qui m’inspire énormément.
**Rudy** : Donc en effet, ça aurait été un plaisir de travailler avec lui sur ça, mais les délais étaient beaucoup trop serrés.
**Raphaël** : L’album débute vraiment de manière très calme, très douce, un peu comme « Lost in the Waves », votre précédent album. Est-ce que c’est dans le but d’en faire une marque de fabrique, de créer quelque chose qui permet d’identifier vos albums à l’oreille, pour vos auditeurs ?
**Paul** : Non, ce n’était pas voulu comme ça. C’était plus, je pense, ce que Flo avait à l’esprit quand il a composé cette première chanson. C’était plus de mettre son cœur à vif sur la table, avec ses premières phrases qui sont vraiment très émotionnelles, ce chant éraillé accompagné de la guitare, presque pleurant, et d’un seul coup se prendre ce blast beat dans la face. Cet effet choc en tout début de l’album. Après, je ne pense pas que ce soit voulu à chaque fois, de commencer sur une guitare un peu crunch ou autre.
C’était pas voulu, c’était plus pour le bien de la chanson qu’autre chose. D’ailleurs, quand elle a été composée, elle n’était pas pensée directement au début pour être placée en début d’album.
**Rudy** : Non, en effet, on n’y arrivait pas, c’était pour la fin. Ça a été un déclic pour nous quand on l’a entendue par la suite, mais oui, elle n’avait pas été composée dans cet esprit-là à la base.
**Paul** : Mais elle s’y prêtait très bien.
**Raphaël** : Il y a davantage de parties chantées en français dans cet album. « Blood in Red » prend une dimension supérieure, qui se démarque vraiment des autres morceaux avec ce chant qui monte en puissance. On a d’autres groupes sur la scène française comme Rise of the North Star qui mêlent de la même manière un chant en anglais et du français. Ça fait extrêmement plaisir. Mais qu’est-ce qui aurait pu amener Flo à faire ce choix-là, du coup, dans vos morceaux ?
**Rudy** : En fait, pour lui, c’est beaucoup plus simple et naturel de rapper dans sa langue maternelle. Il y a eu des tentatives sur les démos de faire du rap en anglais, mais il pouvait y mettre beaucoup moins de chœurs. « Blood Red » est la dernière chanson qu’on a terminée de composer au dernier moment parce qu’il y a eu une fulgurance. Au départ, il n’y avait pas du tout ce chant en français. Il était parti en studio pour travailler sur une autre chanson. Quand il est arrivé dans le studio, il ne se sentait pas prêt, il voulait travailler sur autre chose.
Il a donc travaillé sur « Blood Red » et il est ressorti avec ce passage super émotionnel et ce rap en français, avec ce crescendo dans la voix qui nous a tous touchés.
**Paul** : Il n’y a pas d’intention particulière, mais il se sent plus à l’aise comme ça et, artistiquement, ça fonctionne parfaitement.
**Raphaël** : Justement en parlant de rap français, le morceau « Sombre 16 » est très touchant, parfaitement exécuté.
Mais il semblerait qu’il y ait un lien, je ne saurais pas dire lequel, avec « Sulfure », puisque vous les avez sortis en même temps sur les réseaux et sur YouTube. Est-ce que vous pourriez m’expliquer quel est ce lien entre les deux, ou est-ce que je me suis simplement fait une idée ?
**Rudy** : Ah non, c’était prévu pour être sorti en même temps. Je ne crois pas qu’on ait abordé son processus différemment.
**Paul** : Non, elle partage le même… on va dire…
**Rudy** : Ce petit sample de piano.
**Raphaël** : Justement, qui se cache derrière le piano ?
**Rudy** : Tout le sample de Sombre 16, c’est Kevin qui l’a fait de A à Z. Et puis, tout ce qui est scratch, c’est lui qui s’en occupe. Donc c’est vrai qu’on a cette connexion entre le scratch qu’on entend dans « Sulfure » et cet instru de Sombre 16.
**Paul**: Enfaite à la base c’était sensé être une seule et uniques chansons, les deux. Elles étaient censées s’enchaîner.
**Rudy** : C’était l’outro de « Sulfure ».
**Paul** : On voulait faire comme Drake a pu le faire sur certaines chansons, changer d’un seul coup la rythmique de la chanson en plein milieu, ralentir et changer le BPM et la hauteur de la chanson.
C’était l’idée de base, et après on s’est dit que c’était peut-être plus logique d’en faire une chanson à part entière.
**Rudy** : C’est quand même long pour une intro. Ça avait tout son sens d’en faire une chanson à part entière. Et c’est même plus arrangé, plus abouti qu’une interlude, quelque part.
**Raphaël** : Mais elles sont liées ?
**Paul** : Elles sont liées, ouais. Elles étaient censées être une seule et même chanson, et on les a découpées à la fin. On a décidé au moment de faire la tracklist, de les séparer. Mais elles sont liées.
**Raphaël** : Le morceau « A Line In The Dust » ou encore « Deep Inferno » montre qu’il y a une production qui est très poussée, avec des sons de guitare très tranchants, ce genre de choses. Avec qui avez-vous travaillé pour l’enregistrement et pour le mix ?
**Rudy** : Avec nous même.
**Raphaël** : Tout est fait maison ?
**Rudy** : Oui, tout effet maison : production, enregistrement, mix, master. Pendant un moment de l’écriture de l’album, un moment un peu difficile, on s’est demandé s’il ne fallait pas qu’on essaie de retrouver un peu d’inspiration en allant voir des producteurs. Mais en fait, on s’est très vite rendu compte qu’être aux manettes, c’est là où on est le mieux servi, que par nous-mêmes. Et que des fois, tu vas voir un producteur, c’est pour avoir un son particulier.
En fait, nous, on a créé, on a construit notre son et on ne voulait pas s’éloigner de ça, finalement.
**Raphaël** : Tout à l’heure, on parlait de rapper en français, c’était plus facile pour Flo, il est plus à l’aise. Mais dans le titre « Deep Inferno », il rappe en anglais. Et il a un flow assez soutenu. Est-ce que vous avez des infos à ce sujet ? Est-ce qu’il a dû travailler ? Est-ce qu’il a eu une approche différente pour ce passage-là ?
**Rudy** : C’est un défi de pouvoir aligner autant de mots dans une langue qui n’est pas sa langue natale.
**Paul ** : J’ai l’impression qu’il est plus à l’aise sur ce genre de challenge. C’est très rythmé, très coupé, saccadé, son rap est très rapide. J’ai l’impression que c’est un exercice qu’il exécute plus facilement qu’un flow sur des paroles en anglais.
Sur le précédent album, il y arrive avec une certaine facilité, plus que de rapper lentement, ce qui est plus compliqué.
**Rudy** : J’ai l’impression que quand il s’agit de passages vécus avec des émotions, c’est là qu’il est le plus à l’aise en français.
**Paul** : Mais là, c’est tellement rapide que c’est plus de la technique que de l’émotion à faire passer. Du coup, il y arrive beaucoup plus facilement. En plus, on ne va pas se mentir, il est fan d’Eminem. Je pense que c’est de là qu’il tire cette capacité à faire du rap très rapide.
**Raphaël** : Dans ce nouvel album, vous avez un seul et unique titre qui a son nom en français : « La Valse du Temps », qui est pour moi sûrement le plus beau morceau de l’album. C’est, de mon point de vue, aussi le plus poétique. D’où est-ce qu’il est venu ? Quelle a été l’inspiration ? Comment l’avez-vous abordé ?
**Rudy** : En termes de sujet de la chanson, c’est un thème qui tenait à cœur à Flo d’aborder ce concept de ne pas trouver sa place dans le présent, d’être tiraillé par les expériences passées qui nous reviennent en pleine face, ou alors par celles de l’avenir. Du coup, il voulait traiter de ce sujet.
Ce qui est intéressant, c’est que finalement, l’intro est très nostalgique d’une époque où la valse et la variété étaient quelque chose qui était en vogue. Donc, ça ancre justement cette chanson dans une temporalité antérieure, bien passée. Et puis, en effet, c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas trop dans notre style moderne.
**Raphaël** : C’est clair que ça bouleverse les codes, c’est sûr.
**Rudy** : Ça ouvrait le champ des possibilités à plus de choses.
De partir sur une valse, c’était vraiment intéressant pour nous, ça nous ouvrait de nouvelles portes.
On a commencé à la composer aux États-Unis, dans le Tordus. En étant loin de la maison, on s’est dit que ce serait bien de faire une chanson qui a vraiment un esprit français, enfin, en tout cas, qui aura des sonorités françaises aux yeux du monde entier.
**Paul** : Peu importe où tu l’écoutes, tu penseras directement à la France. Peu importe si les paroles sont en français, mais même tout l’esprit très Édith Piaf de l’intro, c’est quelque chose qu’on avait à l’esprit et qu’on voulait pousser sur cette chanson.
**Rudy** : Du coup, ça lui va bien d’avoir un nom en français.
**Raphaël** : L’opus se termine avec « Funeral ». C’est un titre qui est très émouvant, et ça propose une nouvelle vision de Landmvrks, je trouve. Est-ce que votre évolution, en fait, est le produit de nouveautés ? Est-ce que c’est la course au renouvellement sans cesse ? Qu’est-ce qui vous motive dans la composition de ces nouveaux titres ?
**Rudy** : Pour « Funeral », finalement, elle est assez classique dans le sens où c’est un piano-voix. On a déjà fait des piano-voix, mais qui évoluaient vers autre chose. Comme on peut penser à « Paralyzed », par exemple, où on y ajoute quand même de l’instrumentation électrique après. Mais sur celle-là, on s’était posé justement la question : est-ce qu’on ramène une fraîcheur à la fin ? Ou est-ce que finalement, c’est son côté classique qui apporte cette fraîcheur-là ?
C’est vrai qu’on a choisi de rester dans une sobriété qui concluait bien l’album. Et je pense que là où on essaie de se réactualiser… Est-ce que c’est le terme ?
**Raphaël** : Se renouveler.
**Rudy** : Se renouveler ! Je n’ai pas tant eu l’impression qu’on ai voulu faire exprès de ne pas refaire un album dans la veine des précédents, de forcément proposer quelque chose de nouveau. Et pour nous, je pense que ça s’est traduit par aller chercher des inspirations qu’on n’avait jamais eues, comme la valse.
C’est une inspiration qu’on n’avait jamais eue avant. Dans cette même chanson, on peut avoir des éléments de gospel, par exemple. Le scratch, c’est quelque chose qu’on n’avait pas forcément développé avant.
Donc je pense que notre force, c’est toujours d’avoir ces styles qui se mélangent. Et notre manière de nous renouveler a été peut-être d’aller chercher encore un peu plus loin les inspirations et de les combiner là-dedans.
**Raphaël** :Est-ce que vous pourriez me donner une idée de comment vous avez pu composer la plupart de ces morceaux ? Tout à l’heure, tu m’as parlé du tourbus, on a aussi évoqué le retour aux sources avec la valse. Est-ce que vous avez une méthode spécifique pour composer ou est-ce que chacun vient avec ses idées, vous mettez tout ensemble, vous voyez ce qui marche et ce qui ne marche pas ?
Est-ce que c’est toujours la même personne qui écrit les paroles ou ce genre de choses ?
**Rudy** : Ce qui est sûr, c’est que la force motrice principale, c’est Flo et Nico. Ce qu’on a amorcé dans l’album précédent, ça a été de se réunir tous ensemble dans un lieu, qu’on loue pour l’occasion, pour une semaine, deux semaines, et où on va avoir plusieurs stations de composition.
On va faire des démos et puis on va essayer de travailler certaines démos. Après, on y revient dans d’autres sessions, etc. C’est quelque chose qu’on a commencé à développer sur le précédent album et qu’on a bien exploité sur celui-ci.
Un nouveau processus, par contre, qui date seulement de cet album, c’est le développement d’une station d’enregistrement portative qu’on met dans le tourbus pour, avant ou après un show, travailler sur les démos, en créer de nouvelles, etc. D’où la valse qui a été travaillée via cette station aux États-Unis.
Mais la plupart des titres ont été travaillés grâce à ces stations ou retravaillés. Ça nous permet d’avoir une composition au long cours, vu qu’on n’a pas le stress d’avoir à louer un studio dans un temps donné et de ressortir à la fin avec le produit fini. Ça nous permet d’étaler un peu tout ça, ce qui peut être dangereux d’une certaine manière, parce qu’il faut trouver à un moment donné le temps de composer et avec les tournées, c’est un peu compliqué des fois d’avoir du temps, surtout quand on a des offres qui s’ajoutent les unes après les autres.
**Raphaël** : Et puis il y a la fatigue, j’imagine, qui s’accumule.
**Rudy** : La fatigue, le fait aussi que des fois l’inspiration, elle va et elle vient.
**Paul** : C’est ça, ça pose des frustrations.
**Raphaël** : Est-ce que vous diriez que vous êtes plus créatifs pendant une tournée ou l’inverse ?
**Rudy** : C’est assez difficile à définir. Là où on est plus créatifs, c’est quand on se sent bien dans la tête, en fait. Et ce n’est pas toujours facile.
**Raphaël** : Ouais. La famille qui manque, tout ça, j’imagine.
**Paul** : Ouais, et puis les deadlines, les choses comme ça, c’est très stressant.
C’est se dire, voilà, on n’a que trois mois pour faire ça. Est-ce qu’on va y arriver ?
Et ça nous met automatiquement des barrières dans la tête sans le vouloir, une telle pression à savoir si on va réussir ou pas, et forcément ça joue sur la créativité.
**Rudy** :Ce qui aide, c’est quand on se déconnecte de ça, qu’on prend du temps pour soi, qu’on pense à autre chose, qu’on vit d’autres expériences, qu’on va voir d’autres concerts. Comme ça, on revient avec un œil nouveau, et c’est là où finalement l’inspiration revient.
**Raphael** : Dans quelques jours, vous allez jouer à l’Olympia, qui est déjà complet, comme d’autres dates d’ailleurs, à Rennes, Auxerre et Montpellier. Est-ce que vous vous attendiez à un tel engouement pour ces dates ?
**Paul** : Non.
**Rudy** : L’Olympia, quand on l’a annoncé, on s’est dit qu’on avait intérêt à le remplir. Et c’est vrai que ça nous a surpris de l’avoir complet si tôt.
**Raphaël** : Le Hellfest ne vous avait pas donné un petit avant-goût ?
**Rudy** : On a espéré que le Hellfest aide à remplir l’Olympia, et je pense que ça n’a pas loupé. Mais c’est vrai que ça a eu une signification bien particulière d’avoir sold out plusieurs mois en avance.
**Paul** : Ça, on ne s’y attendait pas, qu’il soit sold out si rapidement. On savait qu’il y aurait du monde, tous nos concerts à Paris ont toujours bien fonctionné. Mais là, si rapidement, ça a été une bonne surprise.
Et encore plus pour le reste de la tournée française derrière, dans des villes où on n’a pas encore eu l’occasion de jouer. Des villes qui ne sont pas dans le spotlight des tournées généralement. Par exemple, je ne vois pas beaucoup de groupes aller à Auxerre, etc.
Et de voir ces shows-là aussi vendre autant de tickets, c’est fou. On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait autant de tickets vendus si rapidement. Donc c’est très, très cool, une très belle surprise.
**Raphaël** : On va reparler d’un autre groupe français. Anthony, le chanteur de Resolve, parle souvent d’une entraide entre les groupes de Metalcore français. Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ? De quelle manière elle se concrétise, cette entraide ?
**Rudy** : Clairement, il y a une entraide, et c’est déjà par le fait de tourner ensemble. On a tourné avec la plupart de nos collègues français.
Ensuite, il y a des affinités bien spécifiques, bien personnelles entre chaque groupe, et ce qui resserre les liens.
Ça va se concrétiser également par des featurings, aussi.
C’est des artistes qu’on respecte, dont on apprécie les goûts et le talent, et donc on a toutes les raisons de s’associer là-dedans parce que ça profite à tout le monde. Les succès des uns vont ruisseler sur les autres. Et donc, c’est comme ça qu’on construit une scène et qu’on la fait vivre, quoi.
Par des initiatives aussi, comme on peut le mentionner peut-être le Mvrksfest.
**Paul** : Mvrksfest, oui, pour essayer de pousser les groupes français, de les mettre sur cette affiche, en tout cas une partie des groupes français en lesquels on croit, et leur donner la voix pour pouvoir avoir l’occasion d’être mis en valeur.
Et puis, beaucoup dans la scène marseillaise aussi.
**Rudy** : Oui, oui. À Marseille, il y a des groupes qui émergent et qui sont ultra prometteurs.
Comme on n’arrête pas de le dire, les mecs qui commencent sont déjà bien plus pros que quand nous avons commencé. Donc c’est déjà qu’ils ont une motivation et ça va garantir un bel avenir, et puis ils prennent le problème par le bon bout, je veux dire, ils se donnent les moyens, quoi.
**Raphaël** : Ouais, ils ne partent pas de zéro.
**Rudy** : Ouais, et j’imagine qu’ on s’inspire tous les uns des autres.
**Paul** : Ouais, ça élève tout le monde vers le haut, et cette scène en a besoin, surtout en France, on en a vraiment besoin. Parce que les médias mainstream ne soutiennent pas encore assez le rock, le métal, etc.
Le fait de tous se serrer les coudes, c’est ça qui va faire qu’on va arriver à quelque chose de vraiment solide en France d’ici quelques années. C’était le cas au début des années 2000 et je pense qu’on tend à ce que ça revienne, que ça redevienne à la mode.
**Rudy** : C’est vrai que je ne vois pas ce qui motiverait de petites guéguerres entre groupes. On a tous notre place, on a tous notre style. On peut tous profiter du gâteau.
**Paul** : Et nous, on continuera d’aider tous les groupes tant qu’on pourra. On a la chance d’être un peu en tête de liste dans cette scène. Tant qu’on pourra aider les autres à se développer et à faire grandir cette scène tous ensemble, on le fera.
**Rudy** : Puisque ce sont tous de bons gars, donc forcément, il y a beaucoup d’amitié.
**Raphaël** : Je crois que j’ai posé toutes mes questions. Je vous remercie, messieurs, pour le temps que vous m’avez accordé.
C’était très, très cool.
Je vous souhaite bonne chance pour l’Olympia et pour le reste de la tournée.
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TRACKLIST
01. The Darkest Place I’ve Ever Been 02. Creature 03. A Line In The Dust 04. Blood Red 05. Sulfur 06. Sombre 16 07. The Great Unknown 08. La valse du Temps 09. Deep Inferno 10. Requiem 11. Funeral |
PLUS D’INFOS :
ALBUM : « The Darkest Place I’ve Ever Been »
DATE DE SORTIE : 25 Avril 2025
LABEL : ARISING EMPIRE
SITES OFFICIELS : Instagram –
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/ landmvrks Website – http://www.landmvrks.com
Avec The Darkest Place I’ve Ever Been, Landmvrks pousse plus loin que jamais l’exploration de ses propres ténèbres. Dès les premières secondes, le son est lourd, la voix écorchée. Il n’est plus seulement question de puissance ou de technique, mais d’émotions brutes. Cet album est une chute vers les abîmes, un voyage à travers les failles d’un esprit qui sombre et peine à se maintenir.
Chaque morceau marque une étape dans ce voyage, comme les pages d’un journal intime. Sombre 16 surprend avec son flow presque hip-hop, tandis que Creature ou A Line In The Dust s’abattent comme des uppercuts, entre cris de rage et mélodies pesantes. L’album alterne entre passages violents et moments plus calmes, comme des respirations dans tout ce chaos. Tout est là : la peur, la colère, la solitude, mais aussi la beauté fragile de ceux qui tiennent encore debout.
Au final, The Darkest Place I’ve Ever Been n’est pas juste un bon disque de metalcore : il parle à ceux qui ont déjà connu la chute, pour peu qu’on l’écoute vraiment. Landmvrks ne cherche pas à impressionner. Le groupe cherche à toucher. Et il y parvient, en plein cœur.
LINE-UP
Florent Salfati (chant)
Nicolas Exposito (guitare)
Paul Cordebard (guitare)
Rudy Purkart (basse)
Kévin D’Agostino (batterie
Cet été, Landmvrks sera à l’affiche de nombreux festivals hexagonaux (Slam Dunk, Eurockéennes, Francofolies, Garorock, Cabaret Vert, Motocultor etc.) mais aussi européens (Greenfield, Graspop, Novarock, et bien d’autres !) ou américains (Louder than Life, Aftershock, etc.).
Le groupe se produira également au Zenith de la Villette le 31 Janvier 2026 (une production OPUS LIVE) !