Vecteur Magazine

LA TOURNÉE DU COEUR

03.12.2024

TAGADA JONES + DARCY + RAVAGE CLUB

LA LOCO (Quimperlé) – 23/11/2024

 

 Un live report de Christophe Pinheiro pour Vecteur Magazine.

C’est à Quimperlé que « La Tournée du Coeur » a posé ses amplis et instruments en ce samedi soir. Et plus précisément dans la salle « La Loco » qui porte bien son nom, car c’est l’ancienne halle de fret de la ville, magnifiquement réhabilitée en salle de spectacle.

Avant de parler des concerts, un petit mot sur « La Tournée du Coeur », c’est 14 dates en France regroupant les TAGADA JONES, DARCY et RAVAGE CLUB. Cette tournée est en partenariat et au profit des « Restos du Coeur », dont la moitié des revenus sont reversés aux « Restos ».

Objectif : 100 000 repas distribués

C’est dans une salle déjà bien remplie lorsque j’arrive… légèrement en retard, car RAVAGE CLUB est déjà sur scène. Je prends un petit moment pour admirer la salle, car c’est la première fois que je m’y rend.

Je découvre la musique de RAVAGE CLUB qui nous offre un mélange de punk et de musique rock bien énervée, mais pas que… En face, un public un peu timide qui peine à s’avancer vers la scène. Il faudra attendre qu’Acidula CREVECOEUR, la charismatique bassiste et « deuxième » au chant du groupe, descende dans la fosse pour que le public breton se mette en condition et vienne offrir une prestation à la hauteur de sa réputation. Sur scène, le groupe nous offre une prestation remarquable. Vinz LION, au chant et à la guitare semble possédé et n’hésite pas à diriger le reste du groupe, tant dans la violence que dans les moments les plus calmes. Complète le groupe, Vincent Hernault survolté à la batterie et le très élégant Hughes RIVE à la deuxième guitare. Mon seul regret de ce concert, résidera dans mon manque de ponctualité, nul doute que la prochaine fois, j’anticiperai ma venue. Car RAVAGE CLUB sur scène, s’avère être un groupe puissant en décibels mais également en émotions.

La température monte doucement dans la salle, un détour s’impose par le bar et je m’en vais prendre un bol de fraîcheur dans l’espace alloué aux fumeurs ou autres vapoteurs comme moi. Une nouvelle occasion de visiter La Loco, qui décidément, offre un sans faute pour un événement comme celui de ce soir.

Quelques minutes plus tard, je remonte et prend place devant la scène pour accueillir le groupe que je voulais voir en priorité ce soir, les virevoltants DARCY. Quelques jours plus tôt, j’avais l’occasion d’interviewer Irvin qui répondait à ma sollicitation de voir le titre « Plus Rien à Foutre » joué sur scène. Il me disait qu’ils ouvraient le show avec ce morceau. Parole tenue et comme je m’y attendais, ce titre est sans pitié. La fosse est déjà en ébullition, ce qui confirme que la Bretagne est une terre de punk. Sur scène, Irvin ne tient pas en place, il bouge d’un côté à l’autre de la scène, saute partout et harangue la foule avec des slogans fédérateurs. En fond de scène, Clément, derrière les fûts, ne lâche rien. Il faut dire que DARCY sur scène comme sur disque est comme son titre, une « Machine De Guerre ». Malgré quelques petits désagréments techniques, Marc CORLETT assure le show avec un grand professionnalisme. Du dernier album en date, « Tout est à Nous », des titres comme « Poings en l’air » et « Rien à Perdre » sonnent déjà comme des hymnes. Les « La la la » sont repris à l’unisson entre le public et les membres du groupe. À la guitare Ikare VANCASSO s’amuse à enchaîner les riffs qui sont de véritables bombes à pogos. Depuis le temps que je voulais voir DARCY en concert, voilà chose faite et putain, ça fait du bien ! Ce ne sera certainement pas la dernière. Et encore plus lorsque mon titre favori du groupe, « La Solution » est joué. Visiblement, je ne suis pas le seul qui semble enchanté par ce choix, tant la guerre est violente dans le pit.

Les lumières se rallument, je constate les ravages du concert de DARCY dans la fosse. Transpiration et sourires est la recette de ce cocktail Molotov qui a embrasé la salle de la Loco. Nouveau détour par le bar et l’espace fumeur pour prendre un peu l’air, et ça fait du bien. Quelques échanges avec des membres du public, visiblement, heureux du déroulement de cette soirée. Avant de retourner prendre place devant la scène pour la tête d’affiche de la soirée, un petit détour par le stand de merchandising de DARCY pour faire un coucou à Irvin qui s’avère être quelqu’un de très disponible, mais surtout d’une très grande gentillesse.

Lumière éteinte, une bande sonore digne d’un début de guerre civile annonce l’entrée sur scène des TAGADA JONES. Niko et ses trois compères sont venus en découdre avec le public déjà bien chauffé à rouge. Pas besoin de gazoline pour allumer le feu, « Le Dernier Baril » fait très bien le boulot. Le public saute, scande et transmet son énergie au groupe qui le rend très bien. L’enchaînement des titres offre un set carré et endiablé. « Je Suis Démocratie » ou encore « Zéro De Conduite » sont des classiques du groupe, mais l’effet sur le public dans la fosse est toujours le même…impitoyable. Étant sur le côté de la scène, en face de Waner, je peux admirer la communion entre un groupe en grande forme et le public voué à sa cause. Job, derrière sa batterie, tel un chef d’orchestre, donne le tempo. Les titres, que dire, les tubes de TAGADA JONES se suivent. Comme si tous ces titres faisaient partie de nos standards du rock, punk, métal français. En regardant les visages dans le public, je me rends bien compte qu’énormément de monde connaît les paroles par cœur. Et « Vendredi 13 » en fait parti, c’est toujours un moment fort… Je n’ai pas parlé de Stéphane qui se trouve à l’opposé de là où je me trouve. Il vient de temps à autres jouer de mon côté. Toujours assez discret en termes de présence scénique, son jeu de guitare se veut toujours précis et net. Alors que l’on sent que la fin du concert approche peu à peu, il fait chaud dans cette salle de la Loco, très chaud. Mais le public ne semble rien lâché, pas plus que le groupe qui nous assène un coup de massue avec ce dynamique « Nation To Nation ». Mais un concert de TAGADA JONES se doit forcément d’en venir à un moment ou un autre à cet hymne si célèbre et populaire qu’est le « Mort Aux Cons ». Comme à son habitude, ce titre fait naître une telle folie dans le public, qu’il est parfois difficile de percevoir la voix de Niko et les chœurs des autres membres du groupe face aux fans qui s’époumone à hurler des « La la la » révolutionnaires. Cette fois-ci, il faudra s’y résoudre, la fin du concert approche, mais un dernier « bonus » nous est offert avec « Cayenne », reprise du groupe mythique PARABELLUM. Irvin DARCY rejoint les « TAGADA » pour pousser la chansonnette. Mais après « les crabes à la mer », c’est tous les membres de DARCY et RAVAGE CLUB qui montent sur scène pour un joyeux bordel (dés)organisé. Voilà là un bel état d’esprit bien punk !

Force est de reconnaître que voir un concert de TAGADA JONES ou DARCY est une valeur sûre, je peux l’attester, dorénavant. Un très bon point pour RAVAGE CLUB qui nous a offert une très belle prestation ce soir. J’aimerais également saluer toute l’équipe de la salle de la Loco qui offre de très belles prestations. J’espère revenir très prochainement pour un nouveau concert.

Merci à Romain de l’agence singularités et à Joseph et Olivier de chez At(h)home.