Vecteur Magazine

La Résurgence de Three Days Grace

Au cœur du rock, là où les mélodies rencontrent la résilience, une transformation s’opère. Three Days Grace, le groupe emblématique qui domine la scène rock depuis des années, vient de sortir un nouvel album qui n’est pas seulement musical, mais un véritable concentré d’expériences, de difficultés et de l’indéniable camaraderie de ses membres.

Dans cette interview passionnée accordée à Vecteur Magazine, Matt Walst, chanteur de Three Days Grace, nous parle du retour très attendu d’Adam Gontier, du nouvel album *Alienation* (sortie imminente), et des deux concerts exceptionnels prévus en France.  

Entre révélations sur le processus créatif ludique (pierre-papier-ciseaux pour les voix !), anecdotes touchantes sur l’amitié du groupe, et décryptage des thèmes profonds de l’album — aliénation moderne, addiction, perte —, Matt partage une énergie communicative.  

Un échange sincère à lire avant de vibrer en live à Paris ! 

Un Voyage à Travers le Temps

Matt Walst, le chanteur principal du groupe, se souvient de l’impatience qui a régné pendant la pandémie, une période qui a stimulé à la fois l’introspection et la créativité. Dans une interview exclusive, il décrit le moment où il a reçu un appel bouleversant d’Adam Gontier, le leader original : « Je pense que ce fut un choc immense pour les gens de voir cela se dérouler. Savoir que cela allait arriver et voir tout le monde si enthousiaste a été une source de joie immense. »

Les fans du monde entier ont ressenti cette exaltation, en assistant aux retrouvailles de deux voix puissantes, une collaboration imprégnée de respect mutuel et de nombreuses années d’histoire.  Il ne s’agit pas de simples retrouvailles, mais d’un réveil. Ensemble, Walst et Gontier n’avaient pas seulement l’intention de faire revivre le passé, mais aussi de faire évoluer leur son et d’imprégner leur musique des difficultés et des triomphes du quotidien.

L'art de la collaboration

Au cœur de leur succès réside une vérité essentielle sur la collaboration. Matt souligne : « Nous n’accordons pas d’importance personnelle aux idées rejetées ; nous nous concentrons sur ce qui est le mieux pour la chanson.  Parfois, dès l’écriture, on se disait : « Ok, je chante cette ligne, toi celle-là ». C’était assez instinctif, un peu un ping-pong vocal, surtout dans les couplets. Ça se sent dans “Mayday”, où nos voix se répondent bien et montrent à quel point elles sont distinctes. » Ce mantra est essentiel, permettant à la créativité de s’exprimer sans le poids de l’ego. Lors de leur processus d’écriture, un esprit ludique régnait en maître : « Pour certains morceaux, on savait déjà qui chanterait quoi. Pour d’autres, on a laissé notre producteur, Howard Benson, décider du placement des voix. Au début, on jouait à pierre-papier-ciseaux pour décider qui chanterait la phrase suivante. On sentait une vraie excitation dans le studio. Tout le monde était heureux, il y avait une énergie incroyable. Je pense qu’on a donné le meilleur de nous-mêmes sur *Alienation*. », s’esclaffe Matt, témoignant de la joie qui nourrit leur musique.

En explorant de nouvelles pistes musicales, le groupe s’est tourné vers ses expériences personnelles, écrivant des paroles qui trouvent un profond écho auprès des auditeurs.  Des morceaux comme « Never Too Late » et « I Hate Everything About You » ont réconforté les fans dans les moments difficiles, leur apportant du réconfort dans les moments de dépression et de chagrin. « Nous écrivons sur des événements de notre quotidien et des expériences universelles », explique Walst, affirmant l’authenticité qui caractérise leur musique.

Le Pouls du Live

Avec ce nouvel album, Matt exprime un enthousiasme palpable à l’idée de renouer avec ses fans grâce aux concerts. Il déclare : « L’énergie des concerts est une expérience unique… C’est comme une drogue. » Après une longue absence de la scène, le groupe est impatient de partager à nouveau cette atmosphère électrique et de créer des moments inoubliables avec son public.

Le Cœur de l'Album : Alienation

L’album, intitulé Alienation, explore en profondeur les sentiments éprouvés par beaucoup pendant la pandémie. Avec des chansons mêlant des émotions allant du désespoir à l’espoir, chaque morceau raconte une histoire. Matt explique : « Parfois, nous créons notre propre aliénation ; nous pouvons nous sentir très connectés en ligne, et pourtant nous pouvons nous sentir complètement seuls à la fin de la journée. »  Le morceau éponyme plonge dans ces sentiments, capturant l’essence de l’isolement tout en lançant un appel à la connexion, à la fois obsédant et porteur d’espoir.

Parmi les chansons marquantes, « Dominate » capture l’euphorie d’un concert, inspirée par une foule écossaise en liesse scandant entre les chansons. Matt confie : « On a joué en Écosse en 2022 ou 2023, je crois. Entre chaque chanson, le public lançait un chant qui est resté dans ma tête. Le public était complètement fou, c’était incroyable ! Je me suis dit que ce serait génial d’intégrer ce chant dans une chanson.  J’ai emporté cette expérience avec moi et je me suis dit : « Ce serait génial d’intégrer ce chant dans une chanson, non ? » » Le résultat est un morceau qui sert de cri de ralliement, dynamisant les fans face aux épreuves de la vie.

Curiosité, je lui demande sur le concept de changer les pochettes des anciens albums, « On voulait juste s’amuser ! C’est sûr que ça a semé la confusion, les fans se demandaient : « Mais qu’est-ce qu’ils font ? » On a fait pas mal de choses différentes pour les fans : on a, par exemple, envoyé des extraits de nouveaux morceaux à nos plus gros fan sites avant tout le monde. »

Autres titres marquants et ambiance de Alienation

Il y a aussi quelques chansons que j’adore comme “I Don’t Want to Go Home Tonight” et “Never Ordinary”. La guitare, les refrains, le violon avec Lindsay… J’y perçois même un petit côté Linkin Park dans les voix.  

J’ai besoin qu’on parle de “Alienation” : l’intro, l’instrument utilisé, le tout. et forcément pourquoi avoir choisi ce morceau comme titre de l’album, de quoi parle-t-il, et qu’est-ce qui fait sa particularité… Matt raconte: « Pour moi, “Alienation” est un fil rouge, pas seulement pour cet album, mais un peu pour tout ce qu’on fait. Parfois, on crée notre propre aliénation. On se sent hyper connectés en ligne, mais au fond très seuls.  

Ce morceau, on l’avait écrit à l’origine pour *Explosions*, dans une autre version. On l’a ensuite réécrit : on a quasiment tout changé dans la musique, en gardant seulement la mélodie et quelques paroles. C’est quelque chose qui nous arrive souvent : un morceau ne colle pas à un album, mais il trouve sa place plus tard. On a d’ailleurs beaucoup de chansons “en attente”, qui pourraient être des tubes, mais qui ne correspondaient pas au bon disque au bon moment. »

Et puis il y a la ballade “Kill Me Fast”, sur ce morceau Matt me dit « Elle parle un peu de demander à la personne avec qui tu es, « Est-ce qu’on y va vraiment, ou si ce n’est pas le cas, arrêtons tout, et vite ». Parce que plus ça s’éternise, plus ça fait mal, et plus ça fera mal au final. Mais on peux évoquer aussi le fait de perdre quelqu’un ou quelque chose qu’on aime, et de continuer à sentir sa présence, comme s’il était toujours là alors qu’il ne l’est plus. »

 

Une nouvelle Ère

Alors que l’interview touche à sa fin, une excitation palpable flotte dans l’air. Matt résume l’essence de leur parcours : « J’ai grandi avec Adam, on se connaît depuis que j’ai dix ans. Ils répétaient dans mon sous-sol quand j’étais enfant et j’ai toujours admiré sa voix. Il a joué un grand rôle dans ma carrière : quand il a déménagé à Norwood, il a poussé mon frère à jouer de la basse. Sans ça, je n’aurais sans doute pas pris une guitare à mon tour.  

On est tous fans de sport et on voit vraiment le groupe comme une équipe. Ce n’est pas une affaire d’individus. Avant certains concerts, mon frère nous fait même un petit discours de motivation, comme un coach, juste avant qu’on monte sur scène. Ça donne vraiment l’impression d’appartenir à une seule et même grande équipe.

Nous faisons quelque chose qu’aucun groupe n’a vraiment fait auparavant, et c’est une sensation formidable. » Avec un son qui relie le passé et l’avenir, Three Days Grace est prêt à redéfinir son héritage, exploitant le pouvoir de la collaboration, de l’authenticité et des expériences partagées qui nous unissent tous.

Et alors qu’ils se préparent à remonter sur scène, une chose est sûre : le cœur du rock bat plus fort que jamais. Je me dois de lui faire qu’un de mes potes est un Fan ultime du groupe et que cela fait deux qu’il ne cesse de demander pour eux, Matt me sort : « Vas-y ! Mais c’est Génial. Amène-le au concert avec toi. »

Pour les fans qui attendent leur retour avec impatience, ce nouveau chapitre promet des montagnes russes émotionnelles, emplies de l’énergie profonde que seul Three Days Grace peut offrir.

Plus d'infos :

  1. **Dominate
  2. **Apologies
  3. **Mayday
  4. **Kill Me Fast
  5. **In Waves
  6. **Alienation
  7. **Never Ordinary** (ft. Lindsey Stirling au violon)
  8. **Deathwish
  9. **Don’t Wanna Go Home Tonight
  10. **In Cold Blood
  11. **The Power
  12. **Another Relapse

| Titre | Alienation (stylisé Λ𝖫𝖨𝖤𝖭Λ𝖳𝖨Ø𝖭) |

| Artiste | Three Days Grace |

| Sortie | 22 août 2025 

| Label | RCA Records / Sony Music 

| Producteurs | Howard Benson (supervision voix), Zakk Cervini, Dan Lancaster |

Notre avis :

*Alienation* de Three Days Grace : Retour triomphal et renaissance explosive

 

Three Days Grace signe un comeback monumental avec *Alienation*, un album qui réunit les voix iconiques de Matt Walst et Adam Gontier dans une fusion inattendue et magistrale. Après des années d’attente, ce disque capture l’essence brute du post-grunge tout en explorant de nouveaux horizons sonores, porté par une énergie contagieuse et une vulnérabilité poignante. 

Un équilibre parfait entre puissance et émotion.

Dès l’opening track accrocheur « Dominate », l’album impose son rythme martial, boosté par un chant de foule écossais qui transforme le morceau en hymne de stade – idéal pour les workouts ou les lives endiablés. L’alchimie vocale entre Matt et Adam explose dans « Mayday », où un cri aigu inédit de Matt dialogue avec les growls familiers d’Adam, créant un ping-pong vocal hypnotique qui met en lumière leurs timbres distincts.  Les ballades ne sont pas en reste : « Apologies » dissèque le sentiment d’indignité face à l’addiction, avec une intensité qui serre le cœur. « Kill Me Fast » tranche dans le vif d’une relation agonisante, tandis que des titres comme « I Don’t Want to Go Home Tonight » et « Never Ordinary » injectent des riffs acérés, des refrains fédérateurs et un violon délicat signé Lindsay, flirtant même avec une vibe Linkin Park. 

Thèmes profonds : aliénation volontaire et résilience

Le titre éponyme « Alienation » cristallise l’âme de l’album : un fil rouge sur la solitude moderne – « on est tous des outsiders, connectés en ligne mais seuls au bout du compte ». Écrit pendant la pandémie et remanié depuis un projet avorté (*Explosions*), il résonne encore en 2026 avec ses appels au secours masqués (« nobody knows I’m here, I can just disappear »). Produit par Howard Benson, l’ensemble oscille entre lourdeur cathartique et mélodies accessibles, sans jamais sombrer dans la redite.

Production fluide et esprit d’équipe

Matt Walst insiste : l’enregistrement fut « super easy et fun », reflet d’une amitié forgée depuis l’enfance (Adam et lui se connaissent depuis 10 ans). L’esprit sportif du groupe – pep talks fraternels avant scène – infuse chaque piste, rendant *Alienation* bien plus qu’un simple retour : une célébration collective.

Verdict : indispensable pour les fans, révélation pour les novices

À l’aube de leurs shows français, *Alienation* s’impose comme le disque le plus abouti de Three Days Grace. Nostalgique dans son artwork (mash-up des pochettes *One-X* et du premier album), innovant dans sa dualité vocale, il prouve que le rock introspectif reste vivant. Note : 9/10.

 

| **Formation** |

Adam Gontier & Matt Walst (chant),

Brad Walst (basse),

Neil Sanderson (batterie),

Barry Stock (guitares)