Vecteur Magazine

Kwoon, L'odyssée d'un Rêveur

Depuis deux décennies, KWOON, sous la plume inspirée de son créateur Sandy Lavallart, s’impose comme une voix singulière dans l’univers musical indépendant. De ses modestes débuts, où il composait des morceaux pour lui-même, à son ascension fulgurante avec le clip emblématique « I Live On The Moon », dont les millions de vues sur YouTube témoignent de son impact, KWOON incarne l’authenticité d’une expérience musicale planante et immersive. Éclairé par des influences cinématographiques et une passion pour la nature, Sandy tisse des récits empreints de rêve et d’évasion, naviguant entre les thèmes de l’immensité et de la vulnérabilité humaine. Dans son dernier album « Odyssey », il explore des eaux tant musicales que métaphoriques, tout en se préparant à conquérir de nouvelles scènes à travers le monde. KWOON nous invite ainsi à embrasser l’aventure de la vie, à rêver sans limite, et à transcender les défis de notre époque.

Les premiers pas..

Je te nomme le roi des mers..même si je sais que pour toi, le ciel et la terre sont autant importants..

Ta musique, je la qualifie de planante et authentique, et je vois qu’elle fait le tour du monde..mais pour démarrer ce voyage, peut tu nous donner un peu de genèse de KWOON..

*Ouais. Si tu veux, que je commence par quoi exactement ? 

Je pense que tu as pas mal d’expérience dans le milieu..

*En fait, ça a commencé il y a super longtemps..il y a peut-être presque 20 ans..où en fait j’ai eu ma première guitare à je sais pas.. à 16 ans ou 17 ans, j’ai eu un premier groupe, ensuite un deuxième groupe, et progressivement j’avais envie de faire mon groupe, enfin mon projet en tout cas..et j’ai commencé à écrire des morceaux, déjà pour moi tout seul. Et un jour j’ai fait écouter à un ami et il m’a dit : écoute Sandy, tu devrais pousser le truc, tu devrais sortir un album en fait parce que j’aime bien ce que tu fais. 

Alors après, moi je le croyais pas trop parce que les amis, souvent, ils disent que des trucs cools parce que ce sont nos amis donc c’est pas très objectif.

Mais, en tout cas, il m’a quand même poussé à l’époque à voilà, à tenter quelque chose, et voilà, KWOON est né il y a presque 20 ans…

J’ai fait donc le premier album, et j’étais après, voilà, à partir de ça, je pense, tu as pu le voir, j’aime bien tout ce qui est très visuel, ce côté cinéma, ce côté dessins animés. Du coup, j’aime bien m’entourer de plusieurs artistes, qui font de la vidéo. 

À l’époque, j’ai trouvé quelqu’un en Espagne qui a voulu m’accompagner pour le titre “I Live On The Moon ». Et en fait, après, je l’ai sorti, en autoproduit. Et j’ai fait un clip, le premier.

En gros, quand on a sorti ce clip, je ne m’attendais pas à ce qu’il marche vraiment bien, pour un artiste indépendant. Et très rapidement, il a eu plus d’un million de vues sur YouTube. Et surtout à l’époque, c’était énorme..il y avait MySpace France, il a été mis en homepage, il a même été en homepage de MySpace US, c’était assez fou.

Alors que voilà, pas signé, pas de label, rien, mais bon, ça a plu à l’époque.

Et à partir de là, je me suis dit bon bah, faut peut-être que je pousse un petit peu le truc. Je me suis entouré d’amis et de famille pour essayer de défendre l’album sur scène.. on a commencé à faire des concerts, et puis après, les années passent, et au bout d’un moment..l’équipe change, les musiciens, tu sais ce que c’est la vie d’un groupe, parfois il y en a qui partent, ou toi, tu veux peut-être bosser avec quelqu’un d’autre..donc je me suis entouré avec d’autres musiciens jusqu’à aujourd’hui..

Un aventurier dans l'âme

Ton goût pour l’aventure, pour le vertige, l’amour de la nature associé à l’amour d’interpréter tes chansons sur des lieux insolites. Tu choisis toujours des paysages à couper le souffle, mais c’est vrai, c’est ça peut être flippant pour quelqu’un qui a une peur bleue du vertige, mais toi..

Pourquoi cet amour pour le vertige ? Pourquoi cet amour où tu frôles avec des volcans, ou où tu te places au bord des falaises ?

*Bah moi, c’est ma manière de me sentir vivant. J’ai besoin de ça..puis, ce que je dis souvent, j’adore la sensation d’être petit en fait, parce que pour moi, sur Terre, on est tous de passage. On est tous nés avec pratiquement tout pour vivre dans le partage, l’amour… bon après, il y a aussi des peines, c’est la vie, c’est comme ça, c’est un cycle. Et en même temps, parfois, j’aime savoir qu’on est rien, qu’on est de passage. Alors, c’est pas méchant ce que je dis, mais c’est que, en fait, j’ai tellement de passion pour la nature et pour son immensité que, j’adore ce contraste là de montrer qu’en fait on est de la poussière.. ça me fait vibrer.. je sais que ça peut paraître étrange à entendre..

Après, effectivement, j’ai aussi un côté un peu casse-cou, parce que j’aime bien les sports extrêmes ou quand il y a un peu d’adrénaline. Donc, oui, je pense qu’il y a un peu de ça aussi, je vais chercher un peu le danger. 

Le plus dangereux c’était dans les concerts insolites,.comme celui où j’étais face au Mont Blanc.

Celui-là, il était dangereux à faire.. on s’est fait déposer en hélico..et puis en fait, l’aiguille du triolet, si tu veux, elle était tellement petite que l’hélico, il ne pouvait même pas atterrir dessus. Donc en fait, il avait juste un petit bout du patin qui était dessus et puis, bah, il fallait sauter, attaché à des cordes, tu vois, et s’accrocher à la montagne.

Ah ouais quand-même..

*C’était fou…et quand je suis revenu après ça, j’ai pleuré parce que c’était tellement fort en émotion, en danger, ou en tout ce que tu veux que ça m’a bouleversé, de joie..tu vois.

Un besoin de se sentir Vivant !

*Et oui, et j’adore ça…comme aussi à côté des falaises de Famara à Lanzarote. Ça… il y avait 800 m de dénivelé juste en dessous de moi.

Mais tu sais, je ne dis pas que j’ai pas le vertige, je l’ai un petit peu, mais en fait, le fait que ça me fasse vibrer, ça m’attire et j’adore ça !

Mais c’est top d’affronter ses peurs aussi !

Tu as sorti pas mal de titres, dont, l’aventure, « KWOON Solo Volcano Live ».. 

J’aime ta phrase « On n’a pas besoin d’objets, nous avons besoin d’aventures pleines de routes sans fin. », ça correspond tout à fait à ce projet. 

On vient de parler du volcan, on a parlé du Mont Blanc, mais il y a aussi le phare..

*Ouais.

Ton interprétation au phare ‘maudit’ de Tévennec, qui figure sur un album Alive..

*Ouais..

Toutes ses aventures me ramènent à la Lune et une question en particulier que je me pose.. Tu as vécu sur la Lune ou tu vis toujours sur la Lune ?

*Bah ça, c’est la grande question. Je ne sais pas si j’y arriverais à te répondre.. 

Moi et mes questions..

*Ça, c’est mon grand… ouais, c’est ce qui me caractérise aussi un peu, quoi. C’est… je sais que j’ai beaucoup d’amis aussi qui me voient un petit peu comme ça, comme un petit extraterrestre gentil qui plane un peu.

Ça va, ça fait pas de moi quelqu’un d’affreux, hein, mais parfois..

Mais bien sûr que non !

*Je suis désolé, mais enfin chacun son truc..bon. Après, moi j’essaie de partager d’autres choses avec les gens.. mais si tu veux, pour la Lune…

Pourquoi être désolé..

*En fait, comme tu as pu le voir sur plein de titres, c’est notamment dans Odyssey, ou même dans d’autres titres d’autres albums, j’adore l’espace et la mer..depuis gamin, j’adore tout ce qui vole, je regarde les étoiles, j’ai eu des avions radiocommandés, des hélicoptères, des cerfs-volants.. mon but, c’était de rajouter de la bobine de fil pour que mon cerf-volant aille le plus haut possible quand j’étais petit..après, je regardais les décollages de fusées, je regardais les astronautes, j’adore ça !

Et, l’appli, tu sais, il y a une application que tu peux installer sur ton téléphone, pour voir l’ISS, la station internationale.

Tu regardes, et comme en fait elle passe tous les jours, toutes les heures et demie autour de la Terre, tu vois.. et si l’angle, enfin, selon ta position géographique et la position de l’ISS, ça te permet de la voir, mais en fait tu la vois vraiment passer dans le ciel à l’œil nu, hein. C’est incroyable, c’est comme une énorme étoile qui passe…

Et en fait, c’est ça le truc. 

Beaucoup de gens oublient de regarder ce qui se passe là-haut. Moi, je trouve ça fascinant, parce que regarder les étoiles, voir passer d’un coup la station spatiale, on a l’impression que c’est un extraterrestre, et en fait, il y a des gens dedans, et c’est à 400 km au-dessus. Enfin, moi, je trouve ça beau. Ça me fait rêver..

Et tu as bien raison !

*Et ce n’est pas tout, tu vois..c’est…encore une fois, c’est ça, dans cette immensité, je trouve ça fascinant. 

Et puis le volcan, moi, ce que j’aime beaucoup aussi dans ce message-là, c’est ce que j’ai envie de montrer aux gens..

C’est : “regardez, à n’importe quel moment, le volcan, il fait ce qu’il veut de nous..on est rien.” Donc, à quoi bon faire des histoires pour rien du tout parfois. Que ce soient les voisins, que ce soient les gens qui klaxonnent en bas pour rien, tu vois..

Tellement vrai…

*Et il faut juste dire aux gens : « Calmez-vous ! » Enfin, on est rien, euh, vaut mieux euh, vaut mieux se faire des câlins.

Je te comprends.

Tu sais, en te demandant si tu vis dans la lune, c’est dans le sens où tu es un rêveur perpétuel.. C’est tellement important de garder ce côté enfantin. On le considère comme enfantin, mais c’est tout simplement humain..

Je trouve qu’un être humain, de l’enfance jusqu’à sa mort, a le droit de rêver. Il a le droit d’être sur la lune.

C’est d’apporter ce côté inspirant, artistique.. ce n’est nullement une question négative, au contraire. C’est comme ça qu’on, enfin, je pense que c’est comme ça qu’on trouve l’inspiration. Pour ma part, je te remercie, parce que, du coup, tu l’as transposé dans tes compositions.

*Et tu sais, je fais une parenthèse, le fil, comment on dit, le fil d’Ariane (?) Enfin oui. 

Depuis le début, c’est justement le titre « I Live On The Moon », qui est en fait le fil conducteur, je suis resté là-dessus, parce que « I Live On The Moon », ça parle de quoi ?

Ça parle d’un papa qui parle à son enfant..qui lui dit : « J’ai habité sur la lune. » Et puis, en fait, à la toute fin, tu regarderas dans les paroles, je dis : 

« quelque chose qu’on ne t’enlèvera jamais, que personne ne pourra t’enlever, ce sont tes rêves. »

J’invite l’enfant à ne pas s’arrêter de rêver et à avoir le plus de rêves possibles, parce que personne ne peut lui interdire. 

Il y a des couillons de gouvernement ou je ne sais pas quoi qui, parfois, nous interdisent des trucs complètement abracadabrants, mais rêver, non, ce n’est pas possible…

En fait, c’est une passerelle à toutes les possibilités..et je suis resté là-dessus..après, dans pas mal d’autres titres aussi, « White Angels » par exemple.. 

Mais voilà, c’était juste pour t’expliquer que dans le premier album, il y avait déjà cette invitation au rêve..

Une autre aventure, celle avec une guitare assez spéciale..elle est passé où d’ailleurs ? elle à pris son envol et depuis ?

*Alors, je ne sais pas si tu vois derrière moi, là..

.. Ahh c’est celle-là, rentré chez elle !

*Elle est rentrée chez elle oui.. et tu sais, on m’a dit : « Mais oh, il n’y a pas assez de déchets dans l’espace ? n’importe quoi d’envoyer des trucs là-haut… » 

Mais en fait, ce n’est pas possible, parce que pour qu’elle plane vraiment haut dans l’espace, il faudrait que je la propulse très, très loin.. on aurait besoin d’une fusée. Sauf que là, j’ai pris un ballon météo. Donc, en fait, même si elle était très, très haute, elle descendrait en fait.. le ballon éclate.. et il y avait un parachute et après, elle est revenue avec un parachute, et nous, on l’a tracée avec des GPS..

Mais ça, tu vois, comme tu disais, c’est exactement ça, c’est en fait la continuité même de ma personne, de quand j’étais gamin où je voulais aller le plus haut possible avec mes cerfs-volants. Bah là, je suis allé encore plus haut, mais avec la même âme d’enfant..

Ça m’a fait délirer de voir ça, et puis en plus, le résultat est assez cool, quoi, j’ai vu les images de cette guitare dans le ciel..

il faut avoir des idées folles, des idées originales..

Autre point, quand as- tu regardé Interstellar pour la première fois ? Je souligne que ta cover est magnifique d’ailleurs..

*Bah, il y a 10 ans, hein, il est sorti il y a 10 ans, je crois… Ouais. Ça, il est déjà vieux..

La voix que t’as posé dessus la rend juste incroyable. 

J’ai également vu la vidéo quand vous vous êtes déplacés en Chine au Side Fest, le public était ébloui en l’écoutant..

*Ouais, les gens étaient vraiment à fond dedans, et c’était super intéressant. 

Une musique inspiré par l'immensité de la Nature

On se concentre sur Odyssey. Ton carnet de voyages qui est sorti le 21 février.

Auto-produit ?

*Ouais..

On y retrouve des morceaux connus comme « King Of Sea » et « Life », ce dernier me touchant particulièrement grâce à la douce voix de ta fille. J’apprécie aussi les collaborations qui enrichissent ton univers. Les touches électro ajoutent une dimension supplémentaire.

Non seulement tu cherches à te retirer du monde en créant un espace qui t’appartient, mais, en même temps, tu es une personne qui aime offrir aux autres… Tu aimes communiquer ton amour pour l’évasion et la sérénité, et dans ton récit, tu invites à l’exploration de l’imaginaire et à une expérience sensorielle vraiment apaisante.

*Déjà je voulais… Oui, je voulais te remercier pour ton retour parce que c’est exactement ça..

Je t’en prie !

Mais, il y aurait t’il d’autres thèmes que tu abordes dans Odyssey ?

*Comme on l’avait souligné tout à l’heure, il y a la mer..tu me disais que tu m’appelles le King Of Sea. Je ne dirais pas que c’est moi qui m’autoproclame, mais en tout cas, c’est l’élément numéro 1 pour moi, qui me fait du bien et qui me donne pas mal d’idées.

Très souvent l’été, enfin, 6 mois de l’année, j’essaie d’être au bord de la mer, ou d’être dans l’eau. Je fais du surf, je fais du paddle, je regarde l’océan qui se déchaîne ou l’océan qui est calme.. je trouve que c’est hyper apaisant, l’eau. 

… Alors, je ne suis pas croyant mais… Quelque chose me dit qu’en fait, on vient tous de l’eau… On est des cellules de l’eau qui, après, ont fait la vie..et à chaque fois que je suis dans l’eau, je me sens complètement connecté. 

Genre..c’est marrant, parce que, je ne suis pas croyant, mais quand je vais dans l’eau, chaque fois que je vais surfer, j’ai un petit rituel : je touche l’eau, je la touche trois fois, puis je me la fout sur moi, comme si je me faisais une bénédiction..en fait, je remercie la mer à chaque fois, elle m’apporte vraiment un truc. 

Parce qu’elle est, encore une fois, comme je te parlais pour les volcans, elle peut être à la fois très calme et être de ton côté. Et parfois, elle peut te remettre à ta place en te disant : « Là, si tu décides de venir avec moi, je te bouffe ».

Et c’est pour ça, notamment, que je parle beaucoup d’histoires de marins dans Odyssey.

J’adore ce métier-là, de marin.  

Et je trouve que, alors je ne le ferai pas, mais tu sais, ceux qui vont pêcher en mer, quelle que soit la météo, c’est  impressionnant. 

Aujourd’hui, les petits caïds dans la rue là qui font leur guignols, enfin, voilà, en faisant peur à je ne sais pas qui… Tu les mets sur un bateau par force 10 pour aller pêcher en mer comme ça, et il n’y a personne qui va…

Les marins disent au revoir à leur famille, comme quelqu’un qui va travailler, et en fait, à chaque fois, ils peuvent ne jamais revenir, et ça arrive malheureusement. Donc je suis triste pour eux..

Mais c’est un truc qui est fascinant, en fait. 

Tu te dis : « Mais c’est fou, à quel point on est rien. » Et puis quand tu vois un bateau qui est sur l’océan et que tu ne sais pas à quoi t’attendre..encore une fois, je trouve ça hyper puissant, hyper beau et hyper respectable. 

Je sais qu’il y a des gens qui vont à la mer, ils ont besoin de se mettre de l’huile solaire et de bronzer. Moi, c’est pas mon truc, ça, je m’en fous..j’ai envie de regarder, de sentir les éléments, de voir la force de la mer. Et du coup, dans Odyssey, je parle beaucoup, au moins dans trois titres, de ça, de la mer.

Après, je parle aussi de l’espace, comme je t’ai dit…Ce titre « Black Star » ou « White Angels ».. On est entre terre et mer…

Et parfois, il y a des petites allusions à d’autres sujets… Juste, moi, d’une manière générale, je ne suis pas très politique, j’estime que la politique, c’est pour ceux qui veulent l’écouter..je pars du principe que, quand tu es né sur Terre, tu n’es pas né à gauche ou à droite ou au centre, je ne sais pas quoi…

Tu es juste né dans le but d’aimer, de partager, de vivre, d’avoir du bon sens, d’avoir du respect pour les autres, d’être altruiste.

Et après, bon, bah, c’est des histoires d’étiquettes, comme plein de partis.

Je peux penser comme la gauche, comme la droite, comme l’extrême droite, comme le centre, comme plein d’autres. Mais, en fait, ce sont des étiquettes, tu vois ce que je veux dire ?

Je te comprends oui !

*Et en fait, il y a un seul titre, si tu veux, où j’en avais marre..de ce monde à cette époque-là, c’est « Last Paradise »..c’était à l’époque du Covid, c’est une époque qui m’a marqué, parce que je ne l’ai pas aimée..j’ai trouvé que le monde, à ce moment-là, était vraiment tombé sur la tête. 

C’est mon avis, tu vois. Tu peux ne pas le partager.

Je me suis dit : « Mais où est-ce qu’on va ? » Enfin, j’ai trouvé ça désespérant ! Je me suis dit : « OK, il y a un virus qui arrive comme ça, mais ce n’est pas non plus un super virus, tu sais, comme la grippe espagnole ou comme la peste noire, où là, il y a eu vraiment des dégâts abominables. » C’était pas ça. Et en fait, là, il y a eu une histoire de médiatisation de dingue où tous les gens sont devenus fous. Tes propres amis sont devenus fous aussi en te disant : « Quoi, tu n’as pas fait ça ? Quoi, tu n’as pas fait ça ? Il faut… » Et là, je me suis dit : « Waouh, waouh, la vache ! » Moi, je me suis engueulé avec des amis, parce que j’étais pas d’accord avec tout ça. Je me disais : « On a le droit de réfléchir un peu ou pas avant de faire n’importe quoi ? »

Et encore une fois, chacun fait ce qu’il veut, moi, j’avais décidé de faire mes choix, je me suis dit que c’est fou à quel point la population peut être contrôlée, mais à un point.. j’ai été surpris et presque déçu de voir que même mes amis, ils allaient droit dans le truc. Je me suis dit : « C’est fou, quoi, enfin ! » ..

J’étais un peu en colère par rapport à ça, et j’ai écrit « Last Paradise » comme ça, en imaginant une scène apocalyptique où tout le monde est mort ou où des zombies se réveillent, et après, ils viennent se venger auprès du gouvernement en disant : « Ouais, tu nous as couillonnés. »..c’était ma manière à moi de l’exprimer, mais c’est le seul truc politique..c’est le seul titre où je me suis permis en disant : « Les gars, pensez parfois par vous-même, arrêtez de regarder la télé et de dire qu’il faut faire comme à la télé, parce que pour moi, c’est de la merde. »

Je comprends mieux donc le ‘Raise Your Voice, Please Don’t Be Scared’, et ce visuel un peu grisâtre..et quand j’ai vu des bannières, je me suis dit : « tiens, il y a un thème un peu contestataire. »

*Oui, voilà, révolutionnaire, contestataire. Ouais, c’est exactement ça. Et je pense que je ne vais pas aller plus loin, le reste des titres, ça restera des trucs poétiques, des histoires de marins. « White Angels », c’est l’histoire de quelqu’un qui pourrait être un astronaute qui regarde les petits points lumineux en haut, et puis il dit : « Ouais, ça peut être des anges aussi », parce que « White Angels », ce sont des anges, donc ça peut être, spirituel..le reste, c’est ça, ou des histoires d’amour. Je préfère aborder ça avec des métaphores d’une manière générale.

Prendre l'envol

J’en parlais tout à l’heure, tu as posté une vidéo il y a quelques jours avec ton petit bout de chou, « Life ».

J’adore ce titre, et j’ai beaucoup aimé son visuel sur la cover, ses tons terreux, sableux, la lumière, le soleil, et ce magnifique ‘Listen to Your Heart, Follow the River of Your Soul’.. tout est un peu magique, et tu donnes encore une part de toi, tu représentes l’amour de la paternité, c’est trop beau..

Je sais que ce titre date d’il y a un petit moment, même s’il est sur Odyssey..

*Ouais.

Pourquoi avoir choisi de faire cette vidéo maintenant ?

*La vidéo, tu veux dire celle que j’ai postée sur Instagram ?

Oui..

*Ça date d’il y a un moment.. c’est parce que, si tu veux, à l’époque, je n’avais pas spécialement envie de mettre ma fille en avant..maintenant, elle n’est plus petite, elle a grandi.

Ce qui est parfaitement compréhensible !

Tu termines par « Keep on Dreaming ».

C’est un appel ? On a parlé de révolution, on a parlé d’autres thèmes. Pourquoi avoir choisi ce thème en clôture de l’album ?

*Déjà, il y a deux raisons.

La première raison, c’est de dire : « faites ce que vous voulez faire, allez au bout de vos rêves. » J’entends tellement de gens, que ce soient mes amis ou des gens autour, « Moi, j’aimerais bien aller vivre là-bas », mais en fait, ils n’iront jamais là-bas. Ou « Ah, j’aimerais bien faire ça », et en fait, la personne ne fera jamais ça. « Ah, j’aimerais bien changer de travail », et elle ne change jamais de travail alors qu’en fait, c’est simple à faire..parfois, les gens se bloquent avec rien et tu as envie de leur dire : « Bah, si tu veux faire quelque chose, un projet, écris-le et après, fais-le. Point final. »

Et il y a tellement de gens qui se disent : « Ah mais non, mais je peux pas. » Bah, pourquoi tu peux pas ?

Tu vois ce que je veux dire ?

Continuez de rêver, mais après faites-le ! 

Et après, la deuxième chose, c’est que dans le premier album, là où il y a justement « I Live On The Moon », il y a un petit livret qui est dans le CD. Et tout à la fin de ce livret-là, d’il a 18 ans, à la toute fin de ce morceau-là, j’ai mis justement « Keep on Dreaming ». Et du coup, là, c’était pour faire un petit clin d’œil au premier album.. j’adore mettre des petits indices cachés, que ce soit dans les titres, que ce soit dans les visuels.. J’adore mettre des trucs comme ça que, pour l’instant, seul moi connaisse les significations, et après, plus tard, les gens disent : « Ah, c’était ça le truc, ah d’accord. » 

Par exemple, tu sais, dans la pochette de « Life », euh, il y a des animaux. 

Oui, celle dont on parlait tout à l’heure..

*Donc tu vois, il y a ma fille et moi au centre, et puis en plus, c’est à peu près ça là avec mes cheveux et puis le lapin à côté.. et il y a d’autres animaux. Voilà, donc ce sont des animaux qu’on aime particulièrement. Et il y a un lapin parce qu’on a eu un lapin.

Il y a un lion, et en fait, il n’est pas là par hasard, en fait, on a eu un chat, mais très peu de temps malheureusement, parce qu’en fait, il a sauté par la fenêtre.

Ohh je suis tellement désolé..

*Du coup, bah, il n’y avait plus de chat..il s’appelait Lion.

Et pour cette pochette-là, j’ai dit au graphiste : « Fais dessiner un lion là, c’est pour nous..on sait ce que c’est. »

Enfin, toi, tu le sais maintenant..

Et pour revenir à « Keep on Dreaming », c’est un message, et c’est aussi pour ceux qui connaissent le premier album où j’avais marqué « Keep on Dreaming », du coup, je l’ai fait devenir un titre, 18 ans plus tard..c’est ancré.

Et tu vois, il y a plein de petits liens partout comme ça..mais je ne peux pas tous te les dire…

Mais dans l’album, enfin, c’est des trucs comme ça.

J’ai bien compris l’importance de l’artwork et les autres visuels pour toi, et on à droit à ce beau clip animé de « King of Sea »,  réalisé par Stéphane Berla.

Et un autre exemple, quand on regarde la cover d’Odyssey, on voit une montgolfière, mais une baleine si j’ai bien compris,

Et toujours ce côté très vintage, les couleurs..

Pourquoi ce choix d’aller toujours vers le rétro ?

*Encore une fois, j’adore tout ce qui vole, ça me fascine. Donc, en fait, une montgolfière, ça me fascine. Pour te dire, il y a 15 ans de ça, je voulais déjà faire des concerts dans des endroits insolites, et je voulais faire un concert dans une montgolfière.

Je voulais aller dans une montgolfière et me filmer avec mes musiciens.

Au final, ça ne s’est pas fait. Bon, je le ferai peut-être plus tard. Mais ce qui est dommage, c’est que depuis, il y a des musiciens qui l’ont fait.

Donc du coup, j’ai pas envie de faire ce que les gens ont déjà fait. C’est dommage, parce que j’avais déjà eu l’idée il y a 15 ans…mais j’ai plein d’idées dans mon sac, donc…

C’est un truc qui me parle.

Tu sais, quand, il y a très longtemps, les gens partaient en voyage dans des trucs qui volaient, on ne savait même pas où ça allait atterrir, parce qu’en fait, ça ne se dirigeait pas. Ce n’était pas comme des ballons dirigeables. 

C’est une montgolfière ; ça vole, et après, bah, ça va où le vent te porte. Et, c’est fou, mais c’est lié à la nature.

Puis c’est vraiment un symbole d’une certaine liberté..tu pars, tu quittes le sol et tu es bien là-haut..moi, ça me fait rêver.

Et à côté, il y a une baleine qui vole, avec une sorte de baleine montgolfière, à droite sur la pochette, parce que c’est la mer.

Comme je te disais, la mer me fascine. Tout le milieu marin me fascine, il me fallait le lien.

Je travaillais avec des amis graphistes qui m’ont aidé à faire ça, on en est arrivé à cette couverture-là.

Qu’as-tu comme projet pour le après release de l’album ?

*Eh bien, nous venons d’annoncer quelque chose d’excitant. Je ne sais pas si je peux te le dire tout de suite...

Mais je suis déjà en train de préparer un projet unplugged, un nouvel album qui regroupera les titres que j’affectionne le plus parmi mes quatre derniers albums. Je vais les réinterpréter avec des guitares folk et un quatuor à cordes.

Top Sandy ! Je te remercie pour cette interview !

*Merci à toi !

 

 

       Track List :

  1. Leviathan
  2. King of Sea
  3. White angels
  4. Life
  5. Blackstar
  6. Last Paradise
  7. Jayne
  8. Wolves
  9. Youth
  10. Fisherman
  11. Nestadio
  12. Keep on dreaming

Notre Avis :

Dès les premières notes, l’album nous engloutit dans un océan sonore, un voyage introspectif où le post-rock cinématographique rencontre une folk ambiante empreinte d’humanité. Kwoon tisse une toile musicale qui évoque les souvenirs d’enfance, les rêves oubliés, et l’émerveillement face à l’immensité de la mer. 

À l’image des marins d’antan, Kwoon nous embarque vers des horizons insoupçonnés. « King of Sea », en duo avec Babet, illustre parfaitement ce voyage, oscillant entre douceur et crescendo déchirant. Les morceaux instrumentaux, tels que « Jayne » et « Blackstar », déploient une légèreté organique et une tension hypnotique.

L’album culmine dans les titres « Nestadio » et « Keep On Dreaming », où les textures dominent et les émotions brutes prennent le dessus. Kwoon nous offre un espace de liberté et d’introspection, une invitation à ressentir le monde plutôt qu’à simplement l’observer. « Odyssey » est une œuvre qui demande du temps, de l’espace, et un abandon total. Laissez-vous porter par cette vague sonore et découvrez un univers de rêves et de mélodies. 

« Odyssey » de Kwoon : un voyage au cœur de soi. Cet album, tissé de douze pièces dont six instrumentales, est bien plus qu’une simple écoute ; c’est une immersion sensorielle. Chaque morceau est une vague, un chapitre d’une odyssée intérieure où les harmonies envoûtantes nous guident dans les profondeurs de notre propre âme.

La mer, omniprésente, devient le miroir de nos existences. Les tumultes des vagues reflètent nos défis, tandis que les abysses évoquent les mystères enfouis en nous. Kwoon explore la dualité de la lumière et de l’obscurité, nous invitant à la réflexion et à la quête de sens.

Laissez-vous emporter par la beauté des textures sonores, engagez un dialogue intime avec la musique. « Odyssey » éveille nos souvenirs, nourrit nos réflexions les plus profondes et nous rappelle que même au cœur de la tempête, une lumière intérieure attend d’être découverte.

 

Un titre qui vous transportera vers un autre voyage, celui de nous apporter l’amour inconditionnel, est bien celui de « Life » où le chanteur partage le plus profond de lui. 

Tel un phare dans l’obscurité, cet album nous guide sur les mers tumultueuses de l’existence. En ces temps incertains, Kwoon nous rappelle que notre voyage intérieur est tout aussi crucial que nos explorations du monde extérieur. 

Voyez-vous, donner, partager est un don de l’âme, présent dans chaque cellule de vie, savoir le recevoir et en faire bon usage est un art.

 

 

PLUS D’INFOS :

Album : ODYSSEY

Date de Sortie : 21 Février 2025

Labels : Klonosphere 

Enregistrement : KWOON

Mix / Mastering : Thierry Kronental

Photos : MelanieLhote

Artwork : Christophe Moi (Dubitch)

Sites Officiels : https://www.kwoonmusic.com/

https://www.youtube.com/@Kwoon

https://www.klonosphere.com/

 

 

 

Lineup :

Lavallart Sandy – Lead Voc – Guitar
Foucaud Nicolas – Guitar
Jacob Katia – Basse – Keyboard & Backing voc
Galichet Gregoire – Drums & Samples
King of Sea : Guest Babet de Dionysos / Elisabeth Ferrer