Vecteur Magazine

LES CONSÉQUENCES DE NOS ACTIONS

Par Christophe Pinheiro

L’emblématique groupe américain KILLSWITCH ENGAGE est de retour avec « This Consequence ». Un neuvième album qui sort aujourd’hui. J’ai eu l’honneur et le privilège de m’entretenir avec l’incroyable et charismatique chanteur, Jesse LEACH au mois de janvier. L’occasion de parler de ce nouvel opus et de comprendre comment il a vu le jour. 

Votre 9e album, « This Consequence » sort le 21 février. Quels est ton ressenti à un peu plus d’un mois avant sa sortie ? 

Je suis vraiment excité. Je ressens un sentiment d’utilité derrière cet album en raison des messages qu’il véhicule. Je me sens très honoré. C’est une période excitante et cela fait longtemps que nous n’avons pas pu sortir de nouvelles musiques. Donc mon cœur déborde d’excitation. 

Votre précédent album « Atonement » date de 2019. Vous avez pris votre temps pour composer celui-ci. L’avez-vous créé sans pression ? J’ai cru comprendre que vous l’avez composé différemment. 

La pression était interne, entre nous cinq. Pour pouvoir sortir un disque qui soit authentique, qui soit inspirant. Il y a donc eu un faux départ de mon côté. J’ai dû me débarrasser de beaucoup de démons et redécouvrir ce que je voulais dire avec ma voix en termes artistique. Et j’ai trouvé cela à travers beaucoup de colère et de frustration. Mais je pense que c’était nécessaire. Je pense que si vous voulez créer quelque chose qui semble authentique, vous devez travailler pour cela. Surtout quand il s’agit de musique metal agressive. Ça a tendance à venir de la douleur, de la souffrance. Mais aussi de choses sombres. Et à travers tout ça, j’ai trouvé ma muse. J’ai trouvé une colère justifiée, une positivité, à cause de cette lutte, parce que nous étions tous les cinq réticents à sortir quelque chose qui n’était pas inspiré. Et pour moi, ça a pris du temps. Tu sais, je préfère prendre mon temps et sortir quelque chose que nous pouvons regarder en face. Nous avons travaillé dur sur ce projet, plutôt que de sortir un disque juste pour repartir en tournée et continuer le cycle. Je ne veux pas être ce groupe qui sort un disque pour lequel nous ne nous sommes pas battus, avec lequel nous n’avons pas lutté. Donc, toute la pression était en interne. Maintenant que c’est fait et quand j’y repense, je ne changerais rien. Même les luttes que j’ai eues avec moi-même en tant qu’auteur et le sentiment d’inadéquation et d’insécurité en écrivant certaines chansons qui n’ont pas été retenues sur le disque ou quoi que ce soit, ou même le fait d’avoir des problèmes avec le son que je voulais. Je voulais vraiment m’assurer d’élever mon niveau de chant et d’être capable d’utiliser toutes les tessitures vocales que j’ai dans mon arsenal. Des cris aux hurlements en passant par les grognements et les chants clairs… être au plus haut de ma gamme. Et je pense que nous étions capables de mettre tout ça là-dedans. C’est juste beaucoup de travail acharné. Et au bout du compte, c’est ce qu’on doit faire en tant qu’artiste. Donner tout ce qu’on a. 

Adam a dit que le groupe était super dur avec toi, sur les parties vocales de cet album. Tout d’abord, j’aimerais savoir si tu vas bien. 

Oh oui, je vais bien. 

Et as-tu poussé le groupe, toi aussi, à offrir du contenu musical pour mettre en valeur ta performance vocale ? 

Non. Je ne fais pas ça avec eux. Je prends, généralement, ce qu’ils me donnent et je fais en sorte que ça fonctionne. Peut-être qu’à l’avenir, je le ferai vu ce qu’ils m’ont fait subir sur ce disque. Mais non, je suis vraiment content de ce qu’ils m’envoient. Et les titres qui ne fonctionnent pas très bien, on les met de côté et quelqu’un d’autre écrit quelque chose de nouveau. Par exemple, nous avions environ 10 ou 15 chansons. Et je n’étais pas à l’aise avec certaines d’entre elles. Justin a donc commencé à écrire quelques jours plus tard. Il a créé ce qui allait devenir « Aftermath ». Je me souviens avoir entendu cette chanson et m’être dit immédiatement : « Oh, j’ai compris. ». Et en une demi-heure environ, je l’ai écrite, j’en ai fait une démo et je l’ai renvoyée au groupe. C’est arrivé comme ça. C’est juste que je ne sais pas si c’est de l’insatisfaction, mais parfois les chansons ne collent pas tout de suite. Il y en a eu quelques-unes où je n’étais pas sûr dès le départ. Mais j’ai essayé. C’est donc bien d’avoir ce genre de discussions. C’est bien d’être honnête avec son processus créatif. Et je pense que leur honnêteté envers moi a été difficile à entendre au début, puis c’est devenue la meilleure chose qui me soit arrivé parce que cela m’a inspiré à pousser les choses plus loin. Cela m’a inspiré à creuser davantage. Mais, 9 fois sur 10, ce qu’ils m’envoient est tout simplement génial. J’adore ce qu’ils écrivent et ça m’inspire d’écrire parce que je dois d’abord entendre la chanson. J’écoute les mélodies, les riffs, le ton… Tout cela m’inspire dans ce que je vais écrire. Et ça a toujours été comme ça avec KILLSWITCH ENGAGE. La musique vient toujours en premier. 

J’ai vu que tu lis beaucoup pour trouver l’inspiration dans ton écriture. Peux-tu m’en parler ? Et j’aimerais savoir si après tant d’années de carrière, il est plus facile ou plus compliqué d’écrire. 

Je pense que c’est les deux. C’est facile parce que je peux écrire, c’est quelque chose que je fais depuis longtemps. Mais ce qui rend les choses difficiles, c’est de savoir sur quoi je vais écrire. Je peux écrire des pages et des pages de quelque chose, mais si je ne me sens pas inspiré, ça ne marche pas. Je pourrais écrire quelque chose de cool, qui sonne bien, mais comment cela s’applique à mon âme ? Je pense que c’est là que tout se résume au son de ma voix par rapport à ce que j’ai écrit. Ça doit être quelque chose que les gens peuvent comprendre tout en étant assez profond pour vous faire réfléchir. C’est la partie la plus difficile à trouver, cette fine ligne qui consiste à essayer d’être simple mais profonde. Et c’est quelque chose que j’aime faire. Je peux être frustré quand j’essaie de le faire et que je n’y arrive pas. Mais quand arrive enfin le moment où je me dis que j’ai réussi, c’est génial, c’est la joie. C’est ça la beauté de la création et je ne changerais rien pour rien au monde. 

Cet album contient 10 morceaux. C’est un album qui peut être écouté d’une traite. Ces 10 morceaux sont taillés pour la scène. Cependant, ça sonne différemment de tout ce que vous avez écrit auparavant. Et en même temps, ça sonne toujours comme du KILLSWITCH ENGAGE. Vouliez-vous écrire l’album tel qu’il est maintenant ? 

Bien, merci d’avoir reconnu ça et pour les mots gentils parce que j’aime tout ça. J’aime que ça sonne comme KILLSWITCH ENGAGE. Il y avait définitivement une intention. Nous voulions vraiment nous pousser à aller un peu au-delà de ce pour quoi nous sommes connus. Ajouter un peu de tel élément.. Ajouter un peu de cet élément sans être trop dramatique et faire quelque chose qui soit bien, sans trop s’éloigner de ce pour quoi nous sommes connus. Juste montrer aux gens que nous sommes toujours inspirés. Nous sommes toujours prêts à essayer différentes choses. Mais il y a 4 chansons qui n’ont pas été retenues pour l’album, et ce sont toutes de superbes chansons. Nous aimons toutes ces chansons. Mais c’était intentionnel de s’en tenir à 10 chansons. Pour que ce soit court et concis. Donc au départ, lorsque j’ai créé la liste des pistes, j’ai créé ça comme une sorte de cassette que j’avais quand j’étais enfant. Nous la mettions dans notre petit Walkman, avec de petits écouteurs. Vous aviez une face A et une face B. Et cet album est configuré de telle sorte que les premières chansons soient sur la face A. Et puis, « Where It Dies » commence la face B avec le thrashing instrumental et se poursuit jusqu’à la fin. C’était donc amusant de jouer avec cette idée de faire ça comme une cassette. Et les 4 autres chansons qui n’ont pas été incluses dans l’album ne correspondaient pas à cette idée et au titre de « This Consequence », qui est apparu à mi-chemin de l’enregistrement de l’album. Il y a donc eu une vraie discussion sur l’apparence de cet album, sur la façon dont il devait sonner. Je pense qu’il dure environ 35 minutes ou quelque chose comme ça. Et je veux que les gens l’entendent en une seule écoute et, espérons-le, en ressortent avec l’envie de l’écouter à nouveau. Avec un peu de chance. 

Un premier single est sorti, « Forever Aligned ». La vidéo qui l’accompagne est pleine d’images de scène. C’est l’essence même du groupe. Pourquoi ce choix de titre ?

Plusieurs raisons. Je pense que la chanson parle vraiment de connexion. Elle parle d’amour. Au départ, elle est inspirée par la relation que j’ai avec ma femme et le fait de rencontrer quelqu’un qui vous aide à devenir une meilleure personne. Les images de nous sur la route et tout ça, c’était une réflexion de comment faire cette vidéo dans un laps de temps assez court. Parce que nous avions des contraintes de temps. Mais aussi, que veut vraiment dire le message ? Et il ne s’agit pas seulement d’une relation, même si c’est ça que ça commence. Les paroles de la chanson commencent par moi parlant de ma femme, comme notre connexion en tant qu’êtres humains, ma connexion avec mon groupe et finalement, ce qu’est l’amour. C’est une chanson très existentielle au final. Et les images que nous avons choisies montrent la relation entre nous en tant que groupe, en tant que petite famille voyageant et faisant notre métier. Et puis aussi la connexion avec notre public, cette connexion que nous avons avec nos fans. Tout est une question de connexion. Toute cette chanson parle de connexion. Donc pour moi, cette vidéo montre ce que nous faisons en tant que groupe et comment nous nous connectons avec notre public et comment notre public se connecte avec nous. Pour moi, c’est la communauté qui nous entoure, la raison pour laquelle nous pouvons toujours faire ce que nous faisons. C’est la beauté de KILLSWITCH ENGAGE. C’est beaucoup plus grand que nous en tant que groupe. C’est vraiment à propos de vous tous qui nous soutenez. Et je pense que ça vous donne un sentiment de chaleur dans le cœur quand vous voyez cette vidéo. C’est juste le voyage que nous faisons tous ensemble. C’est magnifique. 

Est-ce que d’autres vidéos vont sortir ? 

Nous en avons fait deux autres, et il y a du potentiel pour une autre après ça. Mais pour la prochaine qui sortira fin janvier, je suis très excité. C’est pour la chanson « I Believe ». C’est une chanson à laquelle je suis très attaché et dont je suis très fier parce qu’elle se démarque sur cet album. Elle est très lourde, agressive et un peu sombre. Cette chanson pour moi est juste un hymne à l’espoir, et j’adore cette chanson. 

J’aimerais que tu me parles du morceau « Aftermath ». J’ai toujours admiré la force dont tu as fait preuve dans le passé. Ayant moi-même traversé le même genre d’épreuve il n’y a pas si longtemps, je trouve que tu es un exemple. 

Merci, j’en suis honoré. Je pense que c’est juste bien de montrer la lutte. C’est bien d’avoir ce genre de discussion sur la lutte. Et « Aftermath » parle d’un voyage personnel, mais cela nous concerne tous. De ce que nous venons tous de traverser avec cette pandémie, de ce que nous traversons tous lorsque nous vivons un conflit et une guerre. Comment allez-vous de l’avant lorsque vous sortez d’une situation qui vous a fait vous sentir paralysé ou brisé ou qui vous a fait perdre espoir ? Comment allez-vous de l’avant ? Et la réponse est de vous lever et d’y aller et de le faire. Trouver le courage de faire ce premier pas hors de votre lit le matin et d’aller de l’avant, c’est quelque chose que beaucoup d’entre nous savent à quoi cela ressemble. Et ne cédez pas au désespoir, car vous pourriez vous noyer dedans. C’est facile de s’y noyer et de ne pas voir la lumière au bout du tunnel. Et c’est une conversation qui est importante à poursuivre pour tout le monde, pour nous tous, parce que nous savons tous ce que c’est que de lutter. Pour moi, c’est un hymne. Et même juste au niveau sonore, cette chanson est presque comme un refrain de punk rock. On pourrait, en quelque sorte, danser dessus. Et quand j’ai entendu la musique de cette chanson pour la première fois, elle sonnait comme quelque chose de triomphant. J’ai donc voulu parler de quelque chose qui me semblait « triomphant ». Et là où je suis dans ma vie maintenant, c’est un triomphe. Alors ce n’est pas sans difficultés, ce n’est pas sans douleur. Mais j’ai réussi à surmonter quelque chose de très sombre et nous continuons tous à surmonter quelque chose de très sombre dans la société. Il faut juste faire de son mieux et continuer à y faire face. Et c’est ça le truc, gérer la situation. Tu ne peux pas l’éviter. Tu ne peux pas t’engourdir. Tu ne peux pas le fuir. Tu dois l’accepter. Tu dois le combattre. Tu dois traverser ce feu. Et c’est ce qui va t’apprendre à vivre une vie meilleure et à avoir les outils autour de toi pour apprendre à y faire face. 

Merci pour ça. Vous commencez une tournée américaine en mars, qui se terminera en mai. Pour vos fans français, auront-nous la chance de vous voir bientôt dans notre pays ? 

D’après ce que je peux voir sur notre planning de tournée, c’est en automne. Nous envisageons d’y aller. Et j’ai vu au moins une date française qui traîne. Alors espérons, croisons les doigts, que tout se passe bien, au moins un concert en France. J’aurais aimé qu’on joue un peu plus chez vous. J’ai l’impression qu’on pourrait faire mieux en faisant plus de concerts en France. J’aimerais qu’on le fasse, mais au moins, je crois qu’on en a au moins une. 

Super. Je ferai de mon mieux pour venir vous voir sur scène. Et si vous jouez aussi ma chanson préférée de cet album qui est « Discordant Nation », je serai très heureux. Cette chanson est monstrueuse, agressive, rapide avec un refrain incroyablement mélodique. Je l’adore. Est-ce qu’il y a une chanson qui se démarque des autres pour toi ? 

Je pense que ce serait « Broken Glass », simplement parce qu’elle sonne différemment de tout ce que nous avons fait. Une fois cette chanson écrite, cela m’a donné la confiance nécessaire pour dire que je sentais que nous pouvions offrir quelque chose de nouveau aux gens. Même si je pense qu’elles sont toutes uniques à leur façon. « The Fall of Us » en serait une autre qui est très différente et unique. Et c’est excitant pour moi, car je pense que les gens qui sont fans du groupe seront heureux. Et si vous n’êtes pas fan du groupe, peut-être que vous entendrez une chanson qui vous dira : « Wow, ces gars sont meilleurs que ce que je pensais ou différents de ce que je pensais… ». Je pense que cet album offre suffisamment de diversité pour rassasier les appétits des gens qui attendent depuis presque 6 ans un nouvel album. 

KILLSWITCH ENGAGE est un groupe incontournable de la scène metal depuis longtemps. Vous avez fait beaucoup de grosses tournées et vous avez eu l’occasion de tourner avec de grands groupes comme SLIPKNOT, SLAYER et surtout IRON MAIDEN. Même si je ne vous connais pas personnellement, vous dégagez l’image d’un groupe qui aime être proche de ses fans. Je peux même dire de toi, que tu es quelqu’un qui semble vivre des choses simples en dehors des concerts, quelqu’un de très libre dans sa vie. Comment gères-tu cela ? 

Je pense que derrière tout ça, il y a de la gratitude. Tu sais, être reconnaissant pour ce que tu as et réaliser que ça peut disparaître. Je pense que si la pandémie nous a appris quelque chose, c’est qu’on ne peut rien prendre pour acquis. Et on pourrait dire la même chose de la mort et de la maladie. On ne sait pas quand on va partir. On ne sait pas quand on doit arrêter de faire ce qu’on aime. Alors tant que tu l’as, accepte-le et donne tout ce que tu as et réalise qui te permet d’être là. Ce n’est pas seulement toi. Ce n’est pas seulement ton groupe. Ce sont les fans. Les fans nous donnent l’opportunité de faire ce que nous faisons. C’est un privilège de pouvoir voyager dans le monde et jouer de la musique. C’est incroyable. Donc au moins, même si je passe une mauvaise journée, je ne suis pas en forme, je suis fatigué, je suis malade, je ne me sens pas, peu importe quel que soit le cas, je prendrai le temps de parler avec les fans. Si je suis malade, j’ai tendance à rester loin. Je ne veux pas rendre quelqu’un malade. Mais ce que je veux dire, si je suis juste, genre épuisé, et qu’il y a des gens autour du bus qui attendent pour me parler ou que je suis dans un pub quelque part après un spectacle et il y a des gens qui veulent parler, je suis toujours partant pour aller parler. Parce que numéro 1, ils le méritent. Et numéro 2, j’ai tellement appris des gens en ayant ces conversations. Cela a vraiment changé ma vie. Et pour que vous preniez le temps d’entendre et d’écouter les gens qui se connectent à ce que vous faites, cela ne fera que vous aider à faire un art meilleur parce que vous savez qui est votre public. Tu sais qui écoute ta musique. Qui est prêt à aller te voir 6 fois de suite. Nous avons des fans qui vont à 6 concerts d’affilée. Nous avons des fans qui viennent et qui achètent tous nos t-shirts. Et pour moi, c’est incroyable. Merci beaucoup pour ça. C’est important. Et même dans mes jours les plus difficiles, je fais tout mon possible pour continuer à me connecter avec les gens. Je suis reconnaissant. C’est de la gratitude. 

Dans quelles conditions recommandes-tu d’écouter cet album ?

Je sais comment j’aime écouter de la musique. C’est soit sur mon vélo avec des écouteurs. Soit en conduisant mon camion ou en faisant une longue marche dans les bois ou en ville. Je recommande donc avec des écouteurs en marchant ou en faisant du vélo. Ou montez dans votre véhicule si vous en avez un et faites un long trajet. Écoutez-le du début à la fin. La majeure partie de cet album a été écrite en mouvement. Donc c’est un album qui marche bien quand il voyage. Si vous êtes dans un train, par exemple, regardez par la fenêtre du train. C’est comme ça que je vous recommanderais de l’écouter. 

Nous venons de passer en 2025. Y a-t-il un album qui t’as marqué en 2024 ? 

On me pose souvent cette question. C’est vraiment difficile pour moi parce que j’ai du mal à me souvenir des albums sortis l’année dernière. Et je sais que ce n’est pas cette année, je crois que c’est en 2023. Mais un album m’a vraiment parlé pendant que je faisais ce disque et qui m’a donné confiance. C’est le dernier album de IN FLAMES. J’ai senti qu’il y avait une énergie et un esprit dans ce disque que je n’avais pas entendu dans ce groupe depuis longtemps. Et je ne manquerais en aucun cas de respect à IN FLAMES. Je les adore. Mais il y a juste quelque chose de différent sur ce dernier disque. Il y a une telle énergie dans ce disque. J’ai contacté Anders (FRIDÉN) et je lui ai dit que c’est le meilleur son qu’ils aient fait depuis longtemps. Il avait l’air tellement inspiré. Sa voix est incroyable. Les paroles sont justes. La musique est géniale. Et c’était au milieu de l’enregistrement de notre album que j’ai vu, comme, nos frères, nos amis, sortir ce disque. Je me suis dit que je voulais faire ça, sortir un disque qui donne l’impression que nous sommes de retour. Donc, le dernier disque d’In Flames, pas de l’année dernière, je crois qu’il était de l’année d’avant. Je l’écoute toujours. Je l’adore. Super disque. 

Ce n’est pas une question, mais je voulais te remercier pour ta collaboration sur le titre, « Stop the Bleeding » avec MACHINE HEAD. J’adore l’association de ta voix avec Robb FLYNN. La cause de ce titre également. Je voulais juste te remercier pour ça. 

Oh, oui. Robb est devenu un très bon ami à moi. J’adore ce type. J’adore traîner avec lui. Il est amusant. Il est drôle. C’est quelqu’un que j’admire depuis que je suis adolescent. Je veux dire, MACHINE HEAD était l’un des groupes qui m’a vraiment marqué parce qu’ils étaient différents. Ils avaient une ambiance différente. Il y avait comme une sensibilité de gangster chez lui. Il y a une colère là-dedans qui n’était pas dans beaucoup de groupes. Et même son jeu de guitare était unique, différent, les harmonies qui frappent. Les chansons qu’ils ont décidé de reprendre, nous avons beaucoup en commun, Robb et moi. Nous aimons tous les deux le hip hop old school. Nous aimons tous les deux le groove. Nous avons tous les deux un esprit révolutionnaire. Tu sais, on ne se laisse pas faire. Mais il est comme un grand frère pour moi. J’adore ce type. Je l’admire beaucoup. Et à chaque fois que nous sommes dans la baie de San Francisco, il sort nous voir. Ou si je vois Machine Head en ville, je sors et nous allons boire des bières et des verres ensemble. C’est l’une de mes personnes préférées dans le metal. Et avec ses compositions, avec le dernier album qu’ils viennent de faire, c’est probablement l’une des meilleures choses qu’ils aient faites depuis longtemps. Je ne pourrais pas en dire assez sur Robb. C’est un gars génial, il a laissé son empreinte sur le metal et c’est quelqu’un que j’admirerai toujours. 

Tu parlais de tes fans tout à l’heure, de chaque t-shirt qu’ils achètent, les voyages à travers le monde pour voir un groupe en tournée. Je suis aussi ce type de fan et je comprends tout ce que tu as dit à propos de tes fans. Donc pour conclure cette interview, merci pour ça, pour les artistes comme toi qui prennent du temps pour les fans, c’est important. 

Merci beaucoup. C’est important et c’est envers toi que je suis reconnaissant. Alors merci aux gens comme toi qui soutiennent les groupes et aux gens qui nous soutiennent parce que ça nous fait avancer, mec. C’est vraiment le cas. Ça signifie bien plus que ce que la plupart des gens pensent. Ce soutien inconditionnel est tout pour des groupes comme nous. Alors merci.

NOTRE AVIS

Six ans après le très bon « Atonement », KILLSWITCH ENGAGE remet le couvert avec ce neuvième opus qui se nomme « This Consequence ».

Dix morceaux pour une durée de trente cinq minutes. Autant dire que sur papier, je suis en droit de me dire que ça s’annonce direct et concis. Et dès le début de « Abandon Us », je ne me trompe pas. C’est efficace et ça va droit au but. Le groupe est là pour faire mal à nos cervicales et ils ont le don pour y parvenir. Le deuxième titre, qui est aussi mon préféré, « Discordant Nation » est un défouloir pour les enragés du pit. Et en concert, préparez-vous, ça va faire mal, très mal ! Moins direct, mais tout aussi efficace, l’excellent « Aftermath » vient rebattre les cartes de « This Consequence ». Cet album a bien plus d’un tour dans son sac. Suivent les deux singles « Forever Aligned » et « I Believe » qui laissaient déjà présager de la haute qualité de ce neuvième album. Jusqu’ici, c’est un sans faute pour le groupe américain. La rythmique impeccable de Justin FOLEY fusionne parfaitement avec les riffs et les solos majestueux de Joel STROETZEL et Adam DUTKIEWIRCZ. Belle est la surprise sur le très thrashy « Where It Dies » qui rappelle aisément l’âge d’or de la scène thrash metal. Sur le très lourd « Collision », je tiens à saluer le jeu de Mike D’ANTONIO qui fait vibrer les cordes de sa basse comme un fildefériste qui aurait des tremblements. Pour les amateurs de douceur, « The Fall Of Us » est exactement ce qu’il ne vous conviendrait pas. On aime se perdre dans le tourbillon infernal de ce titre sans répit. Jesse LEACH délivre là, l’une de ses plus belle performance vocale sur cet album. Quand je disais que cet album dure trente cinq minutes, ça passe vite, certes. Mais j’ai omis de dire que l’écoute de cet album demande une certaine endurance, tant il est impossible de rester stoïque à son écoute. Changement de tempo sur le démoniaque « Broken Glass », à la fois lourd et intense. S’il vous reste de l’énergie et même s’il ne vous en reste plus, c’est pareil, écoutez le fabuleux « Requiem » en guise de conclusion. Et au passage, jetez donc une oreille attentive au très beau solo de ce titre. 

Après plusieurs écoutes, je dois admettre que je ne me lasse pas de cet album. Une forme d’addiction croissante subsiste à chaque écoute. Le signe que « This Consequence » va s’inscrire dans le temps et j’aime prendre le risque de dire que cet album sera l’un des points culminant de la chaîne d’albums parus en 2025.

PLUS D'INFORMATIONS

  • Artiste : KILLSWITCH ENGAGE
  • Album : This Consequence
  • Label : Metal Blade
  • Date de sortie : 21 février 2025