Vecteur Magazine

IRON MAIDEN + AVATAR UN COCKTAIL PARFAIT POUR UNE SOIRÉE HEAVY INOUBLIABLE La Défense Arena

19.07.2025

Un Live Report de Mélissa Bussiere avec des Photos de Raphaël Gellé

Il est environ 18h30 lorsque nous débarquons devant la Grande Arche de la Défense. Sans plus attendre, direction la salle de la Défense Arena, pour une des dates les plus attendues de cette année : le “Run For Your Lives” World Tour 2025 de ce groupe iconique de notre jeunesse, à l’occasion de leur 50 ans de formation. Voir autant de metalheads envahirent ce lieu, quel bonheur! Nous suivons une file de cheveux longs et de t-shirts Iron Maiden. Tous les âges sont présents ici, beaucoup de fans ont emmené leurs enfants pour l’occasion. Après un passage à la sécurité non sans bouchons, nous pénétrons enfin dans la salle. Un petit crochet éclair aux boissons et direction la porte 106, où je file m’équiper de mon meilleur bloc note. Plus qu’à attendre le début du spectacle. La fosse se remplit peu à peu tandis que les gradins sont encore bien vides. Beaucoup de personnes se retrouvent par petits groupes, se saluent, prennent une bière ensemble, le tout dans une ambiance très conviviale et détendue. Le spectacle de ce soir s’annonce très bon enfant avec des vagues d’amour, de nostalgie et de passions partagées. Il est presque 19h, et on nous passe un petit “Allumez le feu” de Johnny pour éveiller encore plus de souvenirs de jeunesse. La foule s’emballe et commence à pousser des cris perçants et à applaudir alors que rien n’a encore commencé.

AVATAR - Une énergie scénique Hors du Commun

Groupe suédois formé en 2001 à Goteborg, Avatar est un groupe de death mélodique / heavy metal qui se démarque par ses shows scéniques marqué par des costumes très “circus”, un maquillage clownesque, et des mises en scènes très théâtrales, le tout dans un visuel plutôt sombre et provocant. On y retrouve Johannes Eckerström au chant (figure charismatique, souvent maquillé en clown), Jonas “Kungen” Jarlsby (guitare), Tim Öhrström (guitare), Henrik Sandelin (basse) et John Alfredsson (batterie).

Tandis que le public est dans l’attente, des flashs s’allument et des spectateurs se pressent vers l’avant de la salle. 19h30 : De la fumée surgit des deux côtés de la scène et le logo de Avatar apparaît. Un chant strident retentit tandis que les applaudissements retentissent avec puissance. 

Nous sommes plongés dans une ambiance film d’horreur / manège hanté. Un homme vêtu en noir, apporte une sorte de boîte rouge. Des fans dans les gradins se hâtent de gagner leurs places. Il invite le public à frapper dans ses mains. Le chanteur, Johannes Michael Gustaf Eckerström, déguisé et maquillé façon cirque horrifique, sort de cette fameuse boîte. Et c’est parti pour le show! Il passe d’une voix claire à une voix gutturale avec une dextérité impressionnante. Il est très vite rejoint par les autres membres du groupe. Tout de suite, l’auditoire est pris d’assaut par des guitares hurlantes accompagnées de headbangs appliqués des musiciens. Les premières notes de “Dance Devil Dance” vibrent sur nous. On peut dire que l’atmosphère générale est déjà plus que survoltée. La batterie frappe sans relâche et les trois musiciens continuent de headbanguer, synchronisés. Johannes continue d’alterner les vocalises et part voir les autres membres en affichant des airs diaboliques. L’avant de la fosse est totalement déchaîné, tout le monde est en mouvement. Eckerström s’adresse à la foule en nous disant qu’il est heureux d’être là. Il nous parle de la ville de Paris (“the city of love”), puis dans un cri puissant nous invite à clamer le nom du groupe : “We are….!?”, “AVATAAAR!” s’exclame l’auditoire à plusieurs reprises. La foule est maintenue en excitation tandis que Johannes reprend “Avatar is in your mind, Avatar is in your heart”, alors que de puissants riffs résonnent dans toute l’Arena, talonnée par la voix gutturale de notre personnage hystérique. Le titre “Let It Burn” éclate et transperce le public par son énergie. Le rythme est rapide, les musiciens effectuent des chœurs qui se font entendre parfaitement. C’est un détail non insignifiant : le son est parfaitement réglé et cela se sent. Autant sur les “façades”, que sur les “retours”. Un tempo est ensuite donné par la batterie, qui est suivi des guitares et nous avons droit à un magnifique solo parfaitement contrôlé. Le morceau est suivi de près par “In The Airwaves”, qui nous frappe par sa brutalité et ses chœurs clairs, un parfait équilibre en somme.

La musique s’arrête quelques instants et un tonnerre d’applaudissements se fait entendre de tous les côtés. La douce mélodie de “Bloody Angel” se répand dans le public, et nous enveloppe de douceur avant d’entamer une ascension vers un chemin obscur, avec une batterie saisissante et la voix foudroyante de Johannes. Le groupe a toute l’attention de l’auditoire qui frappe des mains sur les notes du morceau. Nous sommes plongés dans une ambiance cabaret / Freak show, avec un jeu scénique incroyable et très immersif. “The Dirt I’m Buried In” retentit, et tout le monde est maintenu en haleine. Le chanteur se déplace de long en large sur la scène, un petit groupe de gars sautent ensemble en rythme sur “Captain Goat”, en se faisant des accolades pleines d’amour. Le titre se termine avec des applaudissements tonitruants, toujours autant motivés. Johannes s’adresse à nous en nous disant qu’ils aiment vraiment jouer à Paris. Il nous demande combien de personnes ont déjà vu Avatar en live avec humour. Ils souhaitent la bienvenue à tous ceux qui voient le groupe pour la première fois : “Welcome to the family !”.

Tout le monde en redemande, et notre vœu est exaucé ! Des spots verts et jaunes rayonnent sur la scène. “Smells Like a Freakshow” nous emmène dans le cirque des horreurs avec des guitares stridentes, des blasts lourds, et toujours de majestueux headbangs pour orner le tout. Johannes invite l’auditoire à participer avec des “Hey Hey Hey !!” accompagné de riffs de guitares bien gras. Johannes s’adresse à nouveau au public : “Last chance to join us !”, “Show me your haaands”. Des guitares tranchantes suivent les cris perçants de notre acolyte, et dans un headbanging toujours aussi beau “Hail The Apocalypse” finit de nous assaillir. Des lumières puissantes viennent caresser l’entièreté de l’espace, et à nouveau je prends conscience de l’ampleur de cet évènement, et de la chance que nous avons. C’est aussi le retour des solos de guitare enivrants. Le son est poussé à l’extrême, tandis que Johannes appelle à nouveau le pit au “Hey Hey Hey !”. Les applaudissements font trembler toute l’Arena, accompagnés par les derniers coups de batterie. Un dernier “We are.. AVATAR”, et une fermeture avec la fameuse mélodie semblable à une berceuse, et les lumières s’estompent peu à peu.

 Le départ des musiciens marque une pause d’un peu plus de 30 minutes.

IRON MAIDEN 50 ans de métier pour un show Haut en Couleur et en Précision

Originaire  d’Angleterre et formé en 1975 à Londres, Iron Maiden est un groupe que l’on ne présente plus. Mais nous allons tout de même le faire un peu ! Pionniers du Heavy metal et emblème de la new wave heavy anglophone, la bande est composée de Bruce Dickinson (chant), Steve Harris (basse, et également le fondateur et le leader du groupe), Dave Murray (guitare), Janick Gers (guitare), et d’un tout nouveau batteur que l’on va nous présenter ce soir, Simon Dawson, et qui succède le talentueux Nicko Mcbrain, qui est tout simplement une vraie légende vivante. On peut aussi présenter un dernier membre qui n’est autre que Eddie, la fameuse mascotte de Maiden, présent sur absolument toutes les pochettes d’albums et également durant leurs concerts.

Après un petit passage à l’extérieur, je regagne ma place un peu en avance. J’entend déjà les cris du public et des sifflements d’impatience. La foule dans les gradins commence à lancer une série de Ola. L’excitation résonne de plus en plus et l’auditoire continue de bouillonner comme il se doit. Les levés de bras successifs reprennent de plus belle. Des applaudissements de plus en plus extrêmes fendent l’air. Un solo de guitare surgit enfin et les notes de “Doctor Doctor”, du célèbre groupe UFO, s’emparent de nous. Des claquages de mains enragées suivent le pas du morceau et des retardataires se pressent vers l’avant du pit et dans les gradins pour regagner leurs sièges. Après cette introduction parfaite pour une mise en bouche préparative à ce long spectacle, les lumières s’éteignent. 

On nous projette alors sur un immense écran central des animations dans une ville de nuit. Tous les téléphones sont levés, mode caméra, pour ne rien louper de ce moment. Des guitares hurlantes pimpées d’une batterie survoltée jouent le titre “The Ides Of March”, qui explose dans tout l’espace en ne manquant pas d’embraser tous les spectateurs. Sur l’écran s’affiche désormais la pochette de l’album “Killers”, et après les premières notes de guitare de “Murders In The Rue Morgue”, et un engouement du public, on voit enfin apparaître chaque musicien de Maiden ainsi que Bruce, sous un arc en ciel de spots lumineux.

Les lumières fusent de tout côté alors que le groupe nous entraîne dans une course folle par sa prestance scénique plus que spectaculaire. On n’en attendait pas moins ce soir, et on n’est plus que bien servis. Bruce court de long en large sur scène, accompagnant ses musiciens avec complicité. En s’adressant au public avec un “War…” , “War..”, répété plusieurs fois tel un écho, le chanteur nous annonce le prochain titre. Rapidement “Wrathchild” est joué, où nous sommes invité une nouvelle fois à crier des “Hey Hey Hey!” énergiques. Les riffs se déchaînent avec une rapidité et une maîtrise instrumentale impressionnante. Après un solo de guitare et un cri de fin perçant, c’est au tour de “Killers” de prendre tout l’espace, et nous emmener dans un voyage sonore hors du commun. On ressent vraiment la passion des fans présents, et tout l’amour donné au groupe. Une rafale de spots rouges et jaunes s’abât sur nous, rythmés par des guitares galopantes. La mascotte de Eddie fait son apparition sur scène, se déplaçant parmi les artistes. On est dans une ambiance full noir et blanc, style films d’horreur ancien ou thriller. A la fin du morceau, Dickinson s’adresse à nous en français, en nous remerciant d’être présents ce soir, et en nous rappelant que pour l’occasion de leur 50 ans d’existence, nous allons avoir droit à un show de plus de deux heures. Il en profite pour nous présenter enfin le nouvel arrivant au sein de l’équipe, qui n’est autre que Simon Dawson, déjà membre des British Lion de Steve Harris. Une animation avec un rideau de velours rouge s’ouvrant sur un escalier de salle d’opéra se présente alors à nous pour faire place au titre “Phantom Of The Opera”. C’est une course entre guitares, basse et batterie, menée par la voix prenante de Bruce, accompagnés de chœurs. L’auditoire balance les bras de droite à gauche en rythme.

Dickinson appelle le public au “HEY HEY HEY !”. On peut noter que le son est un peu moins bon que sur Avatar. Un magnifique solo de guitare accompagné par les bras balancés des fans plonge la salle dans une connexion puissante. Une lumière effleure toute l’Arena de la Défense. Nous sommes immédiatement plongés dans une atmosphère sombre, tout en noir et blanc, “The Number Of The Beast” nous immergeant totalement dans une sorte de caverne profonde d’où la voix de Bruce résonne, aiguë et envoûtante. “666, the number of the beast !” chante Bruce avec entrain, tandis que le public filme avec entrain, tout en chantant ce titre plus que iconique. Emportés par des solos de guitare d’une précision chirurgicale, nous levons les poings en rythme, tout en répétant à tue-tête “666, the number of the beast !”. C’est au tour de “The Clairvoyant” d’entrer dans le show. Sous des lumières violette et verte, les musiciens montrent à nouveau leur complicité sur scène, jouant avec rapidité et précisions et nous massant les oreilles de leurs cordes. Bruce appelle la fosse à chanter le refrain avec lui. Les paroles sont évidemment chantées par coeur avec une précision étonnante “There’s a time to live and a time to die..”. Les lumières s’éteignent pour faire place à une nouvelle pochette d’album : “Powerslave”. Une introduction terrifiante avec des battements d’cœur, une voix résonnante, et des riffs aux sonorités très orientales : “Powerslave” s’empare de la scène, et de nos oreilles. Bruce porte d’ailleurs sa plus belle coiffe pour l’occasion. Il appelle au “HEY HEY HEY”, et toute la salle répond présent. L’auditoire tape dans les mains créant à nouveau un lien fort avec les musiciens. L’enchaînement avec “2 Minutes to Midnight” ne pouvait mieux tomber. Un chant maîtrisé avec brio, accompagné de chœurs puissants qui nous propulsent directement en Orient, c’est ce que procure ce titre emblématique. Nous ne sommes même pas à la moitié du live, et la tension est à son comble. Dickinson débarque en tenue de marines pour le titre “Rime Of The Ancient Mariner”, dont il chante les premières lignes, chaudement accompagné par la fosse. Dans une ambiance électrique, la cadence s’accélère. Tout s’arrête alors pour nous plonger dans une ambiance aquatique et abyssale. En visuel, le fond marin, un bateau qui coule, des personnes qui se noient, qui sombrent. Chaque projection correspond à une pochette d’album, une thématique, dont certains titres sont joués. On assiste alors à la remise en mer du bateau, et les notes de “Run To The Hills” nous percutent de plein fouet. Après les premières phrases chantées par Bruce, des feux d’artifices éclatent en haut de la scène. une batterie fracassante et des guitares stridentes nous font danser sur les “Run to the hiiiiills” retentissants. Un solo hurlant nous fait tous bouger avec entrain. Une fois les dernières notes marquées par batterie, une vague d’applaudissements vient s’écraser sur le groupe. Après avoir hurlé “Run to the hills” un nombre incalculable de fois, c’est au tour de “Seventh Son of a Seventh Son” d’entrer en scène. Dickinson, perché en hauteur, nous emporte de sa voix surpuissante. La foule tape des mains en rythme, toujours autant dynamisée alors que l’on dépasse largement les 1 heure de concert. Des hurlements et des sifflements d’admirations se font entendre. Puis nous vivons une expérience sonore calme, instrumentale, dans une ambiance plutôt mystique et feutrée. Après ce suspense, les guitares redonnent un tempo rapide avec vacarme. Après un ultime solo, “The Trooper” nous amène sur le front, Dickinson brandissant un drapeau, et une sorte de monstre rouge se déplaçant sur la scène. Il s’agit sans surprise d’une des nombreuses versions de Eddie, qui vient agrémenter le show. Les téléphones sont à nouveau tous allumés pour filmer ce titre culte. Après un solo de guitare dévastateur, des “Ohohohohooooooo” sont fredonnés par les fans à la demande de Bruce Dickinson. La lumière s’éteint ensuite et c’est “Hallowed By The Name” qui entre en scène. Après un enchaînement rapide de batterie et de guitares, les musiciens se rapprochent tous les uns des autres pour jouer ensemble. Public et scène se répondent avec encore une fois ce lien profond et indescriptible. Des solos cinglants transpercent fosse et gradins avec une dextérité magnifique, jouissive. Alors que le refrain est repris en chœur par Bruce et le public, la batterie sonne la fin du morceau. Précédée d’applaudissements interminables et motivés, “Iron Maiden” arrive pour finir le bal. Des riffs des enfers, un déchaînement optimal de la foule avec toujours autant d’interaction avec les musiciens. La grosse caisse est martelée et les guitares dansent pour terminer sous une pluie applaudissante. Les lumières se rallument, Bruce Dickinson annonce le départ du groupe, et aussi le rappel en signifiant qu’il ne sait pas quand est ce qu’ils feront leur retour, en ajoutant avec humour “peut-être dans 50 ans??”. 

Après deux minutes d’attente avec un “Churchill’s Speech”, une montée sonore annonce “Aces High”, dans une atmosphère sombre et vibrante teintée de force. Toute la pièce plonge dans les ténèbres, sous le signe de la guerre et du chaos. L’écran projette des images apocalyptiques. Le morceau prend fin et s’ensuit “Fear Of The Dark”, que l’auditoire chante fort, confiant. Un solo de guitare perce l’Arena de la scène jusqu’aux derniers gradins. Le public fredonne également toute la partie instrumentale du morceau avec application. “Wasted Years” débarque pour clôturer ce spectacle incroyable, et dans une explosion sonore maîtrisée qui ravit petits et grands, le live se termine. Des applaudissements plus que mérités viennent clore ce set légendaire. On peut dire que ce soir, on en aura pris plein la vue (et les oreilles). Ce moment ne sera pas oublié de sitôt. 

En conclusion

Avec son extravagance contrôlée, préparant le terrain pour la tornade de décibels à venir, Avatar a allumé l’Arena d’une énergie totalement déjantée. Maiden a pris le relais, enchaînant classiques et raretés dans un crescendo émotionnel, à la grande joie des 40 000 spectateurs hystériques. Bruce Dickinson, chef d’orchestre charismatique, nous a prouvé ce soir que 50 ans de carrière ne freinent pas un show vibrant, des vocaux puissants et des interactions dans un français plus qu’acceptable. Véritable célébration, on peut dire que ce soir le heavy metal a été honoré comme il se doit. L’événement était tout bonnement monumental : que ce soit au niveau prestation qu’au niveau instrumental. Certains fans ayant été même émus jusqu’au larmes. Entre la prestance scénique et les immersions dans l’univers cirque de l’horreur lors de Avatar et les hymnes d’antan de Maiden mêlées à une mise en scène spectaculaire, tout était au rendez-vous pour que toutes les attentes soient comblées. On peut dire que ce soir l’Arena aura été enflammée par l’énergie titanesque de ces 50 années d’expertise, un concert qui marque une page de l’histoire du métal. Up the Irons !!!

Merci à AEG Presents France sans qui nous n’aurions pas pu être présents à ce concert Légendaire !