« In Devastation” marque le retour triomphant de Sinsaenum, groupe reconnu dans l’univers du métal extrême. Ce nouvel opus sort ce 8 août via earMusic.
Avec une carrière qui avait démarré prometteuse, les membres avaient vu leur trajectoire entravée par les épreuves de la vie : la pandémie mondiale et la perte tragique de Joey Jordison, un pilier du métal, (sans citer d’autres épreuves de plus au passage), ont laissé une empreinte indélébile.
Cependant, il y a toujours une Voix pour L’Art et la Résilience. Ce groupe en est la preuve.
Le groupe, formé en 2016 et composé de Frédéric Leclercq et Stéphane Buriez aux guitares, Sean Zatorsky et Attila Csihar en tant que voix principales, Heimoth à la basse et André Joyzi –l’ancien drumm tech de Jordison– à la batterie, renaît de ses cendres et s’engage sur la voie d’une évolution d’un death metal audacieux.
Dès les premières notes, « In Devastation » captive par sa volonté d’explorer des dimensions sonores inédites tout en restant ancré dans les racines du death metal. Chaque morceau se déploie comme une toile où s’entrelacent intensité et atmosphère, dévoilant une introspection troublante, un reflet des émotions tumultueuses que le groupe a traversées. La férocité de cet album ne va pas vous laisser indifférent !
Cette résurrection musicale, audacieuse et courageuse remet Sinsaenum sur le devant de la scène du metal extrême.
En surmontant le deuil tout en se réinventant, Sinsaenum prouve qu’aucune épreuve ne peut annihiler leur passion pour la musique. L’album est un véritable appel à la résilience.
J’ai eu le plaisir de retrouver Frédéric Leclerc, multi instrumentiste (basse, guitare, chant, claviers..), fondateur du groupe, à Paris, et il nous en parle..
:** Bonjour Fred, enchanté.
Frédéric :** Enchanté.
:** Il était temps de te rencontrer ! J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer tout le groupe LOUDBLAST, il ne me manquait plus que toi, et je suis ravie d’admirer ton sourire.
Aujourd’hui, nous allons aborder un album qui revêt une grande importance tant pour toi que pour tes amis. Mais avant ça, il faut souligner que tu es à la fois guitariste et bassiste, ce qui fait de toi un véritable multi-instrumentiste ! J’aime qualifier cela de talent pluriel. Tu sembles toucher à divers aspects de la musique et jouer dans plusieurs groupes. J’aimerais comprendre comment tu parviens à jongler avec toutes ces activités.
Frédéric :** Comme je peux..(rires). C’est compliqué, mais en même temps, c’est facile. Tout rentre dans les cases au moment où cela doit rentrer.
Ça peut sembler compliqué ; il y a même des fois où je me gratte la tête, mais finalement, j’y arrive un peu à jongler, avec plus ou moins de réussite.
Par exemple, pour BLAST, je ne peux pas faire tous les concerts, donc c’est PE qui me remplace. KREATOR, c’est ma priorité, donc j’y suis toujours. C’est cela qui me prend le plus de temps.
Quant à SINSAENUM, ça sort quand je peux me concentrer dessus et que j’ai quelque chose à exprimer musicalement. Et là, je pense que c’est le cas.
:** Mais cela fait un moment que tu as créé ce groupe, SINSAENUM..qu’est-ce qui t’a poussé à créer ce groupe un peu à part ?
Frédéric :** C’est un style que j’affectionne, une manière d’exprimer qui je suis. Tu disais tout à l’heure que j’avais le sourire ; je pense que je l’ai généralement assez souvent.
Cependant, il y a une noirceur en moi qui avait besoin de s’exprimer musicalement. C’est ça qui me parle..ce qui m’a attiré vers le métal et le hard rock, c’était cette noirceur. J’ai toujours été attiré par ça, même si c’est un cliché : les films d’horreur, ça me parle.
Je me suis retrouvé, comme on en parlait tout à l’heure, car les gens me connaissent principalement via DragonForce. C’est cool, mais c’est une facette de moi.
À l’époque, je souhaitais montrer que j’avais besoin d’exprimer cette partie de moi. Voilà, c’était un besoin, en fait..
:** Ce qui m’intrigue également, c’est que cela peut s’expliquer par la passion, mais je ne souhaite pas endosser le rôle de psychologue. Certains pourraient dire s’agir d’une forme d’hyperactivité, perso, en tant que fan je ne peux que comprendre et me délecter de ce besoin de s’investir dans de multiples projets aux côtés de d’autres musiciens. Tu es véritablement entouré de groupes à droite et à gauche. C’est un sujet qui suscite ma curiosité..
Frédéric :** Quand c’est intéressant. Je ne dis pas oui à tout, mais quand quelque chose m’attire, je trouve que c’est flatteur. Ça m’appelle, quelle que soit la raison.
Par exemple, pour le groupe de black metal japonais, SIGH, ce sont des amis à moi, et quand ils m’ont demandé de jouer de la guitare et de la basse sur leur album, sachant que j’adore ce groupe, je ne pouvais pas dire non ; c’était génial.
En 2007, George Lynch m’a également demandé de participer à son album, et j’ai accepté parce que cela m’intéressait. Je considère cela comme une chance, un honneur de pouvoir apporter une contribution à un projet.
Je le fais tant que cela me parle. Je ne veux pas que mon nom soit partout, ce n’est pas mon but.
Si l’on me demande et que cela me parle, c’est cool.
:** C’est une très bonne raison.
Directed by Mathieu Ezan
SINSAENUM a sorti d’excellents registres. Et toi, tu es un véritable moteur créatif du groupe.
Avec tout ce qui s’est passé, vous annoncez enfin votre retour en 2025. Je comprends que cela ait pris du temps pour cet album, qui est monumental.
Je sais, j’ai de la chance. J’étais justement avec Steph, Niklas et Hervé l’autre jour, et Hervé me dit : « Tu as de la chance, tu es une des premières à écouter cet album. »
(Rires)
Je ne pouvais qu’être d’accord.
Question, « In Devastation », est-il un album libérateur ..?
Frédéric :** C’est ce que j’expliquais tout à l’heure, c’est compliqué… Cet album a été réalisé dans la douleur. Les morceaux ont été créés avant diverses tragédies.
L’album est dédié à mon père, à Joey, et à Fred, notre technicien lumière, qui nous a également quittés. C’est libérateur dans le sens où c’est une façon de m’exprimer.
Et en réfléchissant, je ne sais pas si « libérateur » soit le terme, mais c’est quelque chose de..c’est cathartique, et en même temps, c’est dérisoire par rapport à la douleur que l’on peut endurer. Donc, au final, ça reste de la musique…Voilà.
Je sais que ça peut ne pas sembler très vendeur, mais c’est en effet très compliqué d’expliquer tout cela. Cependant, je suis content que cela sorte enfin.
C’est une noirceur qui est en moi, une sorte de point noir, peut-être… Je ne sais pas. C’est compliqué.
:** Je lis entre les lignes, donc tout va bien. Je ne veux pas abuser en me permettant de poser ma question, mais c’est ainsi que j’ai perçu les choses.
Cet album présente de nouveaux éléments : une interprétation, une composition, et l’on ressent clairement l’héritage de ces trois artistes. D’autres détails m’ont également marqué tout au long de l’écoute. On note une présence beaucoup plus marquée des chants clairs, des intros superbes, avec une petite touche acoustique par-ci et des mélodies par-là. Je trouve qu’il a une dimension un peu plus progressive que les précédents, tout en intégrant une variété de styles. Pour en revenir à votre processus créatif, comment s’est-il déroulé ? J’aimerais en savoir plus sur la manière dont cela a évolué pour cet album..
Frédéric :** C’est tout à fait ça. Et il y a beaucoup de choses à dire et qui ont été ajoutées effectivement..
J’ai composé cet album sans arrière-pensée. Dans les albums précédents, il y avait des choses à dire et à justifier. Par exemple, pour le premier album, je justifiais mon appartenance à la scène, car les gens me connaissaient dans un autre registre. Je voulais leur prouver que je maîtrisais le style.
Le deuxième album — Repulsion For Humanity—-, a été créé dans la colère, car tout ce qui se passait autour était compliqué, et nous ne pouvions pas faire de tournée pour le premier —-Echoes of the Tortured—. Dans ce nouvel album, il n’y a aucune barrière..je n’ai besoin de rien justifier.
Je pense que, dans ce sens, c’est l’album le plus personnel, car il n’y a aucun besoin de prouver quoi que ce soit. C’est pour cela qu’il y a un peu de chant clair. En fait, il n’y avait pas de limites.
:** Nous te remercions pour ça.
:** Un autre point, les textes, c’est toi qui les as écrit ?
Frédéric :** Non..je me suis confronté à la perte de toutes ces personnes et je me suis retrouvé à sec. Au niveau des paroles, j’ai délégué tout en supervisant des personnes capables de retranscrire les émotions que je ressentais.
Je pensais qu’une manière romantique de traiter la perte de proches était de la transformer en musique… En réalité, je me suis retrouvé bloqué. J’ai donc délégué, puisque la musique était en grande partie composée avant. Pour les paroles, j’ai supervisé en donnant des thèmes et en gérant tout ça. Ça a été complètement délégué.
Là où avant j’écrivais toutes les paroles, je n’étais pas capable de le faire cette fois-ci.
:** Ce qui est particulièrement frappant, c’est qu’il s’agit d’une interprétation, le reflet de ce que tu souhaitais exprimer et partager. D’où ma question. Chaque élément de l’album est interprété et joué d’une manière unique. On ressent une vraie cohésion profonde tout au long de l’œuvre. Lorsque tu mentionnes que quelqu’un a réussi à transcrire tout ce que tu avais à dire, c’est puissant. Les auditeurs peuvent effectivement saisir les émotions à travers les paroles, et cela transparaît dans les morceaux. Une osmose totale est nécessaire pour y parvenir..
Frédéric :** Oui, mais ce n’est pas une pièce rapportée. J’ai toujours voulu que SINSAENUM soit associé à des personnes proches, à une histoire, avec des gens avec qui je connecte. Les personnes avec qui j’ai travaillé sur cet album font partie de cette famille d’une manière ou d’une autre.
Il y a notamment Mike [Heller], qui a contribué à l’écriture des paroles sur l’album d’AMAHIRU, le groupe japonais que j’ai. Ce sont des gens proches de moi, avec qui je peux parler. Ce n’est pas un inconnu, tu vois. Donc, cette cohésion existe vraiment, c’est bien si tu peux la remarquer, car elle est bien présente.
:** En tout cas, je suis très heureuse de vous revoir.
Frédéric :** Merci beaucoup.
:** J’ai remarqué que vous avez un nouveau batteur, André. Il faisait déjà partie de la famille, n’est-ce pas ? Le choix de l’intégrer a-t-il été évident pour vous ? A-t-il trouvé cela facile ?
Frédéric :** J’en reviens à ce que je te disais tout à l’heure, pour rester sur le même thème, je voulais que cela reste dans la famille. Je trouvais que cela avait du sens, puisque Joyzi était avec nous sur la tournée.
Il était présent sur « Final Resolve » et faisait les percussions sur ce morceau-là, sur scène. Il connaissait les morceaux, et il était toujours avec Joey.
Pour moi, c’est apparu comme une évidence de le choisir, plutôt que de prendre quelqu’un qui ne faisait pas partie de notre cercle, comme je le disais tout à l’heure. Le côté familial, le côté clan, c’était essentiel.
Il faisait déjà partie de la famille. C’était évident, tout simplement.
Effectivement, cela peut être difficile pour lui. Je ne me rends pas compte de tout ça de l’extérieur. Ça peut être compliqué pour lui, car Joey Jordison, ce n’est pas n’importe qui. Ce sont de grosses chaussures à remplir, mais il le fait très bien.
Et voilà, il a accepté. Il a compris. Tout s’est fait naturellement.
:** Je pense que dans des moments importants comme ça, et même dans le monde en général, on a besoin d’être entouré de personnes en qui l’on a confiance, de ceux sur qui on peut compter, des gens qui sont toujours là.
Frédéric :** On est bien d’accord.
Directed by Gornoss
:** Parlons de l’album. Lasse Lammert a produit et mixé l’album. Il y a effectivement de nouveaux horizons sonores. À un moment donné, tu as mentionné des titres comme *Obsolete and Broken* et *The Last Goodbye*. Désolé si je le mentionne..*The Last Goodbye*, est un morceau… Si tu n’arrives pas à en parler, je comprendrai, mais il est costaud. Même le chant, tu disais qu’il est très personnel.
Je suis vraiment touchée par le processus émotionnel que tu fais comprendre se cacher derrière ta musique..si tu n’arrives pas à en parler je comprendrais..
**Frédéric :** Ça parle de ça, en fait..
:** Très bien, c’est tout à fait compréhensible.Il est clair que cela représente quelque chose de très significatif.
En écoutant vos précédents albums, on ressentait cette brutalité que l’on adore, tandis que dans le dernier, on perçoit des réflexions plus profondes. Peut-être vais-je un peu loin dans ma question, mais crois-tu que cette évolution musicale, qui mêle death metal et nouveaux éléments, constitue une direction pour vous ?
**Frédéric :** Je ne me pose pas vraiment la question. L’album n’est pas encore sorti, donc il est difficile de se projeter. Il y a du renouveau, et c’est pour ça que nous avons changé le logo. C’était l’occasion idéale pour marquer ce changement.
Le style a évolué. C’est plus personnel… Donc ces éléments qui sont incorporés, ils sont là, je ne sais pas s’ils reviendront, mais en tout cas, ils font partie de l’album.
C’est encore trop tôt pour se prononcer sur l’avenir.
:** Je comprends. C’est vrai que tu mentionnais tout à l’heure que cet album a été l’occasion pour toi d’exprimer des envies et de les réaliser, ce qui a du sens.
D’ailleurs, cela me rappelle ce que tu as dit tout à l’heure… Qu’est-ce que Fred Leclerc a encore à prouver ? Tu n’as vraiment rien à prouver à personne. Lorsque l’on te voit sur scène et que tu joues, on est captivé par ton assurance et ta maîtrise. Je n’avais pas conscience que tu avais ce ressenti. En t’écoutant tout à l’heure, je me suis dit que ce n’était pas possible..tu n’as vraiment rien à prouver, dès que tu touches à quelque chose cela devient magique..
:** Revenons à l’album. J’ai vraiment adoré tous les titres. Tu mentionnais tout à l’heure l’introduction d’*Obsolete and Broken*. Par ailleurs, *Shades of Black* présente une belle touche acoustique, et soudain, la voix nous entraîne. En ce qui concerne *Over the Red Wall*, à la fin, on entend un rire maléfique…Et un cri de désespoir..
Frédéric :** C’est Attila qui a réalisé cela. Je lui ai donné carte blanche pour faire des rires de douleur. Il rit et pleure, tu vois, c’est Attila Quoi..
:** Pour *Buried Alive*, on peut dire que vous nous « enterrez », c’est certain ! J’adore les riffs de *Destroyer*, qui sont très bien construits. Par ailleurs, *Spiritual Lies* est un autre titre que j’apprécie énormément. J’y perçois une brutalité délicieuse. Peux-tu m’en dire plus sur cette chanson ?
Frédéric :** Bien-sûr ! C’est marrant parce que j’ai écouté ça avec mon pote hier. C’est le morceau qu’il a retenu. Il y a toujours un morceau par album, quel que soit le groupe tu sais..qu’on ne sait pas si ce morceau finira sur l’album ou pas, pour celui-là je n’en étais pas sûr..
*Spiritual Lies*, c’était ça, tout comme *Army of Chaos* sur le premier album. Alors qu’au final, on a en fait, fait de *Army of Chaos* un single, et c’est devenu l’un des morceaux les plus connus. Pour *Spiritual Lies*, ça a été un peu la même chose. En fait, c’était un bonus ; je l’ai terminé à la dernière minute… Je ne savais pas trop, mais il est super efficace et un peu différent. J’ai hâte de le jouer sur scène.
Il est parti un peu en outsider.
:** En tout cas, merci d’avoir inclus ce morceau..je peux te dire qu’il m’arrive parfois de peiner à reprendre mon souffle quand je l’écoute. Donc, merci encore.
Alors, le 8 août, vous sortez *In Devastation*. Vous venez de sortir *In Devastation*, le premier single. Je ne peux pas imaginer meilleur morceau à choisir. Peux-tu nous dire s’il y aura une autre sortie, un autre single avant la sortie de l’album ?
Frédéric :** Oui, il y a *Last Goodbye* qui sort en clip dans deux semaines.
:** Cool.
Frédéric :** Ensuite, on devrait sortir… Je ne sais pas quand l’interview sortira..
:** L’interview sera diffusée quelques jours avant la sortie de l’album.
Frédéric :** En effet, il y a *Last Goodbye* qui sort, mais aussi *Obsolete and Broken*.
:** Merci beaucoup. Pour *Last Goodbye*, je sais , je reviens dessus..on ressent beaucoup de douleur et de colère dans ce morceau. C’est presque comme un poème, ou du moins.. c’est ce que j’ai ressenti. Ça pourrait même être décrit comme un chant de lamentation..
**Frédéric :** Je ne peux pas trop en parler..
:** Non, non, je m’en souviens, je voulais juste te transmettre mon ressenti.
Frédéric :** Je suis très intéressé de connaître le ressenti des gens. En fait, quand tu travailles sur un album, celui-là me tient d’autant plus à cœur parce que j’ai mis du temps à le sortir, et nous avons mis du temps à le finaliser. Il est toujours très intéressant de savoir ce que les gens en pensent. Pour moi, même si je n’ai rien ajouter sur ce morceau, je suis davantage curieux de connaître ton avis effectivement..
:** Il est magnifique, poignant, brute et brutal ! Il y a de tout… Quand on a une sensibilité, il n’y a pas que la brutalité dans le métal. Avant même de comprendre le sens de ce que tu voulais transmettre, si on écoute bien, on le ressent du début à la fin, tout en gardant l’âme métal.
Vous changez un peu les codes du death metal ; il y a de la modernité, et on l’entend. Pour moi, le métal doit me faire voyager personnellement. Ce n’est pas seulement une question de secouer la tête..
(Rires)
**Frédéric :** Ah oui oui, tout à fait !
Directed by Gornoss
:** La marque ESP, une histoire d’amour, une longue histoire d’amour non ?
Frédéric :** Ah ouais ouais. Je les ai rencontré en 2006, j’étais en tournée avec DragonForce, et nous commencions à chercher des endorsements. En fait, j’ai rencontré Alan, qui travaillait là-bas. Il nous a quittés d’ailleurs l’année dernière aussi..
:** .. décidément..
**Frédéric :**..ouais… Il m’a dit qu’il m’endorserait pour la basse et la guitare parce que je lui ai expliqué que j’étais également guitariste. Je me suis toujours très bien entendu avec eux. Et la réponse est Oui, ça fait 19 ans maintenant. J’ai mes modèles de basse ; c’est le troisième modèle qui sort là, enfin qui est sorti l’année dernière, et oui, c’est le nom qui sort.
:**C’est beau. De plus, j’ai remarqué que tu as amené ‘la famille’ chez eux..
:** Au niveau des projets, j’ai vu que vous aviez déjà des dates programmées pour une tournée au mois d’octobre, mais avez-vous avez des dates avant la sortie ?
Frédéric :** Non, ça démarre bien au mois d’octobre.
:** Vous devez tous assumer d’autres responsabilités, ça doit être un boulot énorme pour pouvoir se retrouver..
Frédéric :** C’est un peu compliqué. J’essaie de gérer avec mon emploi du temps. Avec KREATOR, c’est toujours très chargé. Nous sommes très demandés, et je tourne énormément. Ça fait trois ans que l’album est sorti, et nous avons fait je ne sais combien de concerts.
C’est usant, mais c’est cool hein, je ne me plains pas, mais c’est très fatigant. Avec SINSAENUM, je veux aussi faire des dates, mais il faut que je me laisse un peu porter par l’équipe autour, parce que moi, je suis vraiment chargé…
:** Concernant l’artwork, avec qui avez-vous travaillé pour l’artwork ?
**Frédéric :** Travis Smith. C’est lui qui avait fait la pochette de l’album précédent, *Repulsion for Humanity*, qui m’avait été présentée par Joey qu’il connaissait.
Il a travaillé sur Death, Nevermore, et il a également bossé sur *Scar de Martyr* et *Amahiru*. Encore une fois tu vois, ce côté familial me semblait pertinent pour le projet. Je l’ai contacté en lui demandant s’il avait déjà des pièces existantes.
Il m’a montré quelques concepts, et son Artwork m’a interpellé parce qu’il apporte une vision un peu à contre pied de la brutalité de l’album. J’appelle le personnage principal « l’Empereur ». Il contemple un soleil qu’il a dans la main..c’est calme, il y a quelque chose d’apaisant et de triste. Ça m’a beaucoup parlé, et il y a des éléments qui rappellent la culture japonaise.
Pour moi, cela a collé avec tout. Je trouve que c’est un beau contre-pied. Il y avait d’autres propositions de pochettes qui étaient un peu plus violentes, avec « In Devastation », mais là, il y a quelque chose de spécial, une sorte de contraste qui me parle. Je trouve que c’est une pochette magnifique.
Moi..qui suis-je..
(Rires)
:** Ah non non, tu es qui tu es, et je suis entièrement d’accord, et cela est bien en accord avec l’album.
Avant de clore cette interview, y a-t-il un autre sujet dont tu aurais envie de parler ?
**Frédéric :** On à pratiquement tout abordé je crois..on peut parler d’autre chose si tu veux.
:** Allez. Je sais que tu es fan de jeux vidéo, de films d’horreur, et de cuisine..tu cuisines non ?
Frédéric :** Oui.
:** C’est quoi ta spécialité ?
Frédéric :** Je suis très, très bon en chilli con carne.
:** Ah, et moi qui croyais qu’on allait parler japonais car tu es fan de culture japonaise..rien à voir !
(Rires)
**Frédéric :** Ouais, pas du tout japonais hein…J’adore cuisiner, c’est l’un des rares moments où je me retrouve seul. Pour moi, la cuisine est un art, c’est créatif. J’aime les couleurs, la présentation, et cela me calme. Quand je cuisine, il n’y a personne qui m’emmerde tu vois..
J’adore ça. Je ne suis pas le meilleur cuisinier, loin de là, mais j’aime faire à manger. C’est un moment où je me retrouve seul.
Mon chili con carne est excellent, et j’espère qu’un jour je pourrai te le faire goûter.
:** Ah Ouais ? Tu le fais avec des piments frais ?
**Frédéric :** Je le fais avec ce que j’ai sous la main ; j’utilise des piments frais, des chipotles en boîte, et je mets du paleron.
:** Cool ! Je vais tester avec les chipotles, ça donne envie !
Écoute, je te remercie, vraiment. Je suis ravie de t’avoir rencontré.
**Frédéric :** Moi de même, merci beaucoup !
TRACK LIST :
01. In Devastation
02. Cede to Thunder
03. Shades Of Black
04. Obsolete and Broken
05. Last Goodbye
06. Spiritual Lies
07. Destroyer
08. Buried Alive
09. The Wretched World
10. Over the Red Wall
Chaque morceau de « In Devastation » est une exploration riche et nuancée, soulignant la volonté de Sinsaenum d’évoluer tout en rendant hommage à leurs racines.
Sinsaenum a su transformer les défis en créativité, et ce travail acharné se ressent dans chaque note. La juxtaposition des éléments progressifs au sein des titres traditionnels de black death métal s’avère être le fil d’Ariane tout au long de l’album.
Le chant, tantôt clair tantôt rugueux, se révèle d’une intensité poignante, réveillant des résonances cachées, ce qui rend cet album extrêmement personnel.
Les riffs de guitares, acérés et inventifs, les cordes de la basse, te planquant au mur, esquissent des paysages sonores où se dessinent les démons intérieurs du collectif. Chaque membre apporte sa touche unique, créant un ensemble homogène, mais riche de nuances. Frédéric, Stéphane, Heimoth & André sont d’une Maîtrise technique prépondérante, témoignant d’un travail acharné et d’une alchimie palpable nous procurant une harmonie dans l’écoute d’un Chaos.
L’album s’ouvre sur « In Devastation », un morceau grandiose aux sonorités dystopiques. Cette introduction captivante tisse une atmosphère de tension palpable avant de plonger dans une violence sonore dévastatrice. Les growls percutants et les riffs incisifs frappent avec une force impressionnante, établissant ton et intention pour le reste de l’album. La virtuosité des guitaristes brille dans les riffs et solos, alliant vitesse et force mélodique au cœur de cette furie sans relâche.
« Cede to Thunder », Sinsaenum maintient le cap de l’intensité. Ce morceau se distingue par sa fusion de thrash et de blast beats, créant une expérience auditive sauvage et énergique. Les riffs percutants et les éléments thrasher s’enchaînent avec une précision déconcertante, tandis que les solos de guitare viennent percer l’atmosphère maussade, ajoutant une dynamique qui captive et électrise l’auditeur.
Coup de cœur sur « Shades of Black » qui se démarque avec une introduction acoustique délicate contrastant habilement avec la brutalité montante. Le chant clair, enveloppé dans une mélodie épique, évoque une dimension presque hymnique. Ce morceau, taillé pour la scène, dégage une mélancolie héroïque, renforcée par des lignes mélodiques qui rappellent la richesse du death melo. Cette juxtaposition entre douceur et agressivité rend ce titre particulièrement puissant.
Sinsaenum ose intégrer des influences progressives, réussissant à pousser les limites créatives du groupe. Avec une introduction intrigante, « Obsolete and Broken » expérimente avec des sections au chant clair, offrant une vulnérabilité inattendue. L’apparition d’un sitar au milieu du morceau, loin d’être accessoire, témoigne de l’audace du groupe à harmoniser mélodie et technicité, apportant une profondeur émotionnelle rare à leur propos.
« Last Goodbye » émerge comme une véritable ode à la douleur. L’intro atmosphérique segmente la chanson, soulignant les contrastes entre moments sombres et éclats brutaux. Ce morceau poétique se construit autour d’un sublime solo de guitare qui ferme cette lamentation avec force et élégance. La profondeur du chant clair capte l’essence de la colère et de la souffrance, rendant ce titre particulièrement poignant dans le contexte de l’album. Son clip, réalisé par le talentueux Gornoss, est doté de sobre, réveillant le deuil, tout de noir & blanc vêtu.
La réussite de « Spiritual Lies » réside dans l’art délicat du mélange entre brutalité et finesse. Les fûts ajoutent une cadence redoutable à des riffs aiguisés, accentuant l’effet dévastateur. Ce morceau est une véritable explosion sonore, un tourbillon de techniques musicales qui laisse peu de répit, révélant ainsi la maîtrise du groupe et leur capacité à maintenir l’oreille en haleine.
« Destroyer » s’impose comme une véritable avalanche de riffs, ne laissant aucune place à la tiédeur. Cet hymne à la destruction est un appel brut à la brutalité, où le groupe continue d’asséner des riffs déferlants qui frappent avec force. Chaque note, chaque coup de batterie, semble conçu pour écraser et dominer, mettant en avant la puissance inégalée de Sinsaenum. La cohésion entre les instrumentistes est flagrante, et leur capacité à maintenir une telle intensité tout au long du morceau est impressionnante. À l’image de son titre évocateur, « Buried Alive » m’ensevelit sous une déferlante de blast beats et de solos enivrants. Ce morceau fait écho à son intitulé, incarnant une expérience d’écoute écrasante qui laisse peu de place à l’oxygène. Les riffs d’une ‘violence’ extrême et les solos captivants s’entrelacent, créant un tourbillon musical qui évoque parfaitement la sensation d’être submergé. Sinsaenum s’illustre ici par sa capacité à créer une atmosphère oppressante tout en restant techniquement brillant.
« This Wretched World » continue de porter la flamme de l’intensité présente tout au long de l’album. Ce titre à la fois puissant et dramatique mélange bravoure et drame dans une composition haletante. Chacune des sections est soigneusement agencée pour maintenir la tension, et les changements d’intensité renforcent encore cette impression. Les contrastes entre les moments puérils d’agressivité et les passages plus réfléchis fournissent une profondeur émotionnelle qui enrichit l’ensemble du projet.
Culminant en un assaut sonore, « Over the Red Wall » clôt l’album avec une intensité de jeu remarquable. Ce morceau rapide et frénétique inclut des voix démoniaques, renforçant l’expérience d’immersion dans un univers à la fois tumultueux et captivant. Le rire maléfique qui résonne à la fin ajoute une dimension inquiétante, laissant une empreinte durable. Chaque membre excelle dans sa discipline, et la synergie qui émane de leur jeu collectif propulse le groupe à de nouveaux sommets. La sensation d’une course effrénée est palpable, offrant un final inoubliable.
Sacré, presque, Outsider..
Après *Echoes of the Tortured* (2016) et *Repulsion for Humanity* (2018), *In Devastation* s’impose comme une œuvre essentielle, consolidant la place de Sinsaenum à l’avant-garde du metal extrême moderne. Produit par Lasse Lammert, cet album explore des horizons sonores inédits tout en affirmant une brutalité sans compromis.
Ce mélange & contraste agressivité et réflexions mélancoliques, illustre parfaitement cette évolution. Ces moments d’introspection s’équilibrent parfaitement aux moments dévastateurs créant une expérience d’écoute riche et variée. À travers chacune de ces compositions, Sinsaenum ne fait pas seulement redéfinir son identité ; il repousse les frontières de son art avec une détermination palpable, affirmant ainsi son statut indélébile dans le paysage du métal extrême.
Cette album je l’ai écouté jusqu’à l’usure. Maintenant, chasse au vinyl !
PLUS D’INFOS :
Album : In Devastation
Date de Sortie : 8 Août 2025
Label : earMUSIC
Production / Mixage : Lasse Lammert
Photos Credit : Celine Kopp
Artwork : Travis Smith
Sites Officiels : Sinsaenum on Facebook:
/ sinsaenum Sinsaenum on Instagram:
/ sinsaenum Sinsaenum on Digital Streaming Platforms: https://sinsaenum.lnk.to/Album
Lineup :
Frédéric Leclercq
Attila Csihar (Mayhem)
Sean Zatorsky (Dååth)
Stéphane Buriez (Loudblast)
Heimoth (Seth)
Andre Joyzi