Vecteur Magazine

Imminence & Ne Obliviscaris à la Salle Pleyel : une soirée entre Virtuosité et Théâtralité

"The Black Finale Europe 2025" Live with String Quartet

Le 17 décembre dernier, la Salle Pleyel s’est transformée en cathédrale du métal progressif. Devant un public aussi attentif que enthousiaste, Imminence et Ne Obliviscaris ont offert deux performances radicalement différentes, mais étonnamment complémentaires : la première tournée vers la perfection technique, la seconde vers l’émotion scénique totale.

Dans le cadre de la tournée « The Black Finale », ce concert était pensé comme une soirée unique mêlant métal et orchestration de cordes dans la prestigieuse Salle Pleyel, à Paris.

L’événement VeryShow Productions s’inscrivait dans une courte série européenne de seulement cinq dates, présentées comme les plus grandes performances live de la carrière d’Imminence.

L’ambiance annoncée était celle d’un show cinématographique, construit comme l’apogée de l’ère « Black » d’Imminence.

17.12.2025

Live Report de Cidàlia Païs avec des photos de Raphaël Gellé

Ne Obliviscaris

C’est Ne Obliviscaris qui ouvre le bal, et dès les premières notes d’*Equus*, la majesté du lieu semble se plier à leur musique. Peu de groupes peuvent maintenir une tension quasi mystique avec seulement quatre (ou plutôt cinq) morceaux sur près de cinquante minutes. Les Australiens livrent un set d’une intensité rare, où la virtuosité n’écrase jamais la sensibilité. Le dialogue vocal entre Tim Charles et Xenoyr fascine : entre growl abyssal et chant limpide, les deux registres s’entrelacent sans heurt.  

Les longues progressions de *Devour Me, Colossus* (parties I et II) hypnotisent la salle, tandis que *Suspyre*, extrait de *Exul* (2023), résonne comme une méditation épique. Le public, souvent médusé, oscille entre headbanging et contemplation. En conclusion, *And Plague Flowers the Kaleidoscope* emporte tout sur son passage, déchaînant une vague d’applaudissements nourris — la preuve qu’en ce mercredi soir, la première partie jouait déjà dans la cour des grands.

Il est important de le mentionner : nous avons ressenti de la sympathie pour eux en raison des problèmes techniques rencontrés tout au long du set. Cependant, ils ont su garder leur dignité et ont offert une performance remarquable.

Après la vague australienne, place à la Grandiloquence suédoise.

Imminence

Imminence investit la scène sous une lumière verte diffuse, précédée par une silhouette vêtue comme un moine, lanterne à la main : le décor est planté. Salle Pleyel n’a sans doute jamais vibré ainsi sous un tel mélange d’énergie metalcore, de violons élégiaques et de mise en scène quasi cinématographique. Dès *Come Hell or High Water*, l’électricité parcourt le public et, sur *Desolation*, les premiers pogos s’improvisent entre les rangées. La scénique est incroyable. Le jeu d’ombres, les lumières dramatiques et l’énergie du groupe créent un climat délicieusement mystique. 

Le groupe alterne entre fureur et délicatesse : *Death Shall Have No Dominion* met la salle à feu, tandis qu’un bouleversant interlude acoustique, accompagné d’un quatuor à cordes, suspend le temps. *Alleviate* et la première acoustique de *Continuum* laissent flotter un silence respectueux, ponctué d’applaudissements chaleureux. Le violon et la voix d’Eddie Berg n’évitent pas quelques fragilités, mais ces imperfections rendent le moment d’autant plus sincère.

Sur *Come What May*, Tim Charles rejoint la troupe pour un duo de violons inattendu. Moment de grâce absolue avant le retour du chaos, lorsque *Infectious*, *Temptation* et *God Fearing Man* rallument la flamme du pit. Les spectateurs abandonnent toute retenue, entre crowd surfings et cris libérateurs. La clôture avec *The Black* et *Le Noir*, plongée dans une lumière rouge sang, referme le spectacle sur une note à la fois solennelle et explosive.

Amplified set 1

Come Hell or High Water

Desolation

Heaven Shall Burn

Beyond the Pale

Death by a Thousand Cuts

Death Shall Have No Dominion

Come What May

Cul-de-Sac (tape)

Acoustic Set : 

Saturated Soul

Alleviate

Continuum

This Is Goodbye

Love & Grace

Amplified set 2

L’appel du Vide

Heaven in Hiding 

Infectious

Erase

Temptation

God Fearing Men

The Black 

Le Noir

    

La salle Pleyel vibrait. Imminence n’a pas seulement donné un concert, mais une véritable œuvre scénique, où chaque détail compte — des lumières au dernier archet tendu vers le public. Face à eux, Ne Obliviscaris a incarné l’exigence et l’élégance d’un métal intellectuel et viscéral. Deux visions du même art, réunies dans une soirée inoubliable, où Paris a rappelé que la grandeur du métal pouvait aussi se jouer sur ses plus belles scènes.

 

Je termine en laissant un grand Merci à Sabrina & VeryShow pour l’accréditation, et à la Salle Pleyel pour cet accueil toujours aussi chaleureux et aux groupes pour cette soirée inoubliable !