Jour 2 :
Ce vendredi s’annonce intense et musclé et encore une fois il sera très difficile de courir de scène en scène dans l’espoir de pouvoir attrapper quelques bribes des français de BLACKRAIN et leur glam accrocheur, du grunge splendide de RETURN TO DUST, KILLUS et PONTE DEL DIAVOLO qui auront aussi bien marqué les esprits de la Temple. Nous avions aussi la chance d’accueillir les Brésilienne de CRYPTA sous Altar, ou même le retour des légendaires THE GATHERING.
Si l’ingénierie sonore globale de cette édition s’avère magistrale, le tableau compte son petit lot d’ombres, caractérisées par un net déficit de puissance sur certains concerts. Ce fut particulièrement flagrant lors du passage de TESSERACT sur la Mainstage 2. Bien que leur exécution technique ait été irréprochable, le manque d’impact a, en ce qui me concerne, entravé l’immersion. La formation britannique aurait indubitablement gagné en intensité sous Altar, à l’instar de PERIPHERY qui y a livré un set monumental. Programmer PERIPHERY face au géant IRON MAIDEN représentait un pari audacieux. Un défi pourtant relevé haut la main grâce à un show carré, percutant et d’une propreté chirurgicale. De son côté, IRON MAIDEN, égal à lui-même, a déployé une énergie folle, à grand coup de classiques incontournables des premiers albums. Un pur bonheur pour les fans de la première heure, d’entendre résonner des morceaux mythiques tels que “Phantom of the Opera” ou “Rime of the Ancient Mariner” en live. De mon côté c’est tout l’interlude et le solo de “Powerslave” qui me sidèrent à chaque fois.
Plus tôt, les festivités s’étaient ouvertes sous les meilleurs auspices avec le petit événement de la journée, la venue et la prestation d’URAVENA. La formation polynésienne, armée d’un power thrash percutant, a rendu une copie impeccable face à un public curieux et avide de découvertes. S’ensuit un passage sur la Warzone pour le set de WAKE THE DEAD. Porté par sa chanteuse ALEKSANDRA, qui a intégré les rangs du combo marseillais en 2024, le groupe a délivré un hardcore moderne et incisif, idéal pour secouer des festivaliers français toujours aussi soucieux de supporter leur scène locale.
Plus tard dans l’après-midi, place aux Indiens de BLOODYWOOD, dont le passage mémorable en 2023 m’avait déjà subjugué. Le constat reste inchangé, si leur discographie studio peut sembler redondante, l’expérience scénique s’avère, elle, purement magique. Porté par une énergie volcanique, le groupe a plongé une fosse en transe dans un ballet incessant de crowd surfing. Le mariage des codes du metal et d’instruments traditionnels indiens offre un dépaysement total aux oreilles occidentales. Un véritable shot d’adrénaline au milieu de la journée.
Cette décharge d’énergie s’est révélée salutaire pour enchaîner ACCEPT en plein dans sa tournée anniversaire de ses cinquante ans, et les Britanniques de SYLOSIS. Devant une Altar devenue trop étroite, JOSH MIDDLETON et sa bande ont investi la scène, le regard noir et déterminé. Dès les premières notes, le concert a viré à la démonstration de force brute. SYLOSIS nous a littéralement terrassés d’une violence inouïe. Enchaînant leurs morceaux les plus massifs, portés par un frontman au charisme impérial et des solos d’une technicité insolente, les Britanniques ont déployé une puissance inégalée. « Veni, vidi, vici » pourrait être leur nouvelle devise : ils ont tout écrasé sur leur passage avant de s’éclipser sitôt la dernière note étouffée, laissant la fosse KO debout. C’est sous le choc que nous pouvons passer côté Mainstages, se poser dans l’herbe et profiter du concert haut en volée d’HELLOWEEN, sur lequel nous passons un excellent moment à chanter sur des classiques tels que “I Want Out”, “Eagle Fly Free” ou “Dr. Stein”. A noter qu’à l’instar d’ACCEPT, HELLOWEEN est aussi sur une tournée anniversaire pour ses quarante années de carrière.
Contraint par d’autres obligations, ma journée s’est malheureusement achevée juste après PERIPHERY. Un pincement au cœur d’avoir manqué la performance de BLOOD INCANTATION, dont les éloges ont résonné dans tout le festival le lendemain, ou encore le show dantesque et bouillant de SABATON qui a totalement renversé la Mainstage.