Bien qu’étant à l’heure sur le site, je vais rater la prestation de l’incroyable SUN. S’il y a bien une chose qu’il faut retenir d’un festival, c’est qu’il est quasiment impossible de se tenir à un programme établi en avance.
Direction la Mainstage 1 pour voir le groupe français CACHEMIRE. Tout de blanc vêtus, le groupe monte sur une scène soignée pour nous délivrer une prestation riche et énergique. Le groupe bénéficie d’une base de fan solide dans le public du Hellfest. Une prestation à saluer car le groupe transpire la passion pour ce qu’ils font. Et l’effort scénique méritait même une petite place un peu plus tard dans la journée.
Si la grâce avait un nom, elle s’appellerait probablement Charlotte WESSELS. C’est sur la Mainstage 2 que l’artiste et son groupe sont venus hypnotiser le public par des envolées lyriques et des harmonies de toute beauté. Notamment sur “Chasing Sunsets” qui ouvre le bal. Tout au long de la prestation, la complicité entre musiciens est palpable. Avec cette dose de bonnes vibes, la journée ne pouvait pas mieux commencer. Un gros coup de cœur pour ce concert.
C’est au tour des australiens de VOWWS d’investir la Mainstage 1. Come-back dans les eighties avec un mélange de new-wave et de synth-pop hyper intéressant. Tout sonne eighties chez VOWWS. Même les costumes et la clope à la bouche… Un groupe à revoir, mais dans d’autres conditions. Une salle, tard le soir, sera probablement plus appropriée pour laisser le groupe nous imprégner de ces belles mélodies. L’univers sombre du groupe dénote quelque peu avec le contexte du festival et de l’horaire.
Nous sommes à l’heure du déjeuner pour certains, de l’apéro pour d’autres. Ce qui est sûr, c’est qu’il fait chaud, très chaud sur Clisson. A tel point qu’un petit break à l’ombre s’impose, le temps de reprendre quelques forces.
Prochain rendez-vous, la Hellstage pour voir PØGØ. Enfin…, ne pas faire comme moi qui attendais devant la scène, jusqu’à ce que je m’aperçoive que le groupe joue dans une cage en haut d’un immeuble, à quelques mètres de là… Une demi-heure de concert intense qui a su attirer les curieux aux pieds de l’immeuble en ruine. Le duo a facilement embarqué le public avec son trap metal. Pour les avoir vu l’année dernière dans d’autres conditions scéniques. Force est de constater qu’il n’est pas aisé d’offrir un show dans des conditions différentes de d’habitude. Chapeau messieurs.
Je quitte la Hellstage pour voir l’un des concerts que j’attendais avec impatience. Celui des trois sœurs VILLAREAL de THE WARNING sur la Mainstage 1. Et quelle prestation ! Quelle énergie de la part du groupe mexicain ! Le public massé devant de la scène est en feu et complètement sous la coupe du trio qui occupe la scène avec une telle aisance et professionnalisme. Dès le premier titre “S!CK”, c’est une bonne dose de rock que nous prenons en pleine face. Pas d’artifices, pas de lights exceptionnels. Juste trois musiciennes talentueuses et généreuses. Comme quoi, parfois les choses les plus simples sont celles qui fonctionnent le mieux. C’est avec l’excellent “More” que le groupe va passer au niveau supérieur, ne laissant aucun répit au public. Un énorme coup de cœur pour cette prestation. Un groupe à voir et à revoir.
Je bascule sur la Mainstage 2 pour tenter de regarder la prestation des canadiennes de KITTIE. Bien que le début du set soit excellent. C’est après le titre “Spit” que je m’avoue vaincu par cette chaleur plombante et retourne chercher un peu de fraîcheur pour reprendre des forces. C’est dommage, car c’est un concert que je voulais voir…
Je sortirai de ma tanière pour aller voir le concert de 3 INCHES OF BLOOD sous Altar. Bien que protégé des rayons assassins du soleil, la température ne chute pas. Mais c’est sans regret, car les canadiens nous ont offert une prestation de haute voltige. C’est carré et sans fausse note. Même si je ne suis pas un amateur des percées vocales de Cam PIPES, il me faut reconnaître que la prestation est solide. Pour les amateurs de heavy, il faut se laisser tenter par la prestation de ce groupe qui ne laisse aucun répit au pit.
Me voilà reparti braver les rayons de soleil pour aller à la Warzone afin de regarder THE REAL MCKENZIES. L’accès à cette scène est devenue aussi compliquée que de descendre dans le sud de la France en plein été avec les bouchons. L’indice de circulation est noir vers la Warzone. En même temps, les canadiens (décidément, j’enchaine sur les groupes canadiens, aujourd’hui…) assurent le show, de main de maître. Il est donc assez logique d’y voir la foule amassée. Dès le titre d’ouverture “Due West”, impossible de ne pas se laisser embarquer dans ce punk celtic festif. Il ne me manque plus qu’une bonne pinte de bière bien fraiche pour être dans l’ambiance folle de la Warzone. Sur “The Skeleton and the Tailor”, de là où je me trouve, obligé de faire quatre ou cinq pas en arrière, car le circle pit prend de l’ampleur. THE REAL MCKENZIES est en train de faire bouillir la Warzone. Un énorme bravo au groupe qui a maintenu la même intensité sur toute la durée du set.
Pause repas et j’en profite pour m’installer dans un coin paisible et ombragé de préférence. Le prix du mètre carré d’ombre flambe aujourd’hui, au Hellfest. Quelques échanges avec des festivaliers, visiblement bien impactés par les fortes températures. Ils font le choix de rester à l’ombre car leur présence sur le site n’est due qu’à la présence de la tête d’affiche de la soirée.
Dommage, car à la Mainstage 1 les phénomènes, THE HU vont monter sur scène. J’avais raté leur prestation en 2023. En même temps, si j’avais voulu les voir, ça semblait compliqué, tant le chapiteau du Temple était à deux doigts de craquer. Je comprends désormais l’engouement pour ce groupe. L’originalité de leur musique apporte une fraicheur, bienvenue, au Hellfest. Par leur simple présence, les huit musiciens offrent un spectacle visuel incroyable. La richesse de cet apport culturel à la musique metal est fantastique. Encore plus lorsqu’ils s’aventurent sur une reprise de “The Trooper “ des mythiques IRON MAIDEN, avec leur touche personnelle. Le seul bémol que j’apporte réside dans le manque de retour du public par rapport à la prestation géniale du groupe. Mais à environ deux heures de la tête d’affiche de la journée, il est probable qu’une partie du public ne soit pas là pour THE HU.
Afin d’éviter une nouvelle déconvenue de route, je quitte prématurément les Mainstages pour aller voir mon premier et unique concert du week-end à la Valley. Les légendes de PENTAGRAM vont bientôt monter sur scène et je ne veux pas rater ça. Non pas, comme mes voisins de concerts, pour voir Bobby LIEBLING et ses gimmicks qui ont amusé la toile… Mais pour me laisser emporter par la référence du genre doom metal. Et je ne peux que me satisfaire de ce choix, car les américains nous ont offert un show dantesque. Musicalement, c’est intense et précis. Rien n’est laissé au hasard tout comme rien n’est superflu. Le groupe nous offrira des classiques comme “The Ghoul”, “Sign Of The Wolf (Pentagram)” ou encore “Forever My Queen”. Mais aussi des titres plus récent comme “Live Again” ou “Dull Pain”. Voir son leader, à plus de 70 ans, performer de la sorte est assez incroyable. Tout mon respect. Un bon concert où on prend du plaisir du début à la fin. Un grand moment de musique.
J’ai vingt minutes pour trouver une place de choix pour la tête d’affiche du jour. Une tête d’affiche qui a fait débat et qui sera sûrement attendue au tournant. Je parviens à atteindre l’endroit où j’étais la veille pour KORN. Ce qui me laisse une vue parfaite sur la scène de la Mainstage 1. Dans moins de cinq minutes, les anglais du MUSE vont se présenter face à une horde de métalleux assoiffés de sang frais. Ça va être un carnage… Plus sérieusement, non. L’accueil est chaleureux, bien que le groupe essaye d’être détendu. Car je ressens une certaine forme de pression. Est-ce le public du Hellfest qui impressionne ou le son qui n’est pas à la hauteur de l’événement ? En effet, le son de guitare n’est pas au top, ni celui de la voix, selon où on se place. De mon côté, la voix est faible. Mais ça n’empêchera pas le groupe d’enflammer le public totalement voué à eux, ce soir. Des titres comme “Hysteria”, “New Born” et “Plug In Baby” raflent le titre de moments forts de la soirée, tout comme l’intro de “Stranded” des frenchies GOJIRA, repris timidement par Matthew BELLAMY jusqu’à l’explosion d’ovations du public. La prestation de MUSE fut honorable pour certains, exceptionnelle pour d’autres. À la question de la légitimité de MUSE à l’affiche du Hellfest, je dirais, oui, MUSE à sa place. Si MACHINE GUN KELLY était là, il y a deux ans. Si SHAKA PONK était là, l’année dernière, alors oui, MUSE a sa place cette année. Le Hellfest d’aujourd’hui offre cette possibilité. C’est un pari osé, mais pas tant que ça, lorsqu’on voit la diversité de public qui se rend désormais à ce festival. En tout cas, moi qui voulait les voir depuis longtemps, c’est chose faite et je n’ai aucun regret, si ce n’est celui de ne pas les avoir vus avant.
Il est 0h45, je reçois la notification de mon appli du Hellfest m’annonçant que dans un quart d’heure, les SEX PISTOLS & FRANK CARTER vont jouer sur la Warzone. Bien qu’inclus dans mon running order, je jette l’éponge et décide de rentrer me coucher. La journée de demain s’annonce encore plus chaude qu’aujourd’hui. Et le programme se veut chargé.