C’est à 10h30 sous Altar qu’il fallait être présent pour voir le concert des Nantais de TSAR. Pour la petite histoire, j’ai eu l’occasion d’interviewer le groupe, il y a quelques mois, pour la sortie de leur deuxième album, “Acte II”. Je ne voulais donc pas rater ce concert. Projection du logo du groupe sur l’écran qui sert de backdrop et c’est sous l’ovation du public, venus nombreux, que le groupe entre en scène sur le titre “Conquer”. En une demi-heure de concert, l’alchimie va prendre entre le groupe et le public. Kyrian aka Le Baron finira le concert au milieu de la fosse en invitant les adeptes à danser la valse… Magique !
Depuis le temps que j’en entends parler, je voulais voir ASHEN sur scène. Ça tombe bien, car le groupe joue sur la Mainstage 1. Je vais enfin voir qui est ce groupe. Et il est clair que j’ai bien fait d’y aller. Le groupe français dégage énormément d’énergie sur scène. En 30 minutes, top chrono, ASHEN a mis un de ces feux dans le public. Ils se sont même offert le luxe d’un featuring avec Will RAMOS de LORNA SHORE. Ce dernier, très en forme, annonce du lourd à venir dans l’après-midi. ASHEN jouera une reprise de NIRVANA, “Smells Like Teen Spirit”. Je suis loin d’être emballé par cette version, mais je salue l’audace d’essayer la reprise d’un énorme standard du rock.
Je crois que de ces 4 jours de festival, celui qui comptait le plus de groupes que je voulais voir, impérativement, c’est le dimanche. Et à 14h20, sous Altar, les américains de SIGNS OF THE SWARM est un groupe que je ne voulais pas rater. Pour deux raisons, la première, car leur deathcore est une tuerie. La deuxième, parce que quelques heures plus tard, j’aurais l’honneur de les interviewer pour la promotion de leur album qui sortira le 22 août prochain (Interview à venir, très prochainement). Et c’est sans surprise que j’ai pris une torgnole monumentale. Ce groupe est une bombe d’énergie. Ils nous offrent une reprise de Rob ZOMBIE avec le titre “Dragula”. Si on la compare à l’originale, c’est pas hyper réussi. En revanche, leur version vous détruira les cervicales.
J’ai 5 minutes pour traverser le festival, si je veux être à l’heure à la Warzone pour le concert des britanniques de GUILT TRIP. Et ce dimanche, je dois avouer que la circulation est plutôt bonne. Lorsque j’arrive, les premières notes de “Fallen at my Feet” démarre la prestation survitaminée des mancuniens. Sur scène, ce groupe est une véritable machine. Sur laquelle, certains moshers sont venus s’encastrer. Dont ce pauvre gars qui en ressortira avec l’arcade en sang. Le concert terminera par une reprise raccourcie de “Davidian” des mythiques MACHINE HEAD. Dont l’influence semble perceptible. Surtout au niveau de la guitare.
J’ai de nouveau 5 minutes pour me rendre à la Mainstage 2. Cette fois-ci et sans encombre, encore une fois, c’est pour LORNA SHORE. Ce groupe est incroyable sur scène. Même si j’adore écouter leurs albums, c’est en concert que les américains prouvent leur grandeur. Will Ramos, sous ses airs de mec hyper posé et gentil, se transforme littéralement lorsqu’on lui file un micro. Inutile de résister, ce groupe dévaste tout sur son passage. Le seul bémol, c’est que ce concert soit beaucoup trop court. Mais on ne peut pas leur en vouloir. À voir ou à revoir de toute urgence.
Après un interlude avec l’interview des SIGNS OF THE SWARM, je suis content d’être à l’heure pour le concert des suédois de REFUSED. C’est le troisième et dernier concert du groupe au Hellfest. En effet, le groupe décide d’arrêter après plus de 30 ans de carrière. Je ne voulais donc pas rater ça et dire au revoir (à ma façon) à un groupe légendaire qui aura marquer de son empreinte, le monde du punk hardcore. Fidèles à eux même, le groupe sait alterner passages mélodiques et moments violents. Dennis LIXZÈN profite pour partager des discours engagés entre les morceaux. Un discours que le public soutiendra par des ovations. Au revoir REFUSED et merci !
Après une petite pause repas pour prendre des forces, retour face aux deux Mainstages pour les trois derniers concerts de cette édition.
Et ça commence par les américains de CYPRESS HILL. C’est probablement le groupe de rap le plus apprécié des fans de metal. Il faut dire qu’ils avaient amorcé leur penchant pour ce genre de musique en 2000 avec le double album “Skull & Bones”. C’est avec un profond respect du public, que les rappeurs entrent en scène après une intro pas des plus réussie de DJ Lord, qui accompagne le groupe sur scène. Mais c’est sur les standards “I Wanna Get High”, “Dr Greenthumb” ou encore “I Ain’t Goin’ Out Like That” que le public répond présent. Même si le groupe tente une reprise de “Bombtrack” de RAGE AGAINST THE MACHINE. Le public devient fou sur “Insane in the Brain”, en sautant partout. En fin de set, les deux hits “metal” présents sur l’album nommé précédemment, “Can’t Get the Best of me” et “(Rock) Superstar”. Avant de terminer sur la reprise d’un autre groupe de rap américain, tout aussi mythique, “Jump Around” de HOUSE OF PAIN. Une excellente prestation d’un groupe de rap que j’adore, mais qui trouve difficilement sa place dans cette affiche. C’est dingue comme un style musical peut changer l’atmosphère d’un festival, le temps d’une prestation.
Il est 21h55 et sur la Mainstage 2, va commencer le concert de FALLING IN REVERSE. C’est sur la chanson “La Vie en Rose” d’Edith PIAF, que l’annonce du début de concert à lieu. Ronnie RADKE et son groupe ne sont pas venus sur Clisson pour faire de la figuration. “Prequel” est un titre parfait pour débuter un concert. Ou plutôt un show, car ce que propose FALLING IN REVERSE est un véritable show. Qu’on aime ou pas Ronnie RADKE, force est de constater que ce mec est un putain de frontman. Le genre de gars qui peut éclipser quelqu’un sur scène par sa seule présence. Et si la tête d’affiche de cette soirée, c’était eux ? Dans le public, l’ambiance est électrique. D’une parce que ce qu’il se passe sur scène est énorme, mais aussi car lorsqu’on n’est pas habitué aux “codes” d’un concert de metal, il va de soi, que des incidents peuvent vite arriver. Pour les gens qui slamment de l’arrière vers l’avant, cela demande qu’on prévienne les gens devant soi, de ce qui arrive. Sinon, on se prend le slameur sur le coin de la figure, ou pire pour la personne qui slamme. Au-delà des catastrophes évitées dans le public, sur scène, c’est toujours autant la folie. Le duo des mal aimés, avec “God is a Weapon” avec l’apparition de Marilyn MANSON sur l’écran. Il parait que les journalistes d’un média créé par un gars arborant une très belle moustache sont en PLS depuis… Gros coup de cœur pour “Popular Monster” qui a tout explosé sur son passage. Une heure, c’était trop peu. Surtout lorsque le groupe fait le job comme FALLING IN REVERSE l’a fait. Exceptionnel concert.
L’heure est venue d’accueillir le dernier groupe de la journée et du week-end sur la Mainstage 1. Les très attendus LINKIN PARK. Sur papier, ça laisse rêveur. Mais dans la réalité, qu’en est-il ? Même si le set démarre par le tube ‘Somewhere I Belong”, je trouve cette entame de concert un peu timide. Emily ARMSTRONG semble comme… impressionnée d’être là. Mais dès “Lying From You” je trouve que quelque chose ne va pas avec sa voix. Un problème ? De l’économie ? Ce qui est sûr, c’est que l’énergie n’y est pas. Un sentiment qui s’estompe légèrement sur “From The Inside” pour finalement disparaître sur “The Emptiness Machine”. Même si ce sentiment de manque de puissance sur les parties chant de Chester BENNINGTON apparaissent de temps à autre, tout au long du set. Sur les deux autres titres de l’album “From Zero”, Emily semble beaucoup plus à l’aise. Une fois ce départ timide passé, le groupe fera le boulot avec un show bien cadré, au millimètre près. Des titres de “Hybrid Theory” comme “One Step Closer”, “In The End” ou encore “A Place For My Head” ont reçu un accueil incroyable venant du public. Visuellement, c’est très beau avec les écrans et les lights. Voir un concert de LINKIN PARK à longtemps fait partie de ma “To do list”, jusqu’à la tragédie qui a frappé le groupe. Même si ce n’est pas sous cette formule que j’avais imaginé voir le groupe, je suis ravi d’avoir assisté à ce concert. Et je pense qu’avec plus de nouveau matériel, les prestations du groupe n’en seront que meilleures. Car Emily affiche une véritable assurance sur les titres qu’elle a enregistrés. L’incroyable “Bleed It Out” vient clôturer cette prestation. Merci pour le spectacle.
Nous avions été prévenus que quelque chose devait arriver après les concerts. Les traditions sont faites pour être maintenues et c’est le retour, tant attendu par les festivaliers, du feu d’artifice.
Visiblement, la petite attention a ravi le public. C’est entouré de festivaliers au large sourire que je quitte le site. Une dernière nuit à l’hébergement avant le retour à la maison. En espérant que la dépression post-Hellfest ne soit pas trop rude cette année…
CONCLUSION
Une 18ème édition placée sous le signe de la chaleur plombante. Même si ce n’était pas aussi intense que lors du premier week-end de 2022, ce n’était pas simple de suivre les concerts comme je l’aurais souhaité.
En termes de programmation, l’affiche a réservé son lot de surprises. Même si elles n’étaient pas toutes au goût du public, je ne vois rien de mauvais à redire. Tant que ces genres musicaux différents, apportent une façon d’ouvrir son esprit aux festivaliers, cela ne me gêne en aucun cas. Mais ce que je constate, c’est que ces nouveaux genres musicaux amènent plutôt un nouveau public au festival. Un festival beaucoup plus médiatisé, par conséquent, plus vendeur pour les non-initiés, curieux de venir voir à quoi ressemble ce fameux rassemblement où tout le monde s’amuse, où le respect de l’autre est de rigueur et où on montre que le metalleux n’est pas juste une personne aux cheveux longs, vêtu de noir. Il va de soi, que la communauté metal n’est pas sectaire, bien au contraire. En revanche, pour les futurs festivaliers curieux et non-initiés, il est évident que ce changement de public entraînera un changement d’ambiance. Ce qui est vu à la télé aujourd’hui ne sera peut-être pas révélateur de ce que sera le festival, demain.
Nul doute que les organisateurs ont encore beaucoup de surprises à proposer. Le Hellfest reste et restera probablement le plus grand festival du genre en Europe. Des pages se tournent, d’autres s’ouvrent. Des groupes mythiques auront peut-être joué pour une dernière fois au Hellfest, cette année. D’autres groupes, je pense à LORNA SHORE ou THE WARNING seront peut-être les grandes affiches de demain. Qui sait ?
Là où, selon moi, MACHINE HEAD avait raflé le haut du top des têtes d’affiche, l’année dernière. Cette année, je pense que KORN et MUSE occupent la première place à égalité. Un set solide et maîtrisé pour les premiers. Et une prise de risque brillamment gérée pour les deuxième. Il manquait juste ce soupçon de folie pour que je puisse me dire “whaou”.
Il ne nous reste plus qu’à se dire à l’année prochaine “Tales From the Pit” du 18 au 21 juin 2026 à Clisson. See you soon “Hellbangers”
Merci à l’organisation du Hellfest pour les accréditations.
Merci également à Didier RIVET pour les photos.