Vecteur Magazine

HELLFEST 2024 - BIENVENUE A INFERNOPOLIS

DIMANCHE 30/06/2024

Le soleil reste timide en ce dimanche matin clissonnais, mais au moins la pluie s’est arrêtée.

Suivez les récits de Tom BINET, Carole CERDAN et Valentin POCHART, agrémentés des photos d’Emma RIBAL et Didier RIVET

BAD SITUATION

SORCERER

Quatre jours en enfer, c’est long et ça use les organismes. Deux ingrédients se révèlent indispensables pour un bon réveil en ce dimanche matin : un bon café, et surtout un
passage par la Warzone. Et ça tombe plutôt bien, puisqu’en ce dernier jour de festival, ce sont les Parisiens de SORCERER qui sont chargés d’ouvrir la scène à l’heure de la messe.
Et pour ceux qui auraient confondu avec leurs homonymes de doom suédois, la surprise a dû être au rendez-vous. Pour sa première venue à Clisson, le quintette de hardcore a décidé de ne pas faire les choses à moitié. Le son « Badlands », issu du dernier opus du groupe, lance trente minutes intenses faites de riffs énervés, de breakdowns plus lourds les uns que les autres, mais aussi de passages davantage mélodiques. Le public clissonnais est conquis et les pogos s’enchaînent. Une belle réussite pour un groupe aux quelques années d’existence seulement, et qui ne se sera pas fait prier pour enflammer presque tous les festivals français du genre au fil de l’été. Cette fois c’est sûr : nous voilà parfaitement réveillés et sur le pied de guerre pour cette dernière journée !

HOTWAX

GEL

Comment enchaîner onze morceaux en à peine trente minutes ? La réponse est facile pour GEL : en balançant son punk hardcore à une vitesse effrénée, sans jamais prendre le temps de ralentir. Vous l’aurez compris : pour ceux qui, comme moi, ont décidé de rester devant la Warzone peu après midi, le moment promet de ne pas être de tout repos. Pourtant peu habituée des festivals, la bande de Sami Kaiser dégage une énergie folle dès les premières notes et emporte avec elle une audience soudain en transe. Circle pit, walls of death, slams : tout le répertoire y passe et reprend de plus belle à chaque morceau, enchaîné sans s’offrir la moindre respiration.

Au passage, les Américains nous font découvrir « Mirage » et « Persona », deux morceaux présents sur l’EP éponyme sorti en septembre suivant. Une illustration supplémentaire que le projet, né du groupe de power violence SICK SH*T TOGETHER, démontre un potentiel de plus en plus grand pour se tailler une belle place dans le milieu du hardcore. Une énième belle découverte qu’on se note dans un coin de la tête pour la découvrir en long, en large et en travers une fois rentré à la maison, comme le Hellfest nous en offre sans compter chaque année !

PENSEES NOCTURNES

DOOL

BRAND OF SACRIFICE

J’accuse le coup des trois précédents jours de festival, et je commence ma journée par un set un peu tardif (12h50) sur l’Altar. Pour autant, je n’ai pas choisi d’émerger en douceur !
BRAND OF SACRIFICE se présentent, par l’intermédiaire de leur meneur, Kyle Anderson, muni d’un gilet pare-balles. Ils viennent de Toronto pour nous offrir un set deathcore sans concession, alors que les dreadlocks de Kyle suivent l’énergie du premier morceau, « Dawn », dans un chaos aux accents étonnamment industriels. Je note d’ailleurs au fil des morceaux que des ajouts synthétiques et électroniques apportent au son une profondeur appréciable. Côté voix, on est dans la pure esthétique deathcore, avec des lows gutturaux très denses, mais aussi des incursions dans les aigus et même dans le côté bestial, que ne renierait pas un Will Ramos de LORNA SHORE.
Kyle sait motiver le public à “faire mieux” côté ambiance, entre le wall of death d’emblée et les nombreux moments de slam ensuite. Il nous invitera d’ailleurs, entre deux gros breakdowns, à faire de la participation de son groupe au Hellfest un “moment d’Histoire”.

 

NECK DEEP

C’est une première pour les Anglais de NECK DEEP : leur pop punk va enfin pouvoir résonner à Clisson, et ce sera sur la Main Stage 2, aujourd’hui dédiée au punk rock, qu’ils pourront faire découvrir leur musique aux curieux déjà présents sur le site. Le groupe, mené par Ben Barlow, aura à cœur de prouver qu’il a sa place, ne s’autorisant qu’une ballade, le hit « In Bloom ». Le reste du set sera composé des morceaux les plus percutants de leur discographie : « Kali Ma », « Gold Steps », « Motion Sickness »… les classiques sont quasiment tous joués, renforcés par la belle énergie de Matt West et Sam Bowden aux guitares, sautant partout pendant que Seb Barlow et Matt Powles assurent une partie rythmique carrée dans la bonne humeur. Si le public est assez calme, les morceaux de leur nouvel album Neck Deep recevront tout de même un bel accueil, si l’on en croit les acclamations pour « We Need More Bricks » et « Dumbstruck Dumbf**ck », particulièrement applaudis. Au bout de 30 minutes de pop punk survitaminé, on se dit que c’était clairement trop peu, et on a déjà hâte de les revoir en compagnie de SUM 41 à La Défense Arena quelques mois plus tard.

SCOWL

THRON

Quitte à être dans le secteur, je bascule de l’Altar vers la Temple pour assister au set de THRON. Les Allemands offrent sur le papier un son black metal teinté de death, ce qui me plaît en général. Le set commence par une démonstration visuelle, les membres arborant des maquillages blancs, gris et noirs. Mais c’est musicalement que l’ambiance opère ensuite, alors que la guitare sait se faire lancinante, pendant que la voix est incantatoire. Le groupe joue fort, ça cogne, dans la lourdeur mais aussi avec une dimension plus hypnotique qui fait mouche. C’est convaincant, et nous finissons par entonner des “hey, hey” tous ensemble pour un bel effet choral. Je retiens de THRON ce son black metal “mais pas que”, avec à la fois le côté lourd et sombre, mais aussi des touches de groove et de nervosité.

NOVA TWINS

Voilà un groupe qui s’inscrit parfaitement dans la thématique rock décidée par les programmateurs pour cette dernière journée du festival. Mais attention, le duo féminin de NOVA TWINS ne fait jamais le voyage depuis Londres sans sa grande originalité, à commencer par cet improbable mélange d’influences allant des musiques urbaines en tous genres à l’électro. Sans oublier ce rôle central accordé à la basse pour obtenir un son comparable à aucun autre, reconnaissable aux nombreux effets de Georgia South, à commencer par cette fameuse bague interférant avec son instrument. Un cocktail gagnant qui conquiert la foule massée devant la Mainstage 1 en ce début d’après-midi, embarquée par l’énergie et la fraîcheur des (fausses) jumelles venues sauter aux quatre coins de la scène. Si la setlist fait la part belle au dernier album Supernova, les Britanniques n’oublient pas de ravir leurs fans avec un « Taxi » qui ne manque pas de faire rugir Clisson encore un peu plus fort. Avant de conclure par « Choose Your Fighter » en guise de point final à cette expérience musicale aussi inattendue que bienvenue.

CELERITAS

C’est suite à des échanges de messages avec des potes qui me disent « il faut absolument que tu viennes voir ça », que je me retrouve au Hellgate devant le set de CELERITAS. Comment mes amis peuvent-ils être aussi sûrs de ce qui nous attend ? Eh bien tout simplement parce que ça fait déjà trois jours qu’ils assistent au set des Havrais, et qu’ils ne s’en lassent pas. Pour cette dernière session, nous sommes nombreux à lever le regard vers la loggia grillagée dans laquelle le trio est mis en cage, affublé de lunettes de vitesse et de vêtements fluo dignes d’une soirée années 80. Côté son, c’est vocoder, voix scandées et instru eurodance, pour évoquer pêle-mêle le foot, la teuf, le kung fu… Vous l’aurez compris, c’est un moment de pur délire qui permet de vérifier que le métalleux a de l’humour et aime faire la fête, même après quatre jours ! Circle pits, wall of death, slam de Jésus et du photographe officiel du groupe qui persiste à faire ses prises de vue malgré l’adversité… rien n’entrave ce déferlement de bonne humeur sous un soleil de plomb ! Merci la « brigade du son ».

SIMPLE PLAN

Encore un OVNI pour cette journée placée sous le signe du punk rock sur la Main Stage 2 : SIMPLE PLAN ! Les Québécois viennent fêter leurs 25 ans, et ils n’ont pas prévu de faire les choses à moitié ! Dès le premier titre, I’d Do Anything, tous les fans de pop-punk et d’emo des années 2000 réagissent au quart de tour, et un pogo rempli de sourires se lance, avant que le groupe n’enchaîne avec Jump, qui fera trembler le sol sous les sauts du public. On verra bien entendu des gens pas du tout dans le délire autour, mais rien à faire, on est entraînés par l’ambiance. Jet Lag, interprété en français, suivi de l’imparable Welcome to My Life, achèveront l’échauffement, et c’est sous les ballons de plage que SIMPLE PLAN joueront leur hit Summer Paradise, avant un medley de reprises et leur célèbre générique de Scooby-Doo, avec des fans déguisés sautillant sur scène. I’m Just a Kid et Perfect termineront le set, et on verra les fans de pop-punk sortir avec le sourire jusqu’aux oreilles après avoir vu tout ce qu’ils attendaient de SIMPLE PLAN se réaliser. Mission accomplie avec un plan sans encombre !

BLUEPILLS

FRANCK CARTER AND THE RATTLESNAKES

16h25, il est l’heure pour la désormais valeur sûre du punk rock : FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES ! Le chanteur flamboyant entre en scène sur la ballade Can I Take You Home, prenant tout le public clissonnais au dépourvu. En effet, les fans de punk rock étaient là en nombre pour en découdre ! Et ils en auront l’occasion dès le second morceau, Self Love, plus énervé, permettant aux RATTLESNAKES de sortir les riffs, et à FRANK CARTER d’entamer le premier bain de foule ! Les pogos et slams s’enchaînent, comme une machine qui redémarrerait deux ans après le dernier passage des Anglais, sans le moindre grincement. On retrouve cette ambiance comme on retrouverait un pote, et on sent que le sentiment est partagé sur scène lorsque sont entonnés les classiques Wild Flowers, Kitty Sucker et Devil Inside Me, qui feront perler les premières gouttes sur les fronts des fans français, déchaînés. Brambles nous révèlera également l’efficacité live des morceaux plus calmes de Dark Rainbows, le dernier album du groupe, en lançant un pogo lent mais tellement bon enfant que le souvenir reste vraiment gravé pour moi. Dernière ligne droite, et les RATTLESNAKES nous ont préparé du lourd ! Le puissant My Town, l’un des meilleurs morceaux de Sticky, relance la machine, et Crowbar fera trembler la terre sous les pieds des métalleux, avant un final plus émotionnel composé de Man of the Hour et I Hate You. Si sur leurs précédents passages, FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES avaient prouvé leur puissance sur scène, ils ont cette fois prouvé leur puissance émotionnelle, offrant un nouveau concert mémorable à leurs fans, très différent de leurs précédents passages.

SHADOW OF INTENT

Il est 16h, mais pas le temps pour le goûter ! Sous l’Altar, une intro pleine de cuivres retentit, créant un bel effet cinématographique. Les Américains de SHADOW OF INTENT viennent nous offrir leur deathcore teinté de black et de touches symphoniques grandioses. Bryce Butler, le batteur du groupe, arbore un sourire éclatant et enchaîne les prouesses techniques dans une totale décontraction, tandis que Ben Duerr alterne entre growls puissants et screams bien aigus. Côté guitares, nous ne sommes pas en reste avec de beaux solos et des chœurs bien exécutés. Nous avons droit au tout nouveau single du groupe, Flying the Black Flag, et le set s’achève en apothéose avec un wall of death bien suivi ! Nous sommes gratifiés d’un « merci beaucoup » en français, et nous repartons encore sonnés par ce set intense et lourd.

ROYAL BLOOD

THE BLACK DAHLIA MURDER

Ce set sous l’Altar revêt un caractère particulier pour moi. Je n’ai jamais eu la chance de voir jouer TBDM du vivant de leur vocaliste emblématique, Trevor Strnad. Celui-ci tenait le micro depuis 2001, date de la fondation du groupe, et à son décès en 2022, c’est Brian Eschbach, guitariste et autre membre fondateur, qui a pris le relais pour perpétuer l’héritage. À noter qu’en conséquence, Ryan Knight, qui avait quitté le groupe en 2016, a accepté en 2022 de revenir pour prendre la place devenue vacante à la guitare rythmique. Ce set est donc l’occasion de découvrir TBDM réorganisé, prêt à dévoiler au monde des inédits pour un album sorti le 27 septembre 2024. Je suis immédiatement frappée par le fait que, dans l’assistance, j’entends parler beaucoup de langues étrangères, plus que sur d’autres sets pendant ce même week-end, et je pense que ce set est un événement très attendu par tous les fans de la planète, 10 ans après le dernier passage de TBDM à Clisson. Cette sensation se confirmera lorsque je verrai slammer un festivalier porteur d’un drapeau japonais, puis plus tard un autre avec un drapeau brésilien.
Côté musique, on retrouve la recette du death metal technique et efficace du groupe, avec de beaux solos, et un Brian Eschbach plutôt à l’aise dans son rôle, même s’il aime à rappeler qu’il se fait le porteur du souvenir de son ami en faisant perdurer leur musique. Sa jovialité n’en fait pas oublier la belle brutalité du set, et je garderai en mémoire la vision de ce festivalier, debout en plein milieu d’un circle pit déchaîné, le nez en sang mais le sourire béat.

COREY TAYLOR

BATUSHKA

Quand on parle du groupe BATUSHKA, la réponse qui fuse est en général : « lequel ? ». En effet, suite à un litige opposant le guitariste, compositeur, auteur et fondateur du groupe, Krzysztof Drabikowski, et le vocaliste d’alors, Bartłomiej Krysiuk, le nom BATUSHKA était utilisé en parallèle par les deux formations issues de cette scission. À l’heure où j’écris ces lignes, c’est maintenant un sujet clos, Krysiuk ayant choisi d’arrêter la longue série d’épisodes devant les tribunaux en rebaptisant (c’est le cas de le dire) son projet PATRIARKH.
Quoi qu’il en soit, c’est le BATUSHKA « originel » aux yeux des fans que je vois ce jour-là au Hellfest, mené par Drabikowski. Et ce set est magnifique à plusieurs égards, à commencer par le visuel. La scène est décorée pour rappeler un autel avec des éléments de décoration allant jusqu’à un cercueil, et le temple prend des allures de messe noire, alors que les membres du groupe, maquillés, interviennent vêtus comme des prêtres orthodoxes. Côté musique, les psaumes s’enchaînent, le prêche est fédérateur et la foule communie avec ferveur alors que les blasts de l’enfer s’abattent sur elle. Six ans après leur précédent passage au Hellfest, la messe est dite !

QUEENS OF THE STONE AGE

C’est encore une première pour cette journée décidément pleine de nouveautés : les QUEENS OF THE STONE AGE vont enfin fouler le sol clissonnais ! Le groupe de Josh Homme est donc attendu de pied ferme alors qu’il entame son set par le classique Regular John, extrait du premier disque du fer de lance du stoner. Le concert ayant eu lieu quelques jours avant l’opération subie par Josh Homme, on remarque assez vite que le frontman n’est pas au top de sa forme, probablement sous antidouleurs. Qu’à cela ne tienne, le groupe, Troy Van Leeuwen en tête, fera ce qu’il peut pour faire oublier ça, et la setlist permettra à chacun de se lancer à cœur joie dans les pogos sur les classiques Little Sister ou encore You Think I Ain’t Worth a Dollar, But I Feel Like a Millionaire. Les nouveautés seront aussi au rendez-vous, avec Carnavoyeur, Paper Machete et Straight Jacket Fitting, extraits du nouvel opus du groupe, In Times New Roman. L’accueil un peu plus calme de ces morceaux laisse place à un moment de respiration, avant un enchaînement absolument imparable : Make It Wit Chu, No One Knows et A Song for the Dead termineront le set, avec un Josh Homme qui se jettera dans les bras de ses fans, avant de tomber un peu plus malade une semaine plus tard. On lui souhaite un prompt rétablissement et de jouer à nouveau à Clisson dans de meilleures conditions, car malgré cela, le set était excellent !

CROSSES

SUFFOCATION

Je n’avais encore jamais eu la chance de les voir jouer, et ce set fait partie de ceux que j’ai le plus appréciés pour cette édition 2024. Si les Américains de SUFFOCATION peuvent se targuer de 35 ans de carrière, je ne peux que constater que la fougue reste entière, même si seul Terrance Hobbs (guitare lead) est là depuis les débuts, après une pause de quelques années. Ricky Myers empoigne férocement le micro tout en arborant un t-shirt Hate Couture du plus bel effet. Je suis aussi impressionnée par le superbe backdrop illustré par des paysages et des pendus… lugubre et grandiose à la fois. Autre élément spectaculaire : le bassiste Derek Boyer ne manque pas de placer sa basse à la verticale, en appui sur les pointes de cette « Kreature », pour un jeu des plus guerriers. Le death metal brutal servi sous l’Altar par le groupe est ultra carré, et le set nous renverse tel un rouleau compresseur, alors qu’au-dessus de moi semble passer l’autoroute du slam. Culte !

THE OFFSPRING

J’avais été mise en garde par des on-dit du style : « ils ont pris un gros coup de vieux, Dexter n’a plus de voix », et autres joyeusetés. Et pourtant, je vous garantis que ce set des OFFSPRING a été l’un des meilleurs de l’édition infernale 2024 ! Non seulement le son était bon, la voix de Dexter sans faille, et les membres du groupe super enjoués, mais en plus, la setlist nous a gâtés en tubes ! Bref, j’aurais eu des regrets de m’être laissée influencer si j’avais raté ce moment !
C’est le même sentiment qui m’anime après avoir assisté à ce set grandiose. Il faut dire que Noodles et sa bande sont l’un de mes premiers souvenirs à Rock City, en 2016. Et à l’époque, j’en étais sortie plutôt déçue. C’est donc peu dire que j’attendais leur revanche avec impatience. Difficile de dire si c’est l’arrivée de Brandon Pertzborn à la batterie, une dynamique nouvelle après la sortie de Supercharged, ou un simple jour sans voilà huit ans, mais l’énergie dégagée en ce dimanche soir n’a rien à voir avec cette triste soirée d’il y a huit ans. L’ambiance monte crescendo au fil des morceaux, et les abords de la Mainstage 2 ne sont bientôt qu’un joyeux bazar gigantesque dans lequel se mélangent jeunes aficionados et fans de la première heure. Et quand on croit enfin pouvoir reprendre notre souffle, Dexter and co nous offrent un rappel avec You’re Gonna Go Far, Kid suivi de Self Esteem. Un régal !

MADBALL

FOO FIGHTERS

C’était peut-être la tête d’affiche qui a créé le plus de discussions au Hellfest cette année : la bande de Dave Grohl (rejointe récemment par Josh Freese) avait-elle sa place sur la Main Stage 1 du festival ? Vont-ils faire un set plus heavy que d’habitude ? Seront-ils à la hauteur de leur réputation sur scène ? C’est donc avec des attentes quasi inatteignables que beaucoup se sont placés devant la Main Stage 1, et c’est sur un All My Life ultra attendu que le groupe déboule sur scène. La puissance est au rendez-vous dès les premières notes, présageant d’un grand moment. Les FOO FIGHTERS nous offriront donc un set relativement heavy, riche en extraits de Wasting Light, mon album préféré, et en hits incontournables comme Monkey Wrench ou encore The Pretender, joué dès le début, qui rassemblera les fans de rock présents. De mon côté, étant fan de longue date du groupe, j’ai beaucoup apprécié les morceaux un peu moins connus comme White Limo (taillé pour le Hellfest) ou Stacked Actors, qui seront mes deux morceaux préférés de la soirée. En tant que fan du groupe, le fait de voir les FOO FIGHTERS pour la première fois a dû jouer, mais j’ai trouvé la setlist particulièrement efficace, malgré un The Teacher un peu en dessous du reste. Quoi qu’en disent les puristes, les FOO FIGHTERS ont prouvé leur légitimité sur la scène du Hellfest, de même que tous les groupes de rock présents ce jour-là. Une réussite qui présage peut-être d’une pérennisation de la journée rock sur les Main Stages ? En tout cas, c’est les oreilles sifflantes et des étoiles plein les yeux qu’on rentre au camping après ce Hellfest exceptionnel.

RIVAL SONS

DIMMU BORGIR

Ayant suivi une partie du set des FOO FIGHTERS, je m’éclipse de la Mainstage pour rejoindre l’Altar et assister à ce qui, pour moi, allait permettre de finir cette édition 2024 en beauté : le set des Norvégiens de DIMMU BORGIR (dont je suis fan depuis Godless Savage Garden, découvert pendant mon adolescence). Je n’ai visiblement pas été la seule à avoir cette idée, tant la foule est dense, me forçant à rester plutôt en arrière. Pour autant, je profite non seulement de la musique black metal teintée d’atmosphérique, mais en plus, je trouve que l’effet choral apporté par ce public nombreux et plein de ferveur ajoute à l’expérience que je suis en train de vivre. Après une intro orchestrale envoyée comme pour nous convier à une cérémonie, le groupe s’avance sur scène et commence à jouer, dans une ambiance à la fois lourde, lancinante et grandiose. La voix aux rugissements stridents du chanteur originel, Shagrath, harangue les “fidèles”, et ceux-ci lui répondent en hochant la tête en rythme. Alors que Spellbound retentit, je suis fascinée par les flammes qui s’embrasent maintenant sur scène, et le public ne s’y trompe pas : la puissance de la musique soulève les premiers slammeurs, qui ne cesseront plus de survoler la foule jusqu’à la fin du set. A Council of Wolves and Snakes, qui oscille entre puissance et mélodie grandiose, marque la bascule du set vers une ferveur totale des spectateurs. À côté de moi, donc quasiment en sortie de l’Altar, trois metalleux tournent en rond. L’un d’entre eux me dit : “On fait un triangle pit, parce qu’on voulait faire un circle pit, mais on n’est que trois.” Effectivement…
Le public est maintenant totalement acquis à la cause de cet ultime set, et quand Shagrath crie “Dimmu”, nous répondons tous “Borgir”. L’adhésion est totale. Les flammes de l’enfer se referment sur nous, comme pour nous rappeler que nous avons bien traversé notre week-end à Infernopolis.

 

carole cerdan valentin pochart tom binet