Par Christophe Pinheiro
Photos : David A.D Photographies – Lightning Assistant : BenJT
Après un premier album solo, HARUN revient avec un nouvel album sous le bras. Cette fois-ci, il ne se contente pas de créer de la musique, il écrit et prend le micro. Si le phoenix renaît de ses cendres, HARUN se réinvente de ses douleurs. Ce « Reboot », tout en couleur, nous prouve que des moments les plus sombres peuvent ressortir de l’espoir.
Ton deuxième album « Reboot » est sorti le 25 octobre. J’ai constaté que les retours sont hyper positifs. Tu dois en être fier ?
Oui, d’autant plus que là j’ai pris des risques énormes. J’ai changé de style alors que ça va faire 25 ans qu’on me connaît dans le milieu metal. Enfin quoi que, je te dis ça, mais j’avais quand même l’expérience de STEP IN FLUID et puis de TREPALIUM qui montrait une nouvelle évolution, mais là avec ce deuxième album, on fait une espèce de virage à 180°, et puis je me suis mis au chant. Donc là ce n’est pas rien. On me connaît en tant que guitariste, comme créateur-compositeur de TREPALIUM et STEP IN FLUID, mais pas en tant que chanteur. J’ai pris d’énormes risques, il me fallait beaucoup de courage pendant le processus de création. Évidemment dans ce genre de démarche, tu as plein de remises en question, de doutes, je me suis souvent dit, « Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu n’as pas que ça a foutre de consacrer le peu de temps que tu as pour faire des projets qui ne vont certainement pas aboutir ». Et puis tu vois, comme je suis un jusqu’au boutiste, j’ai fini le projet, puis je me suis dit « Putain en fait, j’ai abattu des montagnes ». Donc j’étais très fier de moi, effectivement. Quand j’avais fini tout le processus de création, d’enregistrement et tout ça… j’étais un peu dans la merde parce que je me suis dit que personne n’allait me suivre. Mais je crois que c’est ça aussi, être artiste. Évidemment, je ne veux pas dire que ce ne sont pas des artistes, les groupes qui ont fait 50 ans de rock n’roll. Et moi j’apprécie ça, je suis très fan de pleins d’artistes qui ont une carrière monolithique. Ça ne me dérange pas de revenir sur des trucs plus classiques mais je me suis dit que j’allais partir dans un délire et au moins on me reconnaîtra pour ça. Je crois que c’est ce qui s’est passé. Il y a quand même quelques personnes qui ne suivent pas le projet. Même des amis me disent que je vais trop loin. Après, il y en a certains qui ont réécouté et se sont dit que ça reste metal quand même. Il y a quand même de la grosse guitare, ça ressemble à du TOOL des fois, ou à ALICE IN CHAINS. Bah ouais je ne fais pas de la pop non plus. Tu vois là, on a commencé à faire les filages, les répétitions pour la release party de ce soir. On se dit tous que c’est mega brut. C’est hyper violent avec la grosse gratte. Ça mélange la scène grunge, du NINE INCH NAILS, ça reste metal finalement. Donc je me dis que j’aurais pu perdre pied mais finalement j’ai suivi mon instinct et je suis resté finalement fidèle à moi-même et j’en suis fier pour ça.
Mais il faut toujours suivre son instinct…
Je pense, ouais. Et puis tu sais si tu perds pied et que tu n’es plus toi-même à mon moment donné c’est pas grave. T’as le droit de te planter, t’as le droit de faire des erreurs de carrière. Et comme on a décidé d’arrêter TREPALIUM et que STEP IN FLUID est en standby. J’ai réalisé qu’on n’avais plus rien à perdre. Je me disais « Non mais mec j’ai masterisé des albums, les droits, je ne touche plus grand chose, j’en fais quoi, moi de tout ça ? » Ça ne sert à rien en fait. Je repars de zéro, d’où le « Reboot ». Donc je me suis dit que j’allais faire un reboot complet de moi-même. Je suis un chanteur guitariste maintenant. J’ai une copine qui me disait que je n’étais pas chanteur. Bah j’ai décidé de l’être. Et je trouve ça beau quand t’arrives à te le prouver à toi-même et aux autres. Que les choses deviennent ce que tu as envie qu’elles deviennent. C’est pas une histoire de « Lui, n’est pas chanteur, lui n’est pas producteur ». Quand ton gamin doute d’un truc, tu lui dis qu’il peux y arriver, il faut essayer, encore. Mais on oublie tout ça en grandissant. On devient des vieux cons, on est des gros cons. Je suis désolé. On a des certitudes mais quand tu reviens un peu sur ce brin de folie, bah pourquoi pas ? Je vais essayer… rien à branler. Le « rien à branler » est une belle phrase pour moi. On y va, et puis on verra. C’est moins bien ! Tant pis. C’est mieux ! Super. J’ai bien fait. Quand tu mets tout à plat comme ça, quand tu « Reboot », tu « reset » tout. Tu fonce.
Justement, parlons du chant, je crois qu’on doit aussi remercier Fabien DEVEAUX, qui s’est chargé du mix et du mastering de cet album. Je pense que sans lui, on n’aurait pas eu cet album sous cette forme.
Exactement, j’étais parti sur une suite de « In Motion », mon premier album solo. Déjà, « In Motion » était une espèce de grand écart, d’une certaine façon. Parce que sur cet album, je suis passé en DADGAD. C’est un accordage particulier à la guitare. Je voulais partir sur autre chose. Quand tu sors un album solo, tu mets le meilleur de toi-même. Tu te sers de tes acquis pour assurer le coup. Et bien, pas ici. J’ai juste cherché à retrouver l’excitation des débuts. L’incertitude qui te pousse vers l’inconnu. Finalement cet album, il a été super bien accueilli. Ça n’a pas été grand public, évidemment. C’était pas vraiment taillé pour la scène, mais ça a été unanimement bien accueilli par les gens qui s’intéressent à ce type de musique. Et pour moi, ça a été une sorte d’épitaphe. Et là, pour cet album, quand je l’ai présenté dans une continuité de « In Motion » Fabien DEVAUX m’a dit qu’il manquait un truc. J’étais un peu blessé car j’avais l’impression que tout ce que j’avais fait, était remis en question. Fabien voulait me rassurer en me disant que c’était très bien, mais si je voulais que ça touche plus de monde, il fallait une ligne forte. Il me donnait son avis de producteur. J’ai bien essayé de lui dire qu’il y avait du synthé à tel endroit… Mais, il y avait toujours un mais… Alors, je me suis dit qu’il fallait un chanteur, mais je serais dans la merde si le chanteur n’était pas toujours disponible, je ne pourrais pas jouer. Mais je lui ai dit que j’allais essayer de chanter. Même si je n’étais pas sûr du tout. Et puis, j’ai fait un test dès le lendemain. Je suis descendu, le morceau était fait… Il y avait un premier jet, je l’ai fait écouter à ma femme. Elle l’écoutait au casque, puis lorsqu’elle l’a ôté le casque, et elle m’a dit que c’était vachement bien. Elle a toujours cru que je chantais faux, un truc qu’elle disait dans des soirées, « Mon mec, il touche à plein d’instruments, mais alors, chanter c’est pas son truc, ça chante faux. ». Et là, elle était sur le cul en me demandant si c’était bien ma voix car elle ne la reconnaissait pas, c’était marrant. Même si ce n’était pas parfait, je lui disais comme quoi, je savais chanter. Donc, c’est un peu plus rassuré que je l’ai envoyé à Fabien DEVAUX. Et il a eu la même réaction. Il me demandait si c’était bien ma voix. Comme il travaille dans le son, il voyait plein de choses à travailler, mais il me disait qu’il y avait un truc. Donc je le remercie infiniment d’avoir planté cette petite graine, malgré lui. Parce que je n’aurais jamais eu cette réflexion-là. Parce que je suis le genre de mec, lorsqu’on va bosser ensemble, je peux t’emmener sur des terrains, tu vas te dire que je ne suis pas sérieux. Je suis comme ça. J’aime bien me lancer des défis, des thèmes, ou chercher un truc juste par esprit de contradiction. Donc quand j’ai commencé à faire ça, j’ai travaillé dessus pendant un mois. J’ai appelé mon voisin, Yann (LIGNER) de KLONE, qui est un vieux pote. Aldrick (GUADAGNINO), de KLONE aussi pour leur faire écouter. Même Guillaume BERNARD, tous les mecs étaient là. Et il y avait toujours ce petit côté encourageant, avec des petits conseils me disant qu’à tel endroit, ma voix forçait… Mais, hormis Yann qui est chanteur, les autres potes me disaient que c’est chaud de chanter… Il y avait un côté « laisse tomber ». Mais moi, je suis plus du genre, « je vais pouvoir te donner le sourire, parce que je le sens bien, je vais aller au bout. ». Et c’est vrai que lorsque j’ai finalisé le truc et que je l’ai envoyé à d’autres potes, Florent MARCADET, Yann LIGNER…les mecs étaient tous là. Ils m’ont tous félicité. Je me suis rendu compte que ça m’avait pris un mois pour trouver ma voix. Mais les autres titres, j’allais les torchés. Le deuxième morceau « Last Days », je l’ai fait en une semaine. J’ai envoyé deux versions à Florent, une longue et une courte, car je ne l’ai jamais dit dans des interviews, il y avait une version longue avec un pont assez planant. Il me disait que cette version était plus technique, plus prog… Il fallait que je choisisse et je trouvais l’autre version plus efficace. Yann était d’accord avec moi. Du coup, c’est cette version qui est sur l’album.
Pour les autres titres, je n’ai pas trop demander d’avis, parce que j’ai enchaîné… ça mettait un ou deux jours pour créer un titre. Des fois, j’emmenais ma fille à l’école le matin, je me faisais mon café en rentrant. J’avais une idée, alors je commençais à griffonner un truc, à enregistrer des riffs. J’allais la chercher, je lui donnait son goûter, ma femme arrivait. Et elle était en mode, « T’as un nouveau truc ? ». J’avais plein d’idées, c’était trop cool, donc je lui faisais écouter. Elle était toujours surprise en me demandant quand j’avais fait ça. J’avais retrouvé mon rythme de croisière dans la création que j’avais à l’époque de STEP IN FLUID ou TREPALIUM. Au départ, ce qui me bloquait, c’était toute l’appréhension d’aborder ce nouvel instrument qu’est la voix. Et là, je me l’étais appropriée. J’ai encore progressé jusqu’à la fin de l’album. J’ai chopé des voix de tête, je commençais à capter un peu mieux, tout ça. Et ça a donné l’album qu’il y a là. Je pense que je peux faire beaucoup mieux. En tout cas, en live, c’est un autre travail. Je suis en train de me préparer pour ce soir. C’est pas évident. Parce qu’il y a de la guitare en plus, tu vois ? Tu n’es pas là avec le micro uniquement. Donc, c’est encore un autre défi. Putain, j’aime ça, les défis. Je pense que ça va être fun, que ça va être cool, ça ne sera pas parfait. De toute façon, c’est une première. Donc, l’idée, c’est que je m’éclate, et puis si je m’éclate, les gens vont le sentir, et on n’est pas à l’abri d’un super concert bien carré. Et si c’est pas nickel, c’est pas bien grave. Je suis trop content. Je me suis suicidé artistiquement pour repartir à zéro, et puis ça se passe bien.
Les imperfections rendent parfois ce côté un peu magique sur scène.
Ça peut. Faut juste que le public reste.
Il n’y a pas de raison.
Les mecs ont payé leur place, mais ils vont au bar.
Tu te lance dans le chant, pour la première fois, mais du coup, c’est aussi l’exercice de l’écriture de paroles pour la première fois. Tu as trouvé l’inspiration facilement ?
C’est pas un truc facile pour qui que ce soit, j’ai envie de te dire. Parce que… tu te dis, je vais parler de quoi ? Alors, tu commences à lire un peu d’autres textes, puis finalement, mes premières idées, naturellement, j’ai vécu tellement de choses ces dernières années. C’était très intense, dans le bonheur et puis aussi des moments difficiles. J’ai fait un burn-out, notamment, en février. Je croyais que j’allais mourir. Donc j’ai pensé à ça et je me suis dit que j’ai des choses à dire là-dessus. Mais pas que, il y avait pas que des trucs négatifs, il y a des morceaux comme « Release Yourself». Je ne suis pas un dépressif, je suis quelqu’un de plutôt candide, tu vois ? Je vois toujours le verre à moitié-plein. Et c’est un peu ça, c’est tout moi, « Release Yourself », au niveau des textes, c’est très simple, juste broyer du blanc et arrêter de broyer du noir. Mais je me suis souvent demandé comment faire un bon texte ? Je me dis qu’il faut que ce soit sincère, donc ça passe par des trucs que j’ai vécu. Et donc, j’ai eu envie de parler de mon burn-out. J’ai fait un truc un peu poétique, assez… épuré, de façon à ce que n’importe qui, lise ça avec les quelques images qu’il y a, puisse se projeter là-dedans aussi. « Outwhere my mind’s broke, my head is burning », tu vois ces paroles ? C’était vraiment les sensations que j’avais, que mon crâne était en surchauffe. Donc, tout le monde peut se projeter dans des choses comme ça. Ce n’est pas balisé par des choses temporelles ou des lieux. Donc, j’avais vraiment cherché le côté un peu neutre dans la façon d’exprimer les choses les plus généralistes. Et j’ai pu exprimer beaucoup de sentiments et de choses que j’ai vécues. Je pense que je vais rester sur cette façon de faire, mais je ne suis pas à l’abri d’avoir une autre façon d’écrire les textes à un moment donné. Mais j’ai juste puisé dans mon intérieur pour trouver mon inspiration, comme lorsque je fais de la musique. Après, je suis ouvert à tous les stimuli. C’est vrai que je vais lire un texte, n’importe quoi, un truc de pop, de metal, d’un artiste que j’aime bien… ou alors, il y a un truc à la radio et j’entends une phrase qui sonne selon moi. Je me le note dans le bloc-note en me disant qu’il y a moyen de retourner ça, de chercher ce son là avec ce contenu.
Je comprends très bien. J’ai fait un burn-out aussi en mars 2023.
Ah, on était presque synchro, mec.
Oui, tout à fait.
C’est le travail ?
Ouais, c’est ça.
Je cumulais deux boulots, plus les productions d’album, la promo, la vie de famille…tout ça…. Et le fait que la musique n’avançait plus, depuis un moment, ça a briser un truc. Le vinyle, c’était 7 heures devant une machine, quand même, c’est usant. Et je pressais les vinyles des groupes avec qui j’avais déjà tourné. Et moi, je ne tournais plus, tout ça, cumulé avec le conservatoire, la surcharge, la promo, tout ça… Des fois, je dormais deux heures par nuit. Bah, j’ai pété un plomb à 44 ans. Avant, je l’encaissais, et j’ai toujours tout fait à 100 à l’heure. Mais là, après 20, 25 ans, de nuit blanche, de conneries…ça devenait vraiment fou. Et là, maintenant, j’ai pris un an et demi pour préparer mon retour et faire une reconversion artistique et professionnelle. Et tu sais ce qu’on dit, et c’est valable pour toi, c’est le premier jour du reste de ta vie. Quand tu quittes ton boulot, t’es là… « Ah ! La liberté ». Et après un mois de repos, il y en a plein qui m’ont dit, « Putain, tu t’es bien remis du burn-out quand même. ». Avant j’étais un zombie. À Chaque fois que j’arrivais quelque part, c’était des commentaires sur ma tête. J’avais une tête de mort, j’avais pris 10 ans dans la gueule d’un coup. Et là, j’ai 44 ans, tu vois, je me dis… Putain, j’ai regagné 2, 3 ans.
Je trouve cet album très réussi. C’est un style musical que tu souhaites développer ou tu ne te fixes pas de limite, et tu pourrais partir sur autre chose par la suite ?
Alors, venant de moi, vu ma carrière, j’aurais dit « Oui, je pourrais partir dans n’importe quelle direction, ce n’est pas impossible ». Mais je vais te dire non, parce que c’est mon premier album en tant que chanteur et j’aime vraiment l’esthétique, qui est assez large dans ce que je viens de faire. Il y a plein de choses à développer. Peut-être que je partirais moins sur le cliché… les clichés de notre enfance, ce côté nostalgique des années 80, 90. Et peut-être que j’évoluerais vers un truc plus actuel, tu vois ? Mais ce sera… « Reboot »… ce que t’as entendu là, c’est un nouveau truc, et je vais m’y tenir. Il y aura peut-être des nouveaux éléments, je ne sais pas. Peut-être que ce sera moins audacieux, mais plus percutant pour le prochain.
J’ai deux titres qui se démarquent dans cet album, bien que je les aime tous. Le premier, c’est « Get Out », et le deuxième, c’est la reprise de TEARS FOR FEARS, « Shout ». Ça sonne très indus.
Ouais, j’ai cherché le côté un peu… NINE INCH NAILS. Presque RAMMSTEIN… Tu sais, le côté mural du son. Et puis, je trouvais que la version originale de « Shout » est beaucoup trop longue. À la fin, il répète 50 fois le refrain, je me dis, mais n’importe quoi. Il n’y a pas un mec, il n’y a pas un putain de mec dans studio qui leur a dit, « Non, mais les gars, vous déconnez, on a doublé, quadruplé, quintuplé le refrain à la fin. ». Il n’y avait pas un mec qui a réfléchi et qui dis que ce n’est pas possible, il faut raccourcir. J’aurais pu le garder en version longue, mais je l’ai raccourcie quand même. Sur le pont, c’était une démonstration de leur banque de son au synthé, et je me suis dis que c’était trop « plastique ». Du coup, j’ai gardé les riffs principaux. J’ai viré une autre partie et je me suis dit que je garderai l’esprit du pont, je reste dans l’esprit du morceau qui est très rock-métal, même limite avec un côté RED HOT CHILI PEPPERS. Je l’ai fait à ma sauce. Et puis, il y a un petit solo, alors il est cool son solo, il a une ambiance qui va bien avec l’album pour l’époque… Et je me suis dit que j’allais faire un solo à ma sauce, il y a même un petit côté presque AC/DC. Je voulais me démarquer comme c’est plus intimiste. Evidemment, j’adore leur version. C’est la version originale. Mais là, comme j’ai cherché un truc plus gros, je me suis dit que j’allais ouvrir avec une harmonie sur la troisième et la quatrième boucle. Il y a quatre boucles sur le couplet, sur les fins de couplet, et voilà, ça a donné une réinterprétation qui respecte l’original. Mais avec tout ce qui pouvait être modifiable. Et « Get Out », c’est une des dernières compos tout comme « Shout », qui a été rajoutée à la fin. Et tout comme « Sleep » aussi. Donc, c’est vraiment le côté new wave, qui est un peu présent sur des éléments. Sur d’autres morceaux c’est du plus grunge, à la ALICE IN CHAINS. Ou du NINE INCH NAILS avec le synthé. Il y a des intonations un peu à l’anglaise et à l’américaine aussi. Et ces trois morceaux sont arrivés à la fin. Je me suis demandé si c’était cohérent, mais comme c’est ce que je veux faire, rien à branler. Ça donne un truc cool.
Sur le titre « Get Out », j’entends un petit côté Dave GAHAN de DEPECHE MODE dans ta voix.
Alors on me l’a souvent dit. Je pense qu’il y en a qui ne doivent pas forcément apprécier. Pas tous, heureusement. Lorsque tu écoutes TEARS FOR FEARS, il y a des intonations, des fins de notes un peu à l’anglaise. Si tu écoutes INXS ou FINE YOUNG CANNIBALS, ils ont des façons de faire sonner très anglais. Et j’ai un grain plus grave dans ma tessiture. Donc ça a plus tendance à virer vers DEPECHE MODE que vers les autres groupes cités.
Un mot sur la vidéo que je trouve très « 80’s » du titre « Sleep ». Félicitations pour le pas de danse. J’ai vu que tu t’es éclaté à faire cette vidéo.
Ça aurait dû être beaucoup plus cool au niveau de la danse, mais comme j’étais sur un tapis fond vert, je ne pouvais pas bouger. Sinon, j’embarquais tout le fond. Donc, j’étais en totale galère. J’avais des purs pas de danse, je voulais faire un moonwalk, mais je n’ai pas pu. Pour la vidéo, j’ai tout produit moi-même. J’ai fait appel à deux amis, Cameraman, qui avaient un fond vert. Et j’ai produit le clip tout seul. Je voulais un truc un petit peu « 80’s » un peu comme les trucs de Deee-Lite. Tu vois, « Groove is in your heart ». Les trucs tout pourri avec… je ne sais plus… je ne me rappelle plus. Ou alors INXS lorsque tu les vois tous collés sur un fond noir. C’est très grossier. Je voulais des trucs avec les détourages, façon « 21 Jump Street » avec les murs derrière…les néons. Je me suis dit que ce serait fun ça. Je pense qu’il y en a plein de gens qui aiment bien. Mais qui sont en mode, je peux pas liker ça, c’est… pas gênant, mais je pense un peu trop rétro. Et puis, j’aurais pu donner une image beaucoup plus à QUEEN OF THE STONE AGE et faire un vrai clip filmé et tout ça. Et peut-être que ce serait mieux pour toucher les gens, je veux dire. Mais je l’ai senti comme ça. Je me suis dit qu’avec le peu de thunes que j’ai, je vais les mettre dans un truc plus artistique. Finalement, c’est plus artistique de faire ça. Et puis, en fait, je le trouve cool, ce clip. Il est marrant.
Pour moi, il n’y a pas de faux pas, il n’y a pas de… problème de goût. C’est parfait. Je trouve que ça colle parfaitement à la musique. C’est une réussite totale selon moi.
L’important, c’est quand tu décides de te réinventer, entre guillemets, quand tu remets tout à zéro, c’est qu’il y ai quand même un peu de monde derrière. Et moi, je sens que là, ça a commencé avec un peu de monde derrière, un peu, pas trop. Il y a beaucoup de gens qui commencent à regarder, à se dire « Putain, il a joué un coup de poker. Je ne l’aurais pas fait.». Il y a pleins de potes qui m’ont dit qu’ils n’auraient pas fait ce que j’ai fait. Et puis il y a beaucoup de mes amis proches qui m’ont félicité en me disant que ça correspondait bien à qui je suis. À ce que j’ai pu apporter d’entrée avec TREPALIUM, ce que j’ai créé et l’évolution dont « Voodoo Moonshine ». Mais aussi STEP IN FLUID, mes choix artistiques… Je voyais la date de ce soir arriver. Le taf que j’ai abattu, c’est des montagnes. C’est du matin au soir. J’ai pris une année sabbatique pour faire tout ça. Mais bon, là, je me dis vivement que ça se calme un peu, mais ça ne se calme pas du tout, en fait. En tout cas, j’espère que ça va m’amener des concerts, c’est tout ce qui compte. J’ai deux concerts, j’ai celui de ce soir, mal Release Party qui est très importante, dans mon fief. Et je fais la première partie de LIZZARD, le 29 novembre au Ferrailleur. Donc ça, c’est cool. On verra dans les semaines à venir, si d’autres choses vont suivre. On verra bien…
Le dernier mot est pour toi.
Eh bien écoute, merci à toi, puis à Vecteur Magazine. Merci à tous les gens qui m’ont fait confiance dans ce « Reboot ». Parce que c’est beaucoup, beaucoup, de travail et de de remises en question, et ça passe par le courage. Je sais pertinemment que des gens ne peuvent pas me suivre dans mes délires mais ceux qui m’ont suivi, merci à eux. Vivement que je défende cet album sur scène, donc n’hésitez pas à venir.