Vecteur Magazine

Saddiction
Tristesse, Douce Prisonnière..

Ce fût un plaisir de rencontrer Julien et Cédric pour discuter de leur septième album, *SADDICTION*, deuxième chapitre d’une trilogie entamée avec *A Loner* en 2022. Le groupe, formé en 2005, a évolué d’un style post-hardcore/sludge/doom vers une identité musicale plus personnelle, mélangeant leurs influences hardcore parisiennes. L’album sort ce 14 février 2025 via NUCLEAR BLAST, et explore le thème de l’addiction à la tristesse, une thématique enracinée et fleurie à merveille. 

Ce registre est tellement puissant et viscéral qu’il s’immisce dans les recoins les plus sombres de notre âme. 

Hangman’s Chair, en tant que pionniers du doom metal français, nous offre une fusion envoûtante de mélancolie et de puissance, où chaque note est imprégnée d’une profondeur abyssale et poétique qui résonne bien au-delà de l’écoute casual. 

L’artwork, réalisé par ValNoir de Metastazis, représente des immeubles sombres éclairés par des néons, une métaphore visuelle qui renforce l’ambiance de l’album. 

Le groupe a également annoncé une tournée en France et en Belgique avec le groupe Fange, sans oublier leur passage au Motocultor l’été prochain.

Interview de  par Cidàlia Païs

Photo Credit : Andy Julia

(photos Interview par Raphaël Gellé)

*Enchantée de faire connaissance ! Je me permets de vous dire que c’est ma première approche avec votre groupe, et pour les mélomanes métalleux et ceux qui découvrent votre musique, pourriez-vous nous présenter brièvement votre groupe ?

Julien : Le groupe s’est formé en 2005.. ça fait sept albums déjà…Cédric n’était pas encore arrivé dans le groupe, on a eu un premier chanteur sur le premier album, et Cédric, il est arrivé sur le deuxième album.

On a commencé plutôt par un style un peu stoner, sludge, dans ce style-là, un peu doom aussi..

Et au fil du temps, au fil des albums ça à évolué.. à la base on vient de la scène hardcore parisienne tu vois..et on a réussi à trouver notre identité en faisant un mélange de tous ces styles.

Et Hangman’s Chair c’est ça quoi.. et c’est notre vie depuis presque 20 ans maintenant.

A Loner, le premier chapitre d'une trilogie

*Parlons de *A Loner*, votre sixième album (2022), premier volet d’une trilogie.  Votre mélange de doom, sludge, et même de touches shoegaze, sublimé par une expression musicale et lyrique puissante, est saisissant.  Rarement ai-je ressenti une telle poésie dans la mélancolie et l’obscurité.

Des thèmes comme la mélancolie, le désespoir, mais aussi la contradiction et le rêve, transparaissent dans des titres comme « Cold & Distance », « Loner » et « A Thousand Miles Away » qui m’ont particulièrement marqué. Pouvez-vous me parler de ce qui à inspiré cet album ?

Julien : A Loner, c’est un album spécial parce que très personnel.. il à été composé pendant une période où moi, par exemple, je n’allais pas très bien.. j’avais une espèce de dépression et ça m’avait poussé à m’isoler totalement.. pour pouvoir me retrouver.

Et en plus, ç’est arrivé pendant la période du confinement. Donc tout était un peu mélangé.. et dans A Loner, chaque morceau représente un peu des états de cette dépression.. 

Tu vois des titres un peu comme Cold & Distance par exemple, c’était un peu ce que je ressentais à cette époque-là quoi..

..c’est vraiment un album qui parle de dépression.

*Tu veux ajouter quelque chose ? 

Cédric : Du tout, je pense que c’est très bien expliqué.

Une alchimie musicale unique

*Votre musique se distingue par une mise en valeur exceptionnelle de la voix, mais pas que, c’est un tout magnifiquement soutenu par les guitares, la batterie et la basse.  En plus de toute cette partie technique, un sentiment de forte cohésion entre vous, est particulièrement palpable sur vos deux derniers albums, je ne saurais pas mieux l’expliquer..

Julien : Oui c’est vrai, carrément !

Je pense que toi, tu vois tout en un, un truc unifié.. une vraie unité, et c’est oui, parce que par exemple, Mehdi le batteur et moi, on est vraiment un, c’est vraiment un binôme du groupe on va dire, on est les deux membres originaux du groupe et on se connaît depuis qu’on est gamins. On a joué ensemble depuis tout ce temps-là.. et aujourd’hui, on est là, on a 45 ans maintenant tu vois, ça fait du temps, on a quasiment passé plus de la moitié de notre vie à faire de la musique ensemble aussi.

Donc il est là le socle dont tu parles.

Cédric : Des fondations solides.

Julien : Et puis voilà Cédric aussi ça fait très très longtemps qu’on se connaît euh Ouais, on nous les quatre, on est vraiment des des ouais une famille quoi.

Le processus créatif

*Comment se déroule la composition au sein du groupe, c’est quoi votre votre pratique, à quatre, ensemble ?

Cédric : En fait pour les pour les compos, c’est Julien et Mehdi, donc le batteur qui composent un peu de leur côté.

Ils arrivent ensuite avec des morceaux, des gros squelettes quoi…Ouais, à 98 % finis…s’il faut, on retape un peu dedans, on fait des arrangements, des trucs un peu minimes mais la grosse base est là.

Par la suite, au niveau des textes, Julien écrit sur les compos qu’il a composées lui principalement. Et moi du coup je m’occupe de celles qui a composées Mehdi. 

À l’époque, j’écrivais tout et depuis A Loner, Julien avait besoin d’écrire donc il s’est mis à écrire.

Moi ça ne me dérange pas, et voilà ça travaille un peu comme ça quoi. 

 Julien : On a toujours vraiment travaillé en binôme, mais après on leur présente les morceaux et, c’est vrai qu’avec Clément , le bassiste, ils ajoutent leurs touches à la fin.

Mais c’est principalement comme ça que que marche le groupe.

Le paradoxe de la sérénité

*Pardon, je me permets…juste un aparté,

Il y a un paradoxe fascinant entre la sérénité que vous dégagez et l’intensité émotionnelle de votre musique et l’album que j’ai écouté ces 2 derniers jours..

Julien : Ahh, Merci…

C’est vrai que nous, tout ce qu’on fait sur et en musique quoi, c’est sûrement une partie de nous-mêmes.. comme on est très réservés, on ne peut pas, on ne veux pas tout montrer aux gens, et c’est la manière de le sortir quoi.

*Merci parce que votre musique évoque des émotions intenses. Je me retrouve à vouloir chercher ce qui se cache derrière les accords. Je m’identifie.. Il faut un mental solide pour naviguer dans ce registre..et je voulais comprendre.

Julien : Oui, je comprends tout à fait. L’environnement qui y règne autour du groupe, c’est super important quoi.

 

*Parlons du deuxième volet de la trilogie.

J’ai beaucoup aimé *A Loner*, mais *Saddiction* est une œuvre riche en émotions complexes, sans négliger l’aspect technique et rythmique, qui devient complètement addictif ! Ce septième album sortira le 14 février 2025… 

Belle Saint-Valentin ! 

Ouais (Rires)

Cédric : Ça tombe bien !

*J’étais “obligée” d’y retourner à chaque fois vous comprenez ?

Julien : Ça marche alors !

Cédric : Je pense que c’est aussi un truc avec nos albums, les gens nous disent souvent qu’il faut les écouter plusieurs fois.. déjà pour tout digérer je pense, les infos, les subtilités qu’il peut y avoir dedans, mais, si en plus ça donne envie d’y retourner, c’est plutôt bon signe.

Julien : Oui, moi j’ai plutôt l’impression que les gens qui ont écouté Hangman’s Chair, il leur faut du temps pour rentrer dans le groupe, pour digérer le truc quoi… Ouais, pour comprendre le truc mais voilà, souvent les gens s’identifient là-dedans, c’est peut-être pour ça..

On a progressé alors, je dirais, c’est peut-être pour ça.

Directed by Kendy Ty

Saddiction : une addiction à la tristesse ?

*On peut parler d’une addiction à la tristesse si j’ai bien compris..

Julien : Tu sais moi j’aime les films tristes, j’aime la musique triste, j’aime les gens tristes.

.. et puis c’est l’univers de Hangman’s Chair..je veux dire, c’est un terme générique que tu vois.. ça représente vraiment tout ce qu’on est quoi. Et pour moi oui, je suis totalement addict à ça quoi.

Pour moi, ce n’est pas une mauvaise chose hein..

Je sais pas, tu aimes bien les films tristes, tu aimes bien j’imagine(?).. j’aime bien rigoler sur des films aussi quoi, mais, les trucs les plus intéressants en tout cas, qui le vont plus me toucher et sur lesquels je vais plus réfléchir, ça va être la dessus quoi ça quoi. 

Cédric : Ouais je pense que ça, tout ce qui est tristesse que ce soit film ou musique etc.. ça développe peut-être plus de choses à l’intérieur plutôt que juste quelque chose d’heureux..

Julien : Après il faut des deux aussi quoi. Oui, il faut un équilibre. Il faut des deux.

Cédric : On est plutôt des gens qui aiment bien rigoler, il y a pas de problème hein.. notre vie n’est pas faite que de noir et de pluie.. mais c’est vrai que dans la musique c’est quand même quelque chose de plus intéressant à travailler.. c’est quelque chose qu’on donne aussi dans la musique.

Julien : Il y a des passages un peu tristes mais aussi des passages assez ouverts, qui des fois tu as l’impression de voir le soleil et tout..et on aime bien jouer avec ces contrastes là.

*Ça correspond à ce que je disais tout à l’heure.. là, sur le moment présent, je ne sens aucune tristesse, vous me transmettez une paix…c’est incroyable..

C’est encore une fois le paradoxe..

Julien : Parce qu’ on se guérit…un petit peu.. enfin..

Directed by Dehn Sora

La puissance émotionnelle de Saddiction

*Deux singles déjà sortis, ce featuring avec DOOL, sur le transcendant ‘2 AM Thoughts’ et ‘Kowloon Lights’..Neuf titres submergées d’une atmosphère un peu “lourde”, froide, le heavy qui concerne donc vos bases musicales brillamment mis en valeur par Francis Caste. 

En lisant l’article promo j’ai vu la promesse, – je la relis -“la promesse d’une exploration approfondie sur la thématique de l’addiction à la tristesse”, et je n’ai pas été déçue.. 

Ça ne m’a pas rendu triste, au contraire. C’est encourageant parce que beaucoup n’osent pas en parler..il y a de la honte à parler de la tristesse, c’est encore tabou..

Julien : Je t’avoue.. moi en faire de la musique, en faire des des lyrics, en composant, j’ai aucun problème mais par exemple là en parler comme ça, c’est pas facile non plus quoi parce que tu te mets vraiment à nu, il y a des trucs très très personnels et c’est vrai que c’est dur hein.

*C’est compréhensible, et je te remercie de le mettre sur papier..

Je suis complètement addict à des titres comme ‘Kowloon Lights’..une référence à la ville chinoise détruite dans les années 90 dans le visuel..mais également un désir de lâcher prise si j’ai bien compris, une certaine nostalgie..(?)

Julien : En fait l’image de Kowloon c’est un peu une métaphore hein, c’est vraiment pour représenter les, alors je sais pas si tu as déjà vu mais c’est des grands bâtiments, enfin c’est une espèce de No Man’s land avec que des bâtiments gris, tu vois quasiment pas le jour. Et les seules lumières que tu vas voir ce sont des lumières de néons roses très flashy, ça a été vu dans beaucoup de films hongkongais des années 80. Et moi, c’était vraiment cette image-là pour pour donner un mood tu vois, pour donner une ambiance parce qu’on parle pas forcément de la ville dans le morceau tu vois, c’est pas ça qui est important mais c’est plutôt  l’ambiance qu’il va avoir avec, parce que direct quand tu connais la ville, que tu as déjà vu des des films là-dessus ou des images, tu l’as en tête quoi. Donc c’était vraiment pour voilà une espèce de métaphore là-dessus.

*Un mood très sombre le clip..cet homme avec toutes les armes autour de lui..

Et la corde.. remplie de symboles..

Julien : Ouais ouais, il y a tout ce qui représente le groupe et le mood.

La guérison, un processus complexe

*Ce titre, et ce clip m’ont vraiment frappé.. et, en même temps, c’est comme si on vivait une étape de purification, avec un espoir d’aller mieux, de guérir..

Julien : De toute façon on continue hein. On continue, c’est le seul moyen de c’est de vivre c’est de vivre avec en fait. 

Cédric : C’est un peu de l’acceptation..

Julien : C’est un peu ce qu’on raconte aussi même  dans Saddiction, c’est de dire qu’une fois que tu es passé par ces moments durs, il reste toujours en toi, et la porte sera, une fois que cette porte là elle est ouverte, elle sera toujours entrouverte tu vois là. Tu pourras toujours enfin, tu retombes toujours dedans mais c’est vrai qu’ il faut apprendre à vivre avec du coup.

Parce que ces moments, eux, ils sont toujours là..

..et à les apprécier tu vois, ces moments un peu de.. ouais de spleen, de tristesse quoi. Et une fois que tu les embrasses tu vois que tu arrives à vivre avec, bah, tu dis voilà c’est on continue quoi.

*Je pense qu’on peut trouver ça un peu dans ‘Canvas’, ‘44 YOD’, et même dans ‘Healed’ avec ce point d’interrogation…

Healed (?) si j’ai bien compris, on détecte une guérison, lente, douloureuse…peut-être..

Julien : Peut-être oui, il y a une interrogation.

Parce qu’on est vraiment quoi..c’était surtout ça. Parce qu’on se le dit des fois qu’on l’est…Ça rassure hein de se dire “ah c’est bon je suis passé autre”..mais finalement est-ce qu’on est pas en train de se mentir à soi-même quoi..

*C’est une forme de déni.. mais il faut l’accepter..

Julien : Voilà, de déni, on dit voilà c’est dans les lyrics quoi tu vois et..je pense que le plus important c’est comme tu disais c’est de l’accepter quoi.

Et vivre avec.

* *SadDiction* est plus puissant, viscéral, beau à souhait.. ça fait du bien.. 

Julien : Merci parce qu’on a on n’a pas eu encore trop de retour dessus, c’est notre première journée d’interview.

Non mais c’est notre première journée d’interview et finalement celui qui l’a écouté euh bah les gens du label euh quelques amis quoi mais ouais tu fais partie des premières personnes qui nous disent le ressenti et pour nous c’est top.

*Merci à vous.

Je ne peux me concentrer uniquement que sur le côté technique et musical.. j’ai besoin de comprendre ce que l’artiste à nous dire.

*Merci pour cet album qui parle de la dépression, de la tristesse, de l’espoir, et qui met à table, met à nu que sur le processus de la guérison on s’en sort pas comme ça, et qu’on a le droit d’en parler ..

Cédric : Et on a le droit de rater..

Le visuel de Saddiction

Parlons du Artwork. On parlait de Kowloon Lights tout à l’heure, et sur les visuels de *Saddiction*, nous apercevons le titre écrit aux lumières des grands immeubles.. et encore ce bonhomme avec l’arme à la main..les néons..tout en gardant ce côté sombre..

Julien : C’est Valnoir de Metastazis qui l’a fait, je ne sais pas si tu connais, il a souvent travaillé avec beaucoup de groupes black metal.

Et moi, pendant l’enregistrement, je n’avais aucune idée de ce qu’on allait mettre comme pochette. D’habitude on a des idées mais ça fait déjà sept albums qu’on a, à un moment donné c’est dur de se renouveler quoi et il nous fallait quelqu’un qui ait vraiment une vision de nous autre que ce qu’on connaît déjà. Et, il est passé par là et parce qu’il m’a enregistré chez Francis aussi un petit peu avant. Et on s’est rencontrés et je lui ai dit “ouais tu serais chaud de le faire ?”, il fait OK. Je lui dis tu veux écouter l’album ?

Il fait “non non, j’ai déjà une idée de vous, du comment, et j’ai déjà en tête ce que vous représentez pour moi” 

Et c’était ça, c’est cette idée de d’immeubles avec les lumières des fenêtres, et tu peux te demander qu’est-ce qui se passe dans chaque appart qu’il y a dans l’immeuble.. voilà tu vois, c’est un truc très ouvert quoi.

Un peu comme le titre Saddiction qui donne beaucoup de place à l’imaginaire.

*Ça fait un beau voyage intérieur et c’est incroyable qu’il se soit projeté comme ça, je pensais qu’ effectivement, il avait entendu l’album. 

Julien : Non non..en plus il a commencé je crois, pendant l’enregistrement de l’album et je lui dis “ça t’intéresse d’écouter des trucs ?”, il me dit “un peu, je vais l’écouter pour mon plaisir mais  ça ça ne rentrera pas en compte pour la pochette”. 

(Rires)

*Une tournée en France, des dates avec FANGE..

Julien : Quelques dates en France. On a ouais on a vraiment ciblé la France  et la banlieue qu’on avait pas trop fait depuis longtemps et avec Fange, des amis à nous. On fera des concerts jusqu’à cet été.. ouais très content de commencer par ça, ça va nous donner un bon tour de chauffe quoi.

*Nous, on vous attend aussi au Motocultor !

Julien : Yes !

Ah oui, on a joué là-bas il y a quoi il y a 3 ans, quelque chose comme ça.

Et ça c’était et c’était une fin de tournée, c’était la dernière date de la tournée et ça s’est super bien passé, j’ai un très très bon souvenir.

*Hâte de vous recevoir là-bas !

Cédric : Ah c’est cool. Vous travaillerez là-bas ?

*Ouiiiiiii !

Julien : Heureusement j’en ai dit du bien alors. (Rires)

*Est-ce que vous auriez aimé aborder un sujet que j’aurais oublié..?

Cédric : Je crois que t’as fait le tour..

*Un ou deux mots qui pourraient résumer l’album, à part Saddiction..

Julien :..là comme ça.. rien que ce titre de toute façon, il est tellement global que ouais, ça représente ce qu’on est encore plus que même cet album là quoi. C’est vraiment un truc qui peut résumer un peu ce qu’on a fait pendant presque 20 ans maintenant.

*Je vous en remercie pour cette belle énergie pendant l’interview.

Julien : Merci à toi également, parce que tu as vraiment compris l’album.

Edited by Clément Hanvic

 

Tracklist:

To Know The Night

The Worst is Yet To Come

In Disguise

Kowloon Lights

2 AM Thoughts (feat DOOL)

Canvas

Neglect

44 YOD

Healed?

 

Notre Avis :

Chaque morceau de *Saddiction* est un tableau vivant, construit de manière progressive et inattendue qui défie une quelconque attente et élargit ma perception, non seulement du voyage sonore, mais de tout l’humain insufflé dessus.

Dès l’ouverture avec \ »To Know The Night\ », on est enveloppé par cette basse assourdissante qui, comme une onde de choc, fait vibrer l’air autour de nous. Ses riffs puissants et son ambiance presque hypnotique nous attirent inévitablement vers un voyage introspectif, où la tristesse se révèle presque désirable. Cédric, avec sa performance vocale incroyable, insuffle une intensité palpable à chaque morceau. Cette voix, à la fois claire et chargée d’émotion, est le fil conducteur de cet album, nous guidant à travers des paysages sonores d’une richesse inouïe.

 \ »The Worst Is Yet To Come\ » nous plonge dans des guitares si graves que l’on peut presque entendre la douleur résonner, avant que la musique n’éclate en une lumière solaire, baignée de réverbération. C’est un contraste saisissant, une juxtaposition qui rappelle les nuances de la vie elle-même : tantôt lumineuse, tantôt sombre. 

En fait, la tristesse, ce thème central, n’est pas simplement une émotion à explorer, mais une addiction à laquelle on succombe, comme l’indiquent les paroles poignantes. Les textes sont écrits avec une telle précision qu’ils parviennent à s’accrocher à notre esprit, comme un souvenir persistant d’un amour perdu ou d’une opportunité manquée. Cette atmosphère dense et presque \ »traîtresse\ » nous plonge dans une apesanteur délicate, où l’on ne peut s’empêcher de se demander ce qui nous arrive vraiment. L’album ne se contente pas de jouer sur la nostalgie des années 80 ou de s’inspirer du shoegaze, il les réinvente, apportant une fraîcheur qui lui est propre. \ »Kowloon Lights\ » est un parfait exemple de cela, avec une voix claire qui évoque des souvenirs d’icônes passées tout en restant résolument moderne. Pendant ce temps, \ »2AM Thoughts\ » nous plonge dans une introspection si profonde qu’elle semble nous révéler des vérités cachées sur nous-mêmes.

Le titre \ »Canvas\ » est particulièrement frappant, où un solo de guitare incandescent fait éclater des sentiments bruts, le cœur prend cher. C’est une véritable effusion de passion, un moment où le temps semble suspendu.

À la fois captivant et déconcertant. \ »Healed ?\ » nous transporte encore plus loin, en nous plongeant dans une immersion totale qui nous pousse à explorer les profondeurs de notre propre âme. On ne peut s’empêcher de se demander si cette addiction à la tristesse est une bénédiction ou une malédiction. Qui, après tout, peut résister à un tel appel ? L’envie d’aller mieux est là.. vraiment (?)

La production de *Saddiction*, orchestrée par le talentueux Francis Caste, est également à saluer. Chaque note, chaque silence est méticuleusement agencé pour créer une expérience immersive et provoquer l’imaginaire en observant les fenêtres des appartements.. chacun(e) avec ses vices, ses regrets et ses rêves, capturant parfaitement l’essence de la pochette conçue par Valnoir de Metastazis. 

Il est indéniable que *Saddiction* marquera l’année 2025. Avec sa capacité à évoquer des émotions complexes et à naviguer à travers des paysages sonores d’une telle richesse, cet album s’impose déjà comme un incontournable. Pour ma part j’assume pleinement mon addiction.

LINEUP

Julien Chanut – Guitare
Cédric Toufouti – Guitare, chant
Mehdi Thepegnier – batterie
Clément Hanvic – basse

 

 

 

 

 

 PLUS D’INFORMATIONS :

Album : Saddiction

Date de Sortie : 14 Février 2025

Production / Mix & Mastering : Francis Caste

Artwork : Valnoir de Metastazis

Label : NUCLEAR BLAST RECORDS

Sites Officiels : https://www.facebook.com/hangmanschair

http://hangmans_chair

http://hangmanschair2963

https://hangmanschair.bandcamp.com/

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