Vecteur Magazine

ARCH ENEMY + ELUVEITIE + AMORPHIS + GATECREEPER

EUROPEAN BLOODY DYNASTY TOUR 2025 - ZENITH DE PARIS - 27/10/2025

Report de Mélissa Bussière & Photos de Raphaël Gellé

Arrivée à 17h40, je découvre quelques metalheads présents devant le Zénith en train d’attendre sagement le début des hostilités. Après avoir pris une bonne suée, ne sachant pas par quelle entrée on voulait me faire passer, me voici sur place! À l’intérieur, des spectateurs arborent fièrement des t-shirts Arch Enemy. Ça échange des anecdotes, ça achète du merch, tout en buvant un coup patiemment dans une ambiance conviviale et joviale. Je gagne ma place en gradin, découvrant que je suis plus que bien placée pour ce grand événement! Merci! Un morceau de Children Of Bodom est lancé en fond avant l’arrivée de Gatecreeper. 

Gatecreeper : Une mise en bouche aux saveurs death metal et Arizona

Le Zénith s’allume d’un vert profond, presque toxique; En fond sonore, le public est accueilli par le groove ironique de “Shots”, clin d’œil plutôt inattendu qui contraste avec la lourdeur qui nous attend. La salle se remplit peu à peu. Je suis presque au milieu dans les gradins, ça va clairement être un régal. Les musiciens débarquent sous une ovation qui résonne jusque dans les poutres métalliques. Une ambiance lugubre s’installe, les basses tremblent et le public commence à rugir. Le frontman Chase Mason lève les bras et nous crie  “Put your hands up !” et “Dead Star” se lance rageusement. D’entrée, la double pédale de Matt Arrebollo pilonne sans relâche, soutenue par les guitares d’Eric Wagner et Israel Garza, tranchantes et compactes. Le son est gras, violent, mais d’une précision chirurgicale. Les têtes se balancent à l’unisson. Scène minimaliste, posture brute : pas de fioritures, juste du death metal à l’état pur. Sous les hurlements de Mason, les gradins vibrent avec violence. Wagner et Garza headbangent avec force, toujours accompagnés par une grosse caisse déchaînée. Le public, encore un peu timide, se laisse apprivoiser. “I want to see you jump!” hurle Mason. Les premiers mouvements de fosse apparaissent alors. Le morceau s’achève sous les applaudissements reconnaissants. On enchaîne sur  “Ruthless”, toujours sous cette lumière verte agressive. Rythme effréné, poings levés, riffs cinglants. Les gradins vibrent et la salle continue de se remplir. Le groupe envoie sans un mot superflu, concentré, efficace. Les deux guitaristes headbangent sans relâche. Sous les applaudissements et les sifflements, on entend les premières notes de “A Chilling Aura”. Les blasts pleuvent, les guitares se font plus tranchantes. Mason harangue la foule : “Let me hear you!” — et le pit répond avec des “HEY! HEY! HEY!” qui montent en intensité. Le pogo s’organise, la fosse se transforme en océan de têtes et de bras. Le groupe, stoïque mais survolté, garde un groove implacable. “Caught In The Treads” déclenche un pogo encore plus hostile. Le circle pit éclate, la poussière s’élève, les cris se mêlent aux growls puissants du chanteur. Les guitares crissent, la basse d’Alex Brown vrombit, et le public suit chaque break avec une précision quasi militaire. C’est le moment où Gatecreeper prend pleinement possession du Zénith. Les cris maîtrisés et puissants de Mason  ne laissent personne sur sa faim. Plusieurs personnes headbangent dans la fosse. Un autre appel au “HEY! HEY! HEY!” est lancé, suivi avec toujours autant d’entrain de la part du pit. Tout le monde bouge la tête en rythme sur ce morceau plus qu’entraînant je dois dire. Wagner se met plus en hauteur et lève le poing, déclenchant les applaudissements déchaînés du public. Mason nous remercie brièvement et présente le groupe avant le début de “The Black Curtain”, un nouveau titre. Il nous demande de chanter avec lui : “I’m dead, i’m livin”. La guitare introduit le morceau suivi de la batterie et d’un cri puissant, profond et maîtrisé, Mason pousse des cris rappelant par moment ceux de Alexis Laiho, du groupe Children of Bodom. Le public joue le jeu, scande les paroles. L’énergie monte encore d’un cran. Les applaudissements retentissent une nouvelle fois.Sur “From The Ashes”, la batterie explose, soutenant un headbang collectif aussi discipliné qu’un mur de feu. Les guitares s’aiguisent, les poings se lèvent, et Mason pousse un cri rageur qui résonne jusque dans les travées. Solo strident, tempo ralenti : le morceau respire la colère contenue. On sent que le public est conquis. Plusieurs personnes s’avancent tout à l’avant du pit. Les spectateurs ont les poings levés et accompagnent la guitare stridente de Wagner qui vient percer la pièce. Mason lève le poing à son tour, face à une fosse toujours aussi réceptive et attentive. A peine les applaudissements ont le temps de se terminer que “Mistaken For Dead” s’empare du pit. C’est la libération totale : circle pit déchaîné, pogos effrénés, tout le monde saute, crie, s’épuise. Le public frappe dans les mains en union avec cette transe death metal. La maîtrise vocale de Mason impressionne : growl profond, timbre clair parfaitement placé, le tout sans jamais faiblir. On sent que les fans de Gatecreeper sont présents. Les personnes sautent à la fin du morceau. Les riffs hurlants d’Eric Wagner et Israel Garza ne laissent aucun répit, et le groupe enchaîne sans pause. Mason harangue : “Hands up!” pour introduire “Flesh Habit”. Les instruments continuent de nous régaler les oreilles ainsi que Mason qui maîtrise toujours parfaitement le chant clair et le growl. Plusieurs personnes sautent à nouveau en fosse. Le groupe joue face à un public énergique et déterminé, ne faisant qu’applaudir de joie et pousser des cris. On frappe tous dans nos mains, accompagnant un solo de guitare. Puis batterie, basse et chant reprennent. Le morceau prend fin. Un circle pit est alors demandé à la foule pour accueillir à la fois la fin de la chanson et “Sick Of Being Sober” : le chanteur prend une photo avec le public “Let me take a picture of you guys!”. Flash, rires, puis retour immédiat dans le chaos sonore. Les riffs sont plus gras, la rythmique roule comme un bulldozer. Le public headbang à l’unisson, la salle est désormais en fusion. Sous les “Yeaaaah !” de Mason, les poings se lèvent et nous sommes chaudement remerciés. La guitare se met à hurler pour jouer le dernier titre. Mason reprend le chant sur “Flamethrower”, qui vient finir de nous mettre en bouche avec des riffs acérés, des hurlements poussés, une batterie bouleversante et une fosse en furie. Sous une pluie d’applaudissements le groupe s’arrête et les musiciens quittent la scène. Petite pause méritée avant l’arrivée du groupe suivant. Je reste dans les gradins vu le froid dehors. Je sortirai plus tard. 

Amorphis : Un équilibre parfait entre le progressif et le doom

Le drapeau d’Amorphis flotte déjà sur scène, sobre, majestueux. La fosse se remplit à nouveau, les fans reprennent place, impatients. Quelques tests micro retentissent, puis les lumières s’éteignent. Un spectateur lance un “Il va faire tout noir !” qui déclenche un fou rire général. Quelques secondes plus tard, une musique épique s’élève, comme un chant de bataille viking. Les cris montent, le Zénith se prépare à plonger dans une autre dimension. Une lumière violette embrase la scène : le groupe entre sous une explosion d’applaudissements. Sans préambule, “Bones” ouvre le set, porté par la voix caverneuse et maîtrisée de Tomi Joutsen. Les guitares d’Esa Holopainen et Tomi Koivusaari tranchent l’air, la batterie de Jan Rechberger s’abat comme une tempête, tandis que la basse de Olli-Pekka Laine vrombit dans tout le Zénith. La fosse, désormais bondée, s’agite, poings levés, têtes oscillant en rythme. Joutsen arpente la scène, micro levé, véritable chef de meute. Un solo déchirant vient illuminer la fin du morceau. Applaudissements nourris.

Le voyage continue avec “Silver Bride”. Ici, Amorphis dévoile toute sa dualité : les mélodies évoquent Children of Bodom, mais avec cette touche mélancolique et mystique typique du groupe finlandais. Joutsen passe au chant clair avec une justesse déconcertante, avant de replonger dans un growl rugueux et profond. Les lumières se font plus élaborées qu’au set précédent — faisceaux dansants, projections colorées — et le public tape des mains sur sa demande. Premier frisson collectif. “Bonjour Paris! We are Amorphis!” lance Tomi, sourire franc. “We’re so happy to be here!” La salle acclame le groupe, conquise.“Wrong Direction” démarre sur une intro entraînante, portée par le clavier atmosphérique de Santeri Kallio. Les guitares s’affûtent, le tempo ralentit, puis repart dans un mélange d’intensité et de douceur. Joutsen alterne entre chant clair et growl avec une fluidité presque irréelle. La foule frappe dans les mains, transportée. Lumières rouges, blanches, chaudes : tout est calibré, millimétré. Quand la dernière note retentit, la salle explose en applaudissements. Le magnifique “The Moon” s’élève ensuite, sous des faisceaux bleus qui enveloppent la scène. Le synthé plane, la batterie s’envole, et les voix s’alternent entre rage et mélancolie. Ce morceau progresse en tension, monte crescendo jusqu’à une apothéose de lumière et de sons. Le passage instrumental, d’une beauté glacée, coupe littéralement le souffle. On est suspendus, hypnotisés. Joutsen revient au chant clair pour conclure cette odyssée musicale. “Thank you so much!” glisse-t-il humblement, sous une pluie d’applaudissements. Vient “Dancing Shadow”, extrait de The Borderland. “Ladies and Gentlemen… Dancing Shadow!” annonce le chanteur. Et là, la magie opère à nouveau : tout le Zénith frappe dans les mains, le morceau respire la lumière et le voyage. Les synthés flirtent avec des sons électro, les guitares galopent, et la section rythmique fait battre nos cœurs en même temps que les fûts de Jan Rechberger. Tout le monde semble connaître les paroles. Une communion totale. Avec “Death Of A King”, changement d’atmosphère : les guitares introduisent des motifs orientaux, la batterie martèle, et la voix de Joutsen passe du growl au clair avec une aisance presque surnaturelle. La scène s’illumine de faisceaux tourbillonnants. Le bassiste Olli-Pekka se déplace, interagit, et la fosse répond avec énergie. Le solo d’Esa Holopainen transperce littéralement l’air — pure émotion. Le chanteur termine sur une note prolongée, presque mystique, avant un hurlement libérateur. Ovation. Les premières notes de “Black Winter Day” résonnent : instantanément reconnaissables, épiques. Le tempo lourd invite au headbang lent et collectif. La foule suit, poings levés. Les guitares jouent sur les textures, la batterie impose son rythme, et la voix de Joutsen alterne encore entre rage et clarté. L’alchimie parfaite. Ce morceau, monument du metal mélodique, déclenche des frissons. La précision d’exécution du groupe force le respect. C’est un délice sonore total. Puis vient “House Of Sleep”, l’un des hymnes d’Amorphis. Le titre démarre sur tous les instruments en chœur, énergique, entraînant. Les téléphones se lèvent, la foule chante, des poings battent la mesure. Joutsen, toujours aussi expressif, lève son micro-stand, salue le public, puis reprend son chant limpide. La foule chante avec lui, un moment suspendu entre puissance et tendresse. Il profite d’un instant pour saluer les autres groupes de la soirée, provoquant de nouveaux applaudissements. Enfin, “The Bee” vient clore le set dans un déchaînement lumineux et sonore. Growls puissants, synthés tourbillonnants, rythme effréné. La basse rugit, la batterie explose, les guitares s’envolent, et la foule ne s’arrête plus de frapper dans les mains. Le morceau, complexe et changeant, déploie ses ailes entre rage et beauté. Quand la dernière note s’éteint, les musiciens s’avancent pour une photo avec la fosse. Un dernier salut, et Amorphis quitte la scène sous une ovation monstrueuse. Une véritable démonstration d’équilibre entre force et émotion; un voyage sonore, mystique et parfaitement exécuté.

Eluveitie : Le folk s’empare du Zénith !

Pendant que l’équipe technique s’affaire à changer le matériel, la salle bruisse d’impatience. Dans les gradins, on échange des anecdotes de concerts passés, on débat sur les meilleures prestations du soir. L’ambiance est chaleureuse, complice. Et pourtant, tout le monde le sait : la soirée est encore loin d’être terminée. Les tests de lumière et de son s’enchaînent, puis le décor se dévoile : un sentier forestier traversé par un magnifique cerf. Difficile d’être plus clair — on s’apprête à plonger dans l’univers d’Eluveitie, entre légendes celtiques et fureur païenne. Quelques coups de batterie résonnent, un dernier test de micro, puis… BOOM. Les lumières s’éteignent. Une voix mystérieuse s’élève, portée par le vent et des notes de synthé aériennes. La foule crie. Le voyage peut commencer. Les musiciens arrivent sur scène à 20h précises, accueillis par une salve d’applaudissements. La batterie de Alain Ackermann, surélevée, domine la scène, tandis que les premiers accords d’“Ategnatos” résonnent. Fabienne Erni ouvre le bal avec sa voix envoûtante, d’une clarté presque magique, bientôt rejointe par le chant plus brut et tribal de Chrigel Glanzmann. Violons, flûtes, cornemuses et guitares s’entremêlent, tissant une atmosphère d’aventure et de forêt ancienne. Le son est un peu plus doux que les groupes précédents, mais l’intensité émotionnelle est intacte. Quatre musiciens headbangent en rythme, poings levés, pendant que le Zénith tout entier filme, danse, vibre. Premier tonnerre d’applaudissements. Vient ensuite “Deathwalker”, introduit par un riff celtique avant un cri rageur de Chrigel. Les guitares et la batterie s’abattent en tempête. Fabienne reprend ensuite le flambeau avec une voix limpide et lumineuse, parfaitement complémentaire. Les lumières bleues et vertes mitraillent la fosse au rythme des percussions. Les “Hey! Hey! Hey!” résonnent, le public tape des mains, et la salle toute entière semble sautiller sur place. Solo de violon, reprise du rythme, puis final explosif. L’alchimie entre les deux chanteurs est parfaite. “Bonsoir messieurs-dames ! How you doing, Paris ?” lance Fabienne, sourire éclatant. La foule répond par un rugissement. “The Prodigal Ones” démarre aussitôt. Chrigel rugit, la fosse bouillonne, les poings se lèvent. Fabienne headbang avec grâce, tressant ses cheveux au vent des amplis. Le tempo est soutenu, les guitares de Jonas Wolf et Rafael Salzmann s’envolent dans un solo aussi court que percutant. L’énergie du groupe est contagieuse. Puis vient “Exile Of The Gods”, morceau massif et percutant. Les voix s’unissent, puissantes, parfaitement maîtrisées. Fabienne et Jonas échangent un sourire complice, la guitare ralentit, puis repart dans une cavalcade instrumentale. Dans la fosse, ça saute, ça tape, ça vibre. On est dans un film épique en direct. Avec “A Rose For Epona”, le ton se fait plus intime. Le bruit du vent, un battement de cœur. Fabienne, seule au centre, illumine littéralement la scène. Sa voix cristalline emplit l’air d’une émotion presque palpable. Les instruments s’effacent, puis reprennent doucement, tandis que Chrigel ajoute quelques phrases graves en contraste parfait. Le public écoute religieusement. Ce moment suspendu se conclut par une salve d’applaudissements et quelques cris émus. Place ensuite à “Premonition”, où Chrigel reprend les commandes. Fabienne headbang vigoureusement pendant que la violoniste Lea Sophie Fischer fait voler son archet avec une virtuosité hallucinante. Un petit pogo naît au centre du pit — oui, même sur du folk metal, tout est possible. Solo de guitare, reprise du violon, la fosse saute à nouveau. Fabienne remercie Paris : “Merci beaucoup ! Thank you, Paris !” avant de confier que jouer sur une telle affiche est une grande pression. Le public lui répond par une ovation. “Ambiramus prend la relève, le public tape dans les mains, en rythme, le sourire aux lèvres. Fabienne nous entraîne littéralement au Valhalla. Sa voix plane au-dessus des flûtes et des guitares, tandis que la fosse devient une mer mouvante. L’avant du pit saute, chante, exulte. Le morceau se termine dans une explosion d’énergie pure. Puis, moment unique : “L’Appel des Montagnes”. Fabienne chante en français, et le Zénith fond instantanément. Sa prononciation est parfaite, son interprétation lumineuse. Des lumières rouges baignent la scène, la violoniste et le bassiste jouent côte à côte dans un bel échange complice. L’énergie circule partout : entre les musiciens, dans la salle, jusque dans les gradins. On se croirait dans un conte médiéval. Vient ensuite “King”, au tempo effréné et aux accents bretons. La fosse saute sans relâche, un circle pit se forme. La flûtiste Nicole Ansperger offre un solo endiablé pendant que Chrigel rugit à pleins poumons. Fabienne l’accompagne de sa voix claire et éclatante. C’est le chaos joyeux, l’énergie pure. “Merci Paris !” hurle Chrigel. La batterie martèle la fin, et tout le monde applaudit. Mais Eluveitie garde le meilleur pour la fin : “Inis Mona”. Ce morceau culte, celui qui a fait découvrir le groupe à beaucoup d’entre nous, transforme littéralement le Zénith. Les cornemuses rugissent, les violons s’envolent, et la foule devient une seule et même entité. “Sing with us !” hurle Chrigel — et tout le monde chante, crie, tape dans les mains, slame. Des dizaines de bras se lèvent, la fosse ondule. L’énergie est indescriptible. Les musiciens applaudissent à leur tour, Fabienne forme des cœurs avec ses mains, le groupe salue longuement. C’est un moment fort, sincère, rempli de gratitude.Sous un tonnerre d’applaudissements, Eluveitie quitte la scène, visiblement ému. La salle reste électrisée. La guerre des cervicales approche : Arch Enemy s’apprête à faire son entrée.

Arch Enemy : L’arrivée d’une machine de guerre

Une grosse affiche “Pure Fucking Metal” trône face à la fosse et nous cache la scène. Les gens commencent à revenir peu à peu de leur pause. Le Zénith est maintenant à nouveau bien rempli. J’ai même de nouvelles personnes à côté de moi en gradin. Peut-être des fans de Arch Enemy venus spécifiquement pour eux. La salle est bien plus remplie que pour tous les autres groupes. À 21h22, la lumière qui saute et une musique introduit la reprise du concert. Le public est prêt à accueillir comme il se doit l’un des groupes de légendes qui a bercé notre adolescence, pour la plupart d’entre nous. Les membres apparaissent en transparence derrière la toile. Une lumière qui transperce l’écran. Chacun leur tour, les musiciens apparaissent, éclairés par un spot : d’abord le batteur, puis le premier guitariste Michael Amott, le second guitariste Joey Concepcion et le bassiste Sharlee D’Angelo. Alissa White-Gluz, dont la silhouette est éclairée en dernier, rugit avec puissance et le rideau chute, laissant voir la scène. Le pit, enragé, hurle à pleins poumons. “Faites du bruit, Paris!” crie Alissa tandis que résonne le début de “Deceiver, Deceiver”. On peut dire que ses screams violents mettent tout le monde d’accord. La batterie martèle alors que les guitares tranchent et que les vocalises d’Alissa continuent de nous assaillir. Les instruments entrent ensemble dans une course folle avec un tempo plus que rapide. De la fumée vient inonder la scène, et des spots bleus dansent à l’arrière de Daniel Erlandsson. “Paris, comment ça va?”. La foule applaudit en délire. La chanteuse présente le groupe, puis on enchaîne sur “Ravenous”. Les deux guitaristes se mettent côte à côte. Plusieurs personnes headbangent dans les tribunes. Les lumières dansent à une vitesse fulgurante. La scénographie est impressionnante, toute en brutalité et en puissance. Les guitares chantent avec force, accompagnées par les poings de l’auditoire qui se lèvent. Un pogo s’est déjà formé au centre. On sent réellement que tout le monde attendait ce moment. Alissa se déplace avec énergie sur scène. Elle nous invite à frapper dans les mains et tout le Zénith suit en cœur avec motivation. Un solo de guitare, parfaitement maîtrisé vient suivre cet enchaînement énergique. La chanteuse et Michael se rapprochent, complices. La batterie frappe violemment accompagnée de puissants strobes. Toute la foule applaudit la fin du morceau. “Dream Stealer” entre dans la danse : lights roses sous le support de la batterie. La batterie nous frappe de plein fouet, alors que les foudres des guitares et de la basse continuent de s’abattre sur nous, ne laissant aucun temps mort. La chanteuse nous invite à chanter avec elle. Pogos, circle pit et headbangs se déchaînent sur la puissance sonore parfaitement maîtrisée. Les guitares hurlent alors que le jeu de lumières nous inonde aussi d’un spectacle à couper le souffle. Il n’y a pas à dire, ce groupe est taillé pour la scène. Plusieurs personnes slament dans la fosse. La musique prend fin sous les applaudissements. “Blood Dynasty” : début instrumental. Les gens de la fosse sautent en rythme. Les growls d’Alissa nous assaillent et nous transpercent violemment. Le circle pit continue de plus belle sous les coups de la batterie qui ne faiblit pas. Les lumières continuent de tourbillonner sur la foule au rythme du titre. La chanteuse quitte la scène un instant et laisse place à tout un passage instrumental et un majestueux solo de guitare. Elle revient et le public applaudit en rythme. L’ambiance est survoltée en fosse et dans les gradins plusieurs personnes fredonnent le son. Fin du morceau. Applaudissements et cris. “Paris merci d’être ici avec nous ce soir! Are you ready to have some fun?” Après une réponse positive de l’auditoire, “War Eternal” démarre. Nous sommes rapidement invités au “HEY! HEY! HEY!”. Des gobelets sont lancés dans les airs. Les guitares nous ravissent les oreilles par leur précision, ainsi que le chant très technique d’Alissa qui reste juste et ne s’essouffle pas jusqu’au bout. L’attente valait le coup : on assiste à un show juste dingue où public et musiciens semblent ne faire qu’un. Tandis que les guitares hurlent toujours haut et fort, la foule continue de sauter avec force. Tout le monde est encore parfaitement éveillé et plus que motivé. Un nouveau solo de guitare hurlant vient danser avec une fosse en délire. Des slammeurs, des pogos, mais surtout une osmose captivante. Applaudissements. “My Apocalypse” : bruits de machines . Invitation une nouvelle fois au “HEY! HEY! HEY!”, cette fois-ci par le guitariste. Alissa demande à la fosse de sauter en rythme. Les notes viennent percuter de plein fouet tout l’auditoire. On revient à l’époque du collège pour moi sur ce morceau, plus que culte pour tous les fans du groupe. Plusieurs personnes chantent les paroles. Avec une prestance scénique toujours aussi remarquable, la chanteuse demande au public d’allumer les flashs pour un passage solo calme. Tout le monde se prête au jeu. Le morceau accélère à nouveau et un circle pit se reforme en fosse. Les poings se lèvent avec force et motivation. Alissa revient nous achever avec son chant mais dans le bon sens du terme évidemment! Tout le monde applaudit et siffle la fin du morceau. Une fumée vient recouvrir le sol de la scène et les premiers accords de guitare retentissent pour annoncer “Illuminate The Path”. Alissa agite un drapeau. La batterie d’Erlandsson continue de pousser à l’extrême, suivie par tout le reste du groupe. Alissa  nous offre un chant clair d’une précision sublime qui mettrait presque la larme à l’œil. Les gens continuent de slammer gaiement en fosse. La chanteuse nous invite à balancer les mains de gauche à droite en rythme. Les solos de guitares sont aussi intenses que techniques. On finit de nous achever avec un scream puissant suivi par les instruments. Des applaudissements retentissent à nouveau. “Liars & Thieves” : la chanteuse nous remercie. Elle dit que la septième chanson fait partie de son nouvel album Blood Destiny. Et elle en propose une autre au public. La huitième chanson fait aussi partie du nouvel album. Tout le monde frappe des mains pour accueillir cette composition puissante. Des screams maîtrisés qui viennent cisailler le public accompagnent un circle pit toujours aussi énergique. Les lumières inondent à nouveau le Zénith pendant que les instruments continuent leur course folle avec une précision chirurgicale. Le morceau touche à sa fin et les applaudissements résonnent à nouveau dans la pièce. “The Eagle Flies Alone” vient nous frapper avec une introduction aux guitares, batterie et basse, très rapidement suivi des screams d’Alissa. Le morceau monte crescendo et prend de la vitesse, avec une instru galopante. Les guitares viennent à nouveau fendre l’air, tranchantes, retentissant dans tout le Zénith. Des notes de synthé viennent terminer le titre qui est chaudement applaudit par le public. Les premiers accords de guitares suivis d’un synthé très ambiant introduisent “Vivre Libre”. Sous l’excitation générale, Alissa vient chanter, cette fois-ci en français, le début du morceau qui avait convaincu beaucoup de fans lors de sa sortie. L’auditoire frappe en chœur dans les mains. Le circle pit reprend et plusieurs personnes headbangent gracieusement. La voix toujours transcendante d’Alissa vient nous booster à fond pour ce morceau. Elle nous demande de faire du bruit. Les bras se lèvent joyeusement. Le son des guitares continue de nous transporter avec magie sur la suite de cette régalade. La musique s’achève en douceur avec un spot sur la chanteuse. Puis les lumières s’éteignent totalement et le titre est clôturé doucement par les guitares. Les applaudissements éclatent de part et d’autre de la salle. Puis “First Day In Hell ” commence avec une brutalité maîtrisée : riffs précis, batterie martelante, et growls de la chanteuse. Les fans sautent en rythme et pogos explosifs se forment. “Sunset Over The Empire” : lumière rouge et sombre, atmosphère épique. Les solos de guitare et la basse de Sharlee sont parfaitement mis en avant, la fosse répond à chaque beat. “No Gods, No Masters” frappe fort : Alissa harangue la foule, headbang collectif. Le public reprend le chant, slams et circle pit. L’énergie est à son apogée. “Avalanche” et “Snow Bound” apportent une intensité glaciale : riffs dévastateurs, percussions explosives, et cris du public qui se mêlent aux growls d’Alissa. Le circle pit continue, pogos et slams se déchaînent. “Nemesis” est un des points culminants. Le groupe déchaîne la salle : riffs tranchants, batterie fulgurante. Alissa joue de sa prestance scénique pour captiver chaque personne. Les flashs illuminent la fosse pendant le solo final de guitare. Enfin, le concert se termine avec “Fields Of Desolations (outro)”. La batterie et les guitares s’apaisent, les lumières deviennent plus douces, et le public applaudit chaleureusement. Le groupe remercie Paris : Alissa salue et dit : “Merci d’avoir été avec nous ce soir, vous êtes incroyables !” Les musiciens quittent la scène sous une ovation méritée, sourire aux lèvres, et une salle comblée qui reprend les derniers riffs dans sa tête.

On peut dire que ce soir Paris a tremblé sous les émotions fortes et les mélodies intenses. Un parfait équilibre entre les styles et un bon panel musical nous ont été servis : partant de  Gatecreeper qui a démarré les hostilités avec violence, en passant par les sonorités atmosphériques et brutes d’Amorphis, avec un détour dans l’univers celte et épique d’Eluveitie, pour finir en beauté dans la brutalité et la précision instrumentale de Arch Enemy. Chaque groupe a accompli son set avec une parfaite maîtrise, laissant derrière lui un public plus que satisfait. Une tournée dont on se souviendra longtemps sans aucun doute!

 

Je remercie la production de nous avoir accordé cette date, ainsi que l’équipe technique, les artistes présents qui ont assuré ce soir, le Zénith pour toute cette belle énergie, ainsi que Charlotte et Aude pour la demande d’accréditation.