Vecteur Magazine

Fractal Universe, L'Alchimie Sonore de 'The Great Filters' entre Metal Progressif et Dystopie

Plongeons dans l’univers fascinant de Fractal Universe, un groupe qui redéfinit les frontières du metal progressif avec son nouvel album audacieux, « The Great Filters », leur quatrième, qui sort via M-Theory Audio.

Depuis leur formation en 2014, les musiciens de Fractal Universe se présentent comme de véritables alchimistes sonores. Déterminés à explorer des horizons musicaux variés, ils naviguent habilement à travers l’évolution de leur style, intégrant des influences jazz et classique à leur son originel, profondément enraciné dans le death metal. La rencontre entre réflexions philosophiques et technicité crée une dynamique où puissance et précision s’entrelacent. 

L’ajout du saxophone vient ajouter une touche d’élégance à ce paysage sonore rugueux.

J’ai eu le plaisir de rencontrer le chanteur, compositeur, guitariste et saxophoniste, Vince Wilquin et le bassiste Valentin Pelletier qui nous permettent d’immerger davantage dans la genèse du groupe et les inspirations qui nourrissent cette œuvre unique. Avec des thèmes dystopiques et une réflexion sur l’impact de l’intelligence artificielle, Fractal Universe se prépare à marquer les esprits lors de leur tournée aux États-Unis avec Obscura. 

Préparez-vous à être témoins d’une ambition musicale sans précédent, où authenticité rime avec créativité et où chaque note résonne comme un écho des enjeux contemporains sur des titres comme “The Seed of Singularity “ ou “Specific Obsolescence”.

Le groupe célèbrera cet album sur scène chez lui, en Lorraine, au Gueulard Plus de Nilvange le 11 avril avant de s’envoler pour une tournée nord-américaine avec Obscura, Atheist, Origin et Decrepit Birth dès le 20 Avril. 

Photo Credit : Gigie Weiss

** J’ai vu Vince il n’y a pas longtemps sur scène, j’ai également rencontré Clément, et aujourd’hui je te rencontre toi, Val.

Ravie de faire cet interview et de discuter d’un album incroyable qui est **The Great Filters”

Mais, dans un premier temps, pouvez-vous nous donner un peu de genèse, qui est Fractal Universe ?

Vince :** Alors, le groupe s’est formé, on va dire en 2014, autour de la formation qu’on a gardée pendant pas mal d’albums. Au début, il y avait juste Hugo, l’ancien guitariste, et moi. 

On a fait quelques concerts à deux sur scène avec une boîte à rythmes et puis, euh, pas de basse du tout. Mais peu de temps après, du coup, on a été rejoints par Valentin et Clément, qui sont toujours dans le groupe à l’heure actuelle, avec lesquels on a sorti un premier EP, **Boundaries of Reality »**, en 2015, et des albums ** »Engram of Decline** en 2017, **Rhizomes of Insanity** en 2019 et **The Impassable Horizon** en 2021.

Et là, on a le quatrième album du coup qui se prépare, **The Great Filters**, qui sort au mois d’avril, avec, notre premier changement de formation finalement dans l’histoire du groupe : Hugo est parti et a laissé sa place à Yoann Duliat à la guitare.

Et voilà, au cours de la dizaine d’années d’existence du groupe, on a fait plusieurs tournées européennes, on a joué sur pas mal de festivals notables comme le Hellfest et tout ça. Et, euh, voilà, on continue d’écrire notre petite histoire avec le prochain album.

**Qu’est-ce qui vous a inspiré à former Fractal Universe et comment avez-vous trouvé votre identité musicale au fil des années ?

Vince:** Alors, c’est moi qui compose, la musique en grande partie dans le groupe. Et..ce qui m’a inspiré.. je pense à tous les groupes que j’ai pu écouter à l’époque, toute la scène death prog, toute la scène prog, et pas mal de choses au-delà aussi. J’écoute pas mal de jazz, de musique classique, enfin des choses un peu différentes qui peuvent, d’une manière ou d’une autre, influencer notre musique. Après, je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir dans quelle direction précisément je voulais aller.

C’est un processus où on se laisse porter, et puis, finalement, on voit aussi ce qui fonctionne ensemble quand on joue les morceaux sur scène, en répétition, quel ressenti on a, et, petit à petit, l’univers musical se crée de lui-même, je pense.

**On ressent l’évolution musicale depuis vos débuts.. depuis  ** »Engram of Decline »** jusqu’à ** »The Great Filters »**.

C’est l’envie de pousser les limites, c’est la maturité musicale ? Jusqu’où est-ce que vous voulez emmener Fractal ?

Vince :** Non, je pense que le désir, il est simple, c’est simplement d’écrire une musique qui nous plaît et puis qui reflète un peu, ce qu’on a envie d’exprimer. Donc je ne sais pas s’il y a vraiment plus loin que ça à voir. 

Enfin, comment tu le ressens, toi Val ?

Val :** Après, je trouve, comme tu dis, qu’il y a vraiment une évolution. Au début, sur le premier album, c’était vraiment plus death metal, on va dire. Et là, sur ** »The Great Filter »**, on est plus dans le côté prog avec un peu plus de chant clair, des ambiances un peu plus poussées. Donc oui , je trouve qu’il y a quand même une évolution depuis les débuts du groupe jusqu’à maintenant.

**Parlons du nouvel album. Vous avez décrit ** »The Great Filters »** comme l’album le plus ambitieux et diversifié du groupe.

Qu’est-ce qui vous a motivé à relever ce défi ?

Vince :** C’est cette envie de continuer à développer tous les concepts musicaux qui nous tiennent à cœur.

En fin de compte, nous avons notre identité musicale. Nous souhaitons la faire évoluer, trouver de nouvelles façons de l’exprimer, toujours à la recherche de nouvelles sonorités et développer l’utilisation du saxophone.

Je me sens également plus confiant dans mes capacités de chanteur.

Je pense que tout cela se reflète dans notre musique.

De toute façon, cela continue de nous pousser à explorer davantage, je dirais.

**  Ma question vient surtout du fait que vous êtes impliqués dans plusieurs projets.

Enfin, je t’ai vu jouer avec Obscura, tu es très actif.

Et toi aussi Val,  tu as un projet à côté avec Clément, avec Matt Hawkberg, si je ne me trompe pas..

Val:** Avec Matt de Nightmare oui.

**  Cela me fascine vraiment la manière dont vous vous engagez dans ces projets parallèles..cet investissement et le fait que vous apportiez une grande technicité sur le devant de la scène.

D’ailleurs, je n’ai pas encore eu l’occasion de te voir sur scène Val..

Je suppose qu’il faut être passionné pour y mettre du cœur.

Je tenais à vous le dire.

Val :** Merci beaucoup.

Pour en revenir à l’écriture de cet album, des grandes réflexions philosophiques sont de rigueur, ce que je trouve très intéressant.

Mais impossible d’oublier toute cette dimension technique.

J’adore le saxophone, et l’utilisation du piano dans vos morceaux, des passages très simples au piano, mais où les claviers sont souvent mis en avant.

Comment s’est déroulé le processus d’écriture de cet album, qui, je trouve, se distingue nettement des précédents ?

Vince**  En fin de compte, le processus a été assez similaire à celui des albums précédents.

C’est moi qui écris une grande partie de la musique, puis j’enregistre des maquettes.

Je réalise également des partitions que j’envoie ensuite aux autres membres du groupe.

On les travaille lors des répétitions, on arrange les morceaux, on retravaille pas mal de choses, comme les structures des morceaux et les petits arrangements par-ci par-là.

Au niveau du processus, il n’y a pas grand-chose qui a changé par rapport aux précédents albums.

C’est surtout que nous avons évolué en tant que musiciens, comme nous l’avons mentionné plus tôt, mais aussi en tant que personnes. C’est cela qui fait que l’album sonne différemment, je pense.

Tu parlais du saxophone.

C’est quelque chose de relativement récent dans ma carrière de musicien.

Cela fait maintenant cinq ans que j’en joue.

Finalement, j’ai beaucoup gagné en expérience avec cet instrument.

Et je pense que nous avons aussi appris à mieux l’intégrer dans nos nouvelles compositions. Et cela fonctionne toujours très bien en concert.

**  Il est bien dosé, en plus.

On ressent cette fusion entre le death, le prog et toutes ces touches mélodiques.

Vous avez bien placé cet élément, donc ça fait plaisir.

Les cycles de l'Humanité et le Paradoxe de Fermi

Comme j’évoquais tout à l’heure, la philosophie semble jouer un rôle central dans votre musique. Pourquoi le paradoxe de Fermi précisément et comment cela s’intègre-t-il dans vos paroles et vos compositions ?

Vince**  Je pense que c’est un sujet qui se reflète très bien dans notre histoire collective. Je parle de l’histoire de l’humanité, dans le sens où nous devons réussir à comprendre notre place dans l’univers. Au cours de l’histoire, je pense que nous avons souvent surévalué notre importance. Nous avons inventé de nombreuses histoires pour nous placer au centre de l’univers. Finalement, nous nous rendons compte que nous ne sommes peut-être qu’une petite goutte d’eau dans quelque chose de bien plus grand. Cela a, d’un côté, l’effet de nous rendre plus humbles, mais aussi celui de prendre conscience de l’importance de préserver ce qui nous reste, à savoir notre monde. Car en dehors de cela, il se pourrait qu’il n’y ait absolument rien, ou du moins rien d’accessible pour nous. Par conséquent, il est essentiel de prendre soin de l’espèce humaine et de notre planète en général.

Dans ce sens, je pense que c’est une thématique qui nous concerne tous d’une certaine manière.

** Vous frappez fort dès le début de l’album avec *The Void Above*.

Concernant *The Great Filter*, j’apprécie beaucoup cet intro, et  j’aime particulièrement son approche puissance montante créant une forte densité sonore.

Pouvez vous me parler un peu du titre ?

Vince**  Alors *The Great Filter*, c’est un des titres qui résume assez bien l’album.

Comme tu l’as dit, il y a pas mal de nuances et de facettes différentes.

Le morceau se termine également sur un solo de saxophone, donc il englobe en très peu de temps beaucoup de choses que le groupe ambitionne de réaliser avec cet album.

C’est, comme le reste de l’album, un titre très coloré, je pense.

Il y a des passages très intenses où la batterie est très active, mais par-dessus, on a des nappes de chant et des choses beaucoup plus aériennes qui se mélangent à tout ça. Et euh, je pense que, de manière générale, ce que j’aime dans le métal, c’est que tu n’as pas vraiment de limites à ce que tu peux faire finalement. Tu peux vraiment amener beaucoup d’intensité, beaucoup de brutalité même parfois, et tu n’as pas de limites dans l’extrême, en fait. De là où tu peux pousser la chose.

Mais, malgré tout ça, je pense que ce qui fait briller le métal, c’est aussi le contraste. Ce qui fait briller notre musique, c’est le contraste. Et euh, si tu as une musique qui est vraiment intense du début à la fin, euh, finalement, ça perd son intensité, quoi, parce qu’il n’y a plus… euh, parce que c’est ça qui vient du contraste, finalement, je pense. 

 

** Votre premier single, **The Seed of Singularity »**, je dirais qu’il est bien représentatif de l’excellente maîtrise technique du groupe. 

Son death prog metal sax, et, j’ai lu que ça évoque une vision dystopique de l’avenir (intelligence artificielle) . 

Quelles sont les inspirations derrière ce thème ? Et le clip contient des éléments visuels très puissants, bien Bleedy. Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cet accompagnement visuel ?

Val :** Pour le clip, du coup, on a bossé avec Brice Hinker, qui est batteur dans Smash Hit Combo et qui a fait des clips pour Dagoba et plein d’autres groupes. Et euh, en fait, c’est parti de… On lui a envoyé le texte de la chanson parce qu’il travaille avec une metteuse en scène. Et de là, on a fait un échange en expliquant qu’on voulait une image où il y a une femme qui est contrôlée par une IA qui crée une œuvre d’art, qui crée une peinture. Et au fur et à mesure, ça se détériore, etc. Et  c’est vraiment pour parler de l’impact qu’a l’intelligence artificielle sur toute la création. C’est tout ce qu’on voit en ce moment avec toutes les images et les musiques qui commencent à être créées par intelligence artificielle. Et c’était pour parler de ça qu’on a fait le clip comme ça, surtout.

Vince :** Ouais, récemment, je suis tombé sur une interview d’un des patrons d’une boîte qui crée de la musique par IA. Et euh, sa vision de la musique est assez effrayante, en fait, je trouve. Et du coup, ouais, c’est quelque part aussi pour prendre le contrepied de tout ça qu’on a choisi de prendre ce morceau comme single, et de dénoncer un peu l’impact que ça peut avoir sur le milieu créatif de manière générale.

** Je vous comprends. Et c’est aussi pour ça qu’on continue à militer pour aller voir les groupes live, pour écouter de la vraie musique.

Votre deuxième single, **Casualty’s Grip**, une autre étape du paradoxe, et le clip, il est plus sobre, très simple, mais super puissant..

Vince :** Oui, finalement, le morceau propose une solution assez simple au paradoxe de Fermi, à savoir que nous sommes probablement trop éloignés d’autres formes de vie dans l’univers. Les lois de la physique imposent des limites que n’importe quelle technologie ne peut pas dépasser. Du coup, c’est un peu cette sensation d’isolement dans notre bulle terrestre qu’on a voulu retranscrire dans le clip. Effectivement, cela passe par le fait d’être au milieu d’un néant, finalement. Il faut savoir que le clip a été réalisé par notre nouveau guitariste, Yoann. C’est vraiment un atout d’avoir quelqu’un avec une vision créative qui s’y connaît en vidéo dans le groupe. Il a fait un super boulot pour transmettre ses idées à l’image. 

** Un autre titre qui m’a surpris, c’est **The Equation of Abundance**, qui est vraiment très calme, je sais que l’on est toujours sous cet angle de la vision, de la dystopie, etc..mais je l’ai trouvé vraiment paisible. 

Ensuite,  je suis vraiment impressionné par **Specific Obsolescence**, il est vraiment représentatif de tout ce que j’aime dans le prog. Et puis, il y a sa touche au piano..

Qui s’est chargé du piano ?

Vince** : C’est un ami à moi qui s’appelle Mathis Klein. Avec lui, j’ai un projet de jazz fusion, justement. C’est l’un des musiciens les plus talentueux que je connaisse. 

La manière dont cela s’est passé, c’est que je lui ai simplement envoyé le morceau. Il y avait une maquette très basique avec une grille d’accords. 

Il a eu la liberté totale de faire ce qu’il voulait, tout en respectant l’ambiance globale. Il nous a envoyé, je crois, une dizaine de prises différentes et nous avons choisi ensuite. 

Mais c’est vrai que cela fonctionne très bien, je pense, pour conclure le morceau avec cette petite touche mélancolique du piano. Cela apporte également un moment de fraîcheur dans l’album.

** En aparté, quand vous, musiciens, travaillez sur des projets très complexes et que vous maîtrisez ce que vous nous offrez, c’est vraiment magnifique. 

Vous dites que c’est toujours très simple, mais cela ne diminue en rien le fait de la richesse de votre travail. Vous êtes très humbles dans ce que vous exprimez.

Cependant, tous les musiciens ne sont pas comme vous, et tout le monde ne peut pas jouer de cette manière.

Je tenais à vous le dire.

Val** : Le truc, c’est que ce que nous voulons faire, c’est servir la musique et non pas nos égos de musiciens en disant : « Regardez comment je sais jouer un morceau compliqué. » 

Tout ce que nous faisons est vraiment destiné à servir la musique, et non le musicien. Mais merci pour le compliment.

**Je pense que l’état d’esprit joue beaucoup, en effet. C’est beau.

Revenant à l’album. Cela fait un bon moment que vous avez travaillé sur ce projet..mais comment vous sentez-vous à l’approche de la sortie de cet album ?

Val** : Nous sommes surtout impatients, car comme tu l’as dit, ça fait longtemps que nous travaillons dessus. Nous avons vraiment hâte de le sortir, de jouer les morceaux sur scène devant un public et de voir les réactions de tout le monde. Tes retours, c’est déjà agréable. J’ai hâte de savoir si en concert cela sera la même chose.

Vince** : Pour moi, la musique prend tout son sens sur scène, grâce au partage. C’est là que l’on se rend compte, directement, de l’impact que l’on peut avoir sur les gens et de la communion que l’on crée avec le public. C’est vrai que c’est l’étape que nous attendons toujours : retrouver la scène et jouer tout cela en concert.

Vince** : Alors, pour l’album, comme pour les précédents, nous avons travaillé avec un ami proche, Flavien Morel, du Boundless Production Studios, qui est essentiellement le studio de notre batteur, Clément. 

Pour nous, c’est super important de travailler avec quelqu’un qui nous connaît et avec qui nous pouvons mixer l’album en temps réel. Quelqu’un qui comprend nos attentes et qui connaît notre sonorité depuis le début. 

Pour moi, cela a beaucoup plus de valeur d’avoir une personne comme ça que de faire appel à un gros nom qui n’a pas forcément de lien avec notre musique. Et cela fonctionne très bien.

Il a vraiment fait un super travail sur cet album, je pense.

 

Val** : Et je rajoute que niveau label, nous sommes chez M-Theory. Avant, nous avions sorti deux albums chez Metal Blade. Du coup, nous avons changé pour cet album.

Garder de l'authenticité

** J’y pense, tout à l’heure, on parlait justement de ce que tu avais évoqué concernant le patron de je ne sais plus quelle entreprise d’IA, c’est alarmant. Je ne peux que constater que vous faites part de ce qui reste authentique. Mais, comment gérez-vous la pression de la créativité dans un environnement musical en constante évolution face aux nouvelles technologies ?

Vince** : Je pense qu’il ne faut pas perdre de vue que cela reste une musique qui ne nous permettra pas de devenir riches ou célèbres. Si nous ne le faisons pas de manière authentique et passionnée, je pense que cela n’a absolument aucun intérêt. 

Et pour moi, c’est vraiment le plus important : garder le contact avec ce que nous faisons et ce que nous voulons exprimer. 

Si nous perdons le côté humain, c’est compliqué.

** Je voulais aborder un peu le visuel, l’artwork, avant de vous laisser. La couverture est magnifique..

Tout s’intègre et s’emboîte dans le cadre.. Vous avez choisi de travailler avec Shad Mouais pour le visuel de la Couv..

Val** : Shad est un artiste avec lequel nous travaillons depuis notre premier EP. Il a réalisé toutes nos pochettes et quasiment tous les visuels du groupe depuis le début.

En fait, on lui a expliqué le concept de l’album, on lui a envoyé les paroles et la musique, et ensuite, il a eu carte blanche pour proposer ce qu’il voulait.

Finalement, la pochette de l’album illustre l’une des solutions du paradoxe de Fermi, à savoir la théorie de la « forêt sombre ». 

Cela suggère que, peut-être, il est dans l’intérêt de la plupart des civilisations de rester cachées, de faire leur propre chemin pour éviter d’attirer l’attention sur elles et de risquer d’être détruites par une civilisation plus avancée.

On a vu que sur Terre, cela s’est produit à maintes reprises. Par exemple, lorsque les colons sont arrivés en Amérique avec des technologies supérieures, ils ont en grande partie éradiqué les populations locales.

C’est un phénomène assez dangereux qui pourrait très bien se reproduire à l’échelle de civilisations entières. 

Du coup, peut-être que la meilleure solution, c’est de rester caché, de vivre en autonomie, de respecter son environnement local et de s’éloigner de tout potentiel conflit. 

C’est cet aspect-là qu’a voulu illustrer Shad dans la couverture. Et c’est aussi ce thème que traite le morceau « Concealed » sur l’album.

** C’est un sujet fascinant. 

Curiosité. Avez-vous un album, un livre ou un film qui vous tient à cœur ? Quelque chose qui pourrait influencer votre groupe ?

Val** : C’est surtout difficile de résumer en un seul.

** Deux ou trois, je prends !

Val** : Après, concernant le groupe en lui-même, je ne sais pas, mais personnellement, je suis un gros fan de Gojira. L’album qui m’a vraiment plongé dans le death metal, c’est *From Mars to Sirius*. Pour moi, c’était une véritable porte d’entrée vers le métal.

En film, il y a peut-être les œuvres de Denis Villeneuve que j’apprécie beaucoup, notamment pour l’univers qu’il crée et toute la charte graphique qu’il développe constamment. Moi, je trouve ça génial.

Vince** : C’est vrai que je te rejoins sur Denis Villeneuve, surtout avec le film *Premier Contact* (*Arrival*), qui a une thématique très intéressante et qui casse un peu les codes de la science-fiction en l’abordant sur le thème du langage. J’ai trouvé cela super passionnant.

Après, en termes de musique, c’est tellement difficile de résumer ça à un seul album. Pour moi, ce qui a vraiment tout démarré dans ma vie de musicien, c’est *Machine Head* de Deep Purple, tout simplement. 

C’est un album que mes parents écoutaient quand j’étais petit, et j’ai grandi avec ça. Je ne serais probablement pas musicien sans cela dans ma vie.

** Gojira est un de mes groupes préférés et cet album est un incontournable, et “Machine Head” de Deep est un des meilleurs albums jamais sortis.

Val** : C’est une tournée d’un mois aux États-Unis et au Canada.

Pour la petite histoire, nous avons déjà tourné avec Obscura en 2020, nous avions fait une tournée européenne ensemble.

Nous sommes restés en contact avec, car ils nous avaient proposé de partir en tournée aux États-Unis avec eux, puis, il y a eu le Covid et beaucoup de changements. 

C’est comme ça, qu’à la fin de l’année 2024, nous avons reçu un mail nous proposant de partir en tournée. Depuis, nous avons travaillé pour cela et pour la sortie de l’album. Cela tombait vraiment super bien pour pouvoir partir.

Vince** : Donc, nous avons hâte ! C’est notre première tournée aux États-Unis, sachant que c’est le pays où notre audience est la plus développée, malgré le fait que nous n’y avons encore jamais joué. 

Nous avons vraiment hâte de rencontrer là-bas nos fans. Puis, comme tu le disais, je vais faire un double set tous les soirs avec Clément, à la fois avec Fractal et avec Obscura pour cette tournée. 

Ça va être du travail, mais nous sommes impatients d’y être.

** En fait, j’ai adoré vous rencontrer lors du passage avec Obscura, quel concert ! J’ai eu Steffen en interview à Noël et aujourd’hui vous.

Donc, tout s’est emboîté. 

Avez-vous d’autres projets en cours pour après ? Est-ce que vous souhaitez en parler ?

Val** : Pour l’instant, nous avons des dates en France et en Espagne début avril, ainsi que quelques festivals prévus pour cet été, en juin et à l’automne. 

Nous cherchons encore des opportunités pour faire une tournée européenne. Nous n’avons pas encore de dates prévues, mais cela serait l’objectif pour le reste de l’année et l’année prochaine.

De toute façon, l’objectif principal du groupe maintenant est de se produire sur scène partout, donc nous sommes ouverts à toute opportunité à ce niveau-là.

** Vous allez vous éclater, ça va être génial ! Je suis vraiment contente pour vous. 

Aimeriez-vous transmettre un message spécial à vos fans qui vont venir vous voir en concert ? 

Vince** : Je voudrais d’abord remercier les fans qui nous suivent depuis le début et qui ont toujours été là pour nous soutenir. Il y en a un paquet, et on les revoit toujours en concert.Je tiens aussi à remercier ceux qui sont patients et qui nous attendent, par exemple aux États-Unis, depuis longtemps, car nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous produire pour eux.

J’espère qu’ils apprécieront notre nouvel album autant que nous, et qu’on aura l’opportunité de se retrouver en concert dès que possible.

Est-ce que vous avez quelque chose d’autre à ajouter à l’interview ?

Val** : Juste que nous avons hâte de retrouver la scène et le public, voilà.

** Très bien, en tout cas, je vous remercie de votre temps et merci pour cette pépite musicale.

Val:** C’est un plaisir. Ravis de partager tout cela.

 

 

 

       Track List :

  1. The Void Above
  2. The Great Filter
  3. Causality’s Grip
  4. The Seed Of Singularity
  5. The Equation Of Abundance
  6. Specific Obsolescence
  7. Dissecting The Real
  8. Concealed
  9. A New Cycle
 

Notre Avis :

 Cet album résonne comme une ode au death metal progressif, mêlant des riffs incroyables, une véritable masterclass de prog tech-death !

Des mélodies envoûtantes et des thèmes percutants qui nous plongent dans des compositions audacieuses, des solos jazzy et une touche de saxophone qui rehaussent cette œuvre innovante. Avec \”The Void Above\”, les premières notes vous transporteront dans leur univers sonique unique.. \ »The Great Filter\ » frappe fort avec un riff mélodique avant d’exploser en un growl puissant – une dualité fascinante ! Et \ »The Seed Of Singularity\ » est un chef-d’œuvre de death prog metal enrichi d’un saxophone inattendu, une prouesse technique qui interroge notre futur. Un autre titre qui me frappe est bien \ « The Equation of Abundance\ « , le titre s’ouvre et se clôt tel une boîte à musique, riche d’un voyage introspectif. J’adore !

 Passons à l’originalité de \ »Specific Obsolescence\ », avec sa structure non conventionnelle et la profondeur émotive du piano, capte l’essence du prog, son magnifique solo me fait rêver, mais je reviens vite à la réalité avec  \ »Dissecting The Real\ » qui est une véritable claque sonore. Le titre est fort de frappes sans pitié sur la peau des fûts. 

Après ce nouveau voyage qui est \”Concealed \” l’album se clôt avec le puissant \”A New Cycle\”, ce morceau est un battement de cœur.

Ce nouvel opus se distingue par des voix éthérées et des riffs hypnotiques, parfaitement mixés entre propreté clinique et dynamisme intense. Ne manquez pas l’engouement que le saxophone apporte, notamment dans *Causality’s Grip* et *Specific Obsolescence*. 

Fractal Universe, groupe français de death metal technique, franchit un nouveau cap avec leur dernier album : *The Great Filters*. Ce projet audacieux témoigne de leur évolution musicale en s’aventurant vers des sonorités plus progressives tout en préservant leur essence unique de death metal, ce qui en fait un voyage fascinant.

Un album qui ne se contente pas de s’écouter, il se dissèque, s’analyse, et s’admire.

PLUS D’INFOS :

Album : The Great Filters

Date de Sortie : 4 Avril 2025

Label : M-Theory Audio

Artwork : Shad Paintings

Sites Officiels : http://www.fractaluniverseband.com www.facebook.com/fractaluniverseband www.instagram.com/fractaluniverseband www.youtube.com/fractaluniversemetal 

 

  Lineup :

– Vince Wilquin (vocals, guitar, saxophone)

– Valentin Pelletier (bass)

– Clément Denys (drums)

– Yohan Dully (guitar)