Vecteur Magazine

Falling In Reverse + Hollywood Undead
Popular MonsTOUR II : World Domination


Accor Arena, Paris

1.12.24

Live Report par Cidàlia Païs avec des photos de Raphaël Gellé

Nous étions conviés à l’un des concerts les plus attendus de cette dernière décennie.
Veryshow a créé l’événement pour la première case du calendrier de l’avent.

Et pour cause, Falling in Reverse à pour ambition d’embraser l’Accor Arena. Nous sommes plus que prêts pour un vrai fire pit. Et ça tombe bien, on meurt de froid. En arrivant sur place je remarque déjà une brave foule couverte de couvertures de survie. On l’aime Ronnie, et ce n’est pas mon Boss, Jérémie et son fiston qui vont me contredire. Venus de Lorient, ils affrontent le froid glacial depuis leur arrivée à 5h du matin.

Concert controversé ? Certes. Plus qu’attendu ? Oh que Oui !

La sécurité prendra soin de nous guider vers les bonnes entrées, l’heure est enfin arrivée pour ce qui va être, pour moi, le concert de l’année..

 

Hollywood Undead, connu pour ses performances énergiques, a rejoint la tournée en première partie. Leur set d’une heure avec une énergie explosive a mis en valeur une discographie variée et comprenait leur dernier single, Hollywood Forever, un single dédié à l’indéfectible lien qu’ils partagent avec leurs fans. Ce morceau symbolise leur première sortie sous leur nouveau contrat avec Sumerian Records. Et pour célébrer ce nouveau tournant, Hollywood Undead est en tournée européenne en compagnie de la tête d’affiche Falling In Reverse pour ce Popular MonsTOUR.

Le groupe a pris la scène avec une énergie explosive ! C’est l’euphorie totale ! L’entrée théâtrale, au son du thème emblématique du film Le Bon, la Brute et le Truand, a créé une ouverture parfaite pour leur style unique. L’éclairage avec des palmiers et l’échange dynamique de chanteurs et d’instruments entre les membres (à l’exception du batteur) ont donné à la performance une touche authentique.

Connu pour son énergie contagieuse et son style mêlant les genres, le groupe n’a pas perdu de temps pour électriser la foule. Leur présence scénique était tout simplement magnétique et l’énergie dans la salle est restée à son comble. Le mélange de rock et de rap et d’éléments électroniques, caractéristique du groupe était pleinement exposé, Danny, Johnny 3, Charlie, Dilly et Jdog délivrent avec précision et une intensité inébranlable !
Des tubes comme « Undead » et « Everywhere I Go » ont fait lever le public, qui a chanté à chaque mot.


Dans l’un des moments forts de la performance, un invité d’honneur monte sur scène, Norbert « Nono » Krief, guitariste du célèbre groupe de hard rock français « Trust ». Avant le début de Comin in Hot, Nono a joué le riff principal du célèbre Antisocial (aussi un peu célèbre au niveau international puisque Anthrax la joue régulièrement lors de ses concerts).
Je me suis dit « oh la surprise ! ». Un grand moment.

Setlist :

California Dreaming
CHAOS
Riot
Everywhere I Go
*Antisocial de Trust (intro)
Comin Hot (feat Norbert Krief)
War Child
Another Way Out (
Hollywood Forever
Ruin My Life
Hear Me Now
Sweet Caroline (cover Neil Diamond)
Bullet
Undead

 

Vidéo amateur :

Le retour du Roi

Cela faisait plusieurs années que Falling In Reverse n’avait pas parcouru l’Europe (février 2015 à La Machine Du Moulin Rouge), et depuis, bien des choses ont changé pour le groupe. Déjà solidement ancré dans le paysage musical, il avait atteint de nouveaux sommets de renommée avec la sortie de son single « Popular Monster » en 2019. Aujourd’hui, avec l’arrivée de l’album éponyme, le groupe profite d’une vague de succès sans précédent et bien méritée.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que les fans de Falling in Reverse ont retrouvé leur groupe préféré lors de cette tournée européenne tant attendue. L’ambiance au sein de l’Accor Arena, remplie à ras bord de fervents admirateurs, était à la hauteur des attentes, témoignant de la passion et de la dévotion que suscitent Ronnie Radke et ses musiciens.

La tournée européenne a rencontré un engouement colossal, avec des salles se remplissant en quelques minutes et des milliers de fans n’ayant pas réussi à se procurer de billets. Pour satisfaire la forte demande, de nombreux concerts ont été déplacés vers des salles plus spacieuses, comme à Paris. Initialement prévu au Zénith, c’est finalement à l’Accor Arena que des milliers de personnes venues de toute la France et de Belgique se sont réunis pour célébrer le culte de Ronnie.

C’est propre à la musique et à certaines personnalités comme Ronnie, qui n’a pas peur d’aborder librement des sujets comme certains éléments socio-politiques, la religion ou la cancel culture, de provoquer des réactions variées. Et c’est ce qui rend ce voyage si riche et engageant. Briser les règles et mélanger les genres délivre toujours une émotion brute, et ils le font majestueusement.

Comme je l’évoquais plus haut, Falling in Reverse a beaucoup évolué depuis son dernier opus en 2017, tout en conservant son essence unique qui mélange rock, hip-hop et autres influences diverses. Cet éclectisme de styles et de thèmes, aujourd’hui enrichi de touches metalcore, post-hardcore et électro, permet d’explorer différentes sonorités, créant même certaines pièces maîtresses comme « Prequel », « Ronald » ou « Watch The World Burn », avec des structures plus complexes. Le dernier album de Falling in Reverse, Popular Monster, sorti le 16 août dernier, sera mis en lumière ce soir avec pas moins de huit titres, sans oublier de satisfaire les nostalgiques de l’émo pop avec des clins d’œil à trois des précédents opus.

Mais revenons sur ce moment magique où toute une foule illumine l’Accor Arena avec les flashs en chantant à l’unisson un certain « Numb » de Linkin Park en attendant l’arrivée de Falling… Le cœur prend cher !

Les lumières s’éteignent et « Highway to Hell » retentit. Les écrans géants nous montrent Ronnie et son crew faisant leur chemin des coulisses vers la scène. C’était festif et drôle !

La salle se vêtit d’un noir ténébreux, et on sent cette montée en puissance marquée par l’arrangement instrumental impressionnant de l’intro de « Prequel ». Sous une pluie d’applaudissements et d’acclamations, Ronnie interprète ce morceau de manière solennelle, sous un éclairage tamisé, tandis que le clip vidéo est diffusé sur les écrans.
À peine le concert démarré, le mot épique est déjà de rigueur, ce titre faisant office de tremplin pour un set de folie qui s’en suivra. C’est une véritable expérience que nous allons vivre.

Sous un spectacle de lumière élaboré et une impressionnante panoplie de pyrotechnie, « Zombified » met en valeur des effets visuels intenses, avec des arrière-plans de feu et des vidéos amplifiant l’énergie de la performance. C’est toute l’Arena qui danse.

C’est l’heure de « Just Like You », et un caméraman monte sur scène. Des images en direct du groupe et du public sont diffusées sur les écrans. Ce tube est bien connu pour son refrain, dans lequel Radke avoue être un connard, mais honnêtement : « je suis comme toi ». Cela donne un morceau live exceptionnellement amusant, et les images en direct du public avec les paroles diffusées à l’écran apportent une touche agréable.

Les performances, entrecoupées d’interactions humoristiques de Ronnie avec le public, ont ajouté une dimension unique à ce concert. L’humour enjoué de Ronnie, qui nous sort un « j’ai dit, bonne soirée ! » avant de quitter la scène sous les huées, a fait rire tout le monde. Les écrans géants ont diffusé cette scène où il nous a fait remarquer qu’on venait tous d’avouer publiquement qu’on est des connards. Je le vois juste à quelques mètres de moi, son expression, sa joie de vivre… il nous fait éclater de rire.

En partant en coulisses, il se trouve confronté à un mime, très frenchie avec une baguette à la main. Après quelques mimiques et une référence au racisme que l’attitude représente, le mime lui tend un chapeau de cowboy, et le groupe obéit, le tout bourré d’humour, avant de retourner sur scène pour interpréter « All My Life », un morceau d’inspiration plus country présent sur le dernier album.

Ronnie nous demande d’allumer les flashs de nos portables… Frissonnant de voir l’Accor Arena illuminée tel un champ de lucioles… Cela le rend ému. Il crie un bon « Are you f**king kidding me ?! » et s’accroupit avant d’entamer le magnifique « Popular Monster ». Putain, autour de moi, les larmes se mêlaient au chant, la rage à l’expulsion de n’importe quel sentiment de déprime, les sourires au bonheur de pouvoir partager ce titre ensemble… Mes mots ne sont nullement à la hauteur. Le comble, c’est que lui aussi vit un fort moment d’émotion au point de lâcher une larme.

En voyant des vidéos post-concert avec plus de recul (car j’étais en fosse près de la scène), je me rends compte de cette immense marée humaine qui fait retentir des « Ronnie ! Ronnie ! » et il rétorque « What did you say? Ronnie’s not here, it’s Ronald »… Hystérie totale !! La salle s’embrase !

Ce morceau a beaucoup circulé sur internet, et pour cause, il est tout simplement excellent. Le chaos s’installe avec Ronnie qui grogne et hurle tout au long du morceau, tandis que l’instrumentation est percutante. Tech N9ne et Alex Terrible de Slaughter to Prevail ne sont pas présents, mais cela n’a que peu d’importance. La prestation est un véritable délice ! J’ai eu une pensée pour mon boss, Jérémie, et son fils Timothée – un adolescent fan du groupe – dont les corps et âmes se sont dévoués en plein milieu du pit, en face de la scène, là où le vortex était en marche… Deux autres collègues, Cécile et Maximilien, faisaient aussi partie de cette grande aventure qu’était la fosse.

Les fans, submergés par l’intensité du show, ont répondu avec des mosh pits et du crowd surfing.

La soirée se termine pour notre plus grand regret. Ronnie est heureux, ému, et il nous le fait comprendre à plusieurs reprises. Et il est clair que les fans français lui ont offert une des plus belles récompenses que la vie lui ait jamais offertes : le soutien pour son travail, la reconnaissance de son talent, et la dévotion envers sa musique. Il le mérite amplement après tout le pain que le diable lui a amassé. Et oui, Ronnie, we have your back !

Il nous remercie, mais nous met en garde de partir pour notre sécurité. On t’a bien entendu, Ronnie, mais on est arrivés ensemble, pour toi, pour Falling, et peu importe la suite, on affrontera « l’épreuve » ensemble !
Certes, dès que tu monteras les marches, on n’aura plus de salut, peu importe, on regardera le monde s’embraser avec toi.

C’était indescriptible, l’énergie de la salle sur « Watch The World Burn », un embrasement digne d’un cocktail Molotov !! On pensait ne plus avoir de voix ni de poumons pour te suivre, les tripes prenaient le relais !! La magie de la musique de Falling in Reverse se traduit dans ce moment. Les compétences vocales impressionnantes de Ronnie, tant en voix claire qu’en growls, coordonnées avec les visuels et les effets pyrotechniques, ne font qu’élargir l’expérience auditive en créant un véritable spectacle pour les yeux. Il est accompagné, comme à son habitude, de Tyler en duo/back growl vocals, ce qui fait de ce titre le pic de la soirée ! La fosse ne répond plus de rien !
« Paris ! You wanna know why I’m happy? Vous, ici, voilà pourquoi ! »

Ce morceau est un véritable chef-d’œuvre ! C’est peu dire qu’il a connu un immense succès sur les réseaux dès sa sortie, enregistrant des chiffres de streaming impressionnants. De la première moitié axée sur le hip-hop moderne, riche en paroles percutantes et en flow incroyable, à une seconde moitié massive, à la fois rock et metal, où les riffs puissants de Christian et Marc se marient parfaitement avec les voix accrocheuses de Ronnie et Tyler, ce dernier prenant une place importante avec sa basse monstrueuse, sans oublier les fûts percutants de Luke. Les harmonies sont tout simplement phénoménales. Cette chanson offre un large éventail des compétences du groupe, où chaque style est interprété avec brio. Et n’oublions pas l’incroyable vidéo qui l’accompagne ! Ce final, agrémenté d’effets pyrotechniques spectaculaires et incendiaires, est le coup de grâce !

Lundi matin, nous ne serons plus que des cendres…

Nous quitterons la salle sous « We Are the Champions » dans un adieu qui nous laissera le souvenir d’une nuit inoubliable.

Capitalisant sur des refrains accrocheurs et l’envie de lutter contre la cancel culture et tout ce qu’elle représente, FIR a réuni les fans – passant par ceux qui le suivent depuis Escape The Fate jusqu’à ceux, comme moi, devenus accros à l’album Popular Monster et à la personnalité unique de Ronnie Radke – pour une soirée, encourageant tout le monde à laisser une partie du stress ou de la déprime s’évaporer sous une expérience qu’aucun d’entre nous n’oubliera de sitôt.

La passion, l’énergie, l’autodérision et le talent montrent la polyvalence de Ronnie Radke en tant qu’artiste. J’ai vu beaucoup de spectacles incroyables cette année, mais celui-ci était de loin l’un des meilleurs.

La tournée Popular MonsTOUR marque un nouveau chapitre dans la carrière de Ronnie. Il nous a parlé d’une date l’année prochaine, et j’y serai !

Setlist :

(Intro : Highway to Hell – AC/DC)

Prequel
Zombified
I’m Not a Vampire
Fuck You and All Your Friends
Bad Guy
Losing My Mind
The Drug in Me Is You
Situations
Just Like You

Rappel

All My Life
Popular Monster
Voices in My Head
Ronald
Watch the World Burn

(Fin : We Are the Champions – Queen)

Quelques vidéos amateur :

« Show maxi Americain Rois du BBQ … On est d’accord , on ne vient pas pour l’effet de serres avec émanation de CO2 non stop. Pour son ego, alle ron diffuse tout le stock de clips … My, Myself and I … et je te balance le tout en 1H10 ! »

Anita – Lanight Business

« Tout le monde attendait falling in reverse avec grande impatience et personne n’a été déçu.
Voilà longtemps que je n’avais pas autant apprécié un show.
Qu’on aime ou pas le Ronnie, la prestation a été de haut vol. Espérons qu’il n’explose pas en altitude. »

Fred – Chanteur de ACOD

 

« On le sait, Ronnie déchaîne autant les passions que le questionnement. Le personnage se veut entier, à contrario d’autres artistes qui étouffent les affaires à coups de dollars, il assume. Ce soir, c’est bien un tournant qui a eu lieu : Falling In Reverse vient de remettre tout le monde à sa place. Ils sont au-dessus du lot. Point. »

Jérémie – Directeur de publication de Vecteur Mag

Un grand Merci à Sabrina Cohen Aiello de Veryshow et Olivier Garnier de Replica Promotion