12.10.2025
Live Report de Mélissa Bussière avec des photos de Raphaël Gellé
Nous étions au Zénith de Paris pour le concert de Disturbed et Megadeth le 12.10.2025 Concert organisé par Live Nation
Depuis 25 ans d’activité, il s’agit seulement de la seconde fois que Disturbed passe à Paris. De quoi ravir tous les fans du groupe. C’est un spectacle énergique, haut en couleur, qui n’a pas manqué de marquer les esprits ce soir.
MEGADETH : Les foudres du trash et du heavy s’abattent sur Paris
Fondé au début des années 80, Megadeth s’est imposé comme l’un des piliers du trash metal, avec un son acéré, des soli de guitares virtuoses, des structures complexes et des enjeux politiques, sociaux, ou introspectifs dans ses paroles. Réputé aussi pour des rythmiques rapides et des parties de guitares très techniques.
Rapidement, le son nous frappe. Le public a, à peine le temps de réaliser, que le groupe au complet est déjà présent sur scène. Dave Mustaine, accompagné de Dirk Verbeuren, James Lomenzo et Teemu Mantysaari sont déjà “on fire”. Le son frappe fort : guitares saturées, batterie martelée et basse percutante. Les musiciens se déplacent avec entrain de part et d’autre de la scène, tandis que le public entre en euphorie. Plusieurs cris sont poussés à l’unisson et les lumières dansent harmonieusement au rythme des paroles de “Hangar 18”. Les spots viennent caresser chaleureusement la fosse qui entre peu à peu dans l’ambiance. La ligne de batterie, parfaitement maîtrisée, nous transporte avec nostalgie. Le jeu de scène, lui aussi participe à la montée en puissance du Zénith. L’énergie des quatre musiciens semble quelque peu contagieuse! Les gradins tremblent avec puissance, et directement le groupe enchaîne sur “Wake up dead”. Une batterie fracassante s’abat sur nous tandis que les guitares suivent de prêt le grand galop. On peut remarquer de petits headbangs, un peu timides. Tantôt en transe, et tantôt attentif, le public suit les phases mélodiques du quatuor. On a à peine le temps de reprendre notre souffle, que retentit “Angry Again”, qui bien entendu met tout le monde d’accord. La voix de Dave résonne dans tout le Zénith, et vient secouer nos oreilles, toujours accompagnées par la précision chirurgicale des cordes métalliques aiguisées. Dans les gradins, plusieurs personnes se sont levées et dansent tranquillement, au fond, pour ne gêner la vue d’aucun spectateur. On sent que la salle est encore en plein échauffement quand éclatent les notes de “Sweating Bullets”. Des spots verts et bleus illuminent le show. Ce qui est appréciable, à mon sens, c’est que l’acoustique dans la salle du Zénith permet vraiment à toutes les parties acoustiques de bien s’entendre. On distingue bien chaque instrument, et chaque son qu’il produit. C’est au tour de “Trust” de nous mettre au parfum. La batterie commence à courir doucement, accompagnée par les sonorités épiques de synthés typique de ce morceau que l’on connaît tous très bien. Et BOOM, les guitares viennent s’ajouter à cette ensemble, puis la voix de Dave. “My body aches from mistakes, Betrayed by lust, We lied to each other so much, That in nothing we trust”, quelques chants se font entendre dans les gradins. La voix prenante de notre cher Mustaine semble, enfin, avoir réveillé tout le monde. James et Teemu arpentent la scène de gauche à droite, font des changements de placements. On peut voir des flashs de spots verticaux, orangés rouges. La scène est pleine de couleurs chaudes et agréables au regard. C’est à “Tornado Of Souls” de s’abattre sur nous, avec une rythmique de guitare très rapide encore une fois. Des spots verts habillent l’ensemble scénique, Dave enchaîne sur les paroles : “This morning I made the call, The one that ends it all, Hanging up, I wanted to cry, But dammit, this well’s gone dry Not for the money, not for the fame”. Sous les défilés des spots, guitariste et bassiste chantent en chœur, suivis par des solos de guitares déchaînés qui font trembler tout le zénith. Le point levé, Dave invite le public à participer en rythme. C’est la fin du morceau, les applaudissements font trembler les gradins et les cœurs, parfait pour l’arrivée d’un titre que l’on connaît bien : “A tout le monde”. Dès l’introduction, des sifflements d’approbation se font entendre, tandis qu’une guitare seule joue les premières notes. Mustaine revient sur scène, commençant à chanter l’introduction, accompagné de la fosse. Dave arrive en bout de scène devant un public plus qu’enthousiaste. James Lomenzo revient également sur scène. et enfin la batterie éclate. Les musiciens se rejoignent pour jouer face à face. Leur complicité se ressent beaucoup, et c’est un vrai plaisir à regarder. Dave s’adresse à nous pour l’accompagner au chant sur le refrain “A tout le monde, à tous mes amis, je vous aime, je dois partir..” tremble dans toute la salle, et une atmosphère d’union se fait ressentir instantanément. Tout le monde tape dans ses mains en rythme, alors que Dave reprend la suite du morceau. Des solos de guitares puissants et justes viennent ravir nos oreilles. Dave et James quittent la scène, Teemu clôture les dernières notes de la chanson. Les applaudissements d’une foule toujours aussi motivée éclatent. Il vient ensuite à l’avant de la scène et commence à jouer le début de “Symphony Of Destruction”. Dave et Teemu font leur retour. On nous incite une nouvelle fois à lever les bras en rythme et chanter le refrain : “Just like the Pied Piper, led rats through the streets, we dance like marionettes..”. Des solos cisaillants suivent le chant. Teemu se met à terre, une jambe tendue, à côté de Dave, tout en continuant cette symphonie virtuose. Place à “Peace Sells”. Guitares stridentes et batterie qui bourrine, accompagné toujours par la voix stridente de Dave. Les grognements de gratte se succèdent et Vic Rattlehead fait son apparition sur scène. Les paroles du morceau résonnent dans tout le Zénith : “Peace Sells, but who’s buying??..”. Le personnage derrière les musiciens offre une animation supplémentaire sur scène, le tout pendant que batteries et instruments à cordes continuent leur course endiablée. On peut voir le protagoniste quitter la scène alors que Dirk se charge de fracasser sa batterie pour signer la fin du morceau. La musique s’arrête avec une pluie de cris teintée d’applaudissements assourdissants. Une lumière bleue couvre la scène et le logo du groupe apparaît en vert. C’est au tour de “Holy War…The Punishment Due…”, qui fermera ce set mémorable. Une tempête de spot s’abat sur le public. La batterie martèle sans relâche, accompagnée par la puissance des guitares, qui ne cessent de faire monter le public en transe. Les vagues de thrash s’engouffrent dans chaque recoin de la salle. C’est une partie instrumentale brutale qui nous est servie et l’on peut voir une nouvelle fois à quel point chaque passage est parfaitement maîtrisé. Dave demande à la foule de lever les mains. Il présente chaque artiste un à un, nous remercie ensuite chaleureusement pour notre présence. Les musiciens commencent à quitter la scène, lançant quelques-uns de leurs accessoires. Dave lance ses bracelets avant de quitter à son tour le public qui redescend peu à peu. Il est maintenant temps de faire une petite pause de presque 40 minutes avant l’arrivée de Disturbed. Il est 20h et la salle se vide peu à peu.
Après une mise en bouche calibrée avec perfection, et malgré des contraintes de temps (setlist plus courte que pour un concert complet), Megadeth a su nous servir un plat d’exception : Techniques rigoureuses, énergie et prestance scénique indéniable, pas de temps mort. On peut dire aussi que leur nouveau guitariste, Teemu, s’intègre très bien, assurant chacune de ses parties avec professionnalisme. C’est un spectacle grandiose qui a été offert aux adeptes de thrash ce soir.
DISTURBED : 25 ANS DE PASSION QUI VIENT METTRE LE FEU AU ZENITH
Qualifié de groupe de metal aux sonorités heavy et alternative, au moment de la sortie de “The Sickness”, la vibe de Disturbed se voulait bien plus nu metal. C’est d’ailleurs avec ce titre que les musiciens ont connu un succès énorme durant les années 2000. Avec une écriture axée sur les émotions, la colère, la résilience, David Draiman (chanteur), Dan Donegan (guitare), Mike Wengren (batterie) et John Moyer (basse) ont su toucher un large public. C’est la puissance du visuel qui va être mise à l’honneur ce soir.
Vers 20h20 je regagne mon siège et échange un peu avec une de mes voisines au sujet de la prestation de Megadeth. Une musique joviale et rythmée retentit à 20h30 et réveille la foule. A peine quelques instants plus tard, les lumières s’éteignent, et des applaudissements tonitruants résonnent de part et d’autre dans la salle. Sur un grand écran, un film est projeté avec des passages de clip de Disturbed. Explosion solaire, horloge qui sonne le temps qui passe, et enfin de gros grésillements. Des extraits de lives sont aussi diffusés. De gros sons de basses font vibrer les gradins avec intensité. L’écran est désormais blanc, éclairé, de manière à ce que l’on puisse distinguer les membres du groupe de l’autre côté. Accompagnée de cris d’impatience, une introduction lugubre saisit le Zénith alors que l’écran se lève peu à peu. Guitariste, bassiste et batteur sont en place, et un homme pousse quelqu’un sur une sorte de diable. Attachée avec une camisole, qui n’est autre que David Draiman, leader du groupe. Il s’agit là d’une référence à Hannibal Lecter. Sous un accueil déchaîné de la part de la foule, les premiers riffs éclatent accompagnée d’une double pédale bien brutale. Le public hurle, et la motivation se fait immédiatement sentir. “Voices” emboîte directement le pas, pour ne pas nous faire perdre le rythme. David enflamme la fosse qui chante déjà les paroles : “Sooooo, are you breathing, wake up are you alive, will you listen to me..”. Au niveau de la scène, la disposition est assez simple. Chaque artiste est au même niveau, et il y a beaucoup d’espace vide pour permettre les déplacements. La fosse est bien plus animée que lors de Megadeth. Dan Donegan vient au bout de la scène. John Moyer le rejoint pour jouer face à lui. “The game” fait son entrée. David demande au public de lever le poing en rythme avec le morceau. Une atmosphère d’intense communion se fait alors sentir. De petits feux d’artifice explosent à l’arrière de la scène. Chaque passage percussif est rendu avec force et justesse. “Stupify” résonne à nos oreilles immédiatement. De la fumée sur scène nous plonge dans une vibe lugubre et inquiétante. Bassiste et guitariste se déplacent de part et d’autre de la scène tandis que nous nous laissons transporter par le chant survolté de David “See but I don’t get it..”. Il se dirige en bout de
scène et nous invite à lever le poing avec lui en cœur. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les musiciens ne manquent pas d’énergie contagieuse! A la fin du morceau et après quelques applaudissements et quelques acclamations puissantes, on nous plonge à nouveau dans une atmosphère pesante et prenante. David fixe le public tandis que Mike Wengren joue les premières notes de “Down With The Sickness”. De grands visuels rouges sont projetés en flash à l’arrière de la batterie. Un très beau spectacle de pyrotechnie nous est également offert. David nous invite à crier : “Get up, come on get down with the sickness”. Flammes, instruments et public s’embrasent harmonieusement pour un moment unique. Les trois musiciens viennent à l’avant de la scène pour faire les dernières notes. Draiman nous transporte alors avec un chant très profond avec “Violence Fetish”. Donegan et Moyer sautent avec énergie en rythme. Plusieurs poings se lèvent avec force, sous les aboiements inépuisables de David. Une batterie fracassante poursuit le morceau accompagnée par une guitare gémissante. Les lumières s’éteignent à nouveau, le public applaudit. Un rire lugubre nous plonge dans une ambiance terrifiante pour parfaitement introduire “Fear”. Les spots d’abord focus sur le batteur, diffusent après dans toute la pièce en suivant la chanson. Plusieurs personnes headbangs dans les gradins et les flammes se déchaînent sur scène. Le titre “Numb” enchaîne. Les spots viennent caresser tout le Zénith, et les nuances de couleurs nous font voyager avec le son. C’est au tour de “Want”, de venir un peu nous fracasser les oreilles, car le show est loin d’être fini. Le groupe continue de nous maintenir en haleine comme il se doit. “Conflict” relance un rythme rapide, avec des sonorités électro, une batterie rapide et des cordes galopantes. Des pogos se forment à plusieurs reprises sur la gauche et la droite de la scène. Le morceau prend fin et les spectateurs sont encore en feu quand vient la fameuse “Shout 2000”, qui met tout le monde d’accord. J’adore ce morceau. Donegan et Moyer se remettent l’un en face de l’autre pour jouer. Draiman fait sauter la fosse en rythme, plusieurs personnes dans les gradins se lèvent aussi pour frapper des mains en rythme et chanter : “SHOUT, SHOUT, LET IT ALL OUT…”. Les pogos reprennent, et plusieurs spectateurs se mettent à slammer. Les spots dansent. Les lumières sont frappantes, parfaitement rythmées au spectacle. Le morceau s’achève, un tonnerre d’applaudissements gronde. Cela ne fait pas de doute, Paris est encore bien là, et bien réveillée. Dans une atmosphère électrique, mystique “Droppin’Plates” et “Meaning Of Life” viennent clôturer la première partie du set. Durant “Meaning Of Life”, le groupe nous offre une mise en scène impressionnante : Après des jeux sonores (bruit d’eau qui coule, bruits d’orage, rires inquiétants comme dans les films horrifiques), on peut voir David, portant une tenue orange de prisonnier. Il est poussé par une personne (probablement un gardien de prison), qui le dirige vers l’avant de la scène, où se trouve une chaise électrique. On entend une voix narrative qui parle d’un procès, pendant que David se fait attacher sur la chaise. “Any last words?”, puis la chaise se met en route une première fois avec une petite explosion, puis une seconde. Du sang coule sur le visage de David, inanimé, et en fond on peut entendre des battements de cœur. Ces derniers s’accélèrent et petit à petit, les autres musiciens, également vêtus de orange comme des prisonniers, reviennent sur scène. Le guitariste et le bassiste viennent poser leurs pieds sur la chaise où se trouve encore Draiman, tout en jouant. Et le chant commence “Get psycho, i wanna get psycho…” et très vite le public suit avec un entrain extraordinaire. Les poings se lèvent dans la fosse avec conviction. Des riffs aiguisés s’enchaînent, et un défilé de flamme éclate derrière le batteur. L’album “The Sickness” s’achève sous un ouragan de cris d’excitation et des applaudissements qui n’en finissent pas. Le groupe nous annonce un retour dans 20 minutes. Je voulais préciser aussi un moment qui m’a particulièrement marqué, mais je ne sais plus durant quel titre. David a arrêté de chanter à ce moment là, car une femme dans la
fosse s’est fait bousculer de manière assez violente. Il a d’abord demandé à la personne si elle allait bien et nous a ensuite fait un petit discours sur le fait que le boulot des personnes en fosse était de protéger les femmes. Il s’est réellement assuré qu’elle allait bien et que tout était ok avant de reprendre, et j’ai trouvé cela très touchant. Parce que dans le monde de la musique on a vraiment tendance à banaliser ces petites choses là, où ne pas en parler énormément, or c’est très important. C’est très important de se sentir en sécurité en concert tout comme en festival.
Au retour, on note tout de suite que la scène s’est transformée : la batterie est surélevée, une mascotte gonflable fait son apparition derrière, évoquant un Eddie, mais version Disturbed. Le live prend une tournure un peu plus “spectacle”. “I Will Not Break”, nouveau single du groupe, ouvre cette seconde partie. Le morceau apporte un vent de fraîcheur dans la salle, et le public réagit avec curiosité. Ce qui semble logique, étant donné que personne n’est encore familier avec ce titre. “Ten Thousand Fists”, nous plonge après dans une ambiance guerrière. Nous sommes amenés à chanter avec David, sous les lumières stroboscopiques. C’est au tour de “Bad Man” de surgir, plus direct, plus catchy, avec de gros riffs comme on aime, et une belle montée en tension. La surprise de ce soir est sans doute le morceau “Land Of Confusion”, qui est une version metal de Genesis, et qui semble-t-il a beaucoup amusé les spectateurs. Après des applaudissements toujours bien présents, le groupe commence à jouer “Indestructible”, un titre plus lourd, assez viril, donnant un sentiment de toute puissance. David laisse alors la place à “The Sound Of Silence”, qui est un moment suspendu – hors du temps. Cette version est orchestrale et très audacieuse : il y a du violon, du piano, ainsi que du violoncelle. Cependant, on peut quand même noter que certains passages sont tout de même moins à la hauteur que dans l’originale. Après de nouvelles acclamations, le concert touche bientôt à sa fin. “The Light” : Ce morceau est un moment d’intense communion où Draiman invite des enfants ainsi que leurs pères sur scène. “Inside The Fire” clôture le show : simple et efficace, avec une énergie maximale pour un bouquet final optimal. Il n’y a pas de rappel à la fin, le groupe nous salue, puis la scène s’assombrit progressivement. Les musiciens quittent la scène sous les applaudissements reconnaissants de Paris.
Cette soirée restera dans les mémoires. L’association Megadeth + Disturbed nous a offert une expérience double : d’abord la rigueur trash avec Mustaine et sa troupe; puis le show émotionnel et conceptuel de Disturbed, célébrant ses 25 ans de carrière. Si Megadeth a assuré une mise en jambe puissante, Disturbed a exploité ce capital d’attente pour créer un spectacle avec d’intenses moments de communion, de surprises, et aussi d’expérimentation. Le public, parfois un peu tiède en gradins, aurait pu pousser davantage en ferveur. Mais quand les riffs claquent et que la voix porte, le moment reprend tout son sens. Je tenais à redire un immense merci à Live Nation, pour avoir rendu cette soirée possible. Et merci également au Zénith de Paris, au staff technique, aux équipes de productions, aux musiciens et à tous les fans présents – car c’est aussi vous qui avez rendu cette date mémorable.
Nous remercions les équipes de Live Nation qui nous ont permis d’obtenir les accréditations pour ce show.